Bilan de saison 2019/20 – Getafe CF

La magie du football réside dans les rêves que vivent les passionnés lorsque leur équipe gagne. Chaque supporter a déjà vécu cette sensation devant les performances de son équipe préférée. À Getafe, cette illusion a accompagné le groupe de Bordalás et ses aficionados la saison dernière. Elle s’est prolongé cette année jusqu’à ce que le coronavirus ne vienne leur faire tomber de leur nuage. Le club madrilène est sorti des places européennes dans le sprint final de cette saison atypique, mais continue de rêver d’un autre exploit en Ligue Europa.

Le Getafe CF a réalisé un parcours quasi similaire que la Real Sociedad que nous avons analysé récemment. Tandis que les Basques sortaient le masque à oxygène pour se sauver du naufrage, les Madrilènes, eux, se sont noyés dans LaLiga post-covid. Colocataires des places nobles du classement jusqu’à la suspension du championnat, les Getafenses ont raté le train du déconfinement. Pourtant, ils nous avaient laissé l’eau à la bouche lors de la double confrontation réussie en seizième de finale de la C3 contre l’Ajax, mais la dynamique a été brisée par la longue pause que la pandémie nous a imposée. Il n’y aura pas de Coupe d’Europe pour les azulónes la saison prochaine, du moins via le championnat. Toutefois, cette fin désastreuse n’efface pas le travail que le groupe de Bordalas a réalisé tout au long de ce parcours qui n’a pas connu le même succès que la précédente.

L’ADN d’une équipe

Depuis l’arrivée du technicien d’Alicante sur le banc du Geta, les matchs au Coliseum Alfonso Pérez sont loin d’être une partie de plaisir pour n’importe quel adversaire. Ce petit stade de 13 000 places situé dans la banlieue de Madrid est devenu un champ de mines soigneusement aménagé par José Bordalás. Un piège qui invite le onze adverse au suicide collectif. Noyer le rival avec des lignes de passes directes et des mouvements forcés est la particularité de cette équipe qui a fait sensation en Liga la saison dernière.

José Bordalas, entraîneur du Getafe CF.
Architecte du retour de Getafe parmi les acteurs principaux de LaLiga, Bordalas a façonné son équipe dans une style de jeu efficace à tous les niveaux. (Crédit : Bleache Report)

Néanmoins, le Getafe CF est loin d’être une anomalie. Au contraire, il a été le fruit d’un travail entamé depuis son séjour en deuxième division et qui l’a ramené dans l’élite du football espagnol en 2017. Un travail de confiance entre Bordalás et ses joueurs, imprégné d’une philosophie de jeu qui a reçu des critiques acerbes à cause de sa rugosité et de son manque de spectacle.

Une confiance qui a fait la force de cette équipe l’année dernière et tout au long de l’exercice qui vient de se clôturer et qu’on a notamment vu en Ligue Europa. Mais dans la phase la plus délicate et la plus compliquée de la saison, Bordalás l’a quelque peu rompue.

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Toutefois, nous ne pouvons pas occulter l’atmosphère dans lequel LaLiga a rendu son verdict. Des matchs tous les trois jours, l’anxiété de la crise sanitaire et des rencontres à huis clos. Tout un environnement qui faisait de chaque match était un défi physique et mental. Les équipes les mieux armés dans ces domaines ont terminé leur campagne dans la joie et les autres ont parfois compté sur la chance. Mais la chance ne sourit pas à tout le monde en même temps et Getafe n’aura pas connu une issue heureuse.

Une confirmation qui n’aura pas abouti

Avec un projet déjà consolidé en Liga, Getafe a entamé la saison avec enthousiasme mais aussi avec la pression de la lourde tâche de confirmer les performances de la campagne précédente. De ce fait, la direction sportive a misé sur la continuité. Hormis le départ du Japonais Gaku Shibasaki au Depor, elle a réussi à retenir les deux joueurs qui, probablement, ont été les plus importants de la réussite de la saison dernière : le robuste défenseur central Djené Dakonam et le meilleur buteur de l’équipe, Jaime Mata (onze buts et quatre passes décisives cette saison, NDLR).

