[MD] Raúl García : « Je veux rester à l’Athletic »

Dans une interview consacrée à Mundo Deportivo, Raúl García a reconnu ne pas avoir été au niveau lors de certains moments dans la saison. Dur à cuire sur le terrain, le Navarrais, déjà présent à l’Athletic depuis six saisons, veut prolonger son aventure chez les Leones alors que son contrat prend pour l’instant fin en juin prochain.

–  Tu as été expulsé contre le Real Madrid, en championnat dès la 13e minute, puis en SuperCopa tu as inscris deux buts contre cette même équipe. Presque d’un méchant à un héros. Le football peut-être si différent ?

« Le football fonctionne très souvent comme ça. Les gens voulaient que je prenne ma retraite et que je me retire du football, à cause de mon âge, de mes erreurs et d’autres choses qui n’allaient pas lors de ce premier match. Et puis, en un mois et demi, ils ont changé d’avis et c’est malheureusement ainsi que ça fonctionne. »

– Et comment tu fais pour gérer ces oscillations et changements de niveau que tu as pu avoir ?

« Dans le football d’aujourd’hui, les gens (surtout les supporters) pensent souvent plus qu’ils ne le devraient, mais je vis avec ça depuis longtemps et c’est pourquoi j’accorde surtout de la valeur à mes proches et aux personne qui m’entourent. Je m’attache surtout à ces individus qui ne sont pas seulement là quand les choses vont bien, mais qui me soutiennent aussi quand c’est plus compliqué. Ils sont toujours capables de te dire quelque chose pour te remonter le moral ou te faire comprendre que tu te trompes, que tu ne fais pas les choses correctement. »

– Après cette expulsion à Valdebebas, tu as déclaré t’être excusé auprès de tes coéquipiers. Comment ça s’est passé entre toi et eux ?

« Il y a beaucoup de choses que nous faisons sans toujours y trouver des explications. Je suis une personne qui assume la responsabilité, non seulement personnelle, mais celle des autres. En fait, je suis beaucoup plus préoccupé par l’erreur lorsqu’elle collective que lorsqu’elle est personnelle. Avec mes coéquipiers, on passe beaucoup de temps ensemble, on aime se parler franchement et en face à face. C’est la meilleure façon pour se parler sereinement et se dire les choses. Quiconque doit s’excuser, doit le faire franchement. »

Résultat de recherche d'images pour "raul garcia"
(crédit photo : Eurosport)

– Comment tu expliques avoir connu un tel passage à vide dans certains moments de la saison ?

« Je ne veux pas dire que j’ai passé un mauvais moment parce les gens se demanderont comment on peut se plaindre s’il ne s’agit que de football. Je parle du point de vue mental. Évidemment, il y a des choses plus importantes que le football, cela ne fait aucun doute, mais sur le plan mental, je suis une personne très exigeante, qui a beaucoup de responsabilités pour son travail et quand les choses ne fonctionnent pas comme je le souhaite, c’est compliqué de s’y faire. Il y a beaucoup de choses à supporter que l’on juge injustes et qui, pourtant, dans le football sont très fréquentes. »

– Quand tu as marqué à Valencia (2-2), tu as à peine célébré le but. Pourquoi ?

« En fait, sur ce but c’est la colère qui sort de moi parce que la saison ne se passe pas comme je le voulais, et parce que je veux vraiment contribuer à aider l’équipe, toujours. Mon état d’esprit et mon moral ne dépendent pas du fait que je joue ou non, mais surtout de savoir si l’équipe se porte bien, que ce soit avec ou sans moi. »

– Toi et l’équipe avez retrouvé votre sourire depuis l’arrivée de Marcelino

« Oui, nous affrontons désormais les matchs et les situations adverses d’une manière différente qu’auparavant. Sur le plan personnel, je dirais que je prends du plaisir à jouer en ce moment, je me sens libéré et j’espère que tout continuera sur cette voie. »

– Gagner un titre avec l’Athletic, qu’est ce que ça représentait pour toi ?

« C’était l’une des choses que je voulais réaliser ici et j’y suis parvenu. J’accorde beaucoup d’importance à l’obtention de titres, et à les obtenir avec différentes équipes. En raison de la situation actuelle, on ne peut pas le célébrer avec tout notre public, ce qui aurait été incroyable, mais on sait que nos supporters aiment que leur équipe se porte bien. C’est très spécial. »

Résultat de recherche d'images pour "raul garcia"
(crédit photo : New Straits Times)

– Pourquoi est ce que tu n’as pas encore prolongé ?

« Je n’ai pas peur de dire les choses comme je l’ai toujours fait mais je me porte bien ici, je suis content, j’ai toujours le sentiment d’avoir le même rôle depuis mon arrivée. Il faut échanger avec la direction et essayer de parvenir à un accord. Je n’ai aucun doute sur le fait que je veuille continuer ici et j’espère que cet accord arrivera le plus tôt possible. »

– C’est au niveau économique qu’il y a un problème pour trouver l’accord ?

« Ce qui m’intéresse surtout, et c’est là où je suis exigeant, c’est quand il s’agit de performance et d’engagement pour le club. Et en ce sens, depuis que je suis ici, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de doutes sur ça. Pour moi, ce qui est surtout très important c’est mon ressenti actuel, en comparaison de ma première saison ici, qui est toujours le même. »

– Et justement, quel est ce ressenti ?

« Que je suis toujours un joueur important et que je suis très important pour l’équipe. Toute décision prise doit être calquée sur ça, mon rendement sportif avant tout. »

Résultat de recherche d'images pour "raul garcia"
(crédit photo : Mundo Deportivo)

– Qu’est-ce que Marcelino vous a apporté ?

Je ne sais pas, ce n’est pas facile à expliquer. C’est la question à laquelle nous aimerions tous répondre de manière compréhensible. Je ne veux pas bien parler d’un tel pour qu’on ait l’impression que je parle mal de quelqu’un d’autre. Gaizka (Garitano) a été un entraîneur qui nous a beaucoup apporté et aidé. À un moment donné, il y a eu des critiques assez injustes envers lui, parce qu’il n’a pas été jugé à sa juste valeur. Il y a eu un changement d’entraîneur ensuite, mais c’est le football qui l’a voulu comme ça. »

– Tu penses que ce changement était nécessaire ?

« Cette décision doit et a été être prise par ceux qui se devaient de la prendre. Comme vous pouvez le voir, ce changement nous aide beaucoup aujourd’hui mais mon but n’est pas de dire que nous pensions que Gaizka était le coupable de tous les problèmes. On doit d’abord se remettre en question et ensuite commencer à chercher des solutions, je pense que c’est ce que nous avons fait. »

– Et qu’a fait Marcelino pour relever cette équipe ?

« Il est arrivé dans une situation dans laquelle l’équipe, il est vrai, on voulait que les choses changent au niveau des résultats et en croyant un peu à ce qu’il a amené et ce qu’il nous propose, les choses semblent aller dans le bon sens »

– On dirait que son arrivée t’as libéré, par exemple, dans les duels aériens.

« Oui, et c’est ce que j’apprécie aussi. Quand Aritz (Aduriz) était là, il a également joué un rôle important dans ce domaine aérien, mais nous avons beaucoup partagé ce rôle. C’est à mon tour de prendre cette responsabilité depuis son départ. »

Résultat de recherche d'images pour "raul garcia aduriz supercopa"
(crédit photo : Mundo Deportivo)

– Tu apprécies ce repositionnement dans un rôle plus offensif ?

« J’essaie d’aider l’équipe et c’est la façon dont le staff me dit de jouer que j’applique. C’est vrai que j’ai toujours aimé être en contact avec le ballon, j’aime être bien placé dans la surface de réparation, mais je ne pense pas que tout doive se résumer, dans mon jeu, à des duels aériens »

– Concernant ce quart de finale de Copa contre le Betis (1-1, victoire de l’Athletic aux tirs aux buts, le 5 février). Centre de Iñigo Martínez, but de Raúl García et avec Marcelino sur le banc. Si on avait dit ça à des supporters de l’Athletic il y a quelques années…!

« A moi, on me parle seulement d’engagement et de travail, rien d’autre. Malheureusement, on a souvent des étiquettes qui sont inutiles. C’est clair que si je suis ici, c’est parce que je le veux, c’est la même chose pour Iñigo et Marcelino. A partir du moment où j’ai accepté de venir ici, c’est parce que j’ai compris que c’était le meilleur pour moi. Et à ce jour, je peux affirmer que je ne me suis pas trompé. »

– As tu apprécié le fait que le geste que tu as fait avec les joueurs de Alcoyano (en leur offrant un maillot après le match de Copa), fasse parler de toi en bien ?

J’en ai parlé avec leur capitaine mais mon but n’était pas de le faire pour qu’on parle de moi ensuite. J’aurais aimé que ça reste confidentiel, entre les joueurs de Alcoyano et moi, mais leur capitaine m’a dit qu’ils voulaient juste me remercier publiquement. Je ne cherche pas ça, chaque fois que je fais quelque chose, j’essaye de ne pas faire parler de moi, car je n’en ai pas besoin. »

Avec la crise sanitaire, de ce que j’ai entendu, tu as fait plusieurs dons

« Je fais partie de ceux qui pensent que tout le monde peut aider de n’importe quelle manière les autres, pas seulement en matière économique. Si demain j’avais un problème sur le plan personnel ou financier, j’aimerais aussi que les gens m’aident. »

– Le club envisage une nouvelle réduction des salaires, allez-vous, toi et les autres joueurs, l’accepter ?

« C’est un problème au sein du club, et nous sommes tous sur la même longueur d’onde. Nous ne sommes pas deux parties différentes (la direction et les joueurs), mais les mêmes et nous sommes tous là pour aider le club quand il en a besoin »

– Tu penses que l’Atlético va remporter la Liga ?

« L’équipe aujourd’hui est plus complète, en termes de quantité et de qualité de joueurs, que celle de mon passage là-bas (entre 2007 et 2015, NDLR), et en plus, les poursuivants ne sont pas au niveau de l’Atlético cette saison. Ils ont de grandes options de l’être et s’ils continuent dans cette lignée, ils seront champions. »

Résultat de recherche d'images pour "raul garcia"
(crédit photo : Zimbio)

– Egalement, tu vois Osasuna se maintenir ?

« Je l’ai toujours dit et je ne vais pas me cacher : Osasuna est mon club formateur, celui qui m’a tout donné sur le plan personnel et footballistique. Ils ont la qualité pour se maintenir et j’espère qu’ils y parviendront. Tant qu’il leur arrive du bien, je serai toujours heureux. »

– Et qu’en est-il de ton opinion sur l’Athletic, avec deux potentiels titres en Copa ?

Comme je fais partie des anciens combattants, j’ai appris qu’il n’était pas nécessaire de regarder trop loin et trop vers le futur. Nous travaillons déjà à nous rapprocher de cette finale et nous espérons pouvoir parler, après, de ce que nous aurons accompli. »

Bilan de saison 2019/20 – Real Betis

La saison de la débâcle, c’est ainsi que l’on pourrait nommer l’exercice du Real Betis. Après une campagne 2018/19 décevante, l’équipe andalouse était attendue au tournant mais a de nouveau déçu en accrochant une quinzième place inquiétante. Le bas de tableau aura été la zone occupée par cette équipe qui revendique pourtant vouloir jouer l’Europe. Dans ces conditions, et avec un tel manque de rigueur, l’objectif est logiquement manqué.

Un calvaire interminable et de la souffrance tout au long de la saison. Rares ont été les moments de répit et de réconfort qu’ont pu connaître les joueurs du Betis, d’abord guidés par Rubi, et qui ont fini la saison avec Alexis Trujillo, assurant l’intérim. Pénalisé par ses énormes lacunes défensives, le Betis semble aussi avoir échoué lors de son mercato estival, et les erreurs se voient aujourd’hui. Une équipe de qualité mais dans l’incapacité de se réveiller, pour viser le haut du classement, qui a même finalement lutté pour son maintien, malgré les divins exploits de sa légende, Joaquín.

Avec un tel effectif, comment et pourquoi avoir si peu gagné ?

Comme c’est le cas pour certains clubs de Primera, l’interrogation réside autour de la qualité d’un tel effectif à ne pas avoir pu atteindre les plus hautes places du classement. Les problèmes du Betis ont été nombreux cette saison, mais principalement en défense. Mais de façon plus générale, avec un groupe des mieux valorisés économiquement et qualitativement en Liga, le Real Betis a connu une défaillance majeure dans tous ses secteurs pour cette campagne.

Les lacunes de cette équipe demeurent en grande partie dans l’arrière garde du terrain. La défense a été un véritable souci comme le démontrent les soixante buts encaissés en championnat. Autrement dit, il s’agit de la 19e défense de Liga, devant Mallorca et ses 65 buts. En étant quinzième, le Betis possède donc des chiffres défensifs digne d’un relégable, ce qui est inquiétant.

Joel Robles, gardien titulaire depuis le départ de Pau López à la Roma, est probablement le moins bon joueur de cette équipe. Auteur de nombreuses bourdes et peu rassurant, la fébrilité défensive du Betis s’explique en grande partie par ses mauvaises performances. La question autour du recrutement à ce poste se pose naturellement, mais la direction songe aussi à donner une chance à sa jeune doublure Dani Martín, qui avait été convaincant sur la fin de saison qu’il avait pu disputer.

Celta-Betis: Fallo de Joel Robles en la Barrera y Gol de Nolito
Sur ce coup-franc de Nolito, le placement du portier espagnol avait été vivement critiqué (crédit : ElDesmarque)

Autrement, le reste de l’effectif du Betis est évidemment riche en terme de qualité, mais les joueurs ont tout simplement déçu, à l’image de la charnière Bartra-Mandi. Les deux joueurs ont une expérience importante mais n’ont pas toujours été au niveau. Offensivement, les latéraux Emerson et Álex Moreno sont quasiment irréprochables mais en revanche plus critiqués sur le plan défensif.

Des joueurs tels que Andrés Guardado et William Carvalho au milieu ont été en dessous de leur niveau, même si le second a connu de grosses blessures. L’arrivée hivernale de Carles Aleñá ou de Guido Rodríguez ont servi à renforcer ce secteur du terrain mais ils n’ont pas été assez impactants pour instaurer une nouveauté dans le jeu bético.

Parmi les recrues, le buteur Borja Iglesias est probablement le grand manqué de ce mercato estival 2019. En 35 rencontres de Liga jouées, l’ancien attaquant de l’Espanyol n’a marqué que trois buts et a reçu de nombreuses critiques sur ses performances. Néanmoins, il faut aussi souligner les signatures intelligentes de joueurs comme Dani Martín (5M€, venu du Real Sporting, et champion d’Europe espoir avec la Roja, NDLR) en tant que doublure, Emerson et même Álex Moreno, dont nous avons brièvement parlé précédemment.

Borja Iglesias reveals why he picked Real Betis over West Ham ...
Arrivé à l’été dernier pour un peu moins de 30 millions d’euros, Borja Iglesias est encore loin d’avoir convaincu le club et les supporters (crédit : Hammers News)

En bref, le gros problème de ce collectif est sans doute la régularité. Très peu de joueurs ont su rester à un niveau stable toute la saison. Et cela se démontre par les succès importants que les Andalous ont pu décrocher quand, ensemble, ils ont performé, comme face à la Real Sociedad (3-0), le Real Madrid (2-1) ou Osasuna (3-0).

