Mercato – Avec Morlanes et Iborra mais sans Bacca, Villarreal prépare la C1

Avec l’ambition de faire mieux qu’un figurant lors de la prochaine saison en Champions League, le Villarreal CF s’active sur le marché et a déjà débuté les manœuvres sur le mercato. Le club entraîné par Unai Emery veut faire le tri dans l’effectif et construire un groupe compétitif pour atteindre les sommets, comme le prouvent les récentes officialisations effectuées.

Morlanes et Iborra, la continuité de l’aventure

Ce n’est pas un été comme les autres, à l’aube d’une saison historique, qui semble se dresser à Villarreal. Avec une qualification pour la Coupe aux grandes oreilles, le club valencien ne souhaite pas traîner sur le mercato et dans l’aménagement de l’effectif.

Le club a commencé par annoncer ce mercredi la prolongation de contrat de son milieu de terrain, Vicente Iborra. Absent des terrains depuis décembre en raison d’une blessure au genou qui s’était révélée être très sérieuse, le meneur de jeu espagnol a rempilé jusqu’en 2024 avec le sous-marin jaune. L’entité amarilla communique qu’elle a tenu à prendre cette décision, connaissant la qualité et l’importance du joueur arrivé en 2018, et déjà participant à 80 rencontres, également leader dans le vestiaire.

Vincent Iborra rinnova con il Villarreal fino al 2024 -  TuttoCalciomercato24.com
La lésion subie par Vicente Iborra avait notamment contraint le club a signer Etienne Capoue en hiver dernier (crédit : TuttoCalcioMercato24)

Ce même jour, les Groguets ont officialisé le retour de Manu Morlanes, qui venait pourtant de s’engager avec la UD Almería. En effet, le club andalou avait levé l’option d’achat du prêt à la hauteur de 3M€, avant que Villarreal active dans la foulée l’option de rachat de 4M€ pour rapatrier son joueur, laissant ainsi Almería faire un petit bénéfice dans l’opération. Le jeune milieu de terrain a réalisé une saison pleine en Segunda, disputant la grande majorité des rencontres, et sera de retour sur la côte valencienne pour participer à la présaison et probablement entrer dans les futurs plans d’Unai Emery.

Une page se tourne, sans Bacca en attaque

Pour poursuivre ses manœuvres, Villarreal s’est séparé dans la semaine de son attaquant Carlos Bacca. Suscitant de nombreuses rumeurs de départ depuis plusieurs mois, l’attaquant colombien est finalement parvenu à un accord avec le club débouchant sur une rupture de contrat à l’amiable.

El colombiano Carlos Bacca abandona el Villarreal - El Diario NY
Relégué dans la hiérarchie des buteurs, Carlos Bacca quitte Villarreal comme huitième meilleur buteur de l’histoire du club en Primera (crédit : El Diario NY)

Celui qui a inscrit pas moins de 45 buts en 145 matchs quitte le dernier vainqueur de l’Europa League après une belle étape. Au cours de ces quatre saisons, le buteur avait notamment pu devenir « le seul joueur amarillo à avoir réussi à signer trois triplés avec Villarreal« , le dernier datant de mai contre Sevilla, dévoile le communiqué officiel, qui tient par ailleurs à saluer le professionnalisme montré par l’ancien de l’AC Milan. Lié à plusieurs clubs sudaméricains comme Boca Juniors, Carlos Bacca semblerait toutefois, selon les sources du média Antena 2, se rapprocher d’une arrivée à Granada, souhaitant combler le départ de Roberto Soldado pour Levante.

[AS] Igor Zubeldia : « Personne ne m’a dit que je jouerais seulement comme défenseur central »

Il est devenu le joker d’Imanol Alguacil à la Real Sociedad. Pivot de formation, Zubeldia fait partie de la liste des défenseurs centraux au sein de l’équipe première de la Real Sociedad, bien qu’il admette que personne ne lui a dit qu’il était destiné à rester à ce poste de défenseur central. Le journal AS a échangé avec l’Azkoitiarra à quelques jours d’une autre échéance cruciale pour le groupe txuri-urdin.

– Quelle est ton opinion sur la saison de la Real Sociedad jusqu’à aujourd’hui ?

« Selon moi, l’équipe est bonne et talentueuse. Jusqu’à présent, nous avons été plutôt bons, car même si nous avons eu une mauvaise série de résultats récemment, nous avons toujours proposé un jeu vraiment intéressant et excellent depuis le début de saison. Ce qui nous manquait ces derniers temps, c’était de parvenir à conclure les matchs, même quand nous étions supérieurs au rival. La victoire contre Cadiz (4-1) nous a un peu libérés, et maintenant je pense que nous allons revenir sur une série de bons résultats. »

Justement, est ce que ça ne t’as pas démoralisé, toi et l’équipe, de ne pas remporter les matchs que vous méritiez de gagner ?

