Mercato – Avec Morlanes et Iborra mais sans Bacca, Villarreal prépare la C1

Avec l’ambition de faire mieux qu’un figurant lors de la prochaine saison en Champions League, le Villarreal CF s’active sur le marché et a déjà débuté les manœuvres sur le mercato. Le club entraîné par Unai Emery veut faire le tri dans l’effectif et construire un groupe compétitif pour atteindre les sommets, comme le prouvent les récentes officialisations effectuées.

Morlanes et Iborra, la continuité de l’aventure

Ce n’est pas un été comme les autres, à l’aube d’une saison historique, qui semble se dresser à Villarreal. Avec une qualification pour la Coupe aux grandes oreilles, le club valencien ne souhaite pas traîner sur le mercato et dans l’aménagement de l’effectif.

Le club a commencé par annoncer ce mercredi la prolongation de contrat de son milieu de terrain, Vicente Iborra. Absent des terrains depuis décembre en raison d’une blessure au genou qui s’était révélée être très sérieuse, le meneur de jeu espagnol a rempilé jusqu’en 2024 avec le sous-marin jaune. L’entité amarilla communique qu’elle a tenu à prendre cette décision, connaissant la qualité et l’importance du joueur arrivé en 2018, et déjà participant à 80 rencontres, également leader dans le vestiaire.

Vincent Iborra rinnova con il Villarreal fino al 2024 -  TuttoCalciomercato24.com
La lésion subie par Vicente Iborra avait notamment contraint le club a signer Etienne Capoue en hiver dernier (crédit : TuttoCalcioMercato24)

Ce même jour, les Groguets ont officialisé le retour de Manu Morlanes, qui venait pourtant de s’engager avec la UD Almería. En effet, le club andalou avait levé l’option d’achat du prêt à la hauteur de 3M€, avant que Villarreal active dans la foulée l’option de rachat de 4M€ pour rapatrier son joueur, laissant ainsi Almería faire un petit bénéfice dans l’opération. Le jeune milieu de terrain a réalisé une saison pleine en Segunda, disputant la grande majorité des rencontres, et sera de retour sur la côte valencienne pour participer à la présaison et probablement entrer dans les futurs plans d’Unai Emery.

Une page se tourne, sans Bacca en attaque

Pour poursuivre ses manœuvres, Villarreal s’est séparé dans la semaine de son attaquant Carlos Bacca. Suscitant de nombreuses rumeurs de départ depuis plusieurs mois, l’attaquant colombien est finalement parvenu à un accord avec le club débouchant sur une rupture de contrat à l’amiable.

El colombiano Carlos Bacca abandona el Villarreal - El Diario NY
Relégué dans la hiérarchie des buteurs, Carlos Bacca quitte Villarreal comme huitième meilleur buteur de l’histoire du club en Primera (crédit : El Diario NY)

Celui qui a inscrit pas moins de 45 buts en 145 matchs quitte le dernier vainqueur de l’Europa League après une belle étape. Au cours de ces quatre saisons, le buteur avait notamment pu devenir « le seul joueur amarillo à avoir réussi à signer trois triplés avec Villarreal« , le dernier datant de mai contre Sevilla, dévoile le communiqué officiel, qui tient par ailleurs à saluer le professionnalisme montré par l’ancien de l’AC Milan. Lié à plusieurs clubs sudaméricains comme Boca Juniors, Carlos Bacca semblerait toutefois, selon les sources du média Antena 2, se rapprocher d’une arrivée à Granada, souhaitant combler le départ de Roberto Soldado pour Levante.

Luis Suárez : à l’aube d’une revanche ?

Ce soir, à l’Allianz Arena, l’Atlético de Madrid affronte le Bayern Munich, récent vainqueur de la Ligue des champions. Un test grandeur nature pour les joueurs d’El Cholo mais aussi l’occasion pour Luis Suárez de démontrer qu’un grand attaquant ne meurt jamais. Ou alors plus tard que l’on ne l’aurait imaginé.

« Je suis revenu au fait de profiter, au fait d’être valorisé en tant que joueur, au fait d’être aimé ». Le 9 octobre dernier, en marge de la victoire de l’Uruguay contre le Chili (2-1) durant laquelle il a marqué, El Pistolero résumait parfaitement son récent transfert. Le goleador avait quitté le FC Barcelone en pleurs, blessé d’être si mal remercié.

Aujourd’hui, il est heureux à la pointe de l’attaque de l’Atlético de Madrid. Pour autant, l’Uruguayen éprouve toujours de la rancœur envers son ancien club comme il s’en est expliqué auprès de ESPN Argentina.

« Ce qui dérange, ce sont les formes, qu’un coach (Koeman) vienne en disant qu’il ne compte pas sur moi alors que la direction avait déjà dit qu’il y aurait des changements. Cela pose la question de savoir si c’est vraiment le coach qui ne t’aime pas […] Personne au club ne m’avait rien dit jusqu’à l’appel du coach »

Du côté des Colchoneros, l’entraîneur Diego Simeone s’est réjoui d’une telle opportunité, résumant au passage l’enjeu de cette transaction. « Il savait que c’était l’endroit pour continuer de montrer qu’il est un attaquant important » déclarait-t-il en conférence de presse avant d’affronter Granada, pour le premier match de la saison. 

Un départ canon

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Luis Suárez après avoir inscrit son second but face à Granada (crédit : Evening Standard)

El Cholo ne croyait pas si bien dire. Entré à ving minutes de la fin, l’ancien des Reds a parachevé le succès des siens (6-1) d’un doublé tout en offrant une passe décisive à Marcos Llorente. Des débuts en fanfare qui rappellent que le grand attaquant est une espèce rare. Ce n’est pas pour rien si les numéros 9 à fort potentiel s’arrachent à prix d’or. Victor Osimhen, acheté au LOSC par le Napoli pour la somme de 80 millions d’euros, n’est que le dernier exemple d’une longue liste.

Seulement, les clubs, obnubilés par la recherche du joueur à fort potentiel, oublient parfois ce qu’ils ont entre les mains. Prenons le temps de faire exception au Milan AC qui remercie encore Zlatan Ibrahimovic, 39 ans, pour son doublé contre l’Inter ce week-end. Pour revenir au sujet qui nous intéresse, le mieux est de retranscrire ce qu’en disait récemment la légende blaugrana Rivaldo dans un entretien au quotidien espagnol AS.

« Il est difficile pour le FC Barcelone de signer quelqu’un avec les caractéristiques et l’esprit combatif que Luis Suárez offrait »

Une remarque judicieuse à laquelle on peut ajouter deux observations supplémentaires. D’abord, la difficulté de Griezmann à convaincre en position de numéro 9. Ensuite, fait non négligeable, le Barça n’a pas trouvé de remplaçant à Luis Suárez. Un temps pressenti pour rejoindre son ancien sélectionneur, Memphis Depay joue toujours à l’OL.

Encore tout à prouver

Espagne - Barça - Âge, méforme et perte de confiance : Luis Suarez (FC  Barcelone) est-il sur la fin ? - France Football
Luis Suárez n’a pas marqué à l’extérieur en Ligue des champions depuis 22 matchs (crédit : France Football)

De là à dire que le Pistolero est de retour à son meilleur niveau et que le club catalan peut se mordre les doigts, il y a un pas. Il est encore trop tôt pour le franchir. N’en déplaise à ceux qui rappellent qu’avec un but toutes les 53 minutes, le natif de Salto réalise un meilleur début de saison que toutes les anciennes idoles du Vicente Calderón. Faire mieux que Falcao et consorts n’est pas rien mais cette statistique est avant tout un symbole.

Elle ne doit pas passer sous silence le fait que Suárez peut également gâcher des munitions importantes. Il l’a rappelé lorsque l’Atleti affrontait le promu Huesca (0-0) pour le compte de la seconde journée de Liga. En deuxième mi-temps, lancé idéalement par João Felix, il n’avait pas réussi à tromper Andrés Fernández.

À l’Atlético, personne ne lui en voudra, encore moins s’il parvient à se distinguer contre le Bayern Munich. C’est là, en terres européennes, que le débat pourra se trancher. En effet, la réalité des dernières années, bien que déstabilisée par le duo Messi-Ronaldo, nous apprend qu’au moment de désigner un grand joueur, la Ligue des champions fait souvent office de juge de paix. Si Suárez plante une vingtaine de pions en Liga, les Colchoneros s’en réjouiront mais les Blaugranas ne seront pas envahis par les remords. D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’en Ligue des champions, en dehors du Camp Nou, Suárez n’a toujours pas réussi à trouver le chemin des filets depuis 2015. Alors, pour savoir si le cru uruguayen devient meilleur avec l’âge, rien de mieux que de le goûter à l’instant fatidique. En brillant ce soir, Suárez prouverait qu’il reste l’un des meilleurs à son poste. Il tiendrait sa revanche. En attendant, il n’a fait que confirmer aux observateurs qu’il est un excellant attaquant.

Barça : comment en est-on arrivé là

A l’heure où débute la nouvelle saison, une question se pose chez les Catalans : quel visage affichera le Barca durant l’exercice 2020-21 ? A la sortie de l’été, le club est ancré dans une crise sportive, extra-sportive et identitaire et l’avenir peut sembler sombre au-dessus du Camp Nou, si rien ne change. Après avoir subi une troisième humiliation d’affilée sur la scène européenne, après avoir conclu leur première année blanche depuis 2008 et à la suite d’un mercato où les tensions joueurs/direction ont atteint leur paroxysme avec l’envie de départ de Messi, de nombreuses interrogations peuvent être émises. Pourtant, il y a quelques années encore, le club était au sommet. Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Des recrues qui posent questions, des scandales extra-sportifs qui viennent entacher l’image du club et des tensions toujours plus vives au sein même de la direction : voilà comment on pourrait résumer aujourd’hui la gestion du club, sur ces dernières années. Au centre des critiques et dorénavant dans le viseur des socios, avec une motion de censure à son égard, Bartomeu n’a jamais paru si seul. Le Barça a souvent connu des problèmes directionnels durant son histoire et a longtemps été en retard à l’échelle internationale, mais s’en est tiré grâce à des hommes forts pour devenir l’un des clubs les plus puissants du monde. Petit résumé de la gestion du club, épicentre des maux de tête blaugranas.

De 1990 à 2010, entre âge d’or et crise : la construction d’un Barca au sommet

Dans les années 90, le Barca vit son premier âge d’or. Lluís Núñez, mythique président du club depuis 1978 (président entre 1978-2000), travaille depuis des années pour faire grandir le Barca. Dans cet optique de faire passer un cap au club (comme celui de gagner enfin la Ligue des Champions), il va nommer Johan Cruyff à la tête de l’équipe première en 1988. Dès lors, le club entraîné par sa star néerlandaise (1988-1996) est au sommet de l’Espagne avec 4 titres consécutifs entre 1990 et 1994, mais également au sommet de l’Europe : les Blaugranas remportent enfin leur première C1 en 1992, sur un missile de Koeman. En plus de gagner, le club se crée une véritable philosophie, avec un jeu tourné vers l’attaque et une confiance prononcée envers les jeunes, caractérisée par le développement de la Masia et la formation de pépites. La Dream Team impressionne tout le monde et pose les bases solides d’une identité culturelle propre au Barca et reconnue de tous.

Après le départ de Cruyff et malgré un répit sous Van Gaal (1997-2000), le club va subir une très profonde crise au début du XXIe siècle. La présidence de Gaspart (2000-2003) est un véritable échec, sur tous les plans. Au niveau du sportif, le Barca va enchaîner cinq saisons sans gagner le moindre titre (1999-2004), terminant même sur une sixième place en 2003. Quatre entraîneurs différents se succèdent durant cette période, dont le retour de Van Gaal, mais rien ne change. Sur l’aspect financier, des millions d’euros seront jetés dans des transferts afin de contrer et rivaliser avec la politique des « Galacticos » de Florentino Pérez, au Real Madrid qui, part ailleurs, impressionne le monde entier à cette époque. Cependant, bon nombre de ces transferts s’avéreront être des échecs (Rochemback, Geovanni, Petit etc…) et le club s’endette… La situation sportive et politique étant très compliquées, et la direction sous le feu des critiques, Gaspart démissionne de son poste en février 2003. Le FC Barcelone sort meurtri de ses années de présidence.

Johan Cruyff et Gaspart, deux hommes qui représentent deux périodes bien différentes l’une de l’autre. (crédit image: Penya Blaugrana de Paris)

De nouvelles élections sont organisées et Joan Laporta (2003-2010) est élu. C’est un homme politique et ancien avocat. Il apparait pour la première fois dans l’histoire du FC Barcelone à la fin des années 90, en participant à une motion de censure contre le président Núñez. A ses côtés, se trouve Sandro Rosell (vice-président 2003-05, puis président de 2010 à 2014), qui va le soutenir dans sa campagne puis devenir son vice-président à son élection. La mission de Laporta est lourde : rebâtir le FC Barcelone. Pour cela, il instaure Franck Rijkaard (2003-2008) à la tête de l’équipe, sous les conseils de Cruyff, avec qui il est très proche. Il fait également venir un certain Ronaldinho (2003-2008). La première saison est laborieuse, avec une première partie très compliquée où le Barca déçoit et se retrouve très loin du Real. Rijkaard est même menacé. Mais le travail paye et il va finalement trouver la bonne formule : le Barca finit second en fin de saison. L’entraineur néerlandais est maintenu et durant l’été 2004, le club recrute ce qui deviendra des stars du club, tels que Deco (2004-2008), Eto’o (2004-2009) ou encore Giuly (2004-2007).

La saison est une totale réussite et le Barca remporte la Liga à la fin. Fort de son succès national, l’équipe enchainera avec un second championnat de suite mais surtout, le club remportera sa deuxième Ligue des Champions en 2006 ! Le premier mandat de Laporta est une réussite sportive, économique et sociale. En l’espace de 3 ans, le Barca est au sommet de l’Europe, a comblé une partie des dettes et arrêté les transferts inutiles pour instaurer une réelle réussite sportive. Le club a même dans son effectif le Ballon d’Or 2005. L’équipe voit également éclore un certain Lionel Messi. Le seul point noir est le cas Rosell. En 2005, le vice-président démissionne à la surprise générale de son poste et devient l’un des principaux opposants à Laporta durant le reste du mandat.

Histoire du FC Barcelone Saison 2005/2006 - FC Barcelona Clan
Le Barça remporte sa seconde ligue des champions face à Arsenal (crédit image : fcbarcelonaclan.com)

Laporta est réélu en 2006. Son second mandat commence de manière difficile : le Barca perd la Liga en 2007 et 2008. Pire, le club ne gagne aucun trophée durant l’année 2008 ! L’équipe est à bout de souffle et doit gérer des problèmes extra-sportifs, avec Ronaldinho notamment. Laporta est en danger et certains journaux demandent même sa démission. Une motion de censure est lancée à son égard par Rosell, mais n’aboutit pas (seuls 60% des socios votent contre son éviction, 66% étant nécessaire, NDLR).

L’été 2008 fait office de grand ménage : Rijkaard est démis de ses fonctions, Ronaldinho et Deco quittent le club. Laporta va alors nommer Pep Guardiola (2008-2012) à la tête de l’équipe première. L’arrivée du Catalan, alors entraineur de l’équipe B, va marquer un tournant dans l’histoire du club et la suite, tout le monde la connait : l’équipe réalise un sextuplé inédit en 2009. Le Barca joue son meilleur football et impressionne le monde entier. Messi remporte même quatre Ballons d’Or de suite, entre 2008 et 2012. Au niveau du contenu proposé, ce Barca devient une référence, avec un jeu de position parfaitement maitrisé inspiré de Cruyff et un « tiki-taka » reconnu de tous. Le club s’appuie également sur son centre de formation, la Masia : énormément de joueur sont formés au club et de nombreux nouveaux jeunes font régulièrement leurs apparitions avec l’équipe première. La consécration arrive en 2010 lorsque 3 Masians sont placés sur le podium du Ballon d’Or, une performance inouïe (Messi – Xavi- Iniesta).

L’été 2010 marque la fin du mandat de Laporta, ne pouvant pas se présenter trois fois consécutives. Ses années à la tête du club sont glorieuses : il a réussi à redresser le club d’une situation désastreuse, par des choix forts, un recrutement intelligent et une confiance en ses entraineurs. Il installe une politique sportive basée sur le long terme : le Barca achète des joueurs jeunes, des talents à progresser sur plusieurs années (Ronaldinho, Eto’o, etc…) et mise également sur son centre de formation, avec un effectif en grande parti formé à la maison. Laporta part en plein âge d’or avec un travail reconnu par beaucoup. Au cours de son mandat, le club remporte notamment deux Champions League et quatre fois la Liga, les revenus ont augmenté de 300% et le nombre de socios du club a explosé !

Joan Laporta, le président qui a relancé le Barca ! (crédit image :football365.fr)

Les années Rosell-Bartomeu : un changement de politique sportive qui interroge.