Mais, en face, l’irrégularité leur a coûté des revers cruciaux : Villarreal (2-4), Alavés (0-2), Levante (4-2) contre des adversaires pas toujours supérieurs. Comme pour beaucoup d’équipes possédant un bon effectif, la régularité a manqué et fait que la saison a été décevante. Un véritable frein pour jouer le haut de tableau.

À LIRE : Le bilan de saison de la SD Eibar

Rares sont les joueurs qu’on pourrait qualifier d’irréprochables au cours de cette saison, au Real Betis Balompié. Joaquín et Sergio Canales sont les seuls qui ont vraiment affiché un niveau correct et constant. D’autres joueurs ont été très bons, comme Emerson ou Loren, mais leur irrégularité n’aura pas aidé l’équipe à rebondir. De même pour Nabil Fekir, arrivé de Lyon, qui a su être étincelant, voire même exceptionnel, en portant son équipe. Cependant, il a parfois été invisible dans certaines rencontres.

Rubi et le Betis, un duo qui n’a pas marché

Nommé au cours de l’intersaison 2019, Rubi arrive au Betis en provenance de l’Espanyol, club qu’il vient de qualifier pour l’Europa League. Si tout le peuple bético, ou presque, approuve sa nomination, les choses ne vont pourtant pas se passer comme prévu. Dès le début de saison, le Betis va avoir du mal à décoller et va en fait occuper la seconde partie de tableau durant 36 des 38 journées de cet exercice.

Le technicien catalan fait aussi des choix qui ne sont pas toujours compris et appréciés. Il donne peu de minutes à des joueurs prometteurs comme Diego Lainez et Edgar González, qui montrent pourtant de bonnes choses. En revanche, d’autres joueurs en difficulté, comme Cristian Tello ou Andrés Guardado disposent d’un temps de jeu convenable.

Real Betis: Claúsulas de Despido Incluidas en el Contrato de ...
Le manque de remise en question tactique de Rubi est aussi un des facteurs de la mauvaise saison du Betis (crédit : El Desmarque)

Pendant une très grosse partie de la saison, le Betis occupe la seconde partie de tableau, constamment menacé par la zone rouge qui n’est que quelques points derrière. En 34 matchs occupés sur le banc verdiblanco, toutes compétitions confondues, Rubi ne va ramener que dix succès et dix matchs nuls, contre quatorze revers. Soit une très faible moyenne de 1.14 points par match en moyenne. L’élimination prématurée contre le Rayo Vallecano, dès le 3e tour de Copa, est le symbole de l’impuissance renvoyée par cette équipe.

Pour couronner le tout, Rubi s’avère même être l’entraîneur du Betis avec le moins bon pourcentage de victoires en Primera División (26.66%)

A de nombreuses reprises, le Catalan a reçu des avertissements de sa direction. Mais pratiquement à chaque fois, il a su obtenir un succès lorsque la situation devenait critique. Finalement, le 21 juin, après la défaite (1-0) contre l’Athletic, le technicien sera démis de ses fonctions, pour laisser place à Alexis Trujillo. Tactiquement, l’entraîneur catalan n’aura jamais su innover pour se relancer.

Dans cette campagne digne d’un échec, la direction a aussi une grosse part de responsabilité. Certains supporters et journalistes estiment que cette dernière a mis trop de temps à réagir, a pris une décision tardivement et que le changement de coach aurait déjà dû être fait avant l’arrêt provisoire des compétitions. L’arrivée par intérim de Alexis n’aura, en plus de ça, pas permis à l’équipe de se relever en accrochant une quinzième place, révélatrice des maux du Betis au cours de cet exercice.

https://fotos01.deia.eus/2020/06/20/690x278/canalespenalti.jpg
Le pénalty manqué de Canales, lors des dernières minutes de jeu à San Mamés, scellera la défaite du Betis et surtout le renvoi de Rubi (crédit : Deia)

Joaquín, l’éternelle légende

Il est entré un peu plus dans la légende du Betis au cours de cette saison, pour tenter d’apporter une touche de bonheur à cet exercice. Joaquín aura été un élément précieux de l’équipe verdiblanca en championnat, où il a beaucoup servi de par son expérience. Ses huis réalisations et trois passes décisives en Liga démontrent qu’à 39 ans, l’Espagnol n’a rien perdu de son génie et continue de tirer son équipe vers le haut. Son expérience reste grandement utile, d’autant plus pour un joueur qui a déjà disputé la Champions League.

Revenu en 2015 de la Fiorentina dans son club formateur, le natif de la commune d’El Puerto de Santa María, en Andalousie, impressionne par son physique, loin d’être rongé par les blessures. Joueur le plus âgé du championnat, depuis le départ d’Aritz Aduriz à la retraite, Joaquín fait partie de ces attaquants vétérans mais qui continuent de carburer, et ils sont nombreux en Espagne.

En effet, l’Andalou n’a manqué que quatre rencontres cette saison, une où il était sur le banc et trois autres pour une blessure vers la reprise du championnat, en juillet. Pour les 34 autres, il n’a pas toujours débuté en tant que titulaire mais il est clair que sa présence a été plus que vitale pour une équipe dont la saison a été difficile.

https://img.bfmtv.com/c/1256/708/dae/1e09a4fcc65babd81436926ab7f11.jpeg
En fin d’année 2019, Joaquín a prolongé son contrat jusqu’en 2021, au plus grand bonheur de ses supporters (crédit : RMC Sport)

Si Joaquín est peut-être le meilleur bético de cette saison, et également le plus régulier, c’est parce qu’il a de nouveau écrit l’histoire. Le 8 décembre 2019, devant 45 322 spectateurs, face à l’Athletic, l’Estadio Benito Villamarín va assister à un moment unique. En vingt minutes, Joaquín Sánchez va inscrire un triplé et ainsi entrer dans l’histoire en devant le joueur le plus âgé à éditer cette performance en Liga ! Trois buts qui scelleront un succès important (3-2) du Betis, face aux Basques.

Par ailleurs, c’est aussi le premier triplé de sa longue carrière. Enfin, l’oeuvre laissée par cet immense joueur se résume aussi à son historique de matchs. Il est aujourd’hui un des joueurs les plus capés du championnat, ayant 552 rencontres disputées à son actif, au Betis, à Valencia et Málaga. Déjà joueur ayant joué le plus de fois au Betis, Joaquín achèvera sans doute sa carrière parmi les joueurs les plus utilisés dans l’histoire de ce championnat. Une belle preuve de la carrière respectable d’un joueur tout simplement légendaire.

Joaquín Overtakes Real Madrid Legend to Become Oldest Player to Score La  Liga Hat-Trick | ht_media
Joaquín, lors de son triplé historique (crédit : 90min)

Un exercice sans Europe s’achève donc pour le Betis. Un exercice raté, tout simplement, avec peu d’enseignements positifs à tirer. L’effectif n’aura pas répondu présent, malgré sa qualité, en raison de son irrégularité mais aussi des choix parfois incohérents de Rubi, dont le passage au club aura peut-être été mal géré par la direction. Beaucoup de fautifs, donc. Un enchaînement d’erreurs au sein du club qui a fait que cette saison se classe comme l’une des pires du club, lors de ces dernières années. Avec l’arrivée de Manuel Pellegrini et le projet ambitieux qui se profile, il faudra faire mieux pour la prochaine campagne, rien que pour faire finir en beauté la carrière de la légende de ce club, Joaquín.

Bilan de saison 2019/20 – Levante UD

Beaucoup moins populaire que son voisin, petit frère et rival du Valencia CF, Levante continue d’écrire son histoire en Primera. Un troisième maintien de suite pour ce club qui a passé la majeure partie de son existence entre la deuxième et la troisième division. Les Granotas ont réalisé leur deuxième meilleure saison dans l’élite après avoir récolté 49 points et terminé à la douzième place. Une campagne moins fatigante que celle de l’exercice précédent durant lequel, ils ont obtenu le salut à l’avant-dernière journée.

Son histoire en première division est moins riche que celle de son voisin, mais le Levante UD a réécrit son nom dans la liste des vingt clubs de la saison 2020/2021. L’équipe d’Orriols vit actuellement la période la plus faste de ses 110 ans d’existence. Ce club qui, auparavant, n’arrivait pas à enchaîner trois saisons dans l’élite sans retrouver la deuxième division, va vivre sa dixième campagne en Primera depuis 2011. Et pourtant, avant cette année-là, il n’avait connu que cinq petits passages dans la plus haute catégorie du football professionnel. Si le maintien de la saison dernière a été très compliqué, celui de cette année a été accompli sans grande souffrance. Paco López continue de faire durer le rêve du Levantinismo dans un style reconnaissable et révolutionnaire. Il n’a pas égalé les 55 points et la sixième place de Juan Ignacio Martínez en 2011/2012, mais ce que son groupe a montré cette saison mérite des encouragements.

La philosophie de López : l’ADN de Levante

Depuis l’arrivée de Paco López sur le banc d’Orriols, Levante ne fait que progresser. Le natif de Silla (Valencia) a pris les commandes en mars 2018 à la place de Juán Muñiz, qui venait de remonter l’équipe en Liga Santander. Alors qu’un retour rapide en Segunda se profilait avec une formation de Levante qui n’avait enregistré que trois victoires en vingt-sept matchs, López a remonté la pente en terminant la saison 2017/2018 en boulet de canon. Huit succès sur les onze dernières rencontres qui ont assuré le maintien.

Paco López, entraîneur du Levante UD
Paco López, le technicien qui a révolutionné le Ciutat de València. (Crédit image : El Periodico)

Depuis, le club granota a montré un autre visage avec son technicien qui a révolutionné la manière de jouer sur beaucoup d’aspects. L’équipe est devenue plus solide à domicile où elle récolte la plupart de ses points et aussi, où les gros calibres de LaLiga ont du mal à imposer leur loi. Le FC Barcelona et le Real Madrid ont tous les deux échoué cette saison au Ciutat de València.

Avec López, Levante s’identifie à un style dont la maxime est simple :  aucune limite tant qu’il y a de l’envie, le désir et la passion. Un ADN qu’il continue de perfectionner chaque année pour améliorer ses résultats et atteindre ses objectifs. Cette saison, malgré la pandémie du Covid-19 qui a beaucoup bouleversé la campagne, Levante a montré une certaine régularité au niveau de ses performances, même si la défense reste un problème à régler.

En 2018, le maintien était passé par une victoire spectaculaire contre les Azulgranas (5-4), cette année, le Barça a encore mordu la poussière à Orriols (Crédit vidéo : Bein Sport)

Ce secteur a été le point faible de l’équipe l’année dernière, ce qui lui a valu une lutte intense pour assurer son maintien. Un salut obtenu après avoir encaissé 66 buts et arraché une victoire salvatrice à la 37e journée à Montilivi. Les choses ont été beaucoup plus simples durant cet exercice avec une arrière-garde qui s’est un peu amélioré même si elle reste encore un peu friable et une attaque correcte de par ses individualités, mais qui a été moins prolifique.

L’évolution défensive a été bénéfique

Les prestations d’Aitor Fernández lors de cette saison 2019/2020 resteront dans les mémoires. Si Levante a pu améliorer ses statistiques défensives c’est en grande partie grâce à son gardien de but. Le Basque a été le portier qui a réalisé le plus de d’interventions au cours de cet exercice avec 158 arrêts réalisés dont trois pénaltys, selon les statistiques enregistrées par le site officiel de LaLiga.  Une réussite de 50% sur les tirs depuis les onze mètres qui lui a valu le surnom de « parapenalty » que lui a donné le quotidien catalan Mundo Deportivo.

Aitor Fernandez, gardien de but du Levante UD
Sans doute le meilleur joueur de Levante cette saison, l’équipe lui doit son maintien cette saison. (Crédit image : Cope)

L’impact du natif d’Arrasate (Guipúzcoa, Pays Basque) a été déterminant sur la saison qui a vu Levante concédé treize buts de moins que la précédente. Paco López a initié le travail de cette amélioration défensive au milieu avec l’incorporation du milieu défensif serbe Nemanja Radoja. L’intégration de l’ancien joueur du Celta a amené plus d’assurance dans l’entrejeu protégeant un peu plus la charnière centrale où les tauliers ont été Rubén Vezo et Sergio Postigo devant Róber Pier et Oscar Duarte qui ont fait quelques apparitions.

Ainsi donc, Levante a trouvé l’équilibre que voulait Paco López l’année dernière pour mieux s’adapter à chaque circonstance. Sur les flancs, Jorge Miramón, rapatrié de Huesca, a relégué Coke Andújar  sur le banc. Le Madrilène de 33 ans a perdu une certaine importance, mais faisait partie de la rotation. Les 17 matchs qu’il a disputés ont attesté que son jeu et son expérience ont compté aux yeux de l’entraîneur. En plus il a terminé la saison en inscrivant le but vainqueur contre Getafe (1-0). Son unique but de l’exercice mais qui a fait de lui le défenseur ayant marqué le plus de buts de l’histoire du club avec onze réalisations.

À LIRE : Le bilan de la saison de l’Athletic Club

À gauche, c’était un problème de riche entre Toño Garcia qui, a disputé son centième match en Liga sous les couleurs granota, et Carlos Clerc. Les deux joueurs se sont partagé le temps de jeu avec un excellent niveau de performance qui a donné satisfaction. L’idée était donc claire. Partir sur une bonne défense pour construire une bonne attaque même si l’équipe n’a pas connu un succès fulgurant devant les buts adverses. 

Roger Martí, meilleur buteur pour la deuxième saison de suite du Levante UD
Les belles performances de Roger Martí en début de saison ont attiré l’œil du Barça qui recherchait un joker médical. Finalement le choix s’est tourné vers Braithwaite. (Crédit image : FCB Noticias)

Le poids de l’âge a commencé à avoir raison de l’emblématique José Luís Morales qui n’a marqué que quatre buts, loin des douze pions plantés l’année dernière. Pour sa part, Borja Mayoral a trouvé huit fois les filets derrière Roger Martí qui a terminé pour la deuxième saison de suite meilleur buteur du club avec onze réalisations, deux de moins que l’édition précédente. Le natif de Torrent (Valencia) a réalisé de belles performances durant la première partie de la saison mais a pratiquement disparu dans la seconde moitié et surtout après le déconfinement.

Si les attaquants ont moins brillé cette année à Levante, c’est parce que López, sans renier à son ADN, a donné plus de solidité à sa défense, mais aussi plus d’équilibre à son milieu. L’entrejeu où José Campaña a réalisé un excellent parcours et où Enis Bardhi est rentré un peu plus dans l’histoire des Ranas.

Le Macédonien, lui aussi centenaire avec le maillot Blaugrana, est revenu du confinement en mode killer. Discret pendant un bon moment tout en faisant le nécessaire, il a largement contribué à la tranquillité de Levante dans la trame finale. Ces cinq buts marqués dans cette période, ajoutés aux deux autres qu’il comptait déjà avant l’arrêt du championnat, ont fait de lui, le meilleur buteur étranger de l’Equip del Valencians avec dix-huit golazos.

Le droit d’exiger plus

Le maintien validé à l’ouverture de la 34e journée après la défaite de Mallorca au Wanda Metropolitano, Levante avait cinq matchs devant lui pour rêver d’un meilleur classement. L’équipe a montré tout au long de la saison qu’elle avait le potentiel de jouer mieux que la survie en Liga.