Jaime Mata, l'une des pièces maîtresses de l'équipe azulona
Ses 14 buts de la saison dernière et ses belles performances lui ont ouvert les portes de la Roja, Jaime Mata a tardivement connu le haut niveau, mais a été un joueur essentiel dans l’écosystème azulón (Crédit : ESPN)

Maintenir ce qui a fonctionné et l’améliorer avec des pièces très intéressantes qui, à priori, se marient parfaitement, d’où le recrutement de Marc Cucurella. Le Catalan avait réalisé une année spectaculaire à Ipurua et est arrivé dans un système qui lui demandait les mêmes exigences dans un positionnement plus avancé. Une performance qu’il a répétée sans failles. 

Le Barcelonais, en compagnie de Xabi Etxeita, Allan Nyom, David Timor, Enric Gallego ou encore Fayçal Fajr, est venu renforcer l’ossature déjà bien consolidée par des joueurs expérimentés comme Leandro Cabrera, Vitorino Antunes, Jorge Molina, Nemanja Maksimovic ou encore le gardien de but David Soria. Un cocktail intéressant entre vétérans et une jeunesse qui a déjà de la bouteille.

Le recrutement de Marc Cucurella a été une réussite pour Getafe
L’arrivée de Junior Firpo au Barça ont éteint les chances de ce produit de la Masia d’évoluer sous les couleurs azulgrana cette saison, mais l’expérience à Getafe est pour le moment une réussite pour cette tignasse qui rappelle un certain Carles Puyol. (Crédit : Tribuna)

Un mélange qui a de nouveau bercé d’illusions la population de la banlieue sud de Madrid qui, à la suspension du championnat au mois de mars, avait déjà célébré treize victoires, trois de moins que le Real Madrid par exemple. Bordalás connaissait mieux que quiconque ses forces et ses faiblesses. Le Geta ne laissait quasiment jamais passer sa chance contre des équipes du même niveau que lui ou un tout petit plus fort sur le papier. 

Sans doute le match le plus abouti de Getafe cette saison. Cette victoire sensationnelle contre le Valencia CF lors de la 23e journée de LaLiga (Crédit : Bein Sports)

La preuve en est que les sept défaites subies durant cette première partie ont été infligées par seulement cinq équipes, qui au final se sont révélé être les cinq premiers de LaLiga. Le FC Barcelona et le Sevilla FC à deux reprises, l’Atlético de Madrid, Villarreal et le Real Madrid.

Ces revers ont été effacés par des victoires notables, notamment celle contre Valencia qui a chaviré au Coliseum (3-0), mais aussi à San Mamés (0-2) ou encore à Anoeta (1-2), des candidats pour l’Europe que la formation azulona a dominés sur les confrontations directes. Donc, tout était bien parti refaire sensation, mais la longue coupure de trois mois et le rythme effréné de la reprise aura brisé un collectif qui, au fils des matchs, a perdu confiance.

Un cauchemar sans fin

Malgré un début de saison à la trottinette, Getafe a rapidement intégré la zone la plus convoitée du classement. Au coup de sifflet de sa victoire à Vigo (0-1, 12e journée, NDLR), il était déjà européen, un statut qui l’échappera à l’ultime journée après son cinquième revers en onze matchs. À l’aube du confinement, les Azulons s’étaient bien installés à la 5e place du tableau avec 46 points à égalité avec la Real Sociedad qui avait une meilleure différence de buts générale.

Talonné par l’Atléti (45 points) et le Valencia (42 points), Getafe avait bel et bien le droit de rêver d’une participation inédite en Ligue des Champions, une compétition qui l’a échappé l’année dernière dans les ultimes secondes de la saison. Malheureusement, le destin a été très cruel. Même si la faute de la dégringolade n’est pas imputable à l’équipe et à son entraîneur.