L’été 2010 est marqué par la victoire de l’Espagne à la Coupe du Monde. Si à Barcelone on se félicite qu’autant de joueurs formés ou jouant au club soient présents dans cette équipe, l’évènement de l’été correspond surtout au changement de président. C’est Sandro Rosell est élu en juin 2010 et devient le 39ème président de l’histoire du club. Il a donc anciennement travaillé sous Laporta, qu’il a soutenu durant les élections de 2003 et est même devenu son vice-président : il est le n°2 du club.

Rosell était notamment fortement impliqué dans le recrutement de Ronaldinho. Mais en juin 2005, celui-ci avait démissionné avec fracas de son poste. Il était en désaccord profond avec Laporta sur le recrutement de Eto’o ou le maintien de Rijkaard par exemple. A partir de cet instant, il est devenu le principal opposant à Laporta : il ne cessera de critiquer son ancien président et c’est même lui qui lance la motion de censure contre Laporta en 2008. Rosell a une image « d’anti-Cruyff » auprès de certains supporters. Son arrivée au pouvoir va marquer le début d’un changement de politique sportive au sein de la direction.

Ancien vice-président, Rosell accède dorénavant au poste de président (crédit image : Eurosport)

La première grande décision que va prendre Rosell est au niveau du sponsor. A partir de 2011, le maillot du Barca sera sponsorisé par « Qatar Fondation », à la hauteur d’un montant de 30 millions d’euros par saison, jusqu’en 2016. Une décision qui peut paraître anodine pour n’importe quel club, c’est un nouveau sponsor, mais qui est une décision historique pour le Barca. En effet, depuis sa création en 1899, le maillot blaugrana n’a jamais abordé un sponsor ! Une exception dans le football. Mieux, c’est même le Barca qui va donner de l’argent ! Si le club n’avait jamais reçu d’argent de la part d’un sponsor pour son maillot, l’UNICEF apparaît fièrement sur la tunique depuis 2006.

Le Barca fait donc don d’une somme de 1,5 million d’euros par an à l’UNICEF ainsi que 0,7 % des revenus de sa fondation, pour imiter les états européens qui se sont engagés à reverser ce pourcentage de leur PIB à la campagne Millenium des Nations Unies, contre la pauvreté et pour l’éducation. Un accord qui correspond parfaitement avec le slogan de l’entité, « Més que un club », et qui est l’une des grandes réussites de Laporta.

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Accord historique entre le Barca et Qatar Foundation (crédit image : Sport24)

Cette décision de prendre un sponsor est dûe à l’augmentation des dettes du Barca (qui atteignent des montants records, notamment à cause d’une dernière saison 2009-10 catastrophique de Laporta sur l’aspect financier, NDLR), mais également tout simplement pour se mettre au niveau de la « norme européenne » des autres clubs et ainsi être capable de rivaliser économiquement avec les autres cadors. Même si au niveau financier, cela paraissait inévitable, cette décision suscite des controverses, auprès des supporters les plus attachés au club notamment.

« Je suis totalement contre l’idée de mettre de la publicité sur le maillot. C’est une solution de facilité. C’est unique au monde. Personne n’a réussi à garder intact son maillot dans toute l’histoire, et d’un seul coup, ça devient celui qui rapporte le plus. Cela vaut-il le coup de vendre cette singularité pour 6 ou 7% de son budget ? »

La réaction de Johan Cruyff, entièrement opposé à ce projet

Cependant, Rosell se fiche de l’avis du Néerlandais, avec qui il est en désaccord. Par ailleurs, Cruyff, nommé président d’honneur par Laporta lors de son départ, quittera ce poste quelques mois après l’arrivée du nouveau président.

Sur un plan sportif, les années sous la présidence Rosell sont excellentes. Le Barca remporte 9 trophées avec l’équipe première, dont notamment une Champions League, en 2011, contre Manchester United, match qui est souvent considéré comme l’apogée du Barca de Guardiola. Après le départ de celui-ci en 2012, Tito Vilanova est nommé (adjoint de Guardiola depuis 2007, NDLR). Malgré une humiliation face au Bayern en demi-finale, l’équipe réalise une excellente saison, égalisant notamment le record de points en championnat réalisé par le Real Madrid de Mourinho, en 2012 (100 pts). Malheureusement, à la suite de gros soucis de santé, Vilanova renonce à son poste d’entraineur. Tata Martino lui succède.

L'ancien entraîneur du Barça Tito Vilanova est mort
Tito Vilanova, ancien entraîneur du Barca en 2012-13, est décédé le 25 Avril 2014 d’un cancer. Il est à jamais dans les cœurs blaugranas ! (crédit image: lejdd.fr)

La saison 2013-14 est fatale pour Rosell. En cause ? Le transfert de Neymar. En effet, à l’été 2013 le club recrute la pépite de Santos contre, officiellement, 57 millions d’euros. Mais, en janvier 2014, l’Audiencia Nacional, tribunal de Madrid, ouvre une enquête pour « délit contre le Trésor public et fraude fiscale » contre le FC Barcelone, dans le cadre du transfert de Neymar. Ce dossier est ouvert à la suite une plainte d’un des socios du club. Quelques jours plus tard, Rosell démissionne de son poste.

En effet, cette enquête révèlera que ce transfert est bel et bien entaché de corruption et autres combines. Le transfert aurait en réalité couté plus de 83 millions d’euros. Ce chiffre reste encore flou mais certaines sources, comme El Mundo, affirme même qu’il serait de 95 millions d’euros ! Ce qui est sûr, c’est que de l’argent a été versé frauduleusement à Neymar, à son père ainsi qu’à la société « Neymar § Neymar ». En 2017, Delcir Sonda, le patron de l’entreprise qui gérait auparavant les droits de la société Neymar, affirmait même que le Brésilien devait signer au Real et qu’il a signé au Barca grâce à l’argent de Rosell.

« Neymar a atterri au Barça parce que Sandro Rosell a soudoyé son père. C’est le délit de corruption entre particuliers que nous dénonçons »

Quoi qu’il en soit, c’est une affaire qui a sali l’image du club et qui lui a posé des problèmes avec la justice durant plusieurs années. Par ailleurs, quelques semaines plus tard, le Barca est interdit de recrutement pour l’été 2015 par suite d’infractions relatives aux transferts de mineurs… Un bourbier de scandales touche le club catalan au cours de cette période.

À la suite de la démission de Rosell, Bartomeu prend le relais jusqu’aux prochaines élections. Ancien responsable de la section basket entre 2003 et 2005, il démissionne lors de cette dernière année, comme Sandro Rosell qu’il va suivre.

Par la suite, il sera nommé vice-président par celui-ci et prendra naturellement sa succession après sa démission. Son mandat court jusqu’en 2016, mais Bartomeu convoquera des élections anticipées dès 2015 qu’il remportera. Pour beaucoup de supporters, il surfe sur les résultats de l’équipe pour être réélu. Quoi qu’il en soit, Bartomeu est dorénavant président jusqu’à l’été 2021.

Bartomeu prend la succession de Rosell suite à la démission de celui-ci (crédit image: Marca)

Bartomeu est aujourd’hui sous le feu des critiques de tous les supporters Blaugranas. Considéré comme l’un des pires présidents du Barca par certains, il est sous la menace d’une motion de censure, qui a atteint plus de 20 000 votes, ce qui est historique. Mais qu’à t-il fait pour en arriver là ? Ce qui est avant tout reproché, c’est sa politique de transferts.

En effet, depuis l’arrivée de Rosell, un changement de politique sportive important va marquer le club, au niveau du recrutement notamment. Depuis 2010, le Barca est le second club qui a dépensé le plus d’argent dans les transferts, là est la subtilité. La direction va investir dans des joueurs assez chers mais qui vont performer tout de suite (car ce sont des joueurs déjà complets), au lieu de développer de jeunes joueurs.

Le but est d’obtenir des résultats très rapidement car ils permettent une rentrée d’argent plus rapide et plus conséquente, donc une marge de manœuvre plus large pour la Junta en place. Ce choix de dépenses va concorder avec l’augmentation de la puissance financière du Barca, dû aux très bonnes performances réalisées ces dernières années mais aussi avec l’arrivé du sponsor depuis 2011. On ne peut nier que le Barca peut maintenant beaucoup dépenser car le club est une force économique qui ne cessera de croitre durant la décennie.

Les Barcelonais vont ainsi se concentrer sur des recrutements de joueurs qui ont une très forte valeur sportive mais surtout, une très forte valeur marketing. C’est donc ainsi que huit des dix plus gros transferts de l’histoire du club vont avoir lieu sous la présidence Bartomeu. Mais si c’est une stratégie qui pourrait à première vue paraitre payante, elle va se transformer en véritable catastrophe. D’une part, car ces arrivées ne seront pas faites de manières intelligentes et en fonction des besoins de l’équipe mais surtout car une grande partie seront des « flops », et donc considérés comme des pertes d’argent.

Tout en haut de la liste de ces transferts colossaux, on retrouve Griezmann, Coutinho et Dembélé. Si ce dernier nous fait lever de notre canapé par son talent à chaque fois qu’il joue, ses problèmes physiques récurrents et son faible nombre de matchs ne permettent pas encore de le considérer comme un transfert réussi au vu de la somme investit (105M€ + 40M€ de bonus). Griezmann (120M€), apparait aujourd’hui encore comme une erreur de casting et Coutinho (120M€ + 40M€) fût un échec sur le plan sportif (mauvais positionnement sur le terrain notamment) avant d’être prêté au Bayern, puis revenir cet été. Malgré cela, il y a l’espoir que la situation change et que ces 3 transferts aient vocation à réussir dans les prochaines années, avec un nouveau système tactique qui permet de faire jouer les trois ensemble dans des conditions optimales, comme essaie de mettre en place Koeman par exemple. En revanche, cela ne changera rien aux sommes colossales perdues dans les autres transferts soit incompréhensible soit « flops » ou soit erreur de casting du Barca sous Bartomeu : Arda Turan (34M€), Aleix Vidal (17M€), André Gomes (35M€), Paco Alcacer (30M€), Deulofeu (12M€), Marlon (5M€), Malcom (40M€), Semedo (36M€), Yerry Mina (11M€), Firpo (18M€), Douglas (4M€), Denis Suarez (12M€) , etc… Pour une majorité de supporters, le Barca renie ses principes en dépensant autant dans des transactions de joueurs.

Figure 3: investissements en indemnités de transfert par club, millions € (2010-2019)
Le classement des clubs ayant investi le plus en indemnités de transfert,en millions d’euros, depuis 2010. (source: Rapport mensuel de l’Observatoire du football CIES n°47 – Septembre 2019)

Si certains transferts ont été sauvés grâce à une plus-value lors de la vente, il n’en demeure pas moins que ce sont des déceptions qui ont empêché d’investir plus intelligemment sur le moment. Ce recrutement excessif a également handicapé le Barca au niveau financier. L’argent étant dépensé tellement vite et la masse salariale du club étant tellement importante, que le club se retrouve dans une situation où il n’a plus d’argent pour recruter, comme on l’a encore vu cet été, ou pour réaliser des projets comme rénovation du Camp Nou par exemple). Le tout malgré une puissance financière importante et des chiffres de revenus historiques pour le club (900M€ de revenu en 2019, NDLR) . Un paradoxe qui plonge le club dans une crise économique…

L’explosion de la masse salariale du Barca en chiffre. (crédit image: Goal.com)

Ce tournant assez abrupte dans la politique de transferts va contraster avec ce qu’il s’est passé lors des années précédentes et notamment participer à ce que beaucoup de supporters considèrent également comme l’un des principaux problèmes aujourd’hui : la mauvaise gestion et utilisation de la Masia. Cette stratégie va aboutir à la chute de ce qui a fait la renommée du club ces dernières années : l’intégration puis la titularisation de joueurs formés à la Masia. En exemple et en image du contraste du changement de l’utilisation de la Masia, Vilanova aligne en 2012 contre Levante un onze exclusivement composé de joueurs issus de la Masia, alors que Valverde aligne en 2018 un onze composé sans un seul joueur formé au club. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Déjà, l’arrivée de ces joueurs réduit l’intégration de nouveaux jeunes au sein de l’effectif première, car ces derniers ne performent pas aussi vite que des joueurs déjà confirmés.

« Barcelone a atteint un tel niveau de jeu qu’il n’y a pas de place pour essayer de voir si cela fonctionne. Les joueurs doivent être extrêmement talentueux avant de pouvoir intégrer l’équipe. Si l’équipe A était moins forte, cela serait plus facile »

Les propos de Rakitic, en 2018, sur la place accordée aux jeunes joueurs au sein du club

Ce niveau d’exigence plus élevé plairait à beaucoup, mais énormément de Blaugranas considèrent l’intégration de jeunes comme quelque chose d’essentiel et surtout qui fait partie de l’identité du club. Cela pose donc question, depuis Roberto, plus aucun jeune formé à la Masia ne s’est installé durablement dans l’équipe première, même s’il y a des motifs d’espoir avec Fati et Riqui Puig pour les prochaines années. Mais cette diminution d’intégration de jeunes masians pousse donc de plus en plus de joueurs à quitter le Barca une fois leur formation terminée pour être sûr d’aller chercher du temps de jeu dans d’autres clubs, qui leur promettent une intégration plus rapide au monde professionnel.

Par ailleurs, ce choix d’achat massif se ressent également dans les sections jeunes et la réserve du Barca. Beaucoup de joueurs ont été achetés pour le Barca B, dans le but d’améliorer l’effectif et les faire monter. Or, non seulement beaucoup ont été des échecs et n’ont jamais intégré la A (ou sont simplement partis), mais surtout cela a renforcé ce sentiment d’abandon des jeunes et le Barca B, qui pendant longtemps était un tremplin pour les jeunes masians afin d’intégrer la A. La réserve a en effet toujours eu un rôle primordial car elle permettait aux jeunes d’entreprendre une formation à un niveau élevé avant d’espérer évoluer en équipe première. Même pour des rôles de doublures en A, le club s’appuyait sur sa réserve. Aujourd’hui la direction s’oriente plutôt vers des achats extérieurs et délaisse sa cantera.

En 2012, Vilanova aligne un onze 100% Masia ! Une époque qui parait bien lointaine… (crédit image : BeSoccer.com)

Pour conclure, le Barca a donc vécu une décennie bien différente que la précédente. En plein âge d’or il y a encore 10 ans, le club est aujourd’hui dans la tourmente avec une direction qui pose question. Entre achats massifs, Masia délaissée et scandales extra-sportifs, le duo Rosell-Bartomeu est aujourd’hui dans le viseur d’une majorité des supporters pour sa gestion du club. 

Une crise identitaire qui empêche le club d’avancer ?

Les choix douteux de la direction font donc énormément débat et instaure un climat hostile sur le Camp Nou. Mais au-delà de ces problèmes directionnels, l’un des gros ennuis du Barca ces dernières années est le jeu proposé par l’équipe pendant les matchs. En effet, celui-ci est qualifié d’ennuyant et ne collerai pas avec l’identité du club. Mais qu’est-ce que cela veut vraiment dire ? On ne peut nier que le Barca a cette étiquette de club qui joue un beau football et qui est agréable à regarder, et ce n’est pas une image totalement infondée tant le Barca nous a ébloui ces dernières décennies.

Tout commence à la fin des années 80, en 88 pour être plus précis. Le Barca sort d’une saison catastrophique et vit une crise intense, le club est dans ce que beaucoup considèrent comme la pire période de son histoire. Dans ce chaos ambiant, la direction va être prise à parti et pointée du doigt dans un évènement qui marquera les esprits : « la mutinerie l’Hesperia ». Lors de la fin de saison, les joueurs du Barca organisent une réunion où ils demandent la démission de Núñez, le président en place. Une prise de parole très forte où ils accusent la direction de ne pas respecter le club et réclament une augmentation salariale. Núñez, majoritairement soutenu par les socios, ne quittera pas son poste mais une révolution complète aura lieu. Près de 14 joueurs quittent l’effectif sous fond de désaccord avec la direction, Luis Aragonés n’est plus l’entraîneur et surtout, Johan Cruyff arrive sur le banc blaugrana. Pour rappel, le Néerlandais a porté la tunique azulgrana en tant que joueur entre 1973 et 1978, il est arrivé pour une somme record à l’époque et est reparti avec le titre de légende. L’arrivée de Cruyff changera le club à jamais.

Hendrik Johannes Cruijff, dit Johan Cruyff. (crédit image : Eurosport)

Au niveau du palmarès déjà, avec 11 trophées remportées dont la prestigieuse C1. Mais surtout, il a bâti une conception du football qui restera reine au Barca pendant longtemps et qui est aujourd’hui ancrée dans l’ADN du club. Cette conception s’appuie sur un football où le résultat pur et dur n’est pas l’essentiel, mais où la manière dont on obtient ce triomphe prime.