À LIRE : Le bilan de la saison du Sevilla FC

Dans son stade, elle a affiché une certaine régularité marquée par deux victoires de prestige. D’abord contre le Barça (3-1), puis contre le Real Madrid (1-0) sur les neuf succès qu’elle a obtenus. Cependant, à l’extérieur, elle manque encore de la force et de la conviction pour imposer sa loi. Elle a enregistré douze revers hors de ses bases sur les dix-sept qu’elle a subis et souvent certains de manière incompréhensible face à des formations qu’elle pouvait carrément dominer du fait de son expérience dans l’élite et de son effectif qui semble meilleure sur le papier.

Encore un gros coup des Granotas qui ont montré un potentiel indéniable cette année. Faire tomber le Barça et le Real dans la même saison n’est pas donné à n’importe qui. (Crédit vidéo : Bein Sport)

La défaite contre Mallorca (2-0) lors de la 35e journée alors que l’équipe des Baléares était quasiment condamnée et que Levante se trouvait à ce moment-là à quatre points de la première moitié du classement, a questionné sur les ambitions de Paco López et de son groupe. Durant cette dernière décennie, le club est parvenu à se faire une place durable dans la crème du football espagnol et pourtant l’objectif est toujours la permanencia.

L’entraîneur considère que son effectif s’améliore chaque saison, ce qui est certes vrai, mais qui ne doit pas justifier le relâchement après que l’objectif ait été atteint. Selon lui, viser plus haut doit « passer par le rêve et non par l’obligation ». Une phrase qui cache le manque d’ambition de son équipe qui n’a pas voulu pousser encore plus pour entrer au moins dans la première partie du classement, même si elle a bien terminé la campagne avec deux triomphes face au Celta et à Getafe.

Statistiquement, à l’épilogue du championnat, Levante était à sept unités de la dernière place européenne prise par Granada à la dernière journée, une équipe promue cette année qui a cru en ses capacités de réaliser l’exploit de la saison. Sa fébrilité à l’extérieur lui a coûté beaucoup de points et l’a mis derrière des équipes comme l’Athletic ou Osasuna qui n’ont pas gagné autant de matchs que lui (quatorze victoires contre treize pour les Basques et les Navarrais,NDLR).

Paco López peut se réjouir de l’amélioration de son équipe et d’avoir réalisé la deuxième meilleure performance du club dans l’élite, mais il n’est pas interdit de viser plus haut quand l’occasion se présente.

Bilan de saison 2019/20 – CA Osasuna

En Espagne, on connaît bien la Furia Roja, mais à Pampelune la Furia est rojilla. Dans cette mignonne capitale de la Navarre, santé, force et vigueur sont ressorties des entrailles de l’Euskal Herria (Pays Basque, NDLR). Trois mots qui définissent Osasuna en langue basque. Trois caractéristiques que cette équipe a montrées cette saison en Liga pour obtenir un maintien amplement mérité. Elle n’a pas égalé la superbe performance de Granada, mais a fait largement mieux que Mallorca. Un parcours difficile par moments, mais marqué par une intensité et une solidité déconcertante dans un stade unique dans le royaume.

Promu cette année et dix-neuvième budget de LaLiga, Osasuna a signé avec mérite l’une de ses saisons les plus complètes dans l’élite, caractérisée par sa communion éternelle avec les socios d’El Sadar, un niveau de jeu agréable et une campagne tout simplement exceptionnelle récompensée par une dixième place. Une place dans la première moitié du classement gagnée avec 52 points qui mérite le respect qu’il a certes gagné par son jeu, mais aussi par la beauté de ses résultats. Un travail mené par un entraîneur atypique qui, depuis qu’il est locataire du banc navarrais, a parié sur la continuité d’un groupe qui se nourrit de la fureur rouge.

La création de Jagoba Arrasate

Derrière chaque entraîneur se cache une histoire. Celle de Jagoba Arrasate est particulièrement intéressante. Une profession qu’il a débuté à 29 ans après une courte expérience sur le terrain. À un âge aussi jeune pour ce métier, il était déjà sur le banc de Berriatuko, le club de sa ville située à la frontière entre la Vizcaya et le Guipúzcoa, un territoire au milieu du Pays Basque qui sent le parfum de l’Athletic Club et de la Real Sociedad.

À LIRE : Le bilan de la saison du Valencia CF

Son expérience à Elgoibar, quatrième division, n’est pas passée inaperçue puisqu’il a atteint deux fois les play-offs de promotion. Ce qui a attiré l’œil des éclaireurs de Zubieta qui l’ont ajouté à la masse salariale txuri urdin. Un retour dans son ancienne maison où il a passé une partie de sa carrière junior sans avoir eu la chance d’accéder à l’équipe première. À la Real Sociedad, il a dirigé l’équipe B avant d’être promu entraîneur principal après le départ de Philippe Montanier au Stade Rennais et le refus de Tata Martino de prendre les rênes du club de San Sebastián. 

Renouvellement du contrat de Jagoba Arrasate avec le CA Osasuna jusqu'en 2022
Après un début de saison convaincant, le président d’Osasuna Luis Sabalza (à gauche) et le directeur sportif Braulio Vázquez (à droite) ont renouvelé leur confiance à Arrasate. (Crédit-image : CA Osasuna)

Un début de carrière dans le football professionnel marqué par une qualification en Ligue des Champions après avoir brillamment éliminé l’Olympique Lyonnais en phase éliminatoire. L’aventure avec l’entité donostierra dura une saison et demie, et trois ans plus tard, après avoir séjourné à Numancia, il a posé ses valises à Pampelune en juin 2018.

« Je me sens très identifié avec les valeurs d’Osasuna et avec ce qui se vit à El Sadar »

La déclaration d’amour inconditionnel d’Arrasate au club et au peuple rojillos. (Source : El Pais)

Si El Sadar fusionne de la première jusqu’à la quatre-vingt-dixième minute avec ses joueurs c’est en grande partie grâce à Arrasate. Une saison lui a suffi pour célébrer la promotion en Primera après avoir remporté le championnat de deuxième division. Mais aussi, une campagne durant laquelle, les rojillos n’ont perdu aucun match à domicile (19 victoires et 2 nuls). Une série d’invincibilité qu’ils ont tentée de maintenir dans l’élite cette année en enchaînant les sept premières rencontres dans leur forteresse sans perdre. Il a fallu la visite de l’Athletic (14e journée, 1-2) pour qu’Osasuna tombe les armes à la main dans son château fort, après avoir infligé des déroutes à quelques envahisseurs imprudents ( Valencia 3-1, Villarreal 2-1 ou Alavés 4-2) et neutralisé l’impérialisme blaugrana (2-2).

Première sensation de l’équipe d’Arrasate lors de la 3e journée de LaLiga contre le Barça. (Crédit-vidéo : Bein Sports France)

D’ailleurs les deux confrontations contre le FC Barcelone peuvent être considérées parmi les matchs références qui ont dévoilé les valeurs qui unissent et animent le vestiaire d’Osasuna. L’entraîneur basque et son homme de l’ombre Bittor Alkiza, tête pensante du travail réalisé, ont parié sur le collectif qui a ramené le club en Liga Santander, mais surtout, ils n’ont pas délaissé le style de jeu de la saison dernière parce que le groupe avait la confiance et les vertus nécessaires pour assurer sa continuité dans l’élite.

On ne change pas une équipe qui gagne

Une équipe promue en Primera a toujours besoin de renforts. Même si Osasuna a préféré garder la majorité de son groupe de l’année dernière, il a tout de même apporté une retouche réussie dans son vestiaire. Certains, comme Toni Lato, Rubén García ou Facundo Roncaglia ont apporté leur expérience de LaLiga, d’autres ont rapidement pris un rôle de premier plan : Chimy Avila et Pervis Estupiñan, sans oublier Darko Brasanac, dont l’expérience qu’il a accumulée au Real Betis, à Leganés et au Deportivo Alavés a beaucoup contribué à la sérénité de l’équipe.

Chimy Ávila célébrant un but avec Osasuna
La rage, la force, le sens du but, Chimy Ávila a rapidement conquis le coeur d’El Sadar. (Crédit image : Spanish Football News)

Pour sa part, Ezequiel «Chimy» Avila ne pouvait pas aussitôt quitter la Liga après ses performances de la saison dernière sous les couleurs de Huesca. Malgré la vilaine blessure qui a terminé prématurément sa saison au mois de janvier, il reste tout de même le meilleur buteur des rojillos durant cette campagne avec neuf réalisations. Ce qui prouve son importance durant la première partie du championnat et la contribution décisive qu’il a apportée pour maintenir l’équipe qui aura ressenti son absence. 

Le prêt du latéral Équatorien a été aussi une sacrée réussite. Estupiñan a été l’image du style de jeu d’Arrasate, il a progressé au fil de la saison sur le plan défensif, malgré quelques petites erreurs de temps en temps. Il a été l’un des joueurs les plus utilisés en confisquant rapidement la place de titulaire dans le couloir gauche. Ses cinq passes décisives reflètent son apport dans l’animation offensive.

Roberto Torres
Si vous êtes fan de joueurs qui n’ont connu qu’un seul club, vous pouvez l’ajouter dans votre liste Roberto Torres, pur produit de Tajonar, continue d’honorer le maillot rouge depuis 2012. (Crédit-image : El Español Navarra)

À côté de ces recrues, on retrouve la colonne vertébrale de l’année dernière. Aridane Hernández, et David García ont rapidement assimilé l’exigence que demande LaLiga. Kike Barja, Unai García ou encore Nacho Vidal ont suivi leur progression. Oier Sanjurjo et Roberto Torres ont sans contestation été les tauliers, ce qui a facilité la bonne intégration des nouveaux comme Jon Moncayola, promu de l’équipe B, et l’aisance de Fran Merida ou d’Iñigo Pérez.

En somme, un groupe compact, complémentaire au niveau des individualités et reconnaissable sur le terrain à bien des égards. En premier lieu, Arrasate a su compter sur tout son effectif avec des changements fréquents dans le onze de départ. En fin de compte, peu importe qu’un joueur ou un autre joue, le concept qui a prévalu est celui d’un bloc. Tout le monde attaque, tout le monde défend et tout le groupe est concerné. Même dans un poste aussi spécifique que celui du gardien de but, où il y a généralement un titulaire et une doublure, le temps de jeu a été réparti entre Sergio Herrera et Rubén Martínez.

Un management et un recrutement intelligents, malgré quelques déceptions comme Marc Cardona (un seul but en dix-neuf matchs, NDLR), qui avait fait une bien meilleure saison l’année dernière à Eibar. Néanmoins, Arrasate avait bien préparé le retour d’Osasuna dans l’élite et s’est armé comme il faut pour assurer son maintien. Un objectif brillamment atteint dans un style de jeu qui inspire le respect.

Une régularité dans le ventre mou

Pour une équipe qui a joué sa survie dans l’élite, Osasuna n’a jamais mis les pieds dans la zone de largage. Cette expérience démoralisante, il l’a laissé à d’autres équipes comme l’Espanyol, Leganés ou le Celta qui ont tout de même un budget bien supérieur au sien. Un petit séjour dans les places européennes en tout début de saison puis l’équipe navarraise s’est installé dans le milieu de tableau. Malgré les douze défaites subies, elle a montré la régularité d’une équipe qui n’aspire ni à l’Europe, ni à la descente.

Un équilibre qu’elle a trouvé entre les résultats à domicile (28 points) et à l’extérieur (24 points). La raison est qu’Arrasate a toujours misé sur le collectif en plus de son style de jeu qu’il a maintenu tout long de la saison dans un El Sadar où il est très facile de descendre du paradis à l’enfer sans passer par le purgatoire. Une intensité comme LaLiga a rarement vu, mais aussi une envie démesurée de ne jamais laisser passer sa chance.

Alors qu’il n’était pas forcément menacé par la relégation, Osasuna a assuré mathématiquement son maintien lors de la 33e journée après une victoire 0-2 contre Eibar. Un exploit qui symbolise ce collectif exceptionnel. (Crédit image : LaLiga)

Cette attitude n’est pas uniquement réservée aux visiteurs du stade iruñés car Osasuna a tout le temps voyagé avec elle. Un feu intérieur qui brûle dans le cœur de cette formation et qui lui a offert six succès hors de ses bases dont un de prestige un Camp Nou devant un Barça qui se dégonflait après le confinement, alors que l’objectif du maintien était déjà atteint depuis quelques journées.

La suspension du championnat de trois mois n’a rien enlevé à l’âme des coéquipiers de Chimy Ávila, qui a regardé depuis son canapé les dix-huit points récoltés dans la trame finale pour rentrer dans le cercle des dix meilleures équipes de LaLiga cette saison. Au contraire elle a permis à Arrasate de remobiliser son vestiaire après le passage compliqué vécu à partir de la blessure de son buteur Argentin.

Ávila, blessé fin janvier, a laissé un vide sur le front que José Arnaiz et Enric Gallego, recrutés en prêt durant le marché d’hiver ont eu du mal à combler jusqu’à l’arrêt du championnat en raison du Covid-19. Toutefois, le pepinero et le getafense ont bien contribué aux points précieux obtenus dans le sprint final et qui ont placé l’entité rojilla dans le top de 10 de LaLiga 2019/2020.

Succès de luxe pour clôturer la saison contre le Barça au Camp Nou lors de la 37e journée (Crédit vidéo : Bein Sports France)

Malgré une reprise plutôt compliquée illustrée par la lourde défaite à domicile face à un Atlético de Madrid métamorphosé (0-5), les Pamplonés ont rapidement retrouvé les ressources nécessaires pour terminer le championnat en beauté. Un classement qui récompense le travail effectué depuis plusieurs années par Luis Sabalza dans l’objectif de faire rayonner de nouveau l’osasunismo dans le football espagnol.

Élu président du club en 2014 puis réélu en 2017, il a entrepris une vaste opération pour assainir les comptes d’ici 2026. Malgré la relégation de la saison 2016/2017, juste après la montée en juin 2016, Osasuna n’a pas dévié de sa trajectoire. La promotion de l’année dernière était suivie d’un objectif essentiel : le maintien. Il le fallait pour tenter de pérenniser l’équipe dans l’élite, mais aussi pour fêter l’anniversaire du centenaire dans la plus haute catégorie du football professionnel. Objectif atteint avec brio. Que la fête soit belle au mois d’octobre.

Bilan de saison 2019/20 – Granada CF

« Eterna Lucha ». Une devise si bien portée et surtout deux mots qui illustrent à la perfection l’esprit et la volonté des joueurs du Granada CF lors de cette saison. Car oui, quelques mois après avoir fait chavirer le Nuevo Los Cármenes pour la remontée du club en Primera, le stade, cette fois vide, aura été le théâtre d’une qualification européenne historique.

Historique, oui. Le mot juste pour désigner l’exercice mené par les Andalous qui vont vivre leur première saison Coupe d’Europe. En plus d’avoir impressionné l’Espagne et donné une leçon de ce que l’envie dans le football pouvait amener, Granada a également réalisé un fabuleux parcours en Copa del Rey. En atteignant les demi-finales du tournoi, le promu a été la véritable révélation espagnole, faisant également émerger les talents méconnus de certains de ses joueurs. En combinant avec l’expérience et la jeunesse de son groupe ainsi qu’avec un coach plutôt jeune, le Granada CF a assurément écrit une des plus belles pages de son histoire.

Un promu déjà taillé pour jouer le haut de tableau ?