Villarreal a définitivement fermé les portes de la C1 pour Getafe qui aura perdu ses automatismes en quelques semaines. (Bein Sports)

Une seule victoire obtenue dans la trame finale de onze matchs et seulement six buts marqués dont un dans les six dernières rencontres, Getafe a tiré la langue sous le rythme intense de la fin de saison. Et pourtant le calendrier qui se dressait semblait être surmontable. Hormis le déplacement sur le terrain du futur champion et la réception des colchoneros, les autres matchs compliqués sur le papier étaient la Real Sociedad et le club castellón.

Les multiples erreurs de concentration ont la clé de voûte de cette mini Liga comme la défaite subie aussitôt face aux Nazaris de Diego Mártinez qui auront carburé pour s’emparer de la 7e place synonyme d’une qualification au troisième tour de la Ligue Europa. Bordalás a négocié cette dernière partie du championnat avec un manque de confiance criant illustré après la défaite contre Villarreal qui a vu la mise à l’écart de certains joueurs clés comme Damián Suárez ou Allan Nyom, qui n’est apparu qu’une fois après.

Levante 1-0 Getafe, LaLiga 2019/20, journée 38
Getafe a terminé la saison sur une défaite à Levante qui l’éjecta définitivement de la zone européenne au profit de Granada (Crédit : LaLiga).

Le technicien azulón a peu fait tourner son onze qui enchaînait des matchs compliqués en plus tous les trois jours tout en sachant que ses principes de jeu demandent un don de soi maximal dans chaque action.. Une gestion qui a fini par provoquer des indisponibilités chez certains joueurs (Antunes, Kenedy et Deyverson). 

Au final, Getafe n’aura ajouté que huit points sur trente-trois possibles dans LaLiga post-covid. Largement insuffisant face à des adversaires comme l’Atléti, Granada et Villarreal, qui se sont transformé en machine de guerre durant cette période. Avec une huitième place derrière les Andalous, le club madrilène est passé du rêve à la désillusion, même si l’espoir d’accrocher l’Europe ne s’est pas encore envolé.

En dépit de cette fin de championnat catastrophique, Getafe maintient toujours une infime chance de qualification en Ligue des Champions. Après avoir brillamment surmonté la phase de groupes de la Ligue Europa, les Getafenses ont créé la sensation en éliminant l’Ajax en seizième de finale. Deux matchs exceptionnels qui ont montré l’art du jeu de Bordalás à l’Europe entière. L’aventure sur le vieux continent continue ce mercredi face à l’Inter Milan, un autre ténor du football italien et européen. Peut-être que la chance lui sourira cette fois.

Le bilan de la 28e journée de Liga

Très attendue, puisqu’elle marquait le retour du championnat espagnol pour la première fois depuis mars, cette 28e journée de Liga, entamée par El Gran Derbi, signifiait que la vie reprenait peu à peu son cours. Et ce fut le cas, les dix matchs de cette journée se sont déroulés sans incident majeur avec toujours autant d‘enjeux à tous les étages. Retour sur les rencontres de cette 28e journée de Primera.

Sevilla FC 2-0 Real Betis : le retour du football made in Ocampos

Un derby, deux buts, une victoire sevillista mais surtout une performance sensationnelle pour Lucas Ocampos. Qualifié d’événement mondial par Javier Tebas, ce match que tout le monde attendait depuis plusieurs jours a illustré la situation de deux équipes à la dynamique contraire.

Première rencontre pour illustrer le « nouveau football » et son protocole sanitaire si particulier, ce derby n’aura pas été le meilleur de ces dernières années mais probablement celui qui aura provoqué le plus d’excitation et d’engouement. Dans un triste Ramón Sánchez Pizjuán vide, ce sont d’abord les locaux qui se montrent les plus dangereux avec une frappe d’Ocampos s’écrasant sur la barre de Joel Robles (10′).