Pour obtenir cette formule-là, il va avant tout s’appuyer sur des joueurs sans qualités physiques particulières mais qui maniaient le ballon avec brio. Il ne se souciait non plus de la petite taille de ses milieux, critère qui était mal vu à l’époque. Ces joueurs de qualités que Cruyff a, soit recruté à son arrivée, soit cherché à la Masia lui ont permis d’avoir une équipe forte et dominatrice avec le ballon. Il a ensuite placé ces joueurs dans un système tactique innovant : le 3-4-3. Le but est de densifier le milieu de terrain afin d’accentuer cette maîtrise de la balle mais également d’obliger l’équipe à jouer plus haut et occuper toute la largeur du terrain.

Cette composition est un dérivé du 4-3-3 qu’il a connu à l’Ajax et est révolutionnaire dans une époque où le 4-4-2 prime. De nombreux supporters ne comprenait pas l’utilité d’avoir autant d’attaquants et si peu de défenseurs.

« Il y avait un tableau noir et il a dessiné trois défenseurs, quatre milieux de terrain, deux ailiers et un avant-centre. Nous nous sommes tous regardés et on s’est demandé ce que c’était que ce truc. Et surtout comment on pouvait jouer avec seulement trois défenseurs. Il a mis en place une nouvelle façon de jouer au football en Espagne. C’était une révolution »

Eusebio Sacristán, ancien milieu du Barca (1988-1995), sur la tactique de Cruyff, dans une interview pour FourFourTwo

Il a utilisé ce schéma lors de la majorité de son passage en Catalogne, qui déviait aussi en 4-3-3. Dans ce schéma, les joueurs sont toujours en mouvement, le but étant de toujours proposer une solution au porteur du ballon. Les transmissions sont rapides, dans le bon tempo et si possible vers l’avant. La défense à trois est également compensée par un pressing intense à la perte du ballon.

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Le 3-4-3 de Cruyff en 1992 (crédit image: tompaynefootball.wordpress.com)

C’est cette originalité qui va donner au Barca de l’époque cette impression de proposer un jeu spectaculaire. Dans un temps où la défense était la base du jeu de l’équipe, Cruyff bouleversera cela avec un système et des principes innovants tournés vers l’attaque ! C’est la révolution Cruyff. Cette idée d’un football offensif et spectaculaire fera naître le mouvement Cruyffiste, c’est-à-dire un mouvement qui idéalise les principes du Néerlandais comme étant la manière la plus juste de jouer au football. A partir de ce moment, le Barca voudra appliquer cette philosophie aux génération futures et incorporera les principes de ce dernier comme étant la base du jeu blaugrana. De nombreux entraîneurs s’identifieront aux principes d’El Flaco et ce sera notamment ce sur quoi s’appuieront Rijkaard et Guardiola pour construire leur jeu. Toutefois, si la base de leur tactique repose sur les grandes idées de Cruyff, elle n’est pas exactement identique à celle du mythique entraîneur. En effet, avec le temps la signification du mouvement a évolué et aujourd’hui il est trop souvent utilisé à tort. Ce qui est, à l’heure actuelle, réclamé par les supporters n’est plus du tout la même chose qu’à l’époque.

Mais revenons en à cette situation actuelle, où ce qui est vu sur le terrain fait l’objet de nombreux débats. En effet, le jeu que propose le Barca depuis 3 ans notamment est bien loin de ce que l’on voyait encore il y a quelques temps et cela dérange. C’est une équipe qui pratique un jeu plus défensif, moins possessif et qui subit beaucoup. Le 4-4-2 de Valverde ou le 4-3-3 bien trop stérile de Sétien en sont les exemples. Et cela agace une grande majorité des supporters. Ce jeu très loin des standards habituels du club et cette incapacité à renverser la tendance montrent un problème plus profond : le club a du mal à se réinventer. Le Barca semble plonger dans ce que l’on peut qualifier comme une crise identitaire : comment doit jouer cette équipe ?

Pour y répondre, il y a différentes écoles. On peut déjà exclure ceux qui ne jurent que par les résultats : un Barca qui gagne sans satisfaire, ça ne marche pas pour l’opinion publique. Le club a comme une obligation de proposer du « beau jeu » en raison de son passé et toute la tension que l’on a ressenti sous Valverde prouve que cette pression existe. Si on exclut les deux humiliations, ce qui a été principalement reproché a Valverde est la manière de jouer de son équipe. Un jeu aux aspects trop défensifs avec un entraineur qui pose comme base de départ un 4-4-2 (ou 4-3-1-2), incapable de changer durant le match. Si certains sont relatifs et essaient d’expliquer ce choix (effectif de mauvaise qualité, tentative de combler les errances défensives, NDLR), il n’est clairement pas possible de tenter de mettre en place ce type d’approche et la fracture entre les supporters et Valverde que l’on a ressenti l’a démontrée. Plus généralement, le monde du football et du journalisme qualifiait le jeu de Valverde comme étant à l’antithèse de ce que doit proposer le club. Un devoir de bien jouer qui est ancré dans la tête de beaucoup de personne. Et qui est nocif pour le club ?

Le Barca de Valverde, un Barca jugé trop défensif avec des choix qui posent questions chez les supporters (crédit image : barcelonaanalysis.com)

On a ensuite les puristes, ceux qui ne jurent que par Cruyff et Guardiola. Ces deux entraineurs représentent les deux âges d’or du club, il est donc naturel de s’y rattacher et les prendre comme point de référence. Mais plusieurs questions se posent alors. Tout d’abord, n’est-il pas utopique de penser que le Barca retrouvera un jour le niveau de 2008-2012 ? Cela parait en effet compliqué. Et puis surtout, même si cela représente des belles années, cela ne représente pas toute l’histoire du club. En effet, il n’y a pas une seule façon de gagner mais plusieurs. Evidemment, il peut y avoir une base commune qui sert de socle aux différentes tactiques mais ce n’est pas forcément un jeu strictement identique qui doit à chaque fois être mis en place.

C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé au Barca. Le club a gagné cinq Ligue des Champions avec quatre entraineurs différents. Et si les quatre coachs utilisaient comme base commune quelques principes et idées de jeu de Cruyff, le fond était différent. Le Barca de Cruyff ne jouait pas de la même façon que celui de Rijkaard, qui ne pratiquait pas le même football que celui de Guardiola et qui ne jouait lui-même pas de la même façon que celui d’Enrique ! C’est dans cette direction que le club devra aller : reprendre le fond mais changer la forme ? Il ne faut pas appliquer toujours les mêmes principes à des époques différentes. Le football évolue, mais il faut également ne pas oublier ce qui a fait la réussite du club. Il faut simplement évoluer de manière intelligente et ainsi, l’entité blaugrana pourra se réinventer, avec Koeman par exemple.

En conclusion, le Barca reste aujourd’hui, indéniablement, un des clubs les plus puissants au monde. La base de supporters reste énorme et le club continue d’attirer autant d’amoureux du football. Mais les temps sont troubles et la mauvaise gestion du club depuis une dizaine d’années vient installer un climat anxiogène autour de l’édifice catalan. La saison qui arrive s’annonce dors et déjà comme un tournant pour les Barcelonais. Déjà, parce qu’il devient impératif de relever le niveau de jeu sur le terrain, mission accordée à Koeman, mais surtout car le président va changer. Les élections approchent et Bartomeu ne pourra pas se représenter. La mission du prochain président sera donc lourde : changer de cap et rebâtir sur des bases nouvelles ou alors suivre la continuité de ce que l’on voit. Laporta ou Font qu’importe, l’un des deux aura l’avenir crucial du Barca entre ses mains.

Bilan de saison 2019/20 – Valencia CF

Le football prend parfois des allures cauchemardesques. Une saison à oublier où les malheurs et mauvaises nouvelles se sont succédés, accompagnés de résultats décevants, c’est ce qu’a vécu le Valencia CF. Pas qualifié en Europe, le club Ché traverse une longue crise depuis plusieurs mois qui ne cesse de faire du dégât dans les rangs du VCF.

La bronca de Mestalla n’était pas là pour assister à ces derniers matchs compliqués du Valencia CF afin de conclure un exercice qui sonnait comme un véritable désastre. Sans Marcelino, ce sont Celades, puis Voro, qui ont tenté de sauver un club qui est à la dérive. Dirigé par une direction largement et logiquement critiquée, l’extra-sportif du Valencia CF est en train d’empiéter sur les résultats sportifs du club, et cela devient pesant pour les supporters et les joueurs. La preuve en est cette non-qualification en Europa, qui aura été l’objectif de fin de saison après avoie abandonné la possibilité d’aller en C1. A l’aube d’un grand ménage qui semble s’annoncer sur le mercato, c’est avant tout la colère et la frustration de toute équipe, qui n’aura pas su être au niveau pour jouer dans les hautes places du classement, qui s’exprime…

L’extra-sportif a pris le dessus sur tout tout le reste

C’est une direction qui n’est pas là pour le football, et cela se voit un peu plus chaque jour. L’incompétence de Lim, propriétaire du club, et de ses acolytes est en train d’envoyer le Valencia CF à la dérive sur le plan sportif. Sans Europe, la déception est déjà grande, et l’est d’autant plus quand on comprend les raisons d’un tel échec.

La chute visible du VCF commence dès ce début de saison, après que le club ait remporté une Copa historique l’année de son centenaire en mai 2019. En interne, les choses s’étaient pourtant envenimées depuis un moment. En effet, Marcelino va être limogé après quelques journées de Liga seulement. Malgré le début de saison compliqué en championnat, il n’est pas encore question de s’affoler du côté des supporters. La direction ne sera pas du même avis.

Cependant, le licenciement de Marcelino est toujours aussi incompréhensible. Lors d’une réunion en fin de saison passée, Lim aurait alors exposé au coach sa volonté de délaisser la coupe nationale pour se concentrer sur le championnat. Une requête que le staff et les joueurs ont refusé tout en assurant une qualification en Champions League, en plus de ramener un trophée. Rajoutons à cela un très honorable parcours en Europa League avec une demi-finale atteinte. Malgré tout cela, Marcelino ne comprendra jamais pourquoi il s’est vraiment fait virer, expliquant son départ par le seul fait qu’il ait joué la Copa jusqu’au bout, avec l’intention de la gagner. Chose qui aurait déplu aux dirigeants…

Valencia CF: Marcelino: "Nos van a decir 'empatas más que el ...
Entraîneur lors de la saison du centenaire et ayant remporté la Copa, Marcelino ne sera pas oublié des fans du Valencia CF (crédit : Marca)

Par la suite, le club va également enregistrer le départ du directeur sportif de Mateu Alemany, qui partageait le point de vue de Marcelino et dont l’entente avec le président et propriétaire n’était pas des meilleures. La direction nommera Celades au poste d’entraîneur mais ne prendra pas de directeur sportif. Entre les fans et les dirigeants, la tension monte face aux actes de Lim et Anil Murthy, le président, dans lesquels aucune cohérence sportive n’est retrouvée.

La gestion exécrable du cas de Ferran Torres ou des problèmes en interne illustre parfaitement la situation d’un club qui explose de partout et dont les conséquences finissent par se faire ressentir sur le terrain. Et personne ne se mobilise vraiment pour stopper ce désastre. De plus, le mercato est un gros point de désaccord à Valencia, où la direction s’implique peu, faisant parfois des choix surprenants.

Un exemple de ce à quoi la situation ressemblerait au VCF selon les médias valenciens

Les dernières rumeurs soutenaient d’ailleurs que le club prévoyait de se séparer de beaucoup de ses cadres lors de cet été. En bref, il est évident que les décisions prises par cette direction ont influencé les résultats de l’équipe. L’arrivée de Voro pour remplacer Celades en toute fin de saison a été débattue et n’aura pas fait effet. Avec un tel manque d’activité et de présence de la part des hommes occupant les fonctions importantes, le club Ché ne semble pas prêt de sortir de sa crise si rien ne change…

Un effectif largement en dessous de ses capacités

Même si la pagaille extra-sportive n’a évidemment pas aidé à tirer le VCF vers le haut du classement, il faut également reconnaître une défaillance sportive des joueurs. Dans tous les secteurs du jeu, l’équipe, qui aura conclu la saison avec Voro comme entraîneur, a connu des difficultés, majoritairement défensives.

Comme certaines équipes cette saison, à l’image de l’Espanyol, de l’Athletic, du Celta ou du Betis, Valencia n’a pas atteint ses objectifs sportifs alors que le club pouvait compter sur un effectif riche et solide. Il faut dire que les Chés n’ont pas été épargnés par les blessures qui ont particulièrement ravagé la défense.

Les multiples absences de Garay, blessé puis atteint du virus, ont laissé place à une charnière bien plus fragile composée de Mangala et Diakhaby lorsque Paulista n’était pas là. D’autres joueurs importants, comme Gayà ou Rodrigo, n’ont également pas échappé à des pépins physiques.

Gabriel Paulista se lesiona el tobillo en el partido ante el ...
Sorti sur blessure contre l’Atlético, Gabriel Paulista n’avait manqué que quelques matchs mais son absence s’était faite ressentir (crédit : InfoBiwenger)

Cependant, les résultats compliqués ne peuvent pas être expliqués que par ces blessures. L’absence de cadres a permis à des remplaçants de gagner en temps de jeu sans qu’ils ne se soient convaincants pour autant, remettant ainsi en question la fragilité du banc à certains postes.

Un des problèmes majeurs de cette équipe se situe sur la ligne de buts. Cillessen et Jaume ont déçu cette saison. Le portier néerlandais arrivé du Barça n’a pas su rehausser son niveau, qui avait chuté ces dernières années, et a logiquement été mis remplaçant à plusieurs reprises. Globalement plus rassurant, Jaume Doménech n’aura pourtant pas pu sauver le navire. Cette incertitude dans les cages aggrave les failles défensives d’un club qui a encaissé cinquante-trois réalisations en championnat.

Offensivement, la création de danger a cruellement manqué. Rodrigo sort d’une saison où son inefficacité est un énorme souci, Maxi Gómez se doit d’améliorer sa régularité et Gameiro n’a pas été assez tranchant sur le peu qu’il a joué. De leur côté, Cheryshev, Guedes, Soler, Ferran ou encore Manu Vallejo n’ont pas su relancer l’attaque du Valencia CF.

Le cœur du jeu a été, comme les autres postes, un véritable casse-tête. Le capitaine Dani Parejo a libéré son équipe à plusieurs reprises dans la saison sans pour autant réaliser un exercice fabuleux. Ses coéquipiers français, Coquelin et Kondogbia, n’ont pas été les joueurs que nous avons pu connaitre lors de la campagne précédente. Malgré la révélation intéressante de Hugo Guillamón, en défense centrale, c’est donc la quasi-totalité d’une équipe qui a montré un visage décevant, voire même laborieux par moments.

Leganés, 36e journée : le Valencia CF jouait une de ses dernières chances de qualification en Europe mais s’incline dans un match où Parejo aura manqué un pénalty (crédit : JuniperSports)

Dans cette défaillance sportive de tout un effectif, il faut également souligner que le changement d’entraîneur au cours de la saison n’a pas aidé à trouver une stabilité. En poste de septembre à juin, Albert Celades a dirigé l’équipe pendant une grande partie de la saison sans innover, contrairement à son prédécesseur, licencié, et reconnu pour ses qualités tactiques. Mené par Voro pour les derniers matchs, le club n’a pas vraiment vu les choses évoluer positivement au classement. Le tout avec une direction critiquée.

Une incapacité à rebondir et à se relever

La mauvaise passe que traverse le Valencia CF depuis plusieurs mois est également le fruit d’un manque de capacité à se relever des échecs. Mentalement, on peut penser que cette équipe manque d’un véritable leader. Parejo porte le brassard et a déjà pu remobiliser les troupes lorsqu’il le fallait mais il semble être plutôt seul dans cette tâche.

Les difficultés mentales de ce groupe se notent à l’extérieur. Loin de Mestalla, le VCF affiche un inquiétant niveau de jeu. Sans son public, la formation valencienne n’a collecté que treize points. Avec un taux de points aussi faible, Valencia est la dix-septième équipe à l’extérieur en Liga. Seulement trois succès contre une douzaine de défaites. Dont de nombreux points perdus dans des confrontations importantes pour l’Europe.

Ces chiffres démontrent que les joueurs n’y arrivent pas quand ils jouent ailleurs qu’à Mestalla. Ravagés par les échecs dans les autres stades de Liga, les coéquipiers de Parejo n’arrivent plus à s’imposer et souffrent de cette série noire sur le terrain. Cela dit, ce problème dont est victime le VCF est récurrent chez plusieurs formations de Liga.