Dauphin du CA Osasuna lors du précédent exercice, Granada a donc pu retrouver l’élite que le club n’avait plus connu depuis 2017 avec cette place de lanterne rouge. A l’issue de cette saison, émergeait déjà la fierté et l’ambition d’une équipe qui se battrait coûte que coûte pour rester en Primera. Mais très vite, la direction s’est activée notamment sur le marché des transferts.

Le Granada CF a ainsi réalisé de très bon coups. L’arrivée gratuite de Roberto Soldado est une véritable réussite, les signatures en prêt de Carlos Fernández, Maxime Gonalons ou Yangel Herrera ne peuvent qu’être saluées. De plus, les recrutements à très bas prix de Darwin Machís ou encore de Domingos Duarte, pour seulement trois millions d’euros, révèlent d’un mercato judicieux et qui a porté ses fruits.

Enfin, El Grana a également su s’appuyer sur ses jeunes, en témoigne la promotion de Carlos Neva en équipe première. Le jeune espagnol aura impressionné beaucoup de monde sur son couloir gauche. Les footballeurs déjà présents au club depuis un bon moment, comme Antonio Puertas, n’auront fait que confirmer.

Domingos Duarte: «O Santiago Bernabéu tremeu» - Espanha - Jornal ...
Indéboulonnable dans le XI nazarí, le Portugais Domingos Duarte sort d’une saison réussie en défense centrale (crédit : Record)

Parti pour jouer son maintien, comme tout promu, ou presque, dans le football, les objectifs du Granada CF vont rapidement changer. Pour preuve, le club andalou occupait la première place du championnat lors de la dixième journée de championnat, avec vingt points ! Il était encore trop tôt pour tirer des conséquences, mais ce premier quart de saison était une réussite totale.

Malgré un passage à vide en fin d’année 2019, le Granada CF occupe le milieu de tableau à la mi-saison. Quelques semaines plus tôt, le club présidé par Jiang Lizhang enregistre la prolongation de contrat de son entraîneur, Diego Martínez, jusqu’en 2021, étant alors sous contrat jusqu’à la fin de l’exercice 2019/20. Une décision logique et grandement saluée par les supporters, tous très admiratifs de l’Espagnol. Arrivé en 2018, le jeune entraîneur de seulement trente-neuf ans avait promu le club en Primera dès sa première saison, avant de confirmer dans l’élite comme on le constate aujourd’hui.

Tout semble donc être sous contrôle et bien se passer en Andalousie après les dix-neuf journées disputées. A l’hiver, le club de Granada va pouvoir compter sur les prêts de Jesús Vallejo et Gil Dias. Cédé avec une option d’achat (levée par le club en fin de saison, NDLR), Dimitri Foulquier effectue son retour chez la formation nazarí tandis que Antoñín arrive de Málaga.

Granada CF: Granada shields itself against the coronavirus ...
Un mercato judicieux et à faible coût, Granada a réalisé de très bons coups (crédit : Spain’s News)

Au cours de la seconde partie de l’exercice, Granada va maintenir un court écart avec les places européennes. Dans le sprint final, plus serré que jamais, l’équipe andalouse va battre des adversaires directs tels que la Real Sociedad (2-3) ou Getafe (2-1) et accrocher des équipes comme le Valencia CF (2-2). Enfin, lors de la dernière journée, l’Europe est toujours indécise pour la sixième et septième place. Largement victorieux (4-0) d’un Athletic terrassé, la tension de l’avant-match fait place à l’allégresse et la joie de retrouver l’Europe.

Avant de pouvoir enchanter les jeudis soir du Nuevo Los Cármenes, les Granadinos devront disputer le second et troisième tour de qualification pour espérer atteindre un barrage qui les enverrait en Europa League. La route est longue, mais quand l’envie et le rêve sont associés, plus rien ne semble impossible…

L’envie et le rêve ont fait bon ménage

Européen. Demi-finaliste de Copa. Comment ne pas dire que la saison du Granada CF est un rêve ? Les attentes fixées en début de saison ont évidemment largement été dépassées. Et pourtant, cela était loin d’être prévisible lorsque l’exercice 2019/20 a débuté.

Granada, dix-huitième budget de Primera División, possédait au début de cette saison un des effectifs les plus faibles de cette Liga. Chose plutôt logique pour un promu. Les bonnes performances sont arrivées d’une équipe, avant tout, redoutable mentalement. Un groupe soudé et uni qui n’a fait que croire à ce qu’il voulait avec des joueurs qui se sont surpassés. L’équipe a su hausser son niveau bien plus haut de que ce qu’on pouvait imaginer.

Dans cette équipe, on pourrait presque y voir du fantastique. Au cours de cette campagne, le Granada CF a démontré que l’argent était loin de faire toute la différence dans le football. En voyant le maintien s’assurer plus facilement que prévu, alors c’est évidemment une vague de joie et de gaieté qui s’est emparée du club et de ses supporters.

Pourtant, au lieu de se relâcher, ayant assuré sa place dans l’élite pour la prochaine saison, Granada a continué de se battre, pour terminer le plus haut possible. Et à force d’y croire, ce qui paraissait être un rêve va en fait devenir une réalité. Mis à rude épreuve au cours de ces mois de compétition, le mental collectif de cette équipe s’est révélé être impressionnant.

À LIRE AUSSI : Le bilan de la saison de la Real Sociedad

Le parcours notable en Copa est le reflet de cette combinaison entre envie et rêve. Avant d’atteindre la demi-finale, l’équipe de Diego Martínez s’est heurtée à plusieurs adversaires, en apparence plus faibles, qui lui ont posé de sérieux soucis. Intégré au tournoi lors du premier tour, Granada va souffrir et connaître les prolongations à plusieurs reprises. Face à des équipes telles que L’Hospitalet, Badalona et Badajoz, l’équipe andalouse connaîtra des prolongations desquelles elle sortira triomphante.

Dans une édition des plus surprenantes, Granada va se défaire du Valencia CF (2-1) en quarts de finale avant de trébucher sur l’Athletic lors de la demi-finale aller-retour. Battus (1-0) et dominés à l’aller, les Andalous s’imposent (2-1) au retour mais sont éliminés par la règle des buts à l’extérieur malgré leur performance remarquable. Mais le positif à retenir est évidemment dans le contenu. Le Granada CF n’aura jamais baissé les bras, ni cessé de croire à ses rêves et aura surtout eu le mérite d’obtenir ce qu’il méritait, pour le plus grand bonheur de ses formidables supporters.

Copa del Rey | Granada - Valencia: Soldado desata la locura en ...
Face à son ancien club, Roberto Soldado inscrira un doublé libérateur pour envoyer son équipe dans le dernier carré de la compétition (crédit : Marca)

L’énergie de la jeunesse guidée par l’expérience des vétérans

Des vingt-deux ans de Yangel Herrera aux trente-cinq de Roberto Soldado, il y a un monde. L’un réalise une des premières saisons au haut niveau dans le football professionnel quand l’autre arrive sur la fin d’une carrière où il aura tout connu. C’est ce qu’a réussi à bâtir Diego Martínez : un équilibre parfait entre la jeunesse et les joueurs qui ont déjà un passé d’expérience dans le monde du football.

Le succès du Granada CF passe aussi par là. La révélation de nombreux jeunes joueurs cette saison, tels que Rui Silva ou Carlos Fernández, s’explique en partie par ce qu’ils ont pu apprendre auprès des joueurs plus âgés. En attaque, Roberto Soldado a connu un début de saison compliqué avant de finir en beauté. A trente-quatre ans, ses très belles statistiques (sept buts et cinq passes décisives) ont un lien avec son association réussie à Carlos Fernández.

En défense, Germán Sánchez a su épauler à la perfection Domingos Duarte. Les trente-deux ans de Víctor Díaz ont également été un moteur pour animer l’aile droite du Granada CF. La jeunesse a, de son côté, aussi beaucoup contribué à la qualification en Europe du club andalou. Les contributions de talents tels que Yangel Herrera, Gil Dias et Vallejo prouvent que chaque joueur de ce onze s’est senti impliqué et important pour permettre au club de connaître sa première qualification en coupe continentale.

Granada / Yangel Herrera, de baja y pendiente de pruebas médicas
Prêté par Manchester City, Yangel Herrera a été une des révélations de cette saison du côté du Granada CF (crédit : Mundo Deportivo)

Ainsi s’achève donc une saison historique pour le Granada CF. Européen pour la première fois de son histoire, demi-finaliste de Copa, l’équipe andalouse venait pourtant tout juste d’être promue dans l’élite du football espagnol. En déjouant les pronostics grâce à son mental, son esprit d’équipe et ses belles performances, plusieurs révélations ont émergé dans cette formation. Il sera difficile de retenir tout le monde. Alors que certains vont repartir de leur prêt, d’autres hésitent entre partir pour des clubs de très haut niveau ou bien prendre part à la saison européenne, sans oublier ceux qui savent déjà que quitter ce club n’est pas envisageable. En conservant cet esprit compétitif et cette volonté de toujours aller de l’avant, cette équipe sait assurément qu’elle pourra continuer d’écrire l’histoire du Granada CF. Qui a dit que les rêves n’existaient pas dans le foot ?

Bilan de saison 2019/20 – Real Sociedad

Une équipe qui a tenu en haleine toute l’Espagne ainsi que les amoureux de LaLiga du monde entier. La Real Sociedad a ravi ses aficionados et ses joueurs durant une bonne partie de cette saison. Luttant pour la Ligue des Champions, qualifiée en finale de la Copa après une démonstration contre le Real Madrid, l’équipe d’Imanol a finalement bu la tasse du confinement. La belle Real a fini la saison lacérée et a sauvé in extremis une place en Ligue Europa en terminant à la sixième place.

Le football est souvent cruel et c’est essentiellement ce qui fait son charme. On peut passer d’une journée à l’autre de l’éclat de joie à la tristesse. Même si ce n’est jamais la fin du monde avec ce sport si merveilleux, puisque la tristesse d’aujourd’hui peut se transformer en allégresse demain, mais rien n’est plus malheureux que de boucler une saison dans le désenchantement. L’angoisse du Covid, le mutisme du huis clos et un collectif qui s’écroule comme un château de cartes. La Real Sociedad avait bien débuté mais a mal terminé. Toutefois, cette fin de saison laborieuse ne va pas balayer les sensations que cette équipe nous a offertes sous la houlette d’Imanol Alguacil et de ses jeunes pépites qui ont ébloui l’Espagne.

La richesse du jeu donne la beauté des résultats

Dans la Monarchie ibérique, il est de coutume de rappeler les grands gardiens de but que le Pays Basque a fourni à la sélection, mais n’oublions pas les clubs et le beau jeu que cette terre offre à LaLiga. Dans la province du Gipzukoa où se trouve la Real Sociedad de San Sebastián, le football a encore une fois bouleversé les maximes. Comme l’a souligné l’ancien technicien txuri urdin, Juanma Lillo (2008/2009), « c’est le jeu qui vous enrichit, pas le résultat. Le résultat est donné ». Son successeur des années plus tard l’a bien compris. 

Imanol Alguacil, ancien joueur, puis devenu entraîneur de la Real Sociedad
Après avoir entraîné les jeunes de la Real, Imanol Alguacil est revenu sur le banc de l’équipe première en décembre 2018 et réalisé sa meilleure saison en tant qu’entraîneur. (Crédit : Real Sociedad)

Imanol Alguacil a redonné vie à Anoeta, aujourd’hui Reale Arena, qui a enregistré l’une des affluences moyennes les plus élevées de LaLiga cette saison avant la pandémie (près de 34 000 fans en moyenne par match, NDLR). Une chose est sûre, ce ne sont pas uniquement les résultats qui ont drainé la masse dans l’enceinte rénovée, mais le jeu que les joyaux de Donostia ont pratiqué. Des talents rassemblés dans une équipe que le natif d’Orio (Gipuzkoa) et enfant de la maison txuri-urdine a façonnée à sa manière pour nous en mettre plein les yeux.

À LIRE AUSSI : Le Bilan de la saison du Villarreal CF

Tout d’abord, une saison réussie passe souvent par le mercato et celui de la Real a été irréprochable. L’équipe donostierra a amené cet été trois joueurs transcendantaux qui sont venus épauler Mikel Oyarzabal, la pépite nationale qui a le plus grandi ces dernières années, et Mikel Merino, un joueur d’une classe infinie. Ces trois recrues ne sont autres que Nacho Monreal, Martin Ødegaard et Cristian Portugués « Portu ». 

De retour en Liga sous les couleurs de la Real Sociedad, Martin Ødegaard a réalisé une saison magnifique.
Ødegaard a montré toutes les qualités qu’on attendait de lui cette saison à Anoeta, même si le sprint final a été compliqué. (Crédit : Diario AS)

Le premier a apporté l’expérience de la Premier League, un championnat dans lequel les défenseurs sont les plus sollicités que dans n’importe quel autre. Ødegaard, lui est un cas à part, un joueur mis à l’honneur depuis l’âge de 16 ans avec toutes les difficultés que ça implique. Toutes les décisions qu’il a prises sur le terrain ont été aussi brillantes que celles prises dans sa carrière.

Le pas en arrière aux Pays-Bas, dans les modestes clubs d’Heerenven et de Vitesse, et ces trois saisons passées chez les Bataves, où les jeunes sont soignés comme des tulipes, ont ramené en Liga un joueur magnifique. Quant à Portu, ses prestations, il faut les vivre. Si le prix de l’intensité existait, il en serait sûrement le lauréat. Un cocktail magnifique qui aura illuminé LaLiga 2019/20, mais qui, à l’épilogue d’une saison prolongée par la pandémie du coronavirus, a manqué de fraîcheur et d’inspiration.

Du rêve …

La sensation du huis clos, la Real l’a vécu avant tout le monde, avec Eibar. Elle a joué et gagné (1-2) dans un Ipurua vide, le 10 mars dernier, quatre jours avant le début de l’état d’urgence en Espagne. C’était le dernier match disputé en Liga jusqu’au 11 juin. Dans ce derby guipuzcoano, elle venait d’enregistrer une dixième victoire en douze matchs. Une période dans laquelle, elle a validé son ticket pour la finale de la Copa del Rey face à Mirandés (2-1 / 0-1), après avoir éliminé le Real Madrid au Bernabeù (3-4) dans un quart de finale spectaculaire.

Le 14 septembre 2019, lors de la 4e journée de LaLiga, la Real montrait sa force à l’Atléti, le premier gros coup de la saison. (Video : Bein Sports)

Un indicateur de la force du groupe qu’Imanol a dirigé cette saison. Le spectacle ne manquait jamais avec cette équipe que ce soit dans la défaite ou dans la victoire. Son revers à Séville (3-2) en début de saison fut l’un des matchs les plus agréables à suivre, mais aussi la victoire à Osasuna tout juste avant la trêve de Noël.

« Avant on générait des occasions avec deux ou trois passes, on s’implantait bien  devant le gardien adverse car tout fonctionnait bien dans les passes, les centres et les occasions de buts. Maintenant, on y arrive plus »

Le constat d’impuissance du gardien Álex Remiro après la défaite contre le Celta le 25 juin dernier. (Source : El País)

Remiro a bien raison de se lamenter puisque tout ce qu’il a constaté n’est que pure vérité. La Real, avant le confinement, ne courait pas, elle volait comme l’a bien souligné le Diario Vasco après la nette victoire 3-1 sur le Real Betis lors de la 9e journée. Une explosivité soutenue par Igor Zubeldia au milieu, qui a donné le champ libre aux autres pour apporter un soutien à l’attaque. De ce fait, grâce au jeu bidirectionnel et sans défaut apparent de Mikel Merino, de loin le joueur le plus complet de l’équipe, Mikel Oyarzabal et Martin Ødegaard ont pu exprimer leur potentiel intarissable.