« C’est évident que lorsqu’on se sent supérieur à notre adversaire et qu’on obtient pas les résultats qu’on veut, on finit par être frustré. Mais au cours de cette période, je n’ai vu personne déprimé ou baisser les bras, au contraire, nous nous sommes beaucoup entraînés et ça s’est reflété dans nos matchs. En tout cas, c’est clair que la victoire contre Cadiz nous a soulagés, il faut poursuivre sur cette dynamique. »

Résultat de recherche d'images pour "igor zubeldia"
(crédit photo : El Desmarque)

– Le sentiment extérieur, en regardant vos matchs, est que l’équipe est revenue à un bon rythme de croisière

« Je ne saurais pas dire si c’est le cas mais ce qui est sûr c’est que nous n’avons jamais perdu confiance. Et le résultat de l’autre jour le confirme et en plus de nous avoir boosté moralement. Depuis le début de la saison, nous nous sommes préparés à affronter toutes les équipes, et à affronter avec une bonne force mentale les plus grands matchs. »

– Au sein du vestiaire, vous ne trouvez pas ça injuste de devoir jouer le 16e de finale aller d’Europa League à Turin contre Manchester United mais que le retour se joue à Old Trafford ?

« C’est sûr qu’on aurait tous préféré jouer à Anoeta, car nous connaissons le terrain, la pelouse et c’est notre maison. Mais on ne s’amuse pas à chercher des excuses parce qu’on doit aller jouer à Turin. Si on perd, ce ne sera pas non plus à cause de ce match particulier, ce sera parce que Manchester United aura été meilleur. Autrement, on essaie de pas trop alimenter le feuilleton de cette affaire. »

– Désormais, on parle plus de toi comme un défenseur central que comme un milieu de terrain. Est ce que ça te surprend ?

« Non, pas vraiment. L’année dernière, j’ai déjà joué pas mal de matchs à ce poste. Cette année, j’ai pratiquement joués tous les matchs comme défenseur central. Chaque jour je me sens mieux à ce poste et plus à l’aise, j’ai déjà étudié et appris tous les automatismes avec la volonté de toujours aider mes coéquipiers. »

– Et ce changement de position ne t’inquiète pas ? Il y a un match où tu as commencé comme pivot, qui avant de passer défenseur central pour finir latéral…

« Au final, c’est Imanol qui sait où me faire jouer et je suis toujours prêt à aider l’équipe. Si un jour je dois jouer en tant qu’ailier, alors je le ferais. Mais je ne pense pas que cela m’ait pénalisé ou ait abaissé mon niveau. »

Résultat de recherche d'images pour "igor zubeldia"
(crédit photo : Marca)

– Pour toi, est ce que le fait que le club n’ait pas signé de défenseur central signifie que tu vas rester à ce poste de défenseur central et que tu y joues bien ?

« Le club m’a dit qu’il avait confiance en moi et dans ce que je pouvais apporter à ce poste. Imanol m’a déjà parlé et m’a dit qu’il me voyait très bien dans cette position, et ça m’aide beaucoup parce que je ressens la confiance du coach. J’ai aussi l’objectif et la volonté de m’améliorer. »

– Le club se réfère déjà à Zubeldia comme un défenseur central, on t’as déjà clairement dit que ta place dans cette équipe était comme central et non comme pivot ?

« Personne ne m’a dit que j’étais seulement un défenseur central dans cette équipe, je jouerais en charnière ou bien comme pivot. Et franchement, je me sens prêt à jouer à ces deux postes. »

– Dans cette Real Sociedad, jouer défenseur central est-il plus risqué que de jouer à un autre poste ?

« Ce n’est pas facile. Mais nous sommes préparés pour ça. Jouer central dans cette Real demande beaucoup de compétences, il faut anticiper ce que va faire l’adversaire, s’occuper du marquage, parfois faire remonter la balle et c’est un risque à prendre mais on s’entraîne beaucoup pour progresser dans ces domaines et puis sur le terrain, ça finit par se voir. »

– L’équipe se déplace à Getafe ce dimanche, équipe dont on parle beaucoup avec la récente grosse faute de Djené sur Ocampos. Est ce que tu penses qu’on exagère sur le style agressif et intense de l’équipe de l’équipe Bordalás ?