A la différence de ces déplacements périlleux, il reste toute fois important de souligner que le Valencia CF a été une excellente équipe à domicile, ne s’inclinant qu’une seule fois et glanant pas moins de onze succès et quarante points. Toutefois, Valencia va avoir besoin de rapidement retrouver une certaine solidité et oublier ses échecs pour enchaîner, un défaut qui a coûté trop de points lors de cet exercice. Renverser les matchs doit aussi redevenir une qualité de cette formation si talentueuse

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La défaite à Eibar dans la fin de saison illustrait parfaitement cette description d’un VCF méconnaissable à l’extérieur et incapable de se relever (crédit : Plaza Deportiva)

Les points positifs de la saison du Valencia CF sont donc en infériorité numérique en comparaison des événements plus douloureux. Les performances de cette équipe ont été très décevantes, comme le montre le classement, mais le sportif n’est pas l’unique explication de cette déroute. La qualité des joueurs n’a pas su relancer un club qui vit une crise difficile depuis plusieurs mois, face à une direction sourde devant les critiques, continuant, tête baissée, à avancer et à mener une politique qui nuit au VCF. Un tableau qui montre donc beaucoup de négatif et une situation qui pourrait bien continuer de s’aggraver si rien n’évolue. Pourtant, cette équipe a la capacité de redevenir ce qu’elle était lors de sa saison centenaire, où elle a fait rêver l’Espagne et son peuple valencien. Il faudra pour cela de l’envie, du courage et du changement en attendant de retrouver les « Amunt » du public de Mestalla.

Bilan de saison 2019/20 – Sevilla FC

Quatrième et surtout qualifié pour la Champions League, le Sevilla FC pouvait difficilement rêver mieux. Au terme d’une fantastique saison, réussie du début à la fin, les Andalous se sont transformés en véritable rouleau compresseur afin de retrouver la C1. Mené par Lopetegui, le club andalou a tourné à plein régime pendant de longs mois, tout en composant avec un XI au top de sa forme.

Ocampos, Navas, Munir, Diego Carlos, Koundé, Reguilón… tant de noms qui ont emmené le Sevilla FC dans le haut du classement. C’est donc trois saisons après sa dernière qualification en Champions League, et l’élimination en quarts contre le Bayern, que les Sevillistas vont pouvoir de nouveau côtoyer les plus grands d’Europe. Agile offensivement, bien en place au milieu et solide en défense, l’équipe andalouse a largement complété ses objectifs et va donc connaître sa quatorzième saison en Europe sur les quinze dernières. La formation de Lopetegui a impressionné l’Espagne, tant dans son jeu comme dans ses résultats, sans montrer de failles particulières, et laisse présager qu’elle pourrait bien continuer de faire des dégâts sur le territoire hispanique.

Sérénité et maîtrise : la clé de la réussite sévillane

Parmi les dix-neuf succès qu’a connu le Sevilla FC cette saison, en ressortent deux points importants, présents quasiment tout le long de la saison. D’une part, la confiance et la sérénité du bloc de Lopetegui qui n’a pas ressenti la peur, et ne s’est jamais effondré. Et d’autre part, nous avons pu observer une équipe qui, la grande majorité du temps, imposait son rythme, contrôlait et maîtrisait ses rencontres.

Les excellentes performances sevillistas s’expliquent en partie par cet équilibre parfait qui a été trouvé entre l’attaque et la défense, ainsi qu’avec un milieu qu’il a été difficile de bouger. Mené par plusieurs joueurs que nous évoquerons un peu plus tard dans l’article, mais plus généralement par un bloc soudé et uni, les Andalous ont terminé cinquième meilleure attaque de Liga, avec 54 réalisations inscrites. Un chiffre pas excessivement impressionnant mais correct, pourtant moins élevé que celui de la précédente saison.

Athletic de Bilbao vs Sevilla: Goles y resumen de partido de La Liga
La qualification en C1 du Sevilla s’explique aussi par la réussite à l’extérieur : seconde équipe à avoir pris le plus de points (33), hors de son domicile (crédit : Milenio)

Malgré le plus faible rendement offensif, en comparaison de l’exercice précédent, Sevilla a quand même réussi à se hisser en C1, chose que le club n’a pas réalisé la saison passée. Cela s’explique en partie par le fait que défensivement l’équipe soit une des meilleures des dernières années. Avec le renforcement en défense centrale, les arrivées de Diego Carlos et Koundé, Sevilla n’a encaissé que 34 buts. Il s’agit là de la troisième meilleure défense du championnat.

L’assurance dégagée par les Blanquirrojos se justifie également par le contrôle au milieu de terrain. Le jeu qu’affiche la formation andalouse se base beaucoup sur la possession : Sevilla affiche un pourcentage moyen de 58.7% par match, complétant encore une fois le podium. Un milieu qui fait parfaitement circuler la balle, se classant comme la troisième équipe de Liga a avoir complété le plus de passes. La confiscation du ballon permet ainsi de concéder peu d’occasions venant du camp adverse.

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L’autre fait intéressant est d’observer que cette formation andalouse subit peu de danger dans sa surface de réparation. La solidité et l’unité du bloc défensif contraint les autres équipes à souvent tenter de loin, rendant difficile la tâche d’atteindre les cages de Vaclik. Confiante mentalement et battante sur le terrain, l’équipe du Sevilla FC ne se sent que très peu inquiété, et le démontre sur le terrain.

Une équipe régulière emmenée par des joueurs cruciaux

Lucas Ocampos : l’intenable

Comme évoqué récemment, le Sevilla FC a donc répondu présent dans les différents secteurs du jeu, étant ainsi très régulier dans ses résultats. L’équipe de Lopetegui est composée de plusieurs leaders, à tous les postes, qui ont propulsé leur club vers les plus hautes places. Le véritable gros coup reste évidemment le transfert de Lucas Ocampos. L’Argentin, arrivé de Marseille, a réalisé une saison tout simplement exceptionnelle, tout comme ses coéquipiers offensifs comme Munir.

Vidéo - Quand Ocampos finit gardien de but… et sauve Séville ...
Réputé pour ses talents d’attaquant, Lucas Ocampos a aussi enfilé les gants en cette fin de saison pour sortir un magnifique arrêt contre Eibar ! (crédit : Goal.com)

En plus d’avoir excellé sur le plan sportif avec ses quatorze buts et trois passes décisives en Liga, Ocampos pourrait apporter une vraie plus-value financière au club. Acheté pour une quinzaine de millions d’euros, ce prix fait sourire aujourd’hui. Sa valeur marchande serait actuellement estimée à cinquante millions d’euros. Un transfert qui traduirait une certaine fierté, tant chez le joueur que chez le club.

Jesús Navas : l’inépuisable capitaine

A 34 ans, le capitaine du Sevilla FC continue de bercer tout un club. Inépuisable sur le terrain, le latéral droit a joué à chaque journée de cette saison de Liga ! Malgré l’âge, Navas n’a pas cessé d’accélérer sur son couloir droit, à grandes enjambées, avant de délivrer de magnifiques centres. Décisif et indipensable à cette équipe, le capitaine revenu dans son club formateur, en 2017, en provenance de Manchester City, reste un véritable poison d’autant plus dans le secteur offensif.

Éver Banega : la légende s’en va

La légende Banega va donc quitter le Sevilla FC pour rejoindre l’Arabie Saoudite. Après une dernière saison magnifique, le milieu argentin quitte donc la Liga sur un golazo, inscrit contre l’Athletic sur coup franc-direct. Une oeuvre d’art à l’image de la carrière d’un joueur qui a tout de même délivré sept passes décisives lors de cette campagne. Âgé de 32 ans, Banega sait qu’il a probablement vécu les meilleurs moments de sa carrière en Andalousie.

La curiosidad en el golazo de Banega para Sevilla - Olé
D’un magique coup de patte, Éver Banega avait transformé un coup-franc en fin de saison (crédit : Olé)

Koundé – Diego Carlos : la Ligue 1 s’exporte

Respectivement arrivés de Bordeaux et de Nantes au mercato estival dernier, Jules Koundé et Diego Carlos se sont largement imposés dans la charnière centrale sévillane. Deux anciens joueurs de Ligue 1, réputés pour leurs excellentes qualités défensives qu’ils ont démontré en Espagne. Diego Carlos n’a pas flanché. Titulaire à pratiquement toutes les rencontres de Liga, le Brésilien a été un véritable roc infranchissable.

Son coéquipier français, lui, a prouvé que, malgré son jeune âge, il avait les épaules pour évoluer dans un grand club. Laissé sur le banc en début de saison, Koundé a très vite montré qu’il était le joueur idéal pour former une paire, avec Diego Carlos, qui pourrait bien atteindre des records. Avec un gardien de la qualité de Vaclik dans les cages, la sérénité défensive du Sevilla est assurée.

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Diego Carlos s’est révélé très rapidement comme le chef de la défense (crédit : RMC Sport)

Les retours de prêt : l’arme du futur ?

Après un mercato estival dernier très agité, Sevilla a dû se séparer de certains joueurs, qui ne correspondaient pas aux attentes du clubs. Cependant, le Sevilla FC compte aussi, dans le futur, sur des joueurs qui ont été prêtés cette saison, et qui ont convaincu.

Carlos Fernandez, prêté à Granada, a largement participé à la qualification européenne du club promu en Primera cette saison. Taillé pour occuper le poste d’avant-centre, il y a aussi Marc Gual, cédé au Real Madrid Castilla et Girona. Enfin, le club andalou possède aussi des joueurs de qualité comme Alejandro Pozo ou encore la pépite Bryan Gil. Beaucoup de jeunes qui pourraient bien faire parler d’eux dans les prochaines années.

Lopetegui, ¡bueníssimo!

Choisi lors de l’été dernier pour ramener le Sevilla FC vers la Champions League, Julen Lopetegui a, en plus de compléter les objectifs, réalisé un travail exceptionnel à la tête d’une équipe dont il a eu carte blanche. Accompagné de Monchi pour la direction sportive, le coach basque est grandement impliqué dans la gestion sportive et le mercato du club. Même si tous les transferts n’ont pas été fructueux, une bonne partie a convaincu.

Son formidable travail passe notamment par les décisions prises. Les choix visant à faire confiance à Jules Koundé en défense centrale, à signer Óliver Torres, qu’il avait connu à Porto, ou à aller chercher Luuk de Jong au PSV ont été payants. Lopetegui a également su faire le tri entre les joueurs qu’il ne désirait pas et ceux qui n’avaient plus la qualité pour rester titulaire.

Fortement critiqué après sa sortie compliquée de la Roja et son mauvais passage à Madrid, Julen Lopetegui a surpris plus d’un supporter cette saison. Alors que certains se montraient réticents lors de son arrivée en Andalousie, le Basque a fait taire les critiques lancées par certains médias et supporters.

Lopetegui: "If I would go back to Madrid? I don't think about the ...
Très agité dans sa zone technique (et même parfois en dehors), Julen Lopetegui n’exprime pas ses émotions à moitié (crédit : Real Madrid Sport)

Avec lui, le Sevilla FC a donc su retrouver un jeu plus direct, plus défensif mais également plus tranchant offensivement. Des qualités qui avaient quelque peu manqué à l’équipe andalouse lors des précédents exercices. La possession prônée est également une de ses volontés tactiques qui, jusqu’à présent, semble porter ses fruits.

A l’heure de tirer un bilan de cet exercice, il est extrêmement positif pour Sevilla. En plus d’avoir rempli les objectifs et d’avoir retrouvé la Champions League, que les fans attendaient avec impatience, l’équipe a également dégagé beaucoup de maîtrise et de confiance tout au long de sa saison. Lopetegui a réussi à imposer ce qu’il voulait à cette équipe mais veut encore apporter beaucoup de nouveautés au Sevilla FC, en continuant de travailler autour d’un effectif soudé et de qualité pour le présent, et le futur. Encore en lice en Europa League, un trophée serait une excellente manière de récompenser la très belle saison du club sévillan.

Bilan de saison 2019/20 – FC Barcelona

Ce sont seulement cinq points qui ont séparé le FC Barcelona du Real Madrid à l’issue de cette saison de Liga. Malgré les résultats bons en apparence, cet exercice s’est révélé compliqué pour le Barça. Les crises sportives, comme internes, ont frappé le club à plusieurs reprises rendant la situation instable, surtout pour les supporters. La saison blanche sur le plan national est un véritable échec même si ces performances ont en grande partie été masquées par le génie de Messi…

Battu en Liga, éliminé en Copa et SuperCopa, le Barça n’ajoutera donc rien à son armoire à trophées sur le territoire espagnol. Pour sauver une saison très compliquée, il restera encore la Champions League. Alors que les murs tremblent entre la direction, le staff et les joueurs, les performances ont été en dessous des attentes pour cette campagne. Maître du football hispanique sur les dernières années, le FC Barcelona souffre aujourd’hui. La succession de Valverde ne semble pas aussi glorieuse qu’on aurait pu l’imaginer. Les prouesses de Messi et Ter Stegen sont, en quelque sorte, l’arbre qui cache la forêt.

Avec Valverde, les syndromes d’une équipe qui n’avançait plus

Un des faits marquants de la saison blaugrana reste évidemment le changement d’entraîneur, intervenu en janvier dernier. Quique Setién, libre depuis son départ du Betis, a remplacé Ernesto Valverde, vivement critiqué pour ses résultats et le jeu proposé avec un tel effectif. Dans cette saison si particulière, on peut donc y voir deux parties importantes, avec des similitudes statistiques néanmoins.

L’exercice 2019/20 débute donc sous les ordres de l’ancien technicien de l’Athletic. Présent depuis l’été 2018, Valverde est déjà sous le feu des critiques, notamment après les deux remontadas subies en Champions League. Après le match nul contre l’Espanyol (2-2), l’élimination en SuperCopa est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pourtant protégé par le vestiaire, Ernesto Valverde va être démis de ses fonctions le 13 janvier 2020. A son départ, le Barça occupe la première place du championnat occupe la première place, partagée avec Madrid.

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Bartomeu, longtemps convaincu par Valverde, finira par changer d’avis en licenciant le coach tandis que la grande majorité des supporters approuvera cette décision (crédit : FC Barcelona)

Pourtant globalement présents depuis son arrivée, les résultats obtenus dans cette première partie de saison sont nettement moins bons. À ce stade, le Barça a déjà été défait à trois reprises, soit autant de fois que lors de l’exercice précédent. Un constat déjà pesant, à peine atteint la mi-saison. À l’extérieur, l’équipe barcelonaise est friable et perd de nombreux points.

Défensivement, les coéquipiers de Messi connaissent des difficultés également. La défense n’est pas irréprochable sur beaucoup d’actions et après 19 journées, Barcelone a déjà concédé 23 buts. Là encore, ce sont des chiffres inquiétants par rapport aux saisons précédentes. Malgré la qualification pour la phase finale de C1, Ernesto Valverde va être débarqué du club, pour des raisons compréhensibles.

Setién, bon choix ou erreur de casting ?

Après plusieurs jours de réflexion et de préparation, la Junta du Barça tient son nouveau coach. Il s’agit de Quique Setién, ayant auparavant entraîné le Betis et Las Palmas, entre autres. Peu d’expérience au haut niveau, mais la direction est confiante après avoir contacté des anciens joueurs ayant joué sous les ordres du Cantabre, tel que Marc Bartra.

A peine arrivé, Setién affiche des principes de jeu forts et se veut rassurant auprès de supporters qui veulent retrouver une équipe qui se bat et agréable à observer. L’Espagnol est régulièrement comparé à Johan Cruyff, pour sa vision et son ADN du football.

«Ce n’est que lorsque j’ai vu les matchs de Johan Cruyff à Barcelone que j’ai commencé à comprendre comment les choses fonctionnaient vraiment. J’ai beaucoup appris de lui»

Quique Setién, lors de sa conférence de presse de présentation (Tribuna.com)
La présentation de Quique Setién au FC Barcelone - Espagne ...
Dans la foulée du licenciement de Valverde, Quique Setién est nommé au Barça (crédit : Le Figaro)

L’un des moments les plus marquants de ce discours de présentation restera le point souligné par Setién, soutenant que la seule chose sûre, à l’heure de cette conférence de presse, est que son équipe jouera bien. Un message fort et qui veut déjà instaurer du nouveau dans le jeu catalan.

Au cours de la seconde partie de saison, les résultats vont être légèrement mieux. Le Barça va collecter 42 points sur la phase retour de LaLiga, contre 40 avec Ernesto Valverde. La défense va être plus solide et l’attaque tout aussi tranchante. Les chiffres sont quasiment les mêmes qu’avec Valverde, avec là encore, trois revers, moins de nuls, légèrement plus de revers et un peu moins de buts marqués. En bref, la comparaison statistique entre Ernesto Valverde et Quique Setién a un faible intérêt à ce stade en raison de la similarité qu’on y retrouve.

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Cependant, cette équipe blaugrana va continuer de perdre d’importants points qui lui coûteront le titre. La défaite dans le Clásico (2-0), le difficile match à Mestalla (2-0) sont déjà des rencontres cruciales de perdues. Mais les points lâchés après la reprise, contre Sevilla, le Celta et l’Atlético, mettront hors course une équipe battue par un Real Madrid imperturbable.

C’est d’ailleurs sur ce sprint final particulier que les choses vont s’envenimer. Alors en tête, en possédant deux points d’avance sur Madrid, Barcelone va rapidement perdre le leadership du championnat au profit de son rival éternel. En plus de craquer sur le plan sportif, le Barça va aussi exploser en interne. Les choix de plus en plus incompréhensibles de la direction s’ajoutent à une histoire où le staff et les joueurs seraient, selon les différents médias, en rupture.