Mikel Merino, playmaker de l'équipe basque de la Real Sociedad.
Les attaquants ont volé la vedette, mais Mikel Merino reste de loin le meilleur joueur de la Real Sociedad cette saison. (Crédit : Left Back Football)

Les passes téléguidées du Norvégien, qui d’un autre côté ne rechignait pas à faire les efforts défensifs, ont permis à Merino de jouer un rôle plus important et de donner plus d’espaces aux attaquants. Un front offensif qui tournait autour du Brésilien Willian José (11 buts) et du géant Suédois, Alexander Isak (9 buts).

Toutefois, l’une des faiblesses de cette équipe a été la défense qui a concédé 48 buts alors que de l’autre côté du terrain les filets ont tremblé à 56 reprises. Robin Le Normand a revendiqué une place de titulaire après la blessure d’Aritz Elustondo qui, à son retour, a partagé son temps de jeu avec le Français et Diego Llorente. Mais cela n’a pas empêché à cette équipe létale en contre-attaque d’être colocataire des places nobles pour la Ligue des Champions jusqu’à la suspension du championnat mi-mars.

À la désillusion

Imanol a dû maudire le confinement. Au soir de la 27e journée, la dernière disputée avant l’arrêt de LaLiga, la Real Sociedad était quatrième avec 46 points, talonnée par Getafe et l’Atlético de Madrid. Loin derrière, Villarreal, huitième, se tenait à huit points de retard. À la clôture du championnat, le sous-marin jaune a terminé devant elle avec quatre points d’avance.

Autrement dit, le club basque a récolté dix petits points sur trente-trois possibles dans la trame finale de la saison. Malgré ce changement de visage radical et surprenant, elle a pu sauver sa place européenne mais devra se contenter de la Ligue Europa

Anoeta n’avait plus de public et son équipe ne brillait plus. la flamme a commencé à s’éteindre dès la reprise contre les rojillos d’Osasuna (1-1) avant de s’arrêter nettement durant quatre journées consécutives (Alavés 2-0, Real Madrid 1-2, Celta 0-1 et Getafe 2-1). Quatre revers de suite qui ont fait oublier la belle dynamique avec laquelle elle avait enchaîné les matchs de la Copa et de LaLiga entre janvier et mars.

« Je pense que le problème est général et ne découle pas d’une situation particulière. Quand tout va bien, il semble que tout le monde joue bien, tout est fluide. Maintenant c’est le contraire et le prix à payer est conséquent »

L’analyse de la situation d’Imanol Alguacil après la défaite contre le Celta pour défendre Martin Ødegaard qui ne mettait plus un pied devant l’autre. (Source : El País)

Certes, le joueur prêté par le Real Madrid a perdu toute son inspiration durant ce long break de presque trois mois, mais ses coéquipiers non plus n’ont pas été à la hauteur pour piloter le navire. Merino était devenu méconnaissable, Monreal avait perdu une partie de son étincelle, Isak qui, avait commencé à briller, s’était éteint; Willian José avait perdu son instinct et Portu ne trouvait plus sa place. Mikel Oyarzabal a tenté de maintenir son niveau dans les trois premiers matchs, mais semblait épuisé mentalement lors du quatrième. Seul le Belge Adnan Januzaj semblait branché, mais son impact à lui seul ne suffisait guère.

La porte de la C1 s’est fermé après cette défaite contre le Celta de Iago Aspas qui cherchait le chemin du salut. (Vidéo : Bein Sport)

Au final, deux succès importants, d’abord contre l’Espanyol (2-1), puis à la Cerámica (1-2) ont permis à la Real de conserver sa place parmi les Européens de LaLiga. Elle a aussi bénéficié de circonstances favorables, comme la chute de Getafe et l’inconstance de l’Athletic Club. L’autre grande formation basque qu’elle retrouvera en finale de la Copa à une date encore indéterminée.

Imanol et son équipe nous ont régalé pendant une bonne partie de cette saison mais le sprint final a été décevant. Le coronavirus est arrivé au pire moment. Cette année était sans doute celle d’une Real Sociedad qui allait enfin retrouver la Ligue des Champion après sa dernière participation en 2013/2014. Cependant, le football nous encore montré que la vérité d’aujourd’hui ne sera pas forcément celle de demain.

Le bilan de la 28e journée de Liga

Très attendue, puisqu’elle marquait le retour du championnat espagnol pour la première fois depuis mars, cette 28e journée de Liga, entamée par El Gran Derbi, signifiait que la vie reprenait peu à peu son cours. Et ce fut le cas, les dix matchs de cette journée se sont déroulés sans incident majeur avec toujours autant d‘enjeux à tous les étages. Retour sur les rencontres de cette 28e journée de Primera.

Sevilla FC 2-0 Real Betis : le retour du football made in Ocampos

Un derby, deux buts, une victoire sevillista mais surtout une performance sensationnelle pour Lucas Ocampos. Qualifié d’événement mondial par Javier Tebas, ce match que tout le monde attendait depuis plusieurs jours a illustré la situation de deux équipes à la dynamique contraire.

Première rencontre pour illustrer le « nouveau football » et son protocole sanitaire si particulier, ce derby n’aura pas été le meilleur de ces dernières années mais probablement celui qui aura provoqué le plus d’excitation et d’engouement. Dans un triste Ramón Sánchez Pizjuán vide, ce sont d’abord les locaux qui se montrent les plus dangereux avec une frappe d’Ocampos s’écrasant sur la barre de Joel Robles (10′).

Les assauts Blanquirrojos vont se poursuivre avec les coups de tête de Jules Koundé (21′) puis Luuk de Jong (26′) qui frôlent à chaque fois le montant gauche du but du Betis. A l’issue de ce premier acte, les Verdiblancos sont tout simplement inexistants et débordés.

https://images.beinsports.com/U3Yq_BxlLhBisIkOrA--isucMKc=/918x543/smart/3290309-1-sevilla-reuters.jpg
Lucas Ocampos, sensation de la fin de saison ? (crédit : beInSports)

Au retour des vestiaires, la formation de Lopetegui accélère et vient ouvrir le score (55′) par le biais de son Argentin, sur un pénalty provoqué par Marc Bartra qui avait accroché De Jong sur corner, qui prend Robles à contre-pied. Premier but de ce retour du football en Primera.

Dépassée, la défense du Betis va concéder un deuxième but (61′) dans les minutes suivantes. C’est Fernando qui vient placer sa tête sur un nouveau corner, après que la balle ait subtilement été déviée du pied par Lucas Ocampos. Un second but encaissé sur coup de pied arrêté pour les hommes de Rubi. Dans la dernière demi-heure, le Betis va se montrer plus entreprenant, notamment avec les entrées de Lainez et Joaquín, mais sans véritablement inquiéter Vaclík. Affichant un visage terriblement inquiétant, les Verdiblancos s’inclinent donc dans le derby et permettent au Sevilla FC de consolider sa troisième place.

Résumé du match (11 juin 2020, 22h)

Granada CF 2-1 Getafe CF : l’Europe et le rêve andalou

Dans une des affiches les plus alléchantes de ce week-end, c’est finalement l’équipe madrilène qui s’est inclinée après avoir pourtant mené durant une bonne partie de la rencontre. Une défaite dérangeante pour Getafe mais un succès de prestige pour Granada.

En effet, en début de soirée, sous la chaleur andalouse, ce sont les hommes de José Bordalás (devenu au passage l’entraîneur ayant dirigé le plus de matchs dans l’histoire du Getafe CF, NDLR) qui ouvrent le score avec un golazo magnifique de Timor (19′) après une passe intelligente de Cucurella ! Une enroulée puissante qui achève sa course dans la lucarne de Rui Silva.

Durant la première période, David Soria a à peine à s’employer pour saisir quelques ballons mais rien de bien dangereux. Néanmoins, face aux offensives du Granada, les Azulones reculent et finissent par concéder l’égalisation sur un contre-son-camp de Djené. Le central togolais est surpris de voir le ballon rebondir devant lui pensant que Soria s’en était saisi.

https://www.mundodeportivo.com/rf/image_large/GODO/MD/p7/Futbol/Imagenes/2020/06/12/Recortada/20200612-637275903886767372_20200612203009-kmiH-U481726740849oTE-980x554@MundoDeportivo-Web.jpg
Toute la joie de David Timor, auteur d’un but somptueux (crédit : Mundo Deportivo)

Paniqués et probablement inquiétés des attaques grandissantes du Granada CF, David Soria et ses coéquipiers vont se faire renverser. C’est Carlos Fernández, à l’issue d’une bonne percée, qui profite d’une boulette inhabituelle du gardien espagnol, qui avait relâché un ballon, pour venir l’allumer et mettre son équipe devant au tableau d’affichage (78′). Au final, la persévérance des Andalous aura payé alors qu’ils ne sont plus qu’à deux points de l’Europe !

Résumé du match (12 juin 2020, 19h30)

Valencia CF 1-1 Levante UD : quand la folie s’empare du money-time

Pour le second derby de cette 28e journée, l’importance de gagner pour le Valencia CF était fondamentale. Au terme d’une rencontre équilibrée et qui s’est enflammée sur la fin, c’est un partage des points à Mestalla.

Relativement calme, le premier acte de ce match n’a permis à aucune des deux équipes de se détacher de l’autre avec beaucoup de déchet technique dans le jeu. Seule la frappe de Carlos Soler (28′) venant fracasser le montant de Aitor Fernández est à signaler parmi les rares offensives de cette première période.

Le match va s’animer après la pause, comme dans la plupart des rencontres de cette journée de reprise. C’est d’abord la frappe de Rodrigo (66′), qui oblige le portier du Levante à s’incliner pour sortir un bel arrêt, qui intervient avant l’expulsion de Roger Martí (73′). L’attaquant Granota avait alors été averti une seconde fois après sèchement tamponné le jeune Hugo Guillamón.

Levante: Toca suplir el gol de Roger en el Levante | Marca.com
L’expulsion de Roger a marqué un tournant du match (crédit : Marca)

Finalement, ce sont les joueurs Chés qui vont marquer en premier (89′) grâce à leur numéro 19, Rodrigo Moreno, venant couper au premier poteau un centre à ras de terre de José Luis Gayà. Mais le match n’est pas terminé, au contraire. Sur l’ultime coup franc du match, Rúben Vezo est accroché par Mouctar Diakhaby à l’entrée de la surface de réparation. Un pénalty donc, aisément transformé par Gonzalo Melero (98′), entré en jeu. Un nul logique sur le fond mais au goût de défaite pour le VCF, dont les supporters ont exprimé leur colère auprès de leur central responsable du pénalty.

Résumé du match (12 juin 2020, 22h)

RCD Espanyol 2-0 Deportivo Alavés : le match du déclic ?

Très vite en infériorité numérique, le Deportivo Alavés a souffert durant toute la rencontre sans même pouvoir tirer une seule fois. Un succès qui fait la joie de l’Espanyol, de nouveau dans l’espoir de pouvoir se maintenir.

C’est une vingtaine de minutes que le match va prendre un tournant différent, jusqu’alors assez calme et équilibré. Sur un ballon en profondeur lancé par la défense barcelonaise, Fernando Pacheco manque complètement sa sortie et se saisit du ballon dans l’arc de cercle de sa surface, se voyant logiquement expulsé (18′). Cette exclusion donne donc l’occasion à Roberto, gardien remplaçant du Deportivo Alavés, de pouvoir s’illustrer à de nombreuses reprises.

Le gardien viendra d’abord réaliser un beau double arrêt face à Wu Lei (29′), puis un nouveau, cette fois-ci en s’illustrant avec un sauvetage réflexe sur le retourné de Adrián Embarba (42′). Impressionnant jusque là, avant de finir par céder sur un coup de tête rageur de Bernardo Espinosa (45+2′), juste avant la pause.

Bernardo Espinosa anotó gol en el triunfo del Espanyol ante el Alavés
Dominant largement la rencontre, l’Espanyol a enfin été récompensé de ses efforts (crédit : Revista Semana)

Et puis, quelques secondes après avoir débuté la seconde période, l’Espanyol va inscrire un second but par Wu Lei qui se présente en face à face devant Roberto (47′). L’attaquant chinois avait été complètement oublié de la défense basque. La fin de match sera plutôt calme malgré les deux tentatives des Pericos (52′ et 80′), respectivement captées et détournées par Roberto, important dans ce match. Le tout avant que Sergi Dader vienne manquer le cadre sur une offrande de RDT (88′). Avec cette victoire, l’Espanyol reprend confiance et peut espérer un déclic dans le but de se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 14h)

RC Celta 0-1 Villarreal CF : entre exultation et colère

Proche d’obtenir un point cruellement important pour son maintien, le Celta s’est finalement effondré dans le temps additionnel après avoir longtemps tenu face à une équipe de Villarreal énergique.

La première action du match est à mettre au profit de la formation valencienne avec un premier tir de Gerard Moreno, renvoyé par la défense, et surtout suivi d’un second de Santi Cazorla, bloqué net par Rubén Blanco (15′). Dans la minute suivante, le sous-marin jaune accélère et Vicente Iborra voit sa puissante frappe, venant d’un centre de Mario Gaspar, être détournée par les mains fermes de Rubén (16′).

Les assauts s’enchaînent de la part du Villarreal CF et les Galiciens ne cessent de reculer, se reposant sur leur gardien, comme l’a prouvé la belle incursion dans la surface de Gerard Moreno (35′) mais qui n’a pas pu cadrer. En seconde période, la défense du Celta est mise à mal par le rush de Chukwueze (66′) avant de subir la percée de Carlos Bacca (86′), qui avait pourtant mis à terre Rubén Blanco, voyant son tir raser le poteau.

Samu parachuta al Villarreal en Vigo - Valencia City
Héroïque pendant 90 minutes, Rubén Blanco a finalement dû s’incliner en toute fin de rencontre (crédit : ValenciaCity)

Submergés et sans cesse en train de reculer, le Celta va craquer. Et c’est de Manu Trigueros que va venir la solution. Après une nouvelle intervention du portier galicien dans les pieds de Bacca, Manu Trigueros va finalement récupérer ce ballon et le propulser dans les cages (93′) après qu’il ait été dévié par la jambe de Jeison Murillo. Un résultat qui fait les faveurs du Villarreal CF, exultant, pour la course à l’Europe mais qui enfonce le Celta, abasourdi, dans la lutte pour le maintien.

Résumé du match (Samedi 13 juin, 17h)

CD Leganés 1-2 Real Valladolid : un maintien aux trajectoires différentes

C’était LE match du maintien de cette journée de reprise, dans ce sprint final encore tant indécis, dans lequel deux formations luttent pour rester dans l’élite du football espagnol. Ambitieux mais peu réaliste, le CD Leganés a finalement fini par être puni.

En même temps, il faut dire qu’il y a difficilement pire comme scénario que celui d’encaisser un but dès les premières minutes pour une erreur… Pourtant, c’est une mésentente totale entre le portier Pichu Cuéllar et son défenseur, Chidozie Awaziem, qui a permis à Enes Ünal (2′) d’ouvrir le score. Un ballon qu’aucun des deux protagonistes n’a pris mais poursuivi avant finalement qu’il finisse dans le but.