« Je n’ai pas beaucoup suivi tout ce qui s’est dit. Getafe est une équipe forte et agressive, et nous devons être préparés car ce sera un match très difficile et compliqué. Au vu de leur situation, je pense qu’ils vont se montrer vraiment engagés dans le match et c’est pour ça qu’on doit être à 200% pour les battre. »

Résultat de recherche d'images pour "igor zubeldia"
(crédit photo : Real Sociedad)

– Est-il difficile de se concentrer sur le match de la semaine alors que des défis attrayants comme le match contre Manchester ou la finale de Copa arrivent prochainement ?

« Non. C’est vrai qu’on garde à l’esprit qu’on a des matchs cruciaux qui arrivent. Maintenant, nous ne sommes préoccupés que par la rencontre face à Getafe et ensuite nous nous brancherons totalement sur le match de Manchester qui arrive. »

Est ce que l’équipe est plus inquiétée par rapport à la finale de Copa quand on voit ce qu’est devenu l’Athletic depuis l’arrivée de Marcelino ?

« (sourit) Cette Real Sociedad n’a pas pour but de se soucier de ce que fait le rival mais de ce que nous proposons sur le terrain. Si nous parvenons à jouer notre meilleur football, on sera beaucoup plus proche de notre objectif qui est de remporter cette finale »

Le sous-marin jaune peut-il franchir un cap ?

Après un cru 2019-2020 de belle facture conclu à la cinquième place, le Villarreal CF ne compte pas rester sur une belle saison sans lendemain et a peut-être réalisé le mercato le plus sexy d’Espagne. Reste à matérialiser le tout sur le terrain, sous la houlette d’un revenant en Liga, Unai Emery.

Le mercato ambitieux de Villarreal

Dès les premiers jours du mercato, le club castillan annonçait la couleur en s’emparant non pas d’un mais des deux milieux centraux titulaires du grand rival, le Valencia CF. Placés (inexplicablement) sur le marché des transferts par le club dirigé par Peter Lim, Francis Coquelin et surtout Dani Parejo, illustre capitaine des Blanquinegros, étaient débarqués sans la moindre reconnaissance et à prix modique, pour à peine plus de 10 millions. Une affaire que ne va pas rater Villarreal.

Fichajes Villarreal: Parejo: "El Villarreal es un grande de España, el  mejor sitio en el que podía estar" | Marca.com
Piquer le capitaine de l’équipe rivale, c’est quand même un coup de maître (crédit : Marca)

Ce double coup n’était que le début d’un excellent mercato puisque le club est ensuite parvenu à obtenir le prêt de Takefusa Kubo, la jeune promesse nippone du Real Madrid auteure d’une saison remarquable à Mallorca l’an passé.

Au rayon des pépites, c’est aussi Pervis Estupiñán qui a rallié le dernier cinquième de Liga, pour une indemnité record de 15 millions, plus gros transfert de l’histoire du club, un investissement justifié pour le latéral gauche équatorien prêté par Watford à Osasuna l’an passé et qui était l’une des révélations de l’exercice 2019-2020 en Liga (1 but et 6 passes décisives). Un transfert à l’origine effectué pour pallier la grave blessure au genou d’Alberto Moreno mais qui pourrait offrir davantage qu’une solution de remplacement.

Parmi les autres recrues, Gerónimo Rulli arrive pour officier en tant que doublure d’Asenjo après son expérience à Montpellier, le jeune Haïssem Hassan arrive de Châteauroux pour 2 millions et enfin, le club devrait boucler son mercato avec l’arrivée de Juan Foyth en prêt, avec une option d’achat fixée à 15 millions.

Le capitaine Emery à la manœuvre

Ce recrutement se termine enfin par l’intronisation d’Unai Emery, premier entraîneur à avoir remporté l’Europa League trois fois d’affilée, avec le Sevilla FC. Après ses échecs relatifs au PSG, dans un milieu qu’il n’aura jamais réussi à maîtriser, et à Arsenal où la relève d’Arsène Wenger était particulièrement compliquée à assumer, le tacticien espagnol revient sur le devant de la scène.

Un retour dans une pièce taillée pour lui, à la houlette d’un outsider de Liga qualifié en C3. En tant qu’apôtre de la récupération rapide par le pressing et de la possession de balle, Emery part déjà bien armé en récupérant le duo de Murciélagos, Parejo-Coquelin, le premier apportant son expérience, son leadership et sa vista. Des manieurs de ballon auxquels on peut ajouter Moi Gómez, Manu Trigueros ou encore Samu Chukwueze, de quoi permettre à l’entraîneur basque de mettre en place son idéal de jeu basé sur la possession tout en ayant plusieurs cordes à son arc.