La question se pose alors autour de la capacité de Setién à gérer un tel groupe. Lui qui voulait prôner un jeu plus agréable, se retrouverait finalement à perdre le contact avec son effectif. Un nouveau souci à gérer donc. Un peu plus de six mois après son arrivée, Setién semble déjà avoir perdu la confiance de beaucoup de supporters, n’arrivant pas à mettre ses principes en place.

Éliminé dès les quarts de finale de la Copa, par l’Athletic (1-0), Quique Setién est donc remis en question. Le Cantabre reprend néanmoins une équipe qui n’a jamais réellement pu se sentir libérée des critiques qu’elle essuie depuis un certains temps. De plus, le niveau de certains joueurs est pointé du doigt par les fans. Menacé à son poste, Setién ne veut pas jeter les armes et souhaite continuer de se battre et de tenter de stabiliser le jeu tout en continuant de triompher.

La manière de gagner, la grande quête de ce Barça

Dans le football, gagner c’est bien. Avec la manière, c’est mieux. La manière, c’est ce que recherche le Barça. Son identité historique avec des coachs tels que Guardiola ou Cruyff, réputés pour prôner un des plus beaux jeux que le football ait connu. Aujourd’hui, beaucoup des succès barcelonais sont poussifs et difficiles face à des équipes qui défendent bien.

Avec Setién, le Barça joue beaucoup plus sur la possession de la balle. Une méthode pour confisquer le ballon, laissant ainsi peu d’occasions pour les adversaires. Mais la formation blaugrana a parfois des difficultés à inquiéter les autres équipes avec cette possession, faisant beaucoup tourner sans parvenir à s’infiltrer dans le bloc défensif opposé.

Pour Setién, les succès comptent mais l’entraîneur insiste également sur le fait que bien jouer soit une nécessité (crédit : Bein Sports)

Avec le technicien espagnol, Barcelone a parfois connu des matchs difficiles mais a également réalisé d’impressionnantes performances. Les succès à Villarreal (1-4) ou contre Alavés (0-5) nous avaient montré un Barça dominateur, serein et qui avait contrôlé le match.

Dans cette envie de gagner avec la manière, sont aussi inclus les jeunes. Riqui Puig et Ansu Fati ou encore Ronald Araujo commencent à gratter de plus en plus de temps de jeu en équipe première. Une bonne nouvelle pour une grande partie du public qui réclamait une présence plus régulière de leur part avec les pros. Ils apportent de la nouveauté dans le jeu barcelonais pour remplacer des joueurs qui ont beaucoup moins d’impact. Les cas difficiles de plusieurs joueurs ont favorisé l’intégration de cette jeunesse, arrivés de La Masia.

En tout cas, le Barça devra désormais répéter ce genre de performances plus régulièrement, en plus de continuer à gagner. La manière se doit d’être un objectif primordial à retrouver pour une équipe qui l’avait quelque peu délaissée sous Ernesto Valverde.

Messi, sauveur mais aussi préventif

Leo Messi, que dire ? Encore une saison exceptionnelle, comme toujours, et pourtant le génie argentin continue de nous étonner. Avec 25 buts au compteur et 21 passes décisives délivrées, la Pulga a encore frappé. Encore un record battu par l’Argentin : celui du nombre d’assists en une saison de championnat. Avec un peu plus de vingt unités, Messi a battu le record de Xavi, fixé à vingt passes décisives.

Así fue el GOL 700 de LEO MESSI a lo PANENKA! | FC Barcelona ...
Au cours de cet exercice, Messi a inscrit le 700e but de sa carrière. Une réalisation inscrite sur une panenka contre Jan Oblak (crédit : Lionel Messi.eu)

En plus de ça, Leo Messi a de nouveau reçu le trophée Pichichi. Une récompense décernée au meilleur buteur de Liga. Le sextuple Ballon d’Or a terminé máximo goleador du championnat pour la septième fois de sa carrière, battant, là encore, un record jusqu’alors détenu par Telmo Zarra, six fois sacré meilleur buteur (ancien meilleur buteur du championnat, évoluant à l’Athletic dans les années 1940 et 1950). Exceptionnel, donc.

Le problème de cette importance à Messi est d’y créer une dépendance, déjà bien présente pour certains. L’Argentin a sauvé le Barça à de nombreuses reprises cette saison, cachant un peu la difficulté de son équipe à triompher. Certains supporters craignent, plutôt à juste titre, « l’après Messi ». Une crainte compréhensible quand on voit tant l’équipe blaugrana dépend du joueur et trouve relativement peu d’autres alternatives à son génie.

Après cette saison difficile, Messi a quand même voulu tirer la sonnette d’alarme. Au delà de la rumeur indiquant qu’il ne souhaitait pas prolonger plus loin qu’en 2021, l’Argentin sait que son équipe n’a pas bien joué cette saison. D’après les médias, le joueur serait aussi agacé de la gestion du club par la direction.

«On ne voulait pas terminer la saison comme ça. On est une équipe irrégulière, lente, avec peu d’intensité. On a perdu beaucoup de points et le match d’aujourd’hui est un résumé de la saison»

La déclaration de Leo Messi, après la défaite contre Osasuna (1-2)

Malgré les quelques performances très mauvaises de son équipe, le natif de Rosario a beaucoup sauvé son équipe, tout comme Ter Stegen aux cages. Un même constat qu’avait soulevé Malcom, lors de son départ vers la Russie. Pour lui, comme beaucoup de monde, Messi cache beaucoup de problèmes au Barça. Même s’il a déjà poussé quelques coups de gueule, il est difficile d’imaginer Messi ailleurs qu’à sa maison qu’est Barcelone. Néanmoins, le football est tellement imprévisible qu’on ne peut rien affirmer à 100%…

C’est donc avec des incertitudes sur le futur et d’importants soucis, sportifs comme extra-sportifs, que le Barça achève cette campagne 2019/20. Une saison blanche difficile sur le plan national de façon collective mais dans laquelle certaines individualités ont continué de briller ou dans laquelle de jeunes talents se sont révélés. Setién, menacé pour son avenir, a pour but de continuer de faire évoluer ce Barça, notamment dans son jeu, alors que certains cadres se doivent de retrouver un niveau à la hauteur du club dans lequel ils évoluent. Maintenant, cap sur la Ligue des Champions et le match retour contre Naples, début août, afin d’oublier une édition de Liga qui ne se sera pas déroulée comme voulue.

La Real Sociedad peut-elle tout perdre ?

Méconnaissable depuis la reprise de LaLiga, la Real Sociedad s’écroule en championnat. Défaits à plusieurs reprises et incapables de retrouver leur rendement offensif qui éblouissait il y a encore quelques temps, les Basques perdent de précieux points. Et à l’approche de la fin de saison, ce n’est plus le moment de faire de faux pas.

Avant l’arrêt provisoire de LaLiga, la Ligue des Champions était encore un objectif réel et espéré par les joueurs de la Real. Aujourd’hui, les choses ont changé, plutôt dans un sens négatif. Avant de se déplacer à Getafe, ce lundi soir, la Real Sociedad occupe la septième place du classement et voit son avance, sur les autres concurrents, fondre petit à petit dans la course à l’Europe. Ce climat particulier de fin de saison déstabilise assurément les hommes d’Imanol Alguacil, qu’il semble plus probable de voir lutter pour une place en Europa League. Avec la finale de Copa del Rey en ligne de mire, et vu les difficultés actuelles, les Txuri-Urdin peuvent-ils tout perdre sur ces derniers matchs ?

Une dynamique inquiétante

Passée tout proche d’une défaite lors de la journée de reprise face à Osasuna (1-1), après avoir été dominée et menée, la Real Sociedad n’a pas su engranger le moindre point sur ses trois dernières rencontres. Des statistiques incroyablement inquiétantes, notamment avec les deux déroutes à Anoeta, qui témoignent d’une faiblesse importante.

Le test final - Real Sociedad de Fútbol S.A.D.
Les joueurs de la Real à l’entraînement, dans leur stade (crédit : Real Sociedad)

Ceux qui ont porté cette équipe durant les deux premiers tiers de la saison sont largement en dessous depuis la reprise, et cela a une conséquence sur les résultats. En attaque, Mikel Oyarzabal est peu visible alors que Alexander Isak et Willian José sont en concurrence pour le poste d’avant-centre, mais aucun des deux ne parvient réellement à convaincre Imanol Alguacil.

Portu se crée, quant à lui, de très bonnes occasions et dynamise le jeu offensif. De même pour Adnan Januzaj, titulaire face au Celta et auteur d’une très bonne performance. Malheureusement leur influence reste trop limitée et pas assez forte pour permettre d’inverser la tendance. En quatre rencontres, la Real n’a marqué que deux buts. Un total bien trop faible pour une équipe classée dans les meilleures attaques du championnat.

Pourtant, les Txuri-Urdin savent mettre du rythme dans leurs matchs par moments et montrent qu’ils savent encore inquiéter les défenses adverses. Mais dans le dernier geste, la finition n’y est pas et elle a pénalisé les joueurs de San Sebastián a plusieurs reprises sur les derniers affrontements.

Alavés 2-0 Real Sociedad: La Real Sociedad no vuelve del parón y ...
Vaincue 2-0 par Alavés, la Real Sociedad a perdu le dernier derby basque de la saison en Liga (crédit : El Español)

Au milieu, Martin Odegaard est en galère, beaucoup trop imprécis, tout comme Mikel Merino. Le Basque commet, anormalement, un nombre de fautes excessif depuis la reprise. Un constat qui s’applique à l’ensemble de l’équipe plus généralement. Les autres joueurs utilisés à ce poste, tels que Zurutuza, Zubimendi ou encore Igor Zubeldia, n’ont pas réussi à apporter un renouveau dans l’entre-jeu.

Enfin, défensivement, c’est là qu’on retrouve le plus gros souci de cette équipe. Une dernière ligne coupable sur beaucoup de buts concédés par la formation basque. En effet, la Real Sociedad a concédé pas moins de six pénaltys sur ses six derniers matchs de Liga. La charnière centrale, composée de Llorente et Le Normand, y est pour beaucoup dans cette affaire.

De plus, pour cette fin de saison, les Basques devront composer sans leur capitaine Illarramendi, qui a rechuté en processus de récupération (et déjà blessé depuis fin août, NDLR), et Ander Guevara. Les jeunes Luca Sangalli et Ander Barrenetxea sont eux aussi blessés, en attaque. Deux absences qui vont probablement poser problème pour la rotation et pour relancer une équipe en difficulté pour marquer.

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Jusqu’alors impressionnante, l’armada offensive de la Real connaît ses limites (crédit : Mundo Deportivo)

L’Europe, un objectif toujours possible ?

Dans le nord de l’Espagne, la grande crainte est évidemment de manquer l’Europe après avoir fait une telle saison. Quasiment irréprochable sur ces 27 premières journées, la Real Sociedad occupait une place qualificative pour la Champions League au moment de l’arrêt du championnat. Aujourd’hui, avec un match de moins, qui sera joué ce soir contre Getafe, le club est logé à la septième place. Autrement dit, une place envoyant en l’Europa League mais à l’issue de tours de qualifications.

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Avançant à un rythme bien trop lent, la Real a vu une qualification en C1 se compliquer, comptant déjà sept points de retard sur Sevilla, quatrième, et commence désormais à s’interroger sur la C3. Villarreal est cinquième, avec quatre unités de plus, suivi de Getafe à 49 points. La Real et ses 47 points sont talonnés de près par Valencia (46 points) et l’Athletic (45 points) alors que Granada (43 points) est légèrement plus en retrait. Avec seulement un point pris sur douze possibles en quatre rencontres, il faut vite repartir.

Il faut d’ailleurs préciser que leur calendrier de fin de saison va être difficile à négocier. Après le déplacement à Getafe de ce lundi 29 juin, les Basques recevront l’Espanyol. Ils affronteront ensuite, dans les dernières journées, Levante, Granada, Villarreal, Sevilla et l’Atlético, avec chaque fois une alternance domicile/extérieur.

Real Sociedad: Prieto: "Ojalá Odegaard siga un año más, le escucho ...
En parallèle, les Txuri-Urdin espèrent prolonger le prêt de Martin Odegaard la saison prochaine (crédit : Marca)

Parmi tous ces adversaires, on peut distinguer au moins cinq matchs cruellement décisifs pour l’Europe. Ce sont donc dans ces moments que la Real Sociedad devra répondre présente comme elle a su le faire auparavant. Même si la réalité sportive est plus difficile en ce moment, mathématiquement rien n’est déjà figé pour une place en Europe.

Une finale de Copa en jeu

A défaut de savoir quand se jouera cette finale, reportée pour pouvoir être jouée avec du public, on connait déjà l’adversaire des coéquipiers de Mikel Oyarzabal, qui sera l’Athletic. Le voisin, et rival basque, lutte également pour une place en compétition continentale. Mais le plus intéressant là est évidemment cette confrontation historique en finale.

Contrairement à la dynamique affichée par les deux équipes avant la trêve, l’Athletic semble aujourd’hui en meilleure forme que son adversaire direct. Les Leones se sont rapprochés des places européennes et affichent un bon état d’esprit depuis la reprise. La Real paraît plus faible à côté mais c’était bien l’inverse en mars dernier.

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Victorieuse à Mirandés, la Real Sociedad validait son billet pour la finale le 4 mars dernier (crédit : Le Soir)

Cela dit, il est encore trop tôt pour tenter de donner un favori, étant donné que les sensations des joueurs évolueront. D’autant plus qu’on ne sait pas si cette finale se jouera cette saison, apparemment non, en début de saison prochaine ou même l’année prochaine. Tout cela dépendra du retour du public dans les stades. En bref, nous sommes encore trop loin pour annoncer une équipe en meilleure posture que l’autre pour cette finale, à Sevilla.

Même si la faiblesse se fait ressentir dans les résultats de la Real, il n’est donc pas question de s’affoler. Les joueurs sont conscients de la situation, et des objectifs, et sont toujours en position européenne pour l’instant mais vont vite devoir se reprendre pour y rester. Dans une lutte qui est historiquement acharnée, les faux pas dans le sprint final ne sont pas permis. Et avec la finale de Copa Del Rey dans un coin de la tête, la Real sait qu’elle se doit de retrouver un niveau correct dans cette atmosphère du « nouveau football ».

Le bilan de la 28e journée de Liga

Très attendue, puisqu’elle marquait le retour du championnat espagnol pour la première fois depuis mars, cette 28e journée de Liga, entamée par El Gran Derbi, signifiait que la vie reprenait peu à peu son cours. Et ce fut le cas, les dix matchs de cette journée se sont déroulés sans incident majeur avec toujours autant d‘enjeux à tous les étages. Retour sur les rencontres de cette 28e journée de Primera.

Sevilla FC 2-0 Real Betis : le retour du football made in Ocampos

Un derby, deux buts, une victoire sevillista mais surtout une performance sensationnelle pour Lucas Ocampos. Qualifié d’événement mondial par Javier Tebas, ce match que tout le monde attendait depuis plusieurs jours a illustré la situation de deux équipes à la dynamique contraire.

Première rencontre pour illustrer le « nouveau football » et son protocole sanitaire si particulier, ce derby n’aura pas été le meilleur de ces dernières années mais probablement celui qui aura provoqué le plus d’excitation et d’engouement. Dans un triste Ramón Sánchez Pizjuán vide, ce sont d’abord les locaux qui se montrent les plus dangereux avec une frappe d’Ocampos s’écrasant sur la barre de Joel Robles (10′).

Les assauts Blanquirrojos vont se poursuivre avec les coups de tête de Jules Koundé (21′) puis Luuk de Jong (26′) qui frôlent à chaque fois le montant gauche du but du Betis. A l’issue de ce premier acte, les Verdiblancos sont tout simplement inexistants et débordés.

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Lucas Ocampos, sensation de la fin de saison ? (crédit : beInSports)

Au retour des vestiaires, la formation de Lopetegui accélère et vient ouvrir le score (55′) par le biais de son Argentin, sur un pénalty provoqué par Marc Bartra qui avait accroché De Jong sur corner, qui prend Robles à contre-pied. Premier but de ce retour du football en Primera.

Dépassée, la défense du Betis va concéder un deuxième but (61′) dans les minutes suivantes. C’est Fernando qui vient placer sa tête sur un nouveau corner, après que la balle ait subtilement été déviée du pied par Lucas Ocampos. Un second but encaissé sur coup de pied arrêté pour les hommes de Rubi. Dans la dernière demi-heure, le Betis va se montrer plus entreprenant, notamment avec les entrées de Lainez et Joaquín, mais sans véritablement inquiéter Vaclík. Affichant un visage terriblement inquiétant, les Verdiblancos s’inclinent donc dans le derby et permettent au Sevilla FC de consolider sa troisième place.