Voulant repartir de l’avant, Leganés a tenté quelques incursions à l’image de Kévin Rodrigues (11′) ou Guido Carillo (43′) mais avec un cruel manque de précision et de rigueur. Peu présent offensivement, l’équipe de Sergio va doubler la mise grâce à Rubén Alcaraz, tout heureux de marquer (54′) en voyant le ballon boxé par Pichu Cuéllar, atterrir devant lui après qu’un de ses coéquipiers ait manqué sa reprise.

https://pucelafichajes.com/wp-content/uploads/2020/06/7F8DF5EE-92B6-4E8C-87E3-4923B47AD551.jpeg
La gaffe défensive des Madrilènes aura permis à Ünal d’inscrire son cinquième but de la saison (crédit : Pucela Fichajes)

Insistant pour marquer, les Pepineros vont finalement obtenir un pénalty en raison d’une faute de Mohammed Salisu sur Roger Assalé. L’homme des coups de pieds arrêtés et prêté par le Real, Óscar Rodríguez, ne se fera pas prier pour venir tromper Masip (83′). Motivé mais peu transcendant, Leganés s’incline finalement et peut avoir des regrets en sachant que le maintien sera de plus en plus difficile à acquérir.

Résumé du match (13 juin à 19h30)

RCD Mallorca 0-4 FC Barcelona : déjà du lourd pour la reprise

Un match avec un semblant d’incertitude qui s’est en réalité très vite décidé entre deux formations dont l’objectif est le maintien pour les locaux et évidemment, le titre pour les visiteurs a conclu ce samedi soir. Au final, le suspens n’aura pas duré.

C’est seulement après quelques secondes que Arturo Vidal a pu venir crucifier (1′) Manolo Reina d’un cabezazo très bien placé sur un centre millimétré de Jordi Alba. Le travail de Frenkie de Jong sur l’action du but est également à souligner. Mallorca ne baisse pas les bras, comme tout au long du match, et rétorque avec une frappe enroulée de Kubo à l’entrée de la surface mais sortie par les gants de Ter-Stegen (21′).

Avec idées mais sans organisation, les Bermellones perdent rapidement le ballon et encaissent un second but (37′), après plusieurs erreurs, inscrit par Martin Braithwaite d’une puissante reprise, son premier avec le Barça. Le Danois va obtenir une nouvelle occasion de but mais sortie du bout du pied par Manolo Reina (58′) alors que Ante Budimir avait tenté sa chance vers les cages blaugranas quelques minutes plus tôt (48′).

Mallorca 0 - Barcelona 4: resumen, resultado y goles - AS.com
De retour avec un nouveau look, Messi continue d’être demandé par les supporters… même à huis clos ! (crédit : AS)

A son tour, le jeune Ronald Araújo va venir inquiéter les cages majorquines en frappant sur le poteau sur un centre de Sergi Roberto (59′). Enfin, c’est Jordi Alba qui va venir crucifier Manolo Reina après un caviar de Messi en profondeur (78′) suivi d’un nouveau but de ce dernier (90+3′). Une victoire logique mais un score dur pour une équipe de Mallorca qui sera restée motivée et qui devra continuer son combat pour se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 22h)

Athletic Club 1-1 Atlético de Madrid : le nul qui n’arrange absolument personne

Attendu comme un véritable duel pour l’Europe, ce partidazo a finalement vu l’Athletic et l’Atlético se neutraliser logiquement en se répondant coup pour coup dans un San Mamés vide et, inhabituellement mais logiquement, muet.

Dominés pendant le premier quart d’heure du match dans ce premier match du dimanche, les Basques subissent dans un premier temps les offensives des Colchoneros. Après avoir alarmé les buts gardés par Unai Simón avec une frappe de Carrasco (12′), l’Atleti recule et concède deux occasions importantes dans le domaine aérien… toutes détournées par l’incroyable Jan Oblak. La première est signée Iñaki Williams (25′) sur un centre de Capa, et la seconde de Yeray après un bon ballon de Muniain (32′).

Avec ce gros temps fort, les Leones en profitent pour ouvrir la marque grâce à leur capitaine Iker Muniain, plaçant un extérieur subtil, aidé par Thomas Partey, sur une passe de Yuri Berchiche (36′). Mais la réplique des Colchoneros ne se fait pas attendre. Après une mauvaise relance de Yeray, Koke et Diego Costa se jouent de la défense basque pour venir remettre les compteurs à égalité (39′) et battre Unai Simón.

https://fotos01.deia.eus/2020/06/15/690x278/el-aporte-del-capitan-del-athetic.jpg
Iker Muniain a célébré son but en hommage des personnes décédées du coronavirus (crédit : Deia)

La deuxième période sera, pour une fois, plus apaisée mais tout de même agitée sur la fin. Renan Lodi et Santiago Arias obligent en effet le dernier rempart de l’Athletic à venir réaliser un double arrêt (79′), premièrement sur le centre-tir enroulé du Brésilien, avant de sauver ses cages en se relevant rapidement pour faire barrage au Colombien de l’Atlético. A l’issue de la rencontre, c’est donc un match nul qui n’avantage ni les Lions pour la course à l’Europa League, ni les Colchoneros pour se qualifier en Champions League.

Résumé du match (14 juin 2020, 14h)

Real Madrid 3-1 SD Eibar : la qualité madrilène a surpassé l’envie basque

Attendu pour répondre à son rival barcelonais, qui avait déroulé la veille, le Real Madrid n’a pas déçu. Une victoire sans trembler au profit de la formation d’Eibar, dans une situation bien différente.

Comme à l’image du Barça, le club madrilène a voulu suivre le même début de match. A savoir une ouverture du score très tôt dans le match, ici grâce à Toni Kroos reprenant sans contrôle un ballon expédié directement dans la lucarne de Dmitrovic (3′). Un but cependant contesté pour une minime position de hors jeu de Karim Benzema, non signalée par l’arbitrage vidéo. Pourtant peu dangereux, le Real va surtout se montrer réaliste et inscrire le second but (30′) du match grâce à Sergio Ramos. Monté aux avants-postes, le capitaine Merengue n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets après le service d’Eden Hazard.

https://s.libertaddigital.com/2020/06/14/1920/1080/fit/1406-ramos-hazard-gol.jpg
Malgré leur envie forte de lutter, les Armeros ont craqué face à la force collective du Real (crédit : Libertad Digital)

L’addition va s’alourdir avec un troisième but, signé Marcelo, envoyant un ballon flottant, mal dégagé par la défense, dans le petit filet de Marko Dmitrović. Avant la mi-temps, le portier serbe va néanmoins réaliser un bel arrêt (45+2′) sur une reprise de Rodrygo. Le Real va ensuite lever le pied et Eibar va en profiter avec Edu Expósito obligeant Thibaut Courtois à s’employer magnifiquement bien à deux reprises (48′ et 56′). Dans la foulée, Sergi Enrich va même venir déposer un ballon sur la barre du portier belge (58′).

Juste après cela, Eibar va enfin trouver la faille et marquer (59′). C’est Pablo de Blasis qui s’exécute avec une reprise, déviée par le dos de Pedro Bigas, qui viendra tromper Thibaut Courtois sur qui la balle aura doucement rebondi. Après ça, plus grand chose n’empêchera Madrid de sceller le score de ce match et de poursuivre le Barça. Eibar se devra de rebondir vite pour son maintien.

Résumé du match (14 juin 2020, 19h30)

Real Sociedad 1-1 CA Osasuna : le coup d’arrêt txuri-urdin

Avec comme objectif de terminer quatrième pour voir la Champions League lors de la prochaine saison, la Real Sociedad a vu hier ses plans être compliqués par la très bonne équipe d’Osasuna. Tenaces et entreprenants, les Rojillos ont fait caler la Real dès la reprise.

Dans ce que l’on pourrait une surprise de la rentrée, ce sont les Txuri-Urdin qui vont se distinguer les premiers dans une rencontre presque ennuyeuse par moments. Aritz Elustondo récupère un ballon en profondeur de Portu à la suite d’un coup-franc mais bute sur le pied salvateur de Rubén Martínez (25′). Un instant plus tard, Robin Le Normand, fraîchement prolongé avec la Real, touche un centre de Adrián de la main et, par conséquent, concède un pénalty que l’auteur du centre transformera dans la lucarne de Remiro (29′).

Les joueurs de Jagoba Arrasate se montrent entreprenants et s’offrent une nouvelle occasion grâce à Marc Cardona (51′) qui récupère en vitesse un ballon mais qui vient mourir à quelques centimètres. Solide, la défense navarraise va commettre une erreur qui coûte chère, laissant Oyarzabal seul de tout marquage qui ne tremblera pas pour égaliser (60′) qui avait déjà vu une de ses tentatives stoppée par Rubén auparavant (54′).

https://navarra.elespanol.com/media/navarra/images/2020/06/14/2020061423154394638.jpg
Osasuna ne sera pas passé loin d’une belle victoire (crédit : Navarra.com)

En fin de match, Osasuna va avoir trois grosses opportunités de passer devant au tableau d’affichage mais Remiro en sauvera une première (88′) alors que les deux autres ne passeront à rien des cages du gardien basque (90′ et 92′). Un nul qui fige les positions des deux équipes au classement.

Résumé du match (14 juin 2020, 22h)

La buena operación de la journée

Très certainement à mettre au profit de l’Espanyol de Barcelona, cette journée aura permis aux Pericos de revenir à seulement trois points du Celta, premier non-relégable. Avec les défaites de tous les concurrents directs (Leganés, Mallorca, Celta, Eibar), les Catalans font un coup parfait dans l’optique du maintien même s’ils occupent toujours la dernière place du classement.

Le golazo de la journée

Difficile de faire un choix mais c’est la frappe sensationnelle de Toni Kroos qui est très certainement le plus beau but de ce week-end. Limpide et sans contrôle, elle a vu le ballon venir se loger magnifiquement bien dans les cages des Armeros. La frappe de Timor reste, quant à elle, un chef d’oeuvre également.

Cette journée de reprise nous aura permis donc de reprendre contact avec le football espagnol et ses dernières journées qui s’annoncent toujours pleines d’incertitudes. Avec les résultats, on peut, peut-être, déjà penser que cette pause aura très certainement fait du bien physiquement et moralement, ou au contraire casser la dynamique, de certaines équipes du championnat. Ces dix rencontres sont aussi l’occasion d’avoir une vision plus tranchée du huis clos dans les stades, comblé en partie par le public et l’ambiance virtuels mis en place.

Titre, Europe, maintien : quels sont les enjeux de la fin de saison en Liga ?

Trois mois après s’être arrêté, le championnat espagnol va de nouveau reprendre pour la première et deuxième division. Ce sont des dernières journées aux enjeux multiples qui se présentent, du haut au bas du tableau. C’est le Gran Derbi, de Sevilla, un des matchs les plus beaux d’Espagne, qui va avoir l’honneur de rouvrir le bal et surtout de relancer les hostilités dans un ultime sprint final qui va nous tenir en haleine…

La grande question pour cette fin de saison se pose autour du titre de cette édition 2019/20. Le véritable mano à mano entre Catalans et Madrilènes va évidemment prendre une part importante dans cette fin de championnat. En même temps, c’est une véritable la lutte pour le maintien tandis que la course à l’Europe semble ouverte et est un motif d’espérance pour un bon nombre de clubs. Dans le fond du classement, c’est la situation de l’Espanyol qui préoccupe. Mais à côté, plusieurs équipes sont aussi dans le rouge sportivement et devront lutter coûte que coûte. Entre surprises pour les uns et véritables désillusions pour les autres, ces onze dernières journées du championnat espagnol vont nous faire vivre une course à rebondissements. Le tout en 36 jours… et à huis clos.

Bataille pour le titre : un combat féroce à distance

C’est donc la grande inconnue de cette fin de saison en Espagne. Barça ou Real ? Les médias hispaniques donnent à leur tour leurs pronostics sur le futur champion de cet exercice si particulier. A l’heure actuelle, les blaugranas comptent deux points d’avance sur leur rival historique. Une petite avance qu’ils ont pu reprendre lors de la 27e journée, la dernière avant l’arrêt provisoire du championnat, après leur victoire difficile contre la Real Sociedad et en profitant aussi de la défaite madrilène contre le Betis.

Bétis Séville-Real Madrid (2-1) - Le Real n'enchaîne pas après le ...
Le 8 mars dernier, Sidnei et Tello offraient un succès de prestige au Betis en battant les hommes de Zidane (crédit : Goal.com)

Rappelons qu’une semaine plus tôt, c’était les Madrilènes qui avaient chiper une énième fois le leadership au FC Barcelona grâce à l’importante victoire lors du Clásico, deux buts à zéro, au Bernabéu. Mais la joie des Merengues a été de courte durée si bien qu’aujourd’hui le combat est le même : reprendre définitivement le trône et le garder jusqu’à la fin.

La Casa Blanca veut également mettre un terme aux deux derniers championnats remportés par le club catalan et soulever le trophée que la capitale n’a plus vu depuis 2017. Madrid va devoir pour cela améliorer son rendement offensif, qui a été un problème récurrent et visible dans certains de ses matchs. Autrement, le club peut toujours espérer s’appuyer sur une solide et hermétique défense qui n’a concédé que seize buts cette saison en championnat. Une arme redoutable pour les coéquipiers de Sergio Ramos.

De l’autre côté, c’est le géant barcelonais qui se dresse. Evidemment, et sans surprise, le danger est et sera toujours Leo Messi. Plus besoin de le décrire. Sur le plan de l’attaque, le Barça se porte très bien cette saison. Les hommes de Setién comptent avec eux le retour de Luis Suárez, qui s’est remis de sa blessure.

El Clásico: Real Madrid beats Barcelona on Vinícius Jr goal
Vinícius inscrivant la première des deux réalisations madrilènes dans le plus médiatisé des chocs du monde (crédit : YahooSports)

A l’inverse de son concurrent direct, le Barça connait des difficultés défensives cette saison. Malgré les multiples exploits de Ter Stegen devant ses cages, la ligne de défense a souvent été auteure de performances décevantes. C’est souvent la charnière centrale, composée de Lenglet et Gerard Piqué, qui est pointée du doigt même si les erreurs venant des couloirs sont aussi soulignées. Avec 31 buts encaissés en 27 rencontres de Liga, les Catalans font assurément une de leur moins bonnes prestations sur ces dernières années.

Néanmoins, l’essentiel est là avec cette première place. Dans ce jeu du chat et de la souris, le Barça aura pour but de conserver sa première place et remporter une nouvelle fois le championnat. Le décor est planté, l’enjeu est donc de taille. Le Clásico se jouera donc sur onze journées… mais à distance !