Les assauts Blanquirrojos vont se poursuivre avec les coups de tête de Jules Koundé (21′) puis Luuk de Jong (26′) qui frôlent à chaque fois le montant gauche du but du Betis. A l’issue de ce premier acte, les Verdiblancos sont tout simplement inexistants et débordés.

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Lucas Ocampos, sensation de la fin de saison ? (crédit : beInSports)

Au retour des vestiaires, la formation de Lopetegui accélère et vient ouvrir le score (55′) par le biais de son Argentin, sur un pénalty provoqué par Marc Bartra qui avait accroché De Jong sur corner, qui prend Robles à contre-pied. Premier but de ce retour du football en Primera.

Dépassée, la défense du Betis va concéder un deuxième but (61′) dans les minutes suivantes. C’est Fernando qui vient placer sa tête sur un nouveau corner, après que la balle ait subtilement été déviée du pied par Lucas Ocampos. Un second but encaissé sur coup de pied arrêté pour les hommes de Rubi. Dans la dernière demi-heure, le Betis va se montrer plus entreprenant, notamment avec les entrées de Lainez et Joaquín, mais sans véritablement inquiéter Vaclík. Affichant un visage terriblement inquiétant, les Verdiblancos s’inclinent donc dans le derby et permettent au Sevilla FC de consolider sa troisième place.

Résumé du match (11 juin 2020, 22h)

Granada CF 2-1 Getafe CF : l’Europe et le rêve andalou

Dans une des affiches les plus alléchantes de ce week-end, c’est finalement l’équipe madrilène qui s’est inclinée après avoir pourtant mené durant une bonne partie de la rencontre. Une défaite dérangeante pour Getafe mais un succès de prestige pour Granada.

En effet, en début de soirée, sous la chaleur andalouse, ce sont les hommes de José Bordalás (devenu au passage l’entraîneur ayant dirigé le plus de matchs dans l’histoire du Getafe CF, NDLR) qui ouvrent le score avec un golazo magnifique de Timor (19′) après une passe intelligente de Cucurella ! Une enroulée puissante qui achève sa course dans la lucarne de Rui Silva.

Durant la première période, David Soria a à peine à s’employer pour saisir quelques ballons mais rien de bien dangereux. Néanmoins, face aux offensives du Granada, les Azulones reculent et finissent par concéder l’égalisation sur un contre-son-camp de Djené. Le central togolais est surpris de voir le ballon rebondir devant lui pensant que Soria s’en était saisi.

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Toute la joie de David Timor, auteur d’un but somptueux (crédit : Mundo Deportivo)

Paniqués et probablement inquiétés des attaques grandissantes du Granada CF, David Soria et ses coéquipiers vont se faire renverser. C’est Carlos Fernández, à l’issue d’une bonne percée, qui profite d’une boulette inhabituelle du gardien espagnol, qui avait relâché un ballon, pour venir l’allumer et mettre son équipe devant au tableau d’affichage (78′). Au final, la persévérance des Andalous aura payé alors qu’ils ne sont plus qu’à deux points de l’Europe !

Résumé du match (12 juin 2020, 19h30)

Valencia CF 1-1 Levante UD : quand la folie s’empare du money-time

Pour le second derby de cette 28e journée, l’importance de gagner pour le Valencia CF était fondamentale. Au terme d’une rencontre équilibrée et qui s’est enflammée sur la fin, c’est un partage des points à Mestalla.

Relativement calme, le premier acte de ce match n’a permis à aucune des deux équipes de se détacher de l’autre avec beaucoup de déchet technique dans le jeu. Seule la frappe de Carlos Soler (28′) venant fracasser le montant de Aitor Fernández est à signaler parmi les rares offensives de cette première période.

Le match va s’animer après la pause, comme dans la plupart des rencontres de cette journée de reprise. C’est d’abord la frappe de Rodrigo (66′), qui oblige le portier du Levante à s’incliner pour sortir un bel arrêt, qui intervient avant l’expulsion de Roger Martí (73′). L’attaquant Granota avait alors été averti une seconde fois après sèchement tamponné le jeune Hugo Guillamón.