Résumé du match (11 juin 2020, 22h)

Granada CF 2-1 Getafe CF : l’Europe et le rêve andalou

Dans une des affiches les plus alléchantes de ce week-end, c’est finalement l’équipe madrilène qui s’est inclinée après avoir pourtant mené durant une bonne partie de la rencontre. Une défaite dérangeante pour Getafe mais un succès de prestige pour Granada.

En effet, en début de soirée, sous la chaleur andalouse, ce sont les hommes de José Bordalás (devenu au passage l’entraîneur ayant dirigé le plus de matchs dans l’histoire du Getafe CF, NDLR) qui ouvrent le score avec un golazo magnifique de Timor (19′) après une passe intelligente de Cucurella ! Une enroulée puissante qui achève sa course dans la lucarne de Rui Silva.

Durant la première période, David Soria a à peine à s’employer pour saisir quelques ballons mais rien de bien dangereux. Néanmoins, face aux offensives du Granada, les Azulones reculent et finissent par concéder l’égalisation sur un contre-son-camp de Djené. Le central togolais est surpris de voir le ballon rebondir devant lui pensant que Soria s’en était saisi.

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Toute la joie de David Timor, auteur d’un but somptueux (crédit : Mundo Deportivo)

Paniqués et probablement inquiétés des attaques grandissantes du Granada CF, David Soria et ses coéquipiers vont se faire renverser. C’est Carlos Fernández, à l’issue d’une bonne percée, qui profite d’une boulette inhabituelle du gardien espagnol, qui avait relâché un ballon, pour venir l’allumer et mettre son équipe devant au tableau d’affichage (78′). Au final, la persévérance des Andalous aura payé alors qu’ils ne sont plus qu’à deux points de l’Europe !

Résumé du match (12 juin 2020, 19h30)

Valencia CF 1-1 Levante UD : quand la folie s’empare du money-time

Pour le second derby de cette 28e journée, l’importance de gagner pour le Valencia CF était fondamentale. Au terme d’une rencontre équilibrée et qui s’est enflammée sur la fin, c’est un partage des points à Mestalla.

Relativement calme, le premier acte de ce match n’a permis à aucune des deux équipes de se détacher de l’autre avec beaucoup de déchet technique dans le jeu. Seule la frappe de Carlos Soler (28′) venant fracasser le montant de Aitor Fernández est à signaler parmi les rares offensives de cette première période.

Le match va s’animer après la pause, comme dans la plupart des rencontres de cette journée de reprise. C’est d’abord la frappe de Rodrigo (66′), qui oblige le portier du Levante à s’incliner pour sortir un bel arrêt, qui intervient avant l’expulsion de Roger Martí (73′). L’attaquant Granota avait alors été averti une seconde fois après sèchement tamponné le jeune Hugo Guillamón.

Levante: Toca suplir el gol de Roger en el Levante | Marca.com
L’expulsion de Roger a marqué un tournant du match (crédit : Marca)

Finalement, ce sont les joueurs Chés qui vont marquer en premier (89′) grâce à leur numéro 19, Rodrigo Moreno, venant couper au premier poteau un centre à ras de terre de José Luis Gayà. Mais le match n’est pas terminé, au contraire. Sur l’ultime coup franc du match, Rúben Vezo est accroché par Mouctar Diakhaby à l’entrée de la surface de réparation. Un pénalty donc, aisément transformé par Gonzalo Melero (98′), entré en jeu. Un nul logique sur le fond mais au goût de défaite pour le VCF, dont les supporters ont exprimé leur colère auprès de leur central responsable du pénalty.

Résumé du match (12 juin 2020, 22h)

RCD Espanyol 2-0 Deportivo Alavés : le match du déclic ?

Très vite en infériorité numérique, le Deportivo Alavés a souffert durant toute la rencontre sans même pouvoir tirer une seule fois. Un succès qui fait la joie de l’Espanyol, de nouveau dans l’espoir de pouvoir se maintenir.

C’est une vingtaine de minutes que le match va prendre un tournant différent, jusqu’alors assez calme et équilibré. Sur un ballon en profondeur lancé par la défense barcelonaise, Fernando Pacheco manque complètement sa sortie et se saisit du ballon dans l’arc de cercle de sa surface, se voyant logiquement expulsé (18′). Cette exclusion donne donc l’occasion à Roberto, gardien remplaçant du Deportivo Alavés, de pouvoir s’illustrer à de nombreuses reprises.

Le gardien viendra d’abord réaliser un beau double arrêt face à Wu Lei (29′), puis un nouveau, cette fois-ci en s’illustrant avec un sauvetage réflexe sur le retourné de Adrián Embarba (42′). Impressionnant jusque là, avant de finir par céder sur un coup de tête rageur de Bernardo Espinosa (45+2′), juste avant la pause.

Bernardo Espinosa anotó gol en el triunfo del Espanyol ante el Alavés
Dominant largement la rencontre, l’Espanyol a enfin été récompensé de ses efforts (crédit : Revista Semana)

Et puis, quelques secondes après avoir débuté la seconde période, l’Espanyol va inscrire un second but par Wu Lei qui se présente en face à face devant Roberto (47′). L’attaquant chinois avait été complètement oublié de la défense basque. La fin de match sera plutôt calme malgré les deux tentatives des Pericos (52′ et 80′), respectivement captées et détournées par Roberto, important dans ce match. Le tout avant que Sergi Dader vienne manquer le cadre sur une offrande de RDT (88′). Avec cette victoire, l’Espanyol reprend confiance et peut espérer un déclic dans le but de se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 14h)

RC Celta 0-1 Villarreal CF : entre exultation et colère

Proche d’obtenir un point cruellement important pour son maintien, le Celta s’est finalement effondré dans le temps additionnel après avoir longtemps tenu face à une équipe de Villarreal énergique.

La première action du match est à mettre au profit de la formation valencienne avec un premier tir de Gerard Moreno, renvoyé par la défense, et surtout suivi d’un second de Santi Cazorla, bloqué net par Rubén Blanco (15′). Dans la minute suivante, le sous-marin jaune accélère et Vicente Iborra voit sa puissante frappe, venant d’un centre de Mario Gaspar, être détournée par les mains fermes de Rubén (16′).

Les assauts s’enchaînent de la part du Villarreal CF et les Galiciens ne cessent de reculer, se reposant sur leur gardien, comme l’a prouvé la belle incursion dans la surface de Gerard Moreno (35′) mais qui n’a pas pu cadrer. En seconde période, la défense du Celta est mise à mal par le rush de Chukwueze (66′) avant de subir la percée de Carlos Bacca (86′), qui avait pourtant mis à terre Rubén Blanco, voyant son tir raser le poteau.

Samu parachuta al Villarreal en Vigo - Valencia City
Héroïque pendant 90 minutes, Rubén Blanco a finalement dû s’incliner en toute fin de rencontre (crédit : ValenciaCity)

Submergés et sans cesse en train de reculer, le Celta va craquer. Et c’est de Manu Trigueros que va venir la solution. Après une nouvelle intervention du portier galicien dans les pieds de Bacca, Manu Trigueros va finalement récupérer ce ballon et le propulser dans les cages (93′) après qu’il ait été dévié par la jambe de Jeison Murillo. Un résultat qui fait les faveurs du Villarreal CF, exultant, pour la course à l’Europe mais qui enfonce le Celta, abasourdi, dans la lutte pour le maintien.

Résumé du match (Samedi 13 juin, 17h)

CD Leganés 1-2 Real Valladolid : un maintien aux trajectoires différentes

C’était LE match du maintien de cette journée de reprise, dans ce sprint final encore tant indécis, dans lequel deux formations luttent pour rester dans l’élite du football espagnol. Ambitieux mais peu réaliste, le CD Leganés a finalement fini par être puni.

En même temps, il faut dire qu’il y a difficilement pire comme scénario que celui d’encaisser un but dès les premières minutes pour une erreur… Pourtant, c’est une mésentente totale entre le portier Pichu Cuéllar et son défenseur, Chidozie Awaziem, qui a permis à Enes Ünal (2′) d’ouvrir le score. Un ballon qu’aucun des deux protagonistes n’a pris mais poursuivi avant finalement qu’il finisse dans le but.

Voulant repartir de l’avant, Leganés a tenté quelques incursions à l’image de Kévin Rodrigues (11′) ou Guido Carillo (43′) mais avec un cruel manque de précision et de rigueur. Peu présent offensivement, l’équipe de Sergio va doubler la mise grâce à Rubén Alcaraz, tout heureux de marquer (54′) en voyant le ballon boxé par Pichu Cuéllar, atterrir devant lui après qu’un de ses coéquipiers ait manqué sa reprise.

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La gaffe défensive des Madrilènes aura permis à Ünal d’inscrire son cinquième but de la saison (crédit : Pucela Fichajes)

Insistant pour marquer, les Pepineros vont finalement obtenir un pénalty en raison d’une faute de Mohammed Salisu sur Roger Assalé. L’homme des coups de pieds arrêtés et prêté par le Real, Óscar Rodríguez, ne se fera pas prier pour venir tromper Masip (83′). Motivé mais peu transcendant, Leganés s’incline finalement et peut avoir des regrets en sachant que le maintien sera de plus en plus difficile à acquérir.

Résumé du match (13 juin à 19h30)

RCD Mallorca 0-4 FC Barcelona : déjà du lourd pour la reprise

Un match avec un semblant d’incertitude qui s’est en réalité très vite décidé entre deux formations dont l’objectif est le maintien pour les locaux et évidemment, le titre pour les visiteurs a conclu ce samedi soir. Au final, le suspens n’aura pas duré.

C’est seulement après quelques secondes que Arturo Vidal a pu venir crucifier (1′) Manolo Reina d’un cabezazo très bien placé sur un centre millimétré de Jordi Alba. Le travail de Frenkie de Jong sur l’action du but est également à souligner. Mallorca ne baisse pas les bras, comme tout au long du match, et rétorque avec une frappe enroulée de Kubo à l’entrée de la surface mais sortie par les gants de Ter-Stegen (21′).

Avec idées mais sans organisation, les Bermellones perdent rapidement le ballon et encaissent un second but (37′), après plusieurs erreurs, inscrit par Martin Braithwaite d’une puissante reprise, son premier avec le Barça. Le Danois va obtenir une nouvelle occasion de but mais sortie du bout du pied par Manolo Reina (58′) alors que Ante Budimir avait tenté sa chance vers les cages blaugranas quelques minutes plus tôt (48′).

Mallorca 0 - Barcelona 4: resumen, resultado y goles - AS.com
De retour avec un nouveau look, Messi continue d’être demandé par les supporters… même à huis clos ! (crédit : AS)

A son tour, le jeune Ronald Araújo va venir inquiéter les cages majorquines en frappant sur le poteau sur un centre de Sergi Roberto (59′). Enfin, c’est Jordi Alba qui va venir crucifier Manolo Reina après un caviar de Messi en profondeur (78′) suivi d’un nouveau but de ce dernier (90+3′). Une victoire logique mais un score dur pour une équipe de Mallorca qui sera restée motivée et qui devra continuer son combat pour se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 22h)

Athletic Club 1-1 Atlético de Madrid : le nul qui n’arrange absolument personne

Attendu comme un véritable duel pour l’Europe, ce partidazo a finalement vu l’Athletic et l’Atlético se neutraliser logiquement en se répondant coup pour coup dans un San Mamés vide et, inhabituellement mais logiquement, muet.

Dominés pendant le premier quart d’heure du match dans ce premier match du dimanche, les Basques subissent dans un premier temps les offensives des Colchoneros. Après avoir alarmé les buts gardés par Unai Simón avec une frappe de Carrasco (12′), l’Atleti recule et concède deux occasions importantes dans le domaine aérien… toutes détournées par l’incroyable Jan Oblak. La première est signée Iñaki Williams (25′) sur un centre de Capa, et la seconde de Yeray après un bon ballon de Muniain (32′).

Avec ce gros temps fort, les Leones en profitent pour ouvrir la marque grâce à leur capitaine Iker Muniain, plaçant un extérieur subtil, aidé par Thomas Partey, sur une passe de Yuri Berchiche (36′). Mais la réplique des Colchoneros ne se fait pas attendre. Après une mauvaise relance de Yeray, Koke et Diego Costa se jouent de la défense basque pour venir remettre les compteurs à égalité (39′) et battre Unai Simón.

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Iker Muniain a célébré son but en hommage des personnes décédées du coronavirus (crédit : Deia)

La deuxième période sera, pour une fois, plus apaisée mais tout de même agitée sur la fin. Renan Lodi et Santiago Arias obligent en effet le dernier rempart de l’Athletic à venir réaliser un double arrêt (79′), premièrement sur le centre-tir enroulé du Brésilien, avant de sauver ses cages en se relevant rapidement pour faire barrage au Colombien de l’Atlético. A l’issue de la rencontre, c’est donc un match nul qui n’avantage ni les Lions pour la course à l’Europa League, ni les Colchoneros pour se qualifier en Champions League.

Résumé du match (14 juin 2020, 14h)

Real Madrid 3-1 SD Eibar : la qualité madrilène a surpassé l’envie basque

Attendu pour répondre à son rival barcelonais, qui avait déroulé la veille, le Real Madrid n’a pas déçu. Une victoire sans trembler au profit de la formation d’Eibar, dans une situation bien différente.

Comme à l’image du Barça, le club madrilène a voulu suivre le même début de match. A savoir une ouverture du score très tôt dans le match, ici grâce à Toni Kroos reprenant sans contrôle un ballon expédié directement dans la lucarne de Dmitrovic (3′). Un but cependant contesté pour une minime position de hors jeu de Karim Benzema, non signalée par l’arbitrage vidéo. Pourtant peu dangereux, le Real va surtout se montrer réaliste et inscrire le second but (30′) du match grâce à Sergio Ramos. Monté aux avants-postes, le capitaine Merengue n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets après le service d’Eden Hazard.

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Malgré leur envie forte de lutter, les Armeros ont craqué face à la force collective du Real (crédit : Libertad Digital)

L’addition va s’alourdir avec un troisième but, signé Marcelo, envoyant un ballon flottant, mal dégagé par la défense, dans le petit filet de Marko Dmitrović. Avant la mi-temps, le portier serbe va néanmoins réaliser un bel arrêt (45+2′) sur une reprise de Rodrygo. Le Real va ensuite lever le pied et Eibar va en profiter avec Edu Expósito obligeant Thibaut Courtois à s’employer magnifiquement bien à deux reprises (48′ et 56′). Dans la foulée, Sergi Enrich va même venir déposer un ballon sur la barre du portier belge (58′).

Juste après cela, Eibar va enfin trouver la faille et marquer (59′). C’est Pablo de Blasis qui s’exécute avec une reprise, déviée par le dos de Pedro Bigas, qui viendra tromper Thibaut Courtois sur qui la balle aura doucement rebondi. Après ça, plus grand chose n’empêchera Madrid de sceller le score de ce match et de poursuivre le Barça. Eibar se devra de rebondir vite pour son maintien.

Résumé du match (14 juin 2020, 19h30)

Real Sociedad 1-1 CA Osasuna : le coup d’arrêt txuri-urdin

Avec comme objectif de terminer quatrième pour voir la Champions League lors de la prochaine saison, la Real Sociedad a vu hier ses plans être compliqués par la très bonne équipe d’Osasuna. Tenaces et entreprenants, les Rojillos ont fait caler la Real dès la reprise.

Dans ce que l’on pourrait une surprise de la rentrée, ce sont les Txuri-Urdin qui vont se distinguer les premiers dans une rencontre presque ennuyeuse par moments. Aritz Elustondo récupère un ballon en profondeur de Portu à la suite d’un coup-franc mais bute sur le pied salvateur de Rubén Martínez (25′). Un instant plus tard, Robin Le Normand, fraîchement prolongé avec la Real, touche un centre de Adrián de la main et, par conséquent, concède un pénalty que l’auteur du centre transformera dans la lucarne de Remiro (29′).

Les joueurs de Jagoba Arrasate se montrent entreprenants et s’offrent une nouvelle occasion grâce à Marc Cardona (51′) qui récupère en vitesse un ballon mais qui vient mourir à quelques centimètres. Solide, la défense navarraise va commettre une erreur qui coûte chère, laissant Oyarzabal seul de tout marquage qui ne tremblera pas pour égaliser (60′) qui avait déjà vu une de ses tentatives stoppée par Rubén auparavant (54′).

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Osasuna ne sera pas passé loin d’une belle victoire (crédit : Navarra.com)

En fin de match, Osasuna va avoir trois grosses opportunités de passer devant au tableau d’affichage mais Remiro en sauvera une première (88′) alors que les deux autres ne passeront à rien des cages du gardien basque (90′ et 92′). Un nul qui fige les positions des deux équipes au classement.

Résumé du match (14 juin 2020, 22h)

La buena operación de la journée

Très certainement à mettre au profit de l’Espanyol de Barcelona, cette journée aura permis aux Pericos de revenir à seulement trois points du Celta, premier non-relégable. Avec les défaites de tous les concurrents directs (Leganés, Mallorca, Celta, Eibar), les Catalans font un coup parfait dans l’optique du maintien même s’ils occupent toujours la dernière place du classement.