Messi and VAR hand Barca victory over Sociedad - Reuters
Avant la pause, le Barça avait souffert et s’en était remis à son génie pour signer un court succès contre la Real Sociedad (crédit : Reuters.UK)

Course à l’Europe : l’incroyable méli-mélo des clubs

Entre la Champions League et l’Europa League, les clubs les mieux placés, et même certains plus en retrait, s’arrachent les places de qualification pour les compétitions continentales. Quelques uns rêvent de revivre de grandes soirées en semaine quand d’autres veulent tout simplement continuer d’affirmer leur statut de cador. A chaque journée, le classement se bouscule et donne l’impression qu’une équipe, qui paraissait outsider auparavant, devient sérieuse candidate à l’Europe. Un vrai méli-mélo…

La course à la Champions League

Sur les quatre places pour la Champions League, Barcelone et Madrid devraient en toute logique s’accaparer les deux premières. La bataille intéressante va surtout concerner les deux restantes. En tant que protagonistes, on retrouve le Sevilla FC de Lopetegui, qui semble sur le bon chemin pour retrouver la C1, la surprenante Real Sociedad, le Getafe CF, en cinquième place, et l’Atlético de Madrid juste derrière.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Légèrement plus en retrait, le Valencia CF devra se battre pour batailler en Champions League. Pour les autres, derrière, même si aucune option n’est à exclure, l’obtention d’un billet pour la plus prestigieuse des coupes européennes semble peu probable.

Dans ce noyau de six, il y a des interrogations. Solide depuis de très longs mois, les Andalous vont-ils tenir ? La Real Sociedad ne va t’elle pas craquer sur la fin ? Après la qualification en Europa League, est-ce vraiment possible de voir Getafe en C1 ? Enfin, l’Atlético peut-il vraiment ne pas être dans le top 4 alors que le club y est régulièrement depuis des années ?

Du point de vue de l’effectif, c’est l’Atlético qui est évidemment au dessus du reste. Mais pourtant, sur le terrain, ce n’est pas si simple et la difficulté, notamment offensive, des Colchoneros se fait ressentir après avoir renouvelé une partie importante de l’effectif l’été dernier. Néanmoins, tout reste encore jouable.

Atlético de Madrid derrota o Betis fora e entra no G4 do Espanhol ...
Qualifié pour les quarts de LDC, l’Atleti est en difficulté sur le plan national (crédit : Jovem Pan)

La Real Sociedad fait une saison particulièrement surprenante, avec de très bons résultats. Avec un effectif notable, les Basques peuvent rêver de terminer en place pour Champions League, et même de finir sur le podium. L’objectif récemment clamé par la direction sportive. L’animation offensive est un véritable régal à Donostia, visible dans la connexion entre Mikel Oyarzabal et Martin Odegaard. Le milieu de terrain est aussi un facteur notable participant aux nombreux succès de la Real.

En Andalousie, retrouver la C1 fait rêver. Une compétition que l’équipe de Julen Lopetegui n’a plus connu depuis deux saisons. Logés à la troisième place, les coéquipiers du scintillant Lucas Ocampos partent favoris pour conserver leur troisième position. Toutefois, les places sont chères et la bataille est rude. Le Sevilla FC possède une défense qui se tient bien et une attaque pas des plus efficaces mais régulière.

A égalité de points avec la Real Sociedad, Getafe ne doit pas être oublié. Les Azulones confirment leur statut après avoir manqué de très peu une qualification pour la C1 à l’issue de la saison passée. Cette année, beaucoup de conditions sont réunies et le club reste bien classé mais avec une qualité d’effectif inférieure à celle des autres protagonistes. Cependant, cette équipe a tellement créé la surprise qu’il ne faut rien négliger. Pas même une qualification en Champions League pour un club qui, il y a encore trois ans, évoluait en Segunda.

Getafe tear Valencia apart and rip up the cliches as they climb ...
A 38 ans, Jorge Molina reste un joueur moteur de l’attaque de Getafe (crédit : The Guardian)

La course à l’Europa League

Concernant l’Europa League, les équipes qui y seront semble déjà plus annoncées mais on sent également qu’une équipe de derrière peut arriver à tout moment en position pour la C3. Là encore, c’est un sprint final sans relâche qui s’annonce.

En faisant un point sur le classement, ce sont provisoirement, comme dit précédemment, Getafe et l’Atlético qui sont en position pour disputer l’EL. En raison de l’absence de finale de Copa Del Rey cette année, pouvant envoyer son vainqueur en C3, la 7e place sera synonyme de tours préliminaires. Elle est occupée par le club Ché.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Le trio mentionné précédemment, toujours en lice pour jouer la C1, part donc avec une longueur d’avance. Plus en retrait, la bataille se fera aussi entre trois belles équipes : Villarreal, Granada et l’Athletic.

Pour le sous-marin jaune, ce sont quatre points qui les séparent de leur rival valencien. De même pour le club andalou de Granada alors que l’Athletic Club compte cinq unités de retard. Rien d’insurmontable jusque là mais pour espérer atteindre l’Europa League, il faudra remporter les matchs décisifs des prochaines semaines. Cela passe par tuer les matchs bien plus tôt, un défaut qui a coûté, à plusieurs reprises, la victoire à la formation de Javi Calleja cette saison.

Régulièrement habitués à évoluer en Europe, l’Athletic et Villarreal n’y sont pas cette saison et veulent y retourner. Un objectif parfaitement cohérent au vu du riche effectif que possède les deux formations. Rater le coche serait évidemment une déception, mais avec la folie que ces deux équipes peuvent mettre sur le terrain, rien n’est infaisable.

De son côté, El Grana, promu de Segunda, n’a rien à perdre. Déjà demi-finaliste de Copa, les hommes de Diego Martínez tenteront d’aller chercher l’Europe pour le bonheur de leurs formidables supporters.

Villarreal 0-0 Athletic: Villarreal y Athletic firman la paz y no ...
Villarreal et l’Athletic, deux équipes attendues au tournant dans la course à l’Europe (crédit : El Español)

En revanche, la lutte pour l’Europe ne devrait pas concerner d’autres équipes en dehors du top 10. Osasuna, le Betis, Levante et Alavés possèdent un train de retard sur les places européennes et font souvent preuve d’irrégularité. Mais là encore, étant donné que nous n’avons aucune idée de ce à quoi il faut s’attendre après trois mois sans match, rien n’est irréalisable.

Lutte pour le maintien : entre peur et espoir

Enfin, pour le troisième et dernier échelon majeur de ce classement, c’est la lutte pour le maintien qui va attirer notre attention. Dans ces affrontements pour se maintenir dans l’élite, personne n’a vraiment pris d’ascendant sur les autres. De la décevante saison de l’Espanyol à celle en montagne russe du Real Valladolid, l’incertitude règne et terrifie.

A la première vue de ce classement, ce sont six équipes qui semblent être embarquées dans un objectif commun qui est celui de se maintenir. Seulement trois d’entre elles se sauveront. Pour les équipes du ventre mou, évoquées avant, rien n’empêche de les voir aussi se mêler à cette lutte.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Même si le Real Valladolid semble légèrement plus en avance sur ses autres adversaires direct, la situation n’y est pas forcément très rassurante. En championnat, en 2020, la formation Pucela n’a battu que l’Espanyol et Mallorca. Des victoires contre des concurrents directs certes, mais seulement deux succès. Le club comptait six unités sur le premier relégable à la mi-saison, plus que quatre à l’heure actuelle. Pour l’équipe de Ronaldo, il va vite falloir reprendre le bon chemin, celui du maintien. Rencontre décisive dès ce week-end face à Leganés !

Pour Eibar, la tâche sera également très difficile. Les Armeros ont perdu des confrontations directes extrêmement cruciales et avancent aussi au ralenti avec, là encore, uniquement deux succès. Cependant, il y a de l’espoir dans un effectif qui peut s’enflammer et renverser un match. Les deux victoires de la phase retour du championnat étaient remarquables : une victoire 2-0 contre l’Atlético, et un triomphe de prestige, 3-0, contre Levante. Des matchs qui montrent bien que cette équipe sait se surpasser mais pour qui le public manquera cruellement.

Eibar v Atlético Madrid Match Report, 18/01/2020, Primera División ...
Au terme d’une performance sensationnelle, les Basques avaient vaincu les Colchoneros en janvier dernier (crédit : Goal.com)

La mauvaise surprise c’est la présence du Celta de Vigo, à la 17e place de ce classement. Après leur dernière saison compliquée et un maintien obtenu dans les derniers matchs, les Galiciens sont encore à la peine. Cependant, les Celtistas restaient sur de très bonnes performances avant l’arrêt des compétitions avec seulement un revers en Liga, en 2020 ! Généralement convaincante à domicile et capable de sortir une belle performance à l’extérieur, l’équipe d’Óscar García sera peut-être chamboulée par le huis-clos. Avec un effectif de cette qualité, le Celta peut et doit se maintenir. Pour cela, le club peut espèrer compter sur son héros Iago Aspas…

Dans la zone rouge, la situation évolue assez peu depuis quelques temps, mais l’écart ne s’agrandit pas. Le RCD Mallorca occupe la place de premier relégable mais ne reste qu’à deux points de la 16e place. Le club peut donc surgir à tout moment et sortir de cette zone de relégation, même dans les ultimes journées. Le tout est de pouvoir garder le contact et de maintenir l’écart avec les équipes de devant.

Celta: Primer gol de Iago Aspas al Mallorca | Marca.com
Souffrir avant de pouvoir exulter, l’enjeu du maintien (crédit : Marca)

Avant-dernier mais plein d’espoir, et probablement l’équipe avec le plus d’envie sur le terrain pour le maintien, le CD Leganés. Les Pepineros connaissent une saison compliquée sur le plan sportif mais s’accrochent tant bien que mal. Ce qui est fort dans cette équipe, c’est le mental qu’elle a pour se relever d’une défaite, d’une mauvaise série. Un mental d’acier qui laisse penser que, après avoir renversé des matchs comme celui contre Villarreal (avant l’arrêt de la Liga, NDLR), le maintien ne sera pas si dur à aller chercher. Pourtant, il y a d’autres adversaires qui luttent aussi et une réalité sportive à respecter, mais cette équipe n’a pas à baisser les bras.

Enfin, pour conclure avec la lanterne rouge de notre championnat : l’Espanyol. Un des clubs historiques les plus importants de l’histoire du football espagnol, est au bord du précipice. Avec vingt points, le club catalan réalise un exercice laborieux malgré son effectif plus que correct. Des joueurs de talent mais qui ne répondent pas sur le terrain, qui ne trouvent pas le point concordant pour triompher collectivement. Devant, R.D.T. fait le travail mais pour combien de temps encore ?

UEFA Europa League on Twitter: "Raúl de Tomás has 3 goals in 3 ...
Joueur important au Rayo, où il était prêté la saison dernière, Raúl de Tomás avait enchaîné les buts mais n’avait pas pu éviter la relégation du club madrilène…

Le joueur, auteur du transfert le plus cher de l’histoire de l’Espanyol ne peut pas empêcher les prestations défensives catastrophiques qui sont le gros problème de cette équipe. Cette dernière place au classement se justifie également par les problèmes offensifs que l’Espanyol a connu durant toute la première partie de saison, avant l’arrivée de R.D.T.

A six unités du premier non-relégable, les Pericos tremblent et savent qu’obtenir leur maintien pourrait être un moment historique de l’histoire du club. Rien d’impossible, non, mais surtout quelque chose d’extrêmement ardu.

En Segunda : le flou tout aussi présent

Du côté de la Segunda, les lignes se dessinent également petit à petit mais avec douceur et lenteur. Le Cádiz CF va très certainement obtenir un ticket direct pour la promotion en Primera et pourquoi pas décrocher le titre. Le Real Zaragoza est également en embuscade.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Pour les barrages de promotion, ce sont énormément d’équipes qui sont impliquées en plus de celles visibles sur ce classement. Numancia, 16e, compte 38 points et a encore plusieurs raisons de croire à disputer le maintien en étant à seulement huit points d’Elche, et même quatre de Mirandés.

Cependant, toutes ses équipes de milieu de tableau, comme la SD Ponferradina (10e et non visible sur les captures d’écran, NDLR) doivent faire aussi attention à leurs arrières. Effectivement, la zone de relégation n’est pas si loin et donne encore une touche de suspens à cette fin de saison.

Sportivement, Extremadura et le Racing sont en difficulté et ont visiblement peu de chances de se maintenir même si mathématiquement rien n’est acté. Le Dépor, club historique, est dans le rouge aussi et se doit de se rattraper au plus vite alors que le Albacete BP, tout proche d’être promu en Primera l’an dernier, joue plutôt dans les dernières places du tableau cette saison. A tous les étages, cette édition de Segunda est aussi un vrai feuilleton dont le scénario final est bien loin d’être écrit !

Ce qui est sûr, au delà de l’incertitude totale du classement final, c’est que la date du 11 juin 2020 restera assurément gravée dans l’histoire du football espagnol. Avec l’enchaînement des matchs et la chaleur, les clubs devront aussi composer avec le terrible huis clos. Ces trois circonstances combinées à des matchs qui seront cruciaux pour débloquer la situation au classement, ce sprint final va être une bataille acharnée et sans relâche mais où les joueurs vont s’arracher et souffrir. A la fin juillet, le verdict final aura été rendu avec, qui sait, peut-être d’énormes surprises…

Ces joueurs de Liga dont on parle trop peu (#1)

Ce ne sont quelques noms parmi tant d’autres, à première vue. Des noms dont on entend en réalité très peu parler. Et pourtant, ils mériteraient sans doute plus d’attention. Cet article sera l’occasion de s’intéresser, dans les différents clubs de Primera, aux joueurs trop peu médiatisés de notre beau championnat espagnol. Dans cette première partie, nous vous présenterons, en détail, cinq joueurs trop peu mentionnés que nous avons sélectionné.

Le menu de ce premier épisode nous emmènera à la découverte de joueurs dont beaucoup ont des qualités communes. A commencer par Ander Capa, le brillant latéral de l’Athletic, puis, Marc Cucurella, une des pièces maîtresses du jeu du Getafe qui fait un excellent travail sur son côté gauche, ou encore Chimy Ávila, l’intenable auteur de golazos à Osasuna. Pour terminer, nous aborderons également le cas de Darwin Machís, porteur permanent de danger sur le flan offensif du Granada, sans oublier Emerson Jr, imperturbable sur son aile droite, au Betis. C’est parti pour ce premier épisode !

Ander Capa 🇪🇸 (Athletic Club)

Installé en tant que titulaire sur le flanc droit du XI de Gaizka Garitano, Ander Capa réalise une saison admirable pour son deuxième exercice chez les Leones. Arrivé pour un montant de trois millions d’euros en provenance de la SD Eibar, au mercato estival de 2018, le natif de Portugalete a explosé sur ces derniers mois après avoir passé la saison dernière un peu plus dans l’ombre de son coéquipier, Óscar de Marcos.

Il faut dire que Capa avait des raisons d’être remarqué dès l’été dernier, notamment lors des premiers matchs de Liga. En effet, le Basque s’était hissé en tête du classement des passeurs en réalisant trois passes décisives lors des trois premières rencontres. Avec quatre unités à l’heure actuelle, Ander Capa se place parmi les latéraux droits les plus décisifs de cette Liga, derrière Daniel Wass ou Emerson, sur qui nous reviendrons un peu plus tard, entre autres.

L’arrière droit de 28 ans s’est même montré presque indispensable en inscrivant deux beaux buts cette saison, ses premiers sous les couleurs de l’Athletic. Le latéral possède de bonnes qualités offensives en partie grâce à son passage chez les Armeros. Sous Mendilibar, Ander Capa a débuté au poste d’ailier droit avant de, progressivement, en venir au poste qu’il occupe aujourd’hui.