Levante: Toca suplir el gol de Roger en el Levante | Marca.com
L’expulsion de Roger a marqué un tournant du match (crédit : Marca)

Finalement, ce sont les joueurs Chés qui vont marquer en premier (89′) grâce à leur numéro 19, Rodrigo Moreno, venant couper au premier poteau un centre à ras de terre de José Luis Gayà. Mais le match n’est pas terminé, au contraire. Sur l’ultime coup franc du match, Rúben Vezo est accroché par Mouctar Diakhaby à l’entrée de la surface de réparation. Un pénalty donc, aisément transformé par Gonzalo Melero (98′), entré en jeu. Un nul logique sur le fond mais au goût de défaite pour le VCF, dont les supporters ont exprimé leur colère auprès de leur central responsable du pénalty.

Résumé du match (12 juin 2020, 22h)

RCD Espanyol 2-0 Deportivo Alavés : le match du déclic ?

Très vite en infériorité numérique, le Deportivo Alavés a souffert durant toute la rencontre sans même pouvoir tirer une seule fois. Un succès qui fait la joie de l’Espanyol, de nouveau dans l’espoir de pouvoir se maintenir.

C’est une vingtaine de minutes que le match va prendre un tournant différent, jusqu’alors assez calme et équilibré. Sur un ballon en profondeur lancé par la défense barcelonaise, Fernando Pacheco manque complètement sa sortie et se saisit du ballon dans l’arc de cercle de sa surface, se voyant logiquement expulsé (18′). Cette exclusion donne donc l’occasion à Roberto, gardien remplaçant du Deportivo Alavés, de pouvoir s’illustrer à de nombreuses reprises.

Le gardien viendra d’abord réaliser un beau double arrêt face à Wu Lei (29′), puis un nouveau, cette fois-ci en s’illustrant avec un sauvetage réflexe sur le retourné de Adrián Embarba (42′). Impressionnant jusque là, avant de finir par céder sur un coup de tête rageur de Bernardo Espinosa (45+2′), juste avant la pause.

Bernardo Espinosa anotó gol en el triunfo del Espanyol ante el Alavés
Dominant largement la rencontre, l’Espanyol a enfin été récompensé de ses efforts (crédit : Revista Semana)

Et puis, quelques secondes après avoir débuté la seconde période, l’Espanyol va inscrire un second but par Wu Lei qui se présente en face à face devant Roberto (47′). L’attaquant chinois avait été complètement oublié de la défense basque. La fin de match sera plutôt calme malgré les deux tentatives des Pericos (52′ et 80′), respectivement captées et détournées par Roberto, important dans ce match. Le tout avant que Sergi Dader vienne manquer le cadre sur une offrande de RDT (88′). Avec cette victoire, l’Espanyol reprend confiance et peut espérer un déclic dans le but de se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 14h)

RC Celta 0-1 Villarreal CF : entre exultation et colère

Proche d’obtenir un point cruellement important pour son maintien, le Celta s’est finalement effondré dans le temps additionnel après avoir longtemps tenu face à une équipe de Villarreal énergique.

La première action du match est à mettre au profit de la formation valencienne avec un premier tir de Gerard Moreno, renvoyé par la défense, et surtout suivi d’un second de Santi Cazorla, bloqué net par Rubén Blanco (15′). Dans la minute suivante, le sous-marin jaune accélère et Vicente Iborra voit sa puissante frappe, venant d’un centre de Mario Gaspar, être détournée par les mains fermes de Rubén (16′).

Les assauts s’enchaînent de la part du Villarreal CF et les Galiciens ne cessent de reculer, se reposant sur leur gardien, comme l’a prouvé la belle incursion dans la surface de Gerard Moreno (35′) mais qui n’a pas pu cadrer. En seconde période, la défense du Celta est mise à mal par le rush de Chukwueze (66′) avant de subir la percée de Carlos Bacca (86′), qui avait pourtant mis à terre Rubén Blanco, voyant son tir raser le poteau.