Le golazo de la journée

Difficile de faire un choix mais c’est la frappe sensationnelle de Toni Kroos qui est très certainement le plus beau but de ce week-end. Limpide et sans contrôle, elle a vu le ballon venir se loger magnifiquement bien dans les cages des Armeros. La frappe de Timor reste, quant à elle, un chef d’oeuvre également.

Cette journée de reprise nous aura permis donc de reprendre contact avec le football espagnol et ses dernières journées qui s’annoncent toujours pleines d’incertitudes. Avec les résultats, on peut, peut-être, déjà penser que cette pause aura très certainement fait du bien physiquement et moralement, ou au contraire casser la dynamique, de certaines équipes du championnat. Ces dix rencontres sont aussi l’occasion d’avoir une vision plus tranchée du huis clos dans les stades, comblé en partie par le public et l’ambiance virtuels mis en place.

Titre, Europe, maintien : quels sont les enjeux de la fin de saison en Liga ?

Trois mois après s’être arrêté, le championnat espagnol va de nouveau reprendre pour la première et deuxième division. Ce sont des dernières journées aux enjeux multiples qui se présentent, du haut au bas du tableau. C’est le Gran Derbi, de Sevilla, un des matchs les plus beaux d’Espagne, qui va avoir l’honneur de rouvrir le bal et surtout de relancer les hostilités dans un ultime sprint final qui va nous tenir en haleine…

La grande question pour cette fin de saison se pose autour du titre de cette édition 2019/20. Le véritable mano à mano entre Catalans et Madrilènes va évidemment prendre une part importante dans cette fin de championnat. En même temps, c’est une véritable la lutte pour le maintien tandis que la course à l’Europe semble ouverte et est un motif d’espérance pour un bon nombre de clubs. Dans le fond du classement, c’est la situation de l’Espanyol qui préoccupe. Mais à côté, plusieurs équipes sont aussi dans le rouge sportivement et devront lutter coûte que coûte. Entre surprises pour les uns et véritables désillusions pour les autres, ces onze dernières journées du championnat espagnol vont nous faire vivre une course à rebondissements. Le tout en 36 jours… et à huis clos.

Bataille pour le titre : un combat féroce à distance

C’est donc la grande inconnue de cette fin de saison en Espagne. Barça ou Real ? Les médias hispaniques donnent à leur tour leurs pronostics sur le futur champion de cet exercice si particulier. A l’heure actuelle, les blaugranas comptent deux points d’avance sur leur rival historique. Une petite avance qu’ils ont pu reprendre lors de la 27e journée, la dernière avant l’arrêt provisoire du championnat, après leur victoire difficile contre la Real Sociedad et en profitant aussi de la défaite madrilène contre le Betis.

Bétis Séville-Real Madrid (2-1) - Le Real n'enchaîne pas après le ...
Le 8 mars dernier, Sidnei et Tello offraient un succès de prestige au Betis en battant les hommes de Zidane (crédit : Goal.com)

Rappelons qu’une semaine plus tôt, c’était les Madrilènes qui avaient chiper une énième fois le leadership au FC Barcelona grâce à l’importante victoire lors du Clásico, deux buts à zéro, au Bernabéu. Mais la joie des Merengues a été de courte durée si bien qu’aujourd’hui le combat est le même : reprendre définitivement le trône et le garder jusqu’à la fin.

La Casa Blanca veut également mettre un terme aux deux derniers championnats remportés par le club catalan et soulever le trophée que la capitale n’a plus vu depuis 2017. Madrid va devoir pour cela améliorer son rendement offensif, qui a été un problème récurrent et visible dans certains de ses matchs. Autrement, le club peut toujours espérer s’appuyer sur une solide et hermétique défense qui n’a concédé que seize buts cette saison en championnat. Une arme redoutable pour les coéquipiers de Sergio Ramos.

De l’autre côté, c’est le géant barcelonais qui se dresse. Evidemment, et sans surprise, le danger est et sera toujours Leo Messi. Plus besoin de le décrire. Sur le plan de l’attaque, le Barça se porte très bien cette saison. Les hommes de Setién comptent avec eux le retour de Luis Suárez, qui s’est remis de sa blessure.

El Clásico: Real Madrid beats Barcelona on Vinícius Jr goal
Vinícius inscrivant la première des deux réalisations madrilènes dans le plus médiatisé des chocs du monde (crédit : YahooSports)

A l’inverse de son concurrent direct, le Barça connait des difficultés défensives cette saison. Malgré les multiples exploits de Ter Stegen devant ses cages, la ligne de défense a souvent été auteure de performances décevantes. C’est souvent la charnière centrale, composée de Lenglet et Gerard Piqué, qui est pointée du doigt même si les erreurs venant des couloirs sont aussi soulignées. Avec 31 buts encaissés en 27 rencontres de Liga, les Catalans font assurément une de leur moins bonnes prestations sur ces dernières années.

Néanmoins, l’essentiel est là avec cette première place. Dans ce jeu du chat et de la souris, le Barça aura pour but de conserver sa première place et remporter une nouvelle fois le championnat. Le décor est planté, l’enjeu est donc de taille. Le Clásico se jouera donc sur onze journées… mais à distance !

Messi and VAR hand Barca victory over Sociedad - Reuters
Avant la pause, le Barça avait souffert et s’en était remis à son génie pour signer un court succès contre la Real Sociedad (crédit : Reuters.UK)

Course à l’Europe : l’incroyable méli-mélo des clubs

Entre la Champions League et l’Europa League, les clubs les mieux placés, et même certains plus en retrait, s’arrachent les places de qualification pour les compétitions continentales. Quelques uns rêvent de revivre de grandes soirées en semaine quand d’autres veulent tout simplement continuer d’affirmer leur statut de cador. A chaque journée, le classement se bouscule et donne l’impression qu’une équipe, qui paraissait outsider auparavant, devient sérieuse candidate à l’Europe. Un vrai méli-mélo…

La course à la Champions League

Sur les quatre places pour la Champions League, Barcelone et Madrid devraient en toute logique s’accaparer les deux premières. La bataille intéressante va surtout concerner les deux restantes. En tant que protagonistes, on retrouve le Sevilla FC de Lopetegui, qui semble sur le bon chemin pour retrouver la C1, la surprenante Real Sociedad, le Getafe CF, en cinquième place, et l’Atlético de Madrid juste derrière.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Légèrement plus en retrait, le Valencia CF devra se battre pour batailler en Champions League. Pour les autres, derrière, même si aucune option n’est à exclure, l’obtention d’un billet pour la plus prestigieuse des coupes européennes semble peu probable.

Dans ce noyau de six, il y a des interrogations. Solide depuis de très longs mois, les Andalous vont-ils tenir ? La Real Sociedad ne va t’elle pas craquer sur la fin ? Après la qualification en Europa League, est-ce vraiment possible de voir Getafe en C1 ? Enfin, l’Atlético peut-il vraiment ne pas être dans le top 4 alors que le club y est régulièrement depuis des années ?

Du point de vue de l’effectif, c’est l’Atlético qui est évidemment au dessus du reste. Mais pourtant, sur le terrain, ce n’est pas si simple et la difficulté, notamment offensive, des Colchoneros se fait ressentir après avoir renouvelé une partie importante de l’effectif l’été dernier. Néanmoins, tout reste encore jouable.

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Qualifié pour les quarts de LDC, l’Atleti est en difficulté sur le plan national (crédit : Jovem Pan)

La Real Sociedad fait une saison particulièrement surprenante, avec de très bons résultats. Avec un effectif notable, les Basques peuvent rêver de terminer en place pour Champions League, et même de finir sur le podium. L’objectif récemment clamé par la direction sportive. L’animation offensive est un véritable régal à Donostia, visible dans la connexion entre Mikel Oyarzabal et Martin Odegaard. Le milieu de terrain est aussi un facteur notable participant aux nombreux succès de la Real.

En Andalousie, retrouver la C1 fait rêver. Une compétition que l’équipe de Julen Lopetegui n’a plus connu depuis deux saisons. Logés à la troisième place, les coéquipiers du scintillant Lucas Ocampos partent favoris pour conserver leur troisième position. Toutefois, les places sont chères et la bataille est rude. Le Sevilla FC possède une défense qui se tient bien et une attaque pas des plus efficaces mais régulière.

A égalité de points avec la Real Sociedad, Getafe ne doit pas être oublié. Les Azulones confirment leur statut après avoir manqué de très peu une qualification pour la C1 à l’issue de la saison passée. Cette année, beaucoup de conditions sont réunies et le club reste bien classé mais avec une qualité d’effectif inférieure à celle des autres protagonistes. Cependant, cette équipe a tellement créé la surprise qu’il ne faut rien négliger. Pas même une qualification en Champions League pour un club qui, il y a encore trois ans, évoluait en Segunda.

Getafe tear Valencia apart and rip up the cliches as they climb ...
A 38 ans, Jorge Molina reste un joueur moteur de l’attaque de Getafe (crédit : The Guardian)

La course à l’Europa League

Concernant l’Europa League, les équipes qui y seront semble déjà plus annoncées mais on sent également qu’une équipe de derrière peut arriver à tout moment en position pour la C3. Là encore, c’est un sprint final sans relâche qui s’annonce.

En faisant un point sur le classement, ce sont provisoirement, comme dit précédemment, Getafe et l’Atlético qui sont en position pour disputer l’EL. En raison de l’absence de finale de Copa Del Rey cette année, pouvant envoyer son vainqueur en C3, la 7e place sera synonyme de tours préliminaires. Elle est occupée par le club Ché.

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Le trio mentionné précédemment, toujours en lice pour jouer la C1, part donc avec une longueur d’avance. Plus en retrait, la bataille se fera aussi entre trois belles équipes : Villarreal, Granada et l’Athletic.

Pour le sous-marin jaune, ce sont quatre points qui les séparent de leur rival valencien. De même pour le club andalou de Granada alors que l’Athletic Club compte cinq unités de retard. Rien d’insurmontable jusque là mais pour espérer atteindre l’Europa League, il faudra remporter les matchs décisifs des prochaines semaines. Cela passe par tuer les matchs bien plus tôt, un défaut qui a coûté, à plusieurs reprises, la victoire à la formation de Javi Calleja cette saison.

Régulièrement habitués à évoluer en Europe, l’Athletic et Villarreal n’y sont pas cette saison et veulent y retourner. Un objectif parfaitement cohérent au vu du riche effectif que possède les deux formations. Rater le coche serait évidemment une déception, mais avec la folie que ces deux équipes peuvent mettre sur le terrain, rien n’est infaisable.

De son côté, El Grana, promu de Segunda, n’a rien à perdre. Déjà demi-finaliste de Copa, les hommes de Diego Martínez tenteront d’aller chercher l’Europe pour le bonheur de leurs formidables supporters.

Villarreal 0-0 Athletic: Villarreal y Athletic firman la paz y no ...
Villarreal et l’Athletic, deux équipes attendues au tournant dans la course à l’Europe (crédit : El Español)

En revanche, la lutte pour l’Europe ne devrait pas concerner d’autres équipes en dehors du top 10. Osasuna, le Betis, Levante et Alavés possèdent un train de retard sur les places européennes et font souvent preuve d’irrégularité. Mais là encore, étant donné que nous n’avons aucune idée de ce à quoi il faut s’attendre après trois mois sans match, rien n’est irréalisable.

Lutte pour le maintien : entre peur et espoir

Enfin, pour le troisième et dernier échelon majeur de ce classement, c’est la lutte pour le maintien qui va attirer notre attention. Dans ces affrontements pour se maintenir dans l’élite, personne n’a vraiment pris d’ascendant sur les autres. De la décevante saison de l’Espanyol à celle en montagne russe du Real Valladolid, l’incertitude règne et terrifie.

A la première vue de ce classement, ce sont six équipes qui semblent être embarquées dans un objectif commun qui est celui de se maintenir. Seulement trois d’entre elles se sauveront. Pour les équipes du ventre mou, évoquées avant, rien n’empêche de les voir aussi se mêler à cette lutte.

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Même si le Real Valladolid semble légèrement plus en avance sur ses autres adversaires direct, la situation n’y est pas forcément très rassurante. En championnat, en 2020, la formation Pucela n’a battu que l’Espanyol et Mallorca. Des victoires contre des concurrents directs certes, mais seulement deux succès. Le club comptait six unités sur le premier relégable à la mi-saison, plus que quatre à l’heure actuelle. Pour l’équipe de Ronaldo, il va vite falloir reprendre le bon chemin, celui du maintien. Rencontre décisive dès ce week-end face à Leganés !

Pour Eibar, la tâche sera également très difficile. Les Armeros ont perdu des confrontations directes extrêmement cruciales et avancent aussi au ralenti avec, là encore, uniquement deux succès. Cependant, il y a de l’espoir dans un effectif qui peut s’enflammer et renverser un match. Les deux victoires de la phase retour du championnat étaient remarquables : une victoire 2-0 contre l’Atlético, et un triomphe de prestige, 3-0, contre Levante. Des matchs qui montrent bien que cette équipe sait se surpasser mais pour qui le public manquera cruellement.

Eibar v Atlético Madrid Match Report, 18/01/2020, Primera División ...
Au terme d’une performance sensationnelle, les Basques avaient vaincu les Colchoneros en janvier dernier (crédit : Goal.com)

La mauvaise surprise c’est la présence du Celta de Vigo, à la 17e place de ce classement. Après leur dernière saison compliquée et un maintien obtenu dans les derniers matchs, les Galiciens sont encore à la peine. Cependant, les Celtistas restaient sur de très bonnes performances avant l’arrêt des compétitions avec seulement un revers en Liga, en 2020 ! Généralement convaincante à domicile et capable de sortir une belle performance à l’extérieur, l’équipe d’Óscar García sera peut-être chamboulée par le huis-clos. Avec un effectif de cette qualité, le Celta peut et doit se maintenir. Pour cela, le club peut espèrer compter sur son héros Iago Aspas…

Dans la zone rouge, la situation évolue assez peu depuis quelques temps, mais l’écart ne s’agrandit pas. Le RCD Mallorca occupe la place de premier relégable mais ne reste qu’à deux points de la 16e place. Le club peut donc surgir à tout moment et sortir de cette zone de relégation, même dans les ultimes journées. Le tout est de pouvoir garder le contact et de maintenir l’écart avec les équipes de devant.

Celta: Primer gol de Iago Aspas al Mallorca | Marca.com
Souffrir avant de pouvoir exulter, l’enjeu du maintien (crédit : Marca)

Avant-dernier mais plein d’espoir, et probablement l’équipe avec le plus d’envie sur le terrain pour le maintien, le CD Leganés. Les Pepineros connaissent une saison compliquée sur le plan sportif mais s’accrochent tant bien que mal. Ce qui est fort dans cette équipe, c’est le mental qu’elle a pour se relever d’une défaite, d’une mauvaise série. Un mental d’acier qui laisse penser que, après avoir renversé des matchs comme celui contre Villarreal (avant l’arrêt de la Liga, NDLR), le maintien ne sera pas si dur à aller chercher. Pourtant, il y a d’autres adversaires qui luttent aussi et une réalité sportive à respecter, mais cette équipe n’a pas à baisser les bras.

Enfin, pour conclure avec la lanterne rouge de notre championnat : l’Espanyol. Un des clubs historiques les plus importants de l’histoire du football espagnol, est au bord du précipice. Avec vingt points, le club catalan réalise un exercice laborieux malgré son effectif plus que correct. Des joueurs de talent mais qui ne répondent pas sur le terrain, qui ne trouvent pas le point concordant pour triompher collectivement. Devant, R.D.T. fait le travail mais pour combien de temps encore ?

UEFA Europa League on Twitter: "Raúl de Tomás has 3 goals in 3 ...
Joueur important au Rayo, où il était prêté la saison dernière, Raúl de Tomás avait enchaîné les buts mais n’avait pas pu éviter la relégation du club madrilène…

Le joueur, auteur du transfert le plus cher de l’histoire de l’Espanyol ne peut pas empêcher les prestations défensives catastrophiques qui sont le gros problème de cette équipe. Cette dernière place au classement se justifie également par les problèmes offensifs que l’Espanyol a connu durant toute la première partie de saison, avant l’arrivée de R.D.T.

A six unités du premier non-relégable, les Pericos tremblent et savent qu’obtenir leur maintien pourrait être un moment historique de l’histoire du club. Rien d’impossible, non, mais surtout quelque chose d’extrêmement ardu.

En Segunda : le flou tout aussi présent

Du côté de la Segunda, les lignes se dessinent également petit à petit mais avec douceur et lenteur. Le Cádiz CF va très certainement obtenir un ticket direct pour la promotion en Primera et pourquoi pas décrocher le titre. Le Real Zaragoza est également en embuscade.

Retrouver l’intégralité du classement ici !