Ander Capa inscrivait sa première réalisation chez les Zuri-gorriak d’une superbe reprise de volée pour offrir la victoire à son équipe (crédit : LaLiga)

Ce qui fait la force du défenseur rojiblanco, c’est aussi sa robustesse qui l’amène souvent à user de son physique pour attaquer. Sa vélocité, également, fait de lui un joueur redoutable comme le montre la pointe de vitesse qu’il a réalisé, une des plus grosses de la saison, à 34.5km/h. La force de frappe qu’il possède est également notable et apporte un vrai danger devant.

Agile pour centrer, Capa sait aussi défendre de manière assez virile dans ses interventions. Peut-être même un peu trop par moments puisqu’il a écopé de dix cartons jaunes cette saison (le classant ainsi comme le 5e joueur ayant pris le plus de jaunes cette saison en Liga), qui lui ont valu deux suspensions pour accumulation d’avertissements. Mais Ander Capa joue bien évidemment un rôle majeur dans la défense très solide que l’Athletic tient en ce moment.

L’arrière droit de l’Athletic a donc de nombreuses qualités, notamment sur le plan offensif. Des qualités qui lui vaudront peut être une sélection avec la Roja de Luis Enrique dans les prochains mois dans un couloir droit où la hiérarchie des joueurs semble remise en jeu, comme à beaucoup de postes.

Sevilla - Athletic: Gol de Ander Capa, en Vídeo, Jornada 19
Ander Capa célébrant son but face à Sevilla (1-1), au début du mois de janvier (crédit : El Desmarque)

Marc Cucurella 🇪🇸 (Getafe CF)

Marc Cucurella, c’est la vivacité et la tonicité. Deux atouts qui font que le milieu gauche est très dur à contenir en raison de ses mouvements, offensifs ou défensifs, constants. Principalement habitué à évoluer sur l’aile gauche du traditionnel 4-4-2 de Getafe, Cucurella peut également être positionné en tant qu’arrière gauche. A Eibar, où il était cédé la saison dernière, son talent n’avait fait que se confirmer aux yeux du public. Et aujourd’hui, de nouveau prêté une saison par le Barça, l’Espagnol joue à un niveau plus élevé. Oui, puisqu’en portant le maillot des Azulones, Cucurella dispute, par la même occasion, l’Europa League. Une compétition qui a endurci le jeune catalan et l’a fait s’améliorer.

Tenace tout en refusant de baisser les bras, Marc Cucurella fait mal sur son côté gauche. Aussi bien offensivement, avec ses nombreuses percées, que défensivement, où sa mobilité lui permet de ne pas quitter son adversaire d’une semelle. Statistiquement, le joueur apprécié par José Bordalás se montre crucial dans la conclusion des occasions grâce à ses quatre assistances et son unique réalisation cette saison en Liga.

Arsenal Willing to Pay Release Clause of Barcelona's Marc ...
Marc Cucurella, dont la coiffure fait parfois sourire, sait sans doute qu’il n’est qu’au début de sa fulgurante progression (crédit : Football Addict)

Là où l’ailier crée de l’insécurité dans la défense adverse, c’est quand il vient percer dans l’axe pour ensuite lancer en profondeur les finisseurs de l’équipe madrilène. Cucurella aime partir de son côté gauche pour s’introduire petit à petit vers le cœur du terrain. C’est d’ailleurs en effectuant ce repli axial qu’il a été le plus décisif. Un replacement qu’il fait sans particulièrement utiliser les dribbles mais plutôt sa vitesse et aussi grâce à sa capacité à se faufiler entre les défenseurs rivaux.

Pour terminer de vanter les mérites du natif de Alella, dans la province de Barcelone, il faut parler de ses centres millimétrés. De véritables délices, minutieusement déposés sur la tête ou le bout du pied du buteur. Et à Getafe, les attaquants sont connus pour ne pas se faire prier quand il s’agit de conclure.

Même si ce n’est pas le poste où il joue le plus souvent, Marc Cucurella pourrait bien dépanner dans la ligne défensive blaugrana. Sur une aile gauche où Junior Firpo ne semble pas avoir convaincu et sur laquelle Jordi Alba qui vieillit, et est de plus en plus souvent victimes de blessures, le joueur de 21 ans pourrait se faire une place dans l’équipe dirigée par Quique Setién. Néanmoins, les dernières rumeurs penchaient plutôt vers le recrutement d’un nouveau latéral gauche.

Un exemple pour illustrer le déplacement crucial de Cucurella de la gauche vers l’axe
(à partir de 0:05) (crédit : LaLiga)

Rajoutons que les Catalans auraient pu le perdre l’an dernier. En effet, lors de son prêt à Eibar, le club Armero avait fait le choix de lever l’option d’achat de deux millions d’euros. Le Barça avait, auparavant, fixé une clause de rachat à quatre millions d’euros que le club a choisi d’activer aussitôt que les Basques avaient officiellement acheté l’Espagnol. Dans cette affaire, le club du Gipuzkoa a pu se faire une petite marge intéressante de deux millions d’euros ! Déjà sélectionné avec la Roja U16, U17, U19 et U21, Marc Cucurella peut rêver de porter le maillot de l’équipe senior dans le futur.

Chimy Ávila 🇦🇷 (CA Osasuna)

Un des moteurs de l’équipe gorritxoak, nous parlons bien évidemment de Chimy Ávila. Doté d’une incroyable finition et d’une agilité distinguée, le matador d’Osasuna n’en finit plus de surprendre. Et c’est sans compter sur les merveilles qu’il inscrit très souvent. L’Argentin a débarqué en Navarre cet été en étant transféré en provenance de San Lorenzo, pour la somme de 2.7 millions d’euros. Un prix qui paraît bien dérisoire quand on voit comment le buteur a explosé. Choisi et mis en confiance par la direction du club, aux trois quarts de la saison, le pari semble déjà être plus que réussi.

Ezequiel Ávila, de sa véritable identité, connaissait déjà la Liga. Effectivement, le goleador, originaire de la célèbre ville de Rosario, a évolué la saison passée sous les couleurs de Huesca, en prêt. Le club aragonais est aujourd’hui en Segunda mais Chimy, lui, continue de jouer en première division, à Osasuna, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas tendre avec les défenses…

Chimy Ávila, autor del gol: "Contento porque gracias a Dios pude ...
Chimy Ávila, toujours très expressif sur le terrain (crédit : Navarra.com)

Impliqué dans quatorze des buts Rojillos dans l’exercice en cours (neuf buts et trois passes décisives), en Liga, Chimy Ávila s’est très vite montré indispensable dans le XI de Jagoba Arrasate. La preuve ? Avec lui, Osasuna compte six victoires, cinq défaites et neuf nuls en vingt matchs. Sans lui, c’est seulement deux succès, quatre défaites et un nul en sept rencontres. Le bilan est donc nettement moins bon quand l’Argentin n’est pas sur le terrain. Osasuna, dépendant de Chimy ?

Difficile de répondre à cette problématique mais une chose est claire. Sans sa présence, l’attaque des Rojillos n’a plus autant de mordant. Un mordant que Chimy amène, justement. Appel, démarcation et finition : ce sont les trois « devoirs typiques » d’un buteur pour terminer une action au fond des filets. Mais avec le numéro neuf que porte l’avant-centre gorritxoak, on a presque l’impression de redécouvrir la finition d’un but tellement il l’accomplie magnifiquement bien.

Malheureusement, les supporters pamplonais devront patienter pour revoir leur attaquant fétiche sur la pelouse. En effet, Chimy a été victime de la pire des blessures, une rupture des ligaments croisés, au début du mois de février, qui devrait l’écarter des terrains au minimum jusqu’au mois d’août. Saison terminée probablement, mais tout dépendra de quand celle ci s’achèvera. Une absence qui fait déjà mal et qu’il faudra combler du mieux possible. Récemment, son nom a d’ailleurs été lié à de grandes écuries d’Espagne et même d’Europe, de quoi laisser penser à l’Argentin qu’il peut encore rêver plus grand…

Mais ce qui étonne toujours chez Ezequiel Ávila, c’est sa faculté à marquer des buts de n’importe quelle partie du corps et dans n’importe quelle position. Et même, à n’importe quel moment. Reprise, tête, piqué, acrobatie… Chimy donne l’impression de tout maîtriser et montre qu’il sait saisir les opportunités pour marquer !

Un golazo de l’Argentin, rien que ça (crédit : Aficionado Azul)

Darwin Machís 🇻🇪 (Granada CF)

Fraîchement de retour sur l’aridité des terres andalouses, Darwin Machís fait parler de lui à Granada. De retour, oui, puisque le Vénézuélien ne découvre pas le club. En effet, c’est de 2012 à 2018 qu’il a porté le maillot Granadista enchaînant, pendant cette période, plusieurs prêts au Portugal et en Espagne ou des titularisations avec la réserve du club. Le joueur appartenait en réalité à l’Udinese, mais qui a décidé de le laisser partir en Espagne afin qu’il s’acclimate au football européen.

En 2018, il revient à l’Udinese alors que Granada est en D2. Mais finalement, le joueur ne s’est pas imposé et a été prêté la deuxième partie de saison dernière, au Cádiz CF, avant d’acter son retour définitif au club, cette fois en Primera, l’été suivant, pour trois millions d’euros.

Lors de l’exercice en cours, Darwin Machís a pu se faire sa place dans le XI du Granada. Présent en tant qu’ailier gauche dans l’équipe de Diego Martínez, El Niño Maravilla a inscrit six buts et délivré trois passes décisives, dans le championnat espagnol. Sa rapidité et son sens du placement dans les phases offensives sont un point clé de la réussite du Granada face aux cages adverses.

A 27 ans, Darwin a été disputé 24 matchs avec la sélection vénézuélienne (crédit : Extra Venezuela)

Sur le front de l’attaque, Darwin Machís a la chance d’avoir un compagnon bien connu : Roberto Soldado. L’expérimenté buteur espagnol s’entend parfaitement avec l’ailier gauche si bien que leur duo dégage une belle complicité. Le coach Diego Martínez accorde une totale confiance dans son attaquant, parfois reconduit en tant que milieu offensif ou ailier droit. Et cela se prouve simplement puisqu’il est le joueur qui a joué le plus de matchs au club en championnat, cette saison, à égalité avec Domingos Duarte et Rui Silva.

Rusé, et même renard des surfaces, Machís sait qu’il pèse dans le jeu offensif rien que dans son placement. Il n’hésite pas à se proposer en retrait pour enrayer le marquage adverse quitte à laisser des joueurs plus défensifs monter aux avants-postes ou alors à s’exécuter sur des centres extrêmement précis. Autrement, s’approcher à petites enjambées de la surface pour commencer à percuter avant de frapper est une de ses spécialités.

Plus discret dans la première moitié de la saison, le Vénézuélien est passé dans une autre dimension ensuite. Son doublé face à Osasuna ou encore son match remarquable contre l’Espanyol sont des témoignages de son amélioration continue depuis le lancement de cet exercice 2019/20. Pour le public du Granada et ses supporters, continuer d’observer Darwin restera sans aucun doute un plaisir. Un joueur souriant, heureux et qui porte avec fierté l’écusson du club qu’on espère voir encore longtemps sur les pelouses de Liga alors que l’intérêt de plusieurs équipes prestigieuses pourrait s’accumuler prochainement autour de lui.

Placé à l’opposé de l’action, Darwin se fait discret avant de débouler dans la surface ! (crédit : Aficionado Amarillo)

Emerson Jr 🇧🇷 (Real Betis)

A l’image du style d’Ander Capa et de Marc Cucurella, Emerson Junior apporte un vrai plus à une équipe du Betis parfois trop molle. Le Brésilien possède un statut de joueur en prêt dans le club sévilllan. En effet, après avoir fait une demie-saison concluante, étant arrivé en prêt de Clube Atlético Mineiro, au Brésil, lors du mercato hivernal, Emerson a tout de suite intéressé les recruteurs du Barça qui ont déboursé douze millions d’euros pour s’acheter ses services.

Dans un couloir droit où il n’était pas destiné à avoir une place dans l’immédiat, la direction de Bartomeu a fait le choix de l’envoyer dans le sud de l’Espagne pour deux ans, le faisant revenir plus près des Pyrénées à l’été 2021. Notons d’ailleurs que c’est un prêt payant de six millions d’euros chez les Béticos. Pour préciser d’avantage, si ses possesseurs souhaitent le rappeler avant la fin de son prêt, ils seront contraints de payer le double du montant évoqué à l’instant. Estimé à trois millions quand il a débarqué en terre ibérique, il en vaudrait déjà dix-huit, en ce moment même, selon le site Transfermarkt. Une progression sur le plan financier qui concorde, sans surprise, avec un progrès remarquable sur le gazon du Benito Villamarín.

Emerson says he's ready to play for Barcelona - Barca Blaugranes
Le jeune brésilien de 21 ans est probablement une des révélations de la saison (crédit : Barca Blaugranes)

Placé en tant qu’arrière droite par Rubi, Emerson se montre tout de même précieux quand il s’agit de sauver une défense parfois en difficulté. Le latéral droit, et international brésilien, ne se livre pas et reste sur ses appuis mais éprouve parfois des difficultés à contenir les adversaires qui aiment varier les directions de leur course. Cependant, Emerson est un maître des tacles défensifs, ce qui lui permet de revenir sur ce genre d’adversaires justement. Il possède également un niveau technique que peu de joueurs défensifs du championnat ont. Assez discret sur le terrain, le défenseur Verdiblanco affiche toujours un mental combatif, ce qui lui confère un état d’esprit solide.

Concernant le plan de l’attaque, Emerson maîtrise bien les transversales renversant rapidement le jeu et parvient à distribuer de très bons ballons en profondeur, souvent à ras de terre. Son habitude à s’engouffrer proche des buts adverses pour centrer à ras de terre, en retrait, est créatrice d’actions dangereuses. De plus, il aime se positionner dans l’angle droit de la surface, en proposant une solution, pour tenter sa chance, même si ses frappes terminent rarement au fond des filets. Sa forte présence dans la zone de vérité, lors des attaques andalouses, se remarque puisqu’elle est souvent source de bonnes occasions. Emerson n’hésite pas également à déployer sa vitesse lors des contres. Les trois buts qu’il a inscrit et les cinq passes décisives qu’il a délivré en Liga sont aussi le fruit de son bon jeu de tête.

Avec un avenir qui s’inscrira sans doute dans la Seleção brésilienne, Emerson peut également espérer revêtir, dans le futur, la tunique de l’actuel Champion d’Espagne. Surtout à un poste où, là aussi, la confiance, en l’occurrence envers Sergi Roberto et Nélson Semedo ici, n’est plus la même qu’il y a encore quelques temps. En continuant sur la voie du progrès et avec de la motivation, Emerson aura sûrement la possibilité de devenir un des meilleurs à son poste en Liga et, pourquoi pas, à l’échelle continentale ou même mondiale.

Un boulet de canon signé Emerson propulsé dans les cages d’Asenjo, avec un peu de réussite
(à partir de 0:17) (crédit : LaLiga)

C’est donc la fin de notre premier épisode qui nous a emmené à la rencontre de cinq joueurs, comme l’indique le titre, dont on parle bien trop peu. Alors qu’en fait, ces footballeurs regorgent de véritables talents en eux. Pour les prochains épisodes, d’une « série » qui n’aura sans doute pas de fin (en terme de nombre d’épisodes), l’idée sera de vous faire découvrir des joueurs d’autres postes et d’autres clubs tout en décrivant principalement ce qui savent le mieux faire. En attendant le retour du football, n’hésitez pas à faire quelques recherches sur ces joueurs afin de mieux les connaître !