Samu parachuta al Villarreal en Vigo - Valencia City
Héroïque pendant 90 minutes, Rubén Blanco a finalement dû s’incliner en toute fin de rencontre (crédit : ValenciaCity)

Submergés et sans cesse en train de reculer, le Celta va craquer. Et c’est de Manu Trigueros que va venir la solution. Après une nouvelle intervention du portier galicien dans les pieds de Bacca, Manu Trigueros va finalement récupérer ce ballon et le propulser dans les cages (93′) après qu’il ait été dévié par la jambe de Jeison Murillo. Un résultat qui fait les faveurs du Villarreal CF, exultant, pour la course à l’Europe mais qui enfonce le Celta, abasourdi, dans la lutte pour le maintien.

Résumé du match (Samedi 13 juin, 17h)

CD Leganés 1-2 Real Valladolid : un maintien aux trajectoires différentes

C’était LE match du maintien de cette journée de reprise, dans ce sprint final encore tant indécis, dans lequel deux formations luttent pour rester dans l’élite du football espagnol. Ambitieux mais peu réaliste, le CD Leganés a finalement fini par être puni.

En même temps, il faut dire qu’il y a difficilement pire comme scénario que celui d’encaisser un but dès les premières minutes pour une erreur… Pourtant, c’est une mésentente totale entre le portier Pichu Cuéllar et son défenseur, Chidozie Awaziem, qui a permis à Enes Ünal (2′) d’ouvrir le score. Un ballon qu’aucun des deux protagonistes n’a pris mais poursuivi avant finalement qu’il finisse dans le but.

Voulant repartir de l’avant, Leganés a tenté quelques incursions à l’image de Kévin Rodrigues (11′) ou Guido Carillo (43′) mais avec un cruel manque de précision et de rigueur. Peu présent offensivement, l’équipe de Sergio va doubler la mise grâce à Rubén Alcaraz, tout heureux de marquer (54′) en voyant le ballon boxé par Pichu Cuéllar, atterrir devant lui après qu’un de ses coéquipiers ait manqué sa reprise.

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La gaffe défensive des Madrilènes aura permis à Ünal d’inscrire son cinquième but de la saison (crédit : Pucela Fichajes)

Insistant pour marquer, les Pepineros vont finalement obtenir un pénalty en raison d’une faute de Mohammed Salisu sur Roger Assalé. L’homme des coups de pieds arrêtés et prêté par le Real, Óscar Rodríguez, ne se fera pas prier pour venir tromper Masip (83′). Motivé mais peu transcendant, Leganés s’incline finalement et peut avoir des regrets en sachant que le maintien sera de plus en plus difficile à acquérir.

Résumé du match (13 juin à 19h30)

RCD Mallorca 0-4 FC Barcelona : déjà du lourd pour la reprise

Un match avec un semblant d’incertitude qui s’est en réalité très vite décidé entre deux formations dont l’objectif est le maintien pour les locaux et évidemment, le titre pour les visiteurs a conclu ce samedi soir. Au final, le suspens n’aura pas duré.

C’est seulement après quelques secondes que Arturo Vidal a pu venir crucifier (1′) Manolo Reina d’un cabezazo très bien placé sur un centre millimétré de Jordi Alba. Le travail de Frenkie de Jong sur l’action du but est également à souligner. Mallorca ne baisse pas les bras, comme tout au long du match, et rétorque avec une frappe enroulée de Kubo à l’entrée de la surface mais sortie par les gants de Ter-Stegen (21′).

Avec idées mais sans organisation, les Bermellones perdent rapidement le ballon et encaissent un second but (37′), après plusieurs erreurs, inscrit par Martin Braithwaite d’une puissante reprise, son premier avec le Barça. Le Danois va obtenir une nouvelle occasion de but mais sortie du bout du pied par Manolo Reina (58′) alors que Ante Budimir avait tenté sa chance vers les cages blaugranas quelques minutes plus tôt (48′).