Pour les barrages de promotion, ce sont énormément d’équipes qui sont impliquées en plus de celles visibles sur ce classement. Numancia, 16e, compte 38 points et a encore plusieurs raisons de croire à disputer le maintien en étant à seulement huit points d’Elche, et même quatre de Mirandés.

Cependant, toutes ses équipes de milieu de tableau, comme la SD Ponferradina (10e et non visible sur les captures d’écran, NDLR) doivent faire aussi attention à leurs arrières. Effectivement, la zone de relégation n’est pas si loin et donne encore une touche de suspens à cette fin de saison.

Sportivement, Extremadura et le Racing sont en difficulté et ont visiblement peu de chances de se maintenir même si mathématiquement rien n’est acté. Le Dépor, club historique, est dans le rouge aussi et se doit de se rattraper au plus vite alors que le Albacete BP, tout proche d’être promu en Primera l’an dernier, joue plutôt dans les dernières places du tableau cette saison. A tous les étages, cette édition de Segunda est aussi un vrai feuilleton dont le scénario final est bien loin d’être écrit !

Ce qui est sûr, au delà de l’incertitude totale du classement final, c’est que la date du 11 juin 2020 restera assurément gravée dans l’histoire du football espagnol. Avec l’enchaînement des matchs et la chaleur, les clubs devront aussi composer avec le terrible huis clos. Ces trois circonstances combinées à des matchs qui seront cruciaux pour débloquer la situation au classement, ce sprint final va être une bataille acharnée et sans relâche mais où les joueurs vont s’arracher et souffrir. A la fin juillet, le verdict final aura été rendu avec, qui sait, peut-être d’énormes surprises…

Aduriz, une étoile s’éteint dans le ciel basque

« Le moment est venu de se dire au revoir et c’est la fin de ce voyage, inoubliable et merveilleux du début à la fin », tels étaient les derniers mots d’Aritz Aduriz. Le mercredi 20 mai, dans un message poignant, le mythique attaquant de l’Athletic Club annonce qu’il raccroche les crampons et qu’il ne terminera pas une saison qui se prolongera jusqu’au milieu de l’été.

Parti mais revenu, Aritz Aduriz n’aura jamais pu vraiment quitter sa maison. C’est après pas moins de quatorze ans passés chez les Leones que l’avant-centre, natif de San Sebastian, a décidé de tirer sa révérence, laissant ses admirateurs dans le plus grand des regrets. Son aventure, tout au long de sa carrière, n’aura pas été toute rose mais elle aura eu le mérite de s’achever sur une note symbolique. Vu comme un dieu vivant à San Mamés, Aduriz a également vécu des moments sous les maillots de Burgos, Valladolid, Mallorca, Valencia en revenant à plusieurs reprises sur les traces de ses débuts. Des retours réguliers à l’Athletic peut-être synonymes d’une envie profonde de finir par s’y imposer. Retour sur la carrière surprenante et atypique d’un attaquant admiré et respecté.

Aduriz inscrivait en août dernier son dernier but avec l’Athletic, une chilena à jamais gravée dans l’Histoire… (crédit : Depor)

« Globe-trotter » mais avec une âme bilbaína

Aritz Aduriz débute son parcours de footballeur à l’âge de 19 ans, au CD Aurrerá de Vitoria, dans la ville de Vitoria-Gasteiz, ville connue pour le club de foot qui y réside, Alavés. Dans une famille où le ski de fond est un sport régulièrement pratiqué, le football n’a pas tellement la côte. Pourtant, c’est la passion d’Aduriz. Il intégrera le Bilbao Athletic (équipe B de l’Athletic, NDLR) en 2002 avec quelques rares apparitions en équipe première.

Aritz Aduriz, avec le Bilbao Athletic, en 2000 (crédit : Mundo Deportivo)

En 2003, alors âgé de 22 ans, le Basque s’envole pour Burgos où il y réalise une saison correcte. Du côté du Real Valladolid lors de l’exercice suivant, alors en deuxième division, Aduriz prend de l’importance et s’affirme à son poste d’avant-centre. De retour, en 2006, dans le club où il écrira l’histoire dans le futur, le Donostiarra effectuera des premiers matchs satisfaisants, notamment en inscrivant un doublé dans un derby, avant de passer dans l’ombre de Fernando Llorente.

Attristé par le manque de confiance de sa direction, Aritz Aduriz est transféré à Mallorca pour la somme de six millions d’euros. Il y fait des prestations remarquables et se hisse dans les premières places du classement des buteurs. Le tout avant de poser ses valises à Valencia. Là-bas, il ne s’imposera jamais réellement en voyant que Roberto Soldado lui est préféré. En 2012, après avoir sillonné quelques endroits de l’Espagne, l’Athletic décide alors de repêcher l’attaquant. Un transfert critiqué et surprenant à l’époque mais encensé, voire même adulé, à l’heure où cet article est rédigé…

Aduriz et Jordi Alba, dans une équipe différente aujourd’hui, les deux hommes entretiennent une bonne relation (crédit : Zimbio)

Un symbole du football espagnol qui brise la normalité

Dans le monde du football actuel, Aduriz porte un peu cette image de contre-exemple de ce qu’est la normalité pour un joueur offensif. Et cela s’explique par ce cliché de la vieillesse et de l’âge qu’il a su briser. En effet, c’est après avoir passé la trentaine que le Zorro s’est révélé être une véritable machine pouvant atteindre plusieurs records. Une leçon notable dans une société footballistique où les regards se figent de plus en plus sur la jeunesse et ses talents, laissant parfois de côté des joueurs expérimentés qui regorgent encore de véritables qualités.

Après avoir donc été longtemps dans des situations instables, Aduriz a fait ses preuves à l’Athletic et enchaîne les bonnes performances. Au delà de ses frappes et de sa finition redoutées, c’est surtout le jeu de tête qu’il laisse émerger qui est tout simplement exceptionnel. Aritz Aduriz est d’ailleurs le deuxième joueur ayant marqué le plus de buts de la tête, 34, sur les dix dernières saisons de Liga derrière Cristiano Ronaldo et ses 49 unités.

Derrière les deux monstres que sont Messi et l’ex-Madrilène, il est difficile de se faire une place. Cependant, l’attaquant des Lions parviendra à glaner en 2015 et 2016, probablement les meilleurs moments de sa carrière, le trophée Zarra (trophée qui récompense le meilleur buteur espagnol du championnat, NDLR).

Un véritable cabezazo, face au Real, signé Aritz Aduriz ! (crédit : LaLiga)

Au fil des saisons, Aduriz cartonne et fait peur aux défenses de Liga malgré, ou plutôt grâce à son âge, à tel point qu’on le comparera régulièrement au bon vin qui se bonifie avec temps. Ou même parfois, plus surprenant, il est comparé à Benjamin Button. Le personnage principal d’un film qui naît vieux, à 80 ans, et vit sa vie à l’envers.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de la saison 2012/13 à 2016/17, il ne redescendra jamais en dessous de la barre des quatorze buts en championnat, atteignant même les vingt unités en 2016.

Des performances qui lui vaudront une reconnaissance infinie au sein de son club de cœur mais aussi dans l’ensemble de l’Espagne. En effet, en mettant un terme à sa carrière, Aduriz termine ainsi second meilleur buteur espagnol de Liga au 21e siècle avec 158 buts. Il est devancé par David Villa et ses 186 réalisations. C’est aussi le sixième meilleur buteur de Primera sur la dernière décennie.

Aritz Aduriz aura marqué contre 35 équipes différentes en Liga (janvier 2018) (crédit : Marca)

Un des moments où Aritz Aduriz a, sans doute, beaucoup fait parler de lui, c’était au moment de la SuperCopa de 2015, remportée par l’Athletic. En plus d’avoir ramené un trophée au club, le premier du siècle, il avait également signé un triplé au match aller, à San Mamés, et inscrit un but au retour, au Camp Nou !

Un trophée qu’il estime avoir mieux valorisé au fil du temps, se rendant compte de l’importance qu’il a eu auprès des supporters. Probablement, aussi, un des moments dans lequel il a prouvé que l’âge ne le freinait en aucun cas.

« Si on écrivait une histoire, un tel scénario serait impossible. Pour nous, pour tout ce que cela suppose pour l’Athletic le fait de gagner un titre, c’est la plus grande chose qui puisse arriver, surtout face au Barça »

Les déclarations d’Aritz Aduriz, à l’issue de la double confrontation
La SuperCopa, le premier et unique titre d’Aduriz dans sa carrière (crédit : Cadena SER)

Mais si Aduriz sait briller sur la scène nationale, il n’a pas de mal à le faire à l’échelle européenne. En mémoire, vous avez probablement son but contre Marseille : une superbe reprise lobée, à 35 mètres des cages, qui venait battre Steve Mandanda. Encore un but pour démontrer à quel point le goleador de l’Athletic pouvait frapper fort et à n’importe quel moment.

L’Europa League ? C’était probablement la compétition qu’Aduriz aimait le plus. En 49 matchs, il aura inscrit pas moins de 31 buts, le classant ainsi comme le troisième meilleur buteur de l’histoire de cette coupe, à égalité avec Radamel Falcao. Et puis en parlant de performances sensationnelles, Aritz Aduriz est aussi le seul joueur du format actuel à avoir inscrit un quintuplé en Europa League. C’était le 3 novembre 2016, face à Genk, et en images ça donne ça…

Un autre moment phare de la longue carrière d’Aduriz est celui de la qualification en Champions League, la deuxième du club depuis son existence. Lors de la saison 2014/15, l’Athletic parvient à se qualifier pour la phase de groupes de la plus prestigieuse des compétitions en éliminant le Napoli en barrages. Après avoir concédé le nul 1-1 en Italie, les Basques s’imposeront 3-1 au retour, notamment grâce à un doublé de l’attaquant mythique du club. Un match de plus pour écrire des nouvelles lignes de l’histoire de l’équipe rojiblanca.

Ses prestations remarquables en Europe auront largement contribué à augmenter son compteur de buts avec l’Athletic. Aujourd’hui, à l’heure des comptes, en 407 matchs officiels chez les Leones, Aritz Aduriz aura propulsé le ballon à 172 reprises au fond des filets. Une statistique qui fait de lui le septième meilleur buteur de l’histoire de la formation bilbaína.

Une de ses victimes favorites restera Ter-Stegen, un des gardiens contre lequel l’attaquant basque a le plus marqué… lui laissant quelques mauvais souvenirs !

Enfin, Aritz Aduriz a également porté à quelques reprises les couleurs de la Roja. C’est en octobre 2010 qu’il honore sa première sélection, face à la Lituanie, dans un match de qualification à l’Euro 2012. Sa première réalisation avec la sélection espagnole interviendra en novembre 2016. Alors âgé de 35 ans, il devient, et est toujours, le joueur le plus âgé à avoir marqué un but pour la Selección. Le joueur qui a crucifié pas moins de 91 gardiens différents dans sa carrière a aussi disputé une douzaine de matchs avec l’Euskal Selekzioa.

20 buts d’Aritz Aduriz avec le maillot de l’Athletic (crédit : Athletic Club)

Vous l’aurez donc compris, en plus d’être un attaquant redouté des défenses, Aritz Aduriz a aussi inscrit son nom dans l’histoire de l’Athletic, faisant de lui une légende. Notons d’ailleurs qu’il est le seul joueur du club à avoir réussi à marquer deux buts ou plus dans cinq compétitions différentes (Liga, Copa, SuperCopa, Champions League et Ligue Europa).

Un rêve inachevé

Jouer la finale de Coupe du Roi, voire même la gagner, était évidemment important aux yeux d’Aduriz. Mais en se retirant maintenant, El Zorro del Athletic manque surtout les adieux du publics de San Mamés en tant que joueur. Un rêve sur lequel, lui et les supporters doivent faire une croix. Puisque oui, brusquement, tout s’est arrêté.

Le 9 août 2019, Aritz Aduriz avait déclaré qu’il prendrait sa retraite, à l’issue de l’actuelle saison. Une semaine après cette annonce, l’avant centre zuri-gorriak venait crucifier le FC Barcelona dans les ultimes minutes de la rencontre, quelques secondes seulement après être entré en jeu sous une ovation de San Mamés. Le match d’ouverture de cette saison 2019/20 semblait déjà annoncer la couleur pour un footballeur qui n’en finissait décidément plus de surprendre.

Un dernier but digne d’une oeuvre d’art qui laissera un souvenir indélébile du joueur.
Finir sa carrière sur une telle réalisation, signe du destin ou pur hasard ? (crédit : LaLiga)

Mais dans l’après-midi du mercredi 20 mai, Aritz Aduriz publie un communiqué annonçant qu’il raccroche les crampons. Une triste nouvelle précipitée par une opération à la hanche et l’implantation d’une prothèse. En effet, victime d’une blessure à cette partie du corps en novembre dernier, et absent jusqu’en février, Aritz Aduriz avait déjà confié qu’il souffrait et que cette lésion resterait peut-être à vie.

Finalement, ce qui pouvait s’imaginer comme une dernière saison exceptionnelle, sous des cérémonies de remerciements chaleureuses, va presque virer au cauchemar du point de vue des supporters. On peut quand même logiquement supposer qu’un hommage lui sera rendu quand les aficionados viendront repeupler les stades.

Mais pour Aduriz, sa retraite n’est rien en comparaison de la crise mondiale actuelle. Lui qui avait récemment déclaré, au début du confinement en Espagne, qu’il fallait apprendre à redonner la juste valeur aux choses et qu’il fallait relativiser sur certains points. Finalement, peut-être que tout cela n’est pas si grave même si, évidemment, il regrette d’être parti de cette façon.

« Il est clair que j’aurais aimé dire adieu au football en gagnant la finale de Coupe du Roi contre la Real Sociedad, mais je n’ai pas regrets. Je ne peux pas me plaindre alors que des gens meurent et sont malades à cause de ce virus. Avec le coronavirus, le football a cessé d’être important. Et c’est normal. »

Aritz Aduriz dans une interview pour SoFoot
Samedi 22 mai, à San Mamés, Aduriz est applaudi par ses coéquipiers avant de répondre aux questions des journalistes dans un stade bien vide (crédit : Athletic Club)

Cette blessure à la hanche n’était peut-être pas anodine. Contraint de s’arrêter plusieurs mois à cause de cette dernière, elle lui a aussi rappelé qu’il était temps de s’arrêter, que son corps avait donné le maximum pour qu’il lutte, qu’il reste au niveau. Mais maintenant, il fallait mettre un terme à tout cela et Aduriz l’a très certainement compris quand il a choisi d’écouter ce que lui disait son corps.

Après tout, il n’avait pas tellement de choix même si la rumeur d’une éventuelle prolongation jusqu’en 2021 se murmurait ces dernières semaines. Aduriz a fait ce choix qui, au fond, est compréhensible malgré la tristesse qu’il a provoqué. Il abandonne à côté de lui toute une équipe, même une famille, des fans, des amis, un stade, des adversaires, une saison qui tenait encore beaucoup de suspens. Il abandonne ce qu’est réellement le football.

Toute la fierté d’un joueur avec l’âme d’un lion quitte le monde du football (crédit : Fandom)

Un véritable exemple, comme le disent certains joueurs, sur le terrain comme en dehors. Toutes ses marques de respect et d’humilité ainsi que son envie permanente de se battre et de mouiller le maillot laisseront de lui un souvenir inoubliable dans les mémoires d’une très grande partie des fans du football espagnol.

Lui qui estime avoir eu la chance d’avoir pu faire ce dont il avait envie, jouer dans son club de cœur, et qui pense que les premiers hommages qui lui ont été rendus sont plus que ce qu’il méritait. Lors de sa conférence de presse d’adieux à San Mamés, on a senti tout le plaisir, tout l’amour qu’il avait eu avec le maillot de l’Athletic, et plus généralement, dans l’ensemble de sa carrière. En remerciant toutes les personnes qui l’ont aidées à en venir à là, en s’excusant auprès des adversaires avec lesquels il n’a pas été toujours correct, Aritz Aduriz se retire mais ne perd pas le sourire, s’estimant déjà chanceux d’avoir pu faire du football son métier.

C’est donc une page, même plus que ça, un chapitre, qui se tourne dans l’histoire de l’Athletic avec le départ d’un tel élément. Combatif et solide, Aritz Aduriz renvoie aujourd’hui une image d’un joueur qui va dans le sens inverse de la grande majorité des attaquants. L’âge aura même été un tremplin dans sa longue carrière. Une carrière composée de moments magnifiques comme difficiles mais dans laquelle il a pris du plaisir. Pour lui, ce n’était ni le succès, ni les trophées et encore moins l’argent qui comptaient. Ses valeurs étaient bien différentes et simples. L’humilité, le respect, la santé, la gratitude et la gaieté de pouvoir faire au quotidien ce qu’il aimait par dessus tout : jouer au football. C’était ça qui l’importait le plus. Le monde du football perd plus qu’un joueur, il perd un homme passionné et ses valeurs qui, aujourd’hui, semblent s’oublier bien trop facilement.

Eskerrik asko Aritz…