Mallorca 0 - Barcelona 4: resumen, resultado y goles - AS.com
De retour avec un nouveau look, Messi continue d’être demandé par les supporters… même à huis clos ! (crédit : AS)

A son tour, le jeune Ronald Araújo va venir inquiéter les cages majorquines en frappant sur le poteau sur un centre de Sergi Roberto (59′). Enfin, c’est Jordi Alba qui va venir crucifier Manolo Reina après un caviar de Messi en profondeur (78′) suivi d’un nouveau but de ce dernier (90+3′). Une victoire logique mais un score dur pour une équipe de Mallorca qui sera restée motivée et qui devra continuer son combat pour se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 22h)

Athletic Club 1-1 Atlético de Madrid : le nul qui n’arrange absolument personne

Attendu comme un véritable duel pour l’Europe, ce partidazo a finalement vu l’Athletic et l’Atlético se neutraliser logiquement en se répondant coup pour coup dans un San Mamés vide et, inhabituellement mais logiquement, muet.

Dominés pendant le premier quart d’heure du match dans ce premier match du dimanche, les Basques subissent dans un premier temps les offensives des Colchoneros. Après avoir alarmé les buts gardés par Unai Simón avec une frappe de Carrasco (12′), l’Atleti recule et concède deux occasions importantes dans le domaine aérien… toutes détournées par l’incroyable Jan Oblak. La première est signée Iñaki Williams (25′) sur un centre de Capa, et la seconde de Yeray après un bon ballon de Muniain (32′).

Avec ce gros temps fort, les Leones en profitent pour ouvrir la marque grâce à leur capitaine Iker Muniain, plaçant un extérieur subtil, aidé par Thomas Partey, sur une passe de Yuri Berchiche (36′). Mais la réplique des Colchoneros ne se fait pas attendre. Après une mauvaise relance de Yeray, Koke et Diego Costa se jouent de la défense basque pour venir remettre les compteurs à égalité (39′) et battre Unai Simón.

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Iker Muniain a célébré son but en hommage des personnes décédées du coronavirus (crédit : Deia)

La deuxième période sera, pour une fois, plus apaisée mais tout de même agitée sur la fin. Renan Lodi et Santiago Arias obligent en effet le dernier rempart de l’Athletic à venir réaliser un double arrêt (79′), premièrement sur le centre-tir enroulé du Brésilien, avant de sauver ses cages en se relevant rapidement pour faire barrage au Colombien de l’Atlético. A l’issue de la rencontre, c’est donc un match nul qui n’avantage ni les Lions pour la course à l’Europa League, ni les Colchoneros pour se qualifier en Champions League.

Résumé du match (14 juin 2020, 14h)

Real Madrid 3-1 SD Eibar : la qualité madrilène a surpassé l’envie basque

Attendu pour répondre à son rival barcelonais, qui avait déroulé la veille, le Real Madrid n’a pas déçu. Une victoire sans trembler au profit de la formation d’Eibar, dans une situation bien différente.

Comme à l’image du Barça, le club madrilène a voulu suivre le même début de match. A savoir une ouverture du score très tôt dans le match, ici grâce à Toni Kroos reprenant sans contrôle un ballon expédié directement dans la lucarne de Dmitrovic (3′). Un but cependant contesté pour une minime position de hors jeu de Karim Benzema, non signalée par l’arbitrage vidéo. Pourtant peu dangereux, le Real va surtout se montrer réaliste et inscrire le second but (30′) du match grâce à Sergio Ramos. Monté aux avants-postes, le capitaine Merengue n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets après le service d’Eden Hazard.

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Malgré leur envie forte de lutter, les Armeros ont craqué face à la force collective du Real (crédit : Libertad Digital)

L’addition va s’alourdir avec un troisième but, signé Marcelo, envoyant un ballon flottant, mal dégagé par la défense, dans le petit filet de Marko Dmitrović. Avant la mi-temps, le portier serbe va néanmoins réaliser un bel arrêt (45+2′) sur une reprise de Rodrygo. Le Real va ensuite lever le pied et Eibar va en profiter avec Edu Expósito obligeant Thibaut Courtois à s’employer magnifiquement bien à deux reprises (48′ et 56′). Dans la foulée, Sergi Enrich va même venir déposer un ballon sur la barre du portier belge (58′).

Juste après cela, Eibar va enfin trouver la faille et marquer (59′). C’est Pablo de Blasis qui s’exécute avec une reprise, déviée par le dos de Pedro Bigas, qui viendra tromper Thibaut Courtois sur qui la balle aura doucement rebondi. Après ça, plus grand chose n’empêchera Madrid de sceller le score de ce match et de poursuivre le Barça. Eibar se devra de rebondir vite pour son maintien.

Résumé du match (14 juin 2020, 19h30)

Real Sociedad 1-1 CA Osasuna : le coup d’arrêt txuri-urdin

Avec comme objectif de terminer quatrième pour voir la Champions League lors de la prochaine saison, la Real Sociedad a vu hier ses plans être compliqués par la très bonne équipe d’Osasuna. Tenaces et entreprenants, les Rojillos ont fait caler la Real dès la reprise.

Dans ce que l’on pourrait une surprise de la rentrée, ce sont les Txuri-Urdin qui vont se distinguer les premiers dans une rencontre presque ennuyeuse par moments. Aritz Elustondo récupère un ballon en profondeur de Portu à la suite d’un coup-franc mais bute sur le pied salvateur de Rubén Martínez (25′). Un instant plus tard, Robin Le Normand, fraîchement prolongé avec la Real, touche un centre de Adrián de la main et, par conséquent, concède un pénalty que l’auteur du centre transformera dans la lucarne de Remiro (29′).

Les joueurs de Jagoba Arrasate se montrent entreprenants et s’offrent une nouvelle occasion grâce à Marc Cardona (51′) qui récupère en vitesse un ballon mais qui vient mourir à quelques centimètres. Solide, la défense navarraise va commettre une erreur qui coûte chère, laissant Oyarzabal seul de tout marquage qui ne tremblera pas pour égaliser (60′) qui avait déjà vu une de ses tentatives stoppée par Rubén auparavant (54′).

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Osasuna ne sera pas passé loin d’une belle victoire (crédit : Navarra.com)

En fin de match, Osasuna va avoir trois grosses opportunités de passer devant au tableau d’affichage mais Remiro en sauvera une première (88′) alors que les deux autres ne passeront à rien des cages du gardien basque (90′ et 92′). Un nul qui fige les positions des deux équipes au classement.

Résumé du match (14 juin 2020, 22h)

La buena operación de la journée

Très certainement à mettre au profit de l’Espanyol de Barcelona, cette journée aura permis aux Pericos de revenir à seulement trois points du Celta, premier non-relégable. Avec les défaites de tous les concurrents directs (Leganés, Mallorca, Celta, Eibar), les Catalans font un coup parfait dans l’optique du maintien même s’ils occupent toujours la dernière place du classement.

Le golazo de la journée

Difficile de faire un choix mais c’est la frappe sensationnelle de Toni Kroos qui est très certainement le plus beau but de ce week-end. Limpide et sans contrôle, elle a vu le ballon venir se loger magnifiquement bien dans les cages des Armeros. La frappe de Timor reste, quant à elle, un chef d’oeuvre également.

Cette journée de reprise nous aura permis donc de reprendre contact avec le football espagnol et ses dernières journées qui s’annoncent toujours pleines d’incertitudes. Avec les résultats, on peut, peut-être, déjà penser que cette pause aura très certainement fait du bien physiquement et moralement, ou au contraire casser la dynamique, de certaines équipes du championnat. Ces dix rencontres sont aussi l’occasion d’avoir une vision plus tranchée du huis clos dans les stades, comblé en partie par le public et l’ambiance virtuels mis en place.