Un duo d’attaque déjà en grande forme

Toutes ces arrivées viennent en outre renforcer un terreau d’origine déjà intéressant pour les Castillans. A commencer par un duo d’attaque redoutable, la paire Gerard Moreno-Paco Alcácer.

La victoire contre Alavés (3-1, lors de la quatrième journée, NDLR) reflète bien les qualités de cette association, avec un premier but signé Alcácer, tout en finesse et preuve de la confiance actuelle du joueur, qui en est à 3 buts marqués en 4 matchs, tout comme son compère Gerard Moreno. Sur le troisième pion inscrit, ce sont les deux attaquants qui prennent la profondeur sur la passe en profondeur de Moi Gómez, provoquant une véritable pression sur les défenseurs. Ce schéma, dans lequel le premier attaquant, par son déplacement, libère des espaces pour le second attaquant qui s’y engouffre, symbolise le principe de jeu d’Emery, qu’importe si cela doit passer par du jeu court ou des passes en profondeur (comme ici).

La superbe passe en profondeur de Moi Gómez et le déplacement des attaquants contre Alavés (Crédit : Liga Santander)

Avec deux offensifs de cette qualité technique et aussi adroits à la finition, Villarreal peut se targuer de disposer de l’une des meilleures attaques de Liga. Il suffit de revoir le bijou inscrit par Moreno contre Eibar, qui élimine toute la défense sur un dribble similaire à celui réalisé par Robson-Kanu face à la Belgique lors de l’Euro 2016.

En outre, ces deux joueurs représentent pour chacun la promesse d’une vingtaine de buts minimum en championnat, Gerard Moreno ayant terminé troisième meilleur buteur de Liga l’an passé (18 buts en championnat) quand Paco Alcácer, malgré des saisons tronquées par les blessures et autres transferts, gravite régulièrement autour des dix buts en championnat chaque saison. Un atout non-négligeable pour permettre à Villarreal de draguer les places européennes.

La parole est à la défense

Si le portrait global de Villarreal est plutôt laudatif sur ces premiers matchs, il reste malgré tout un gros point noir qu’Unai Emery va devoir corriger, à savoir la défense. C’est simple, les Castillans ont encaissé au moins un but à chaque journée. Et si l’on y inclut les matchs de préparation, il n’y a eu qu’un clean-sheet pour le sous-marin jaune en neuf matchs. Une faille particulièrement évidente lorsque Villarreal affronte des équipes prônant le jeu offensif, comme face à Huesca en ouverture (1-1), un match que le promu aurait pu remporter.

L’addition salée face au Barça n’est pas forcément problématique (4-0) puisque le club culé possède une force de frappe offensive très difficile à contenir, mais le positionnement statique des joueurs sur les buts d’Ansu Fati peut inquiéter.

Why Villarreal needs a center back worse than anything else - Villarreal USA
Albiol et Pau Torres, l’expérience et la jeunesse de la charnière du sous marin jaune (crédit : Villarreal USA)

Et les deux tauliers de la défense que sont Pau Torres et Sergio Asenjo ont déjà commis deux grosses erreurs individuelles coûtant un but, loin de leurs standards habituels (surtout pour le premier, néo-international espagnol et particulièrement en vue lors du rassemblement début septembre). Dans ce contexte, l’arrivée de Juan Foyth en prêt pourrait apporter une concurrence intéressante à un secteur qui a toujours fait la fierté de Villarreal lors de la dernière décennie (Godín, Musacchio, Bailly).

A l’aube d’un automne bien rempli par l’Europa League (et les déplacements copieux qui s’annoncent dans celle-ci), il faudra donc faire des paris dans le jeu et dans les compositions. On le sait, Unai Emery affectionne particulièrement la C3, ce qui devrait donner beaucoup d’objectifs à l’équipe cette saison. L’objectif sera de déterminer si Villarreal peut oui ou non franchir un cap cette saison, au-delà de sa cinquième place de l’an passé.

« Le fait d’aller loin dans les Coupes d’Europe, de jouer une demi-finale de Ligue des Champions ou trois demi-finales de Ligue Europa. Le chemin est magnifique même s’il n’y a rien au bout. Le chemin, c’est le rêve. Avoir des gens qui s’identifient au club. Avoir des joueurs qui travaillent dur et qui se sentent fiers de faire partie de ce projet »

Les rêves sont libres, comme l’a déclaré Emery lors de sa présentation.

Villarreal va en tout cas se donner tous les moyens pour surprendre, et il ne faudra pas rater ça.

Getafe CF : l’ambition offensive au cœur des priorités

Basée près de Madrid, l’équipe de Getafe est généralement connue pour son jeu sec, agressif et défensif. Une façon de jouer qui lui attire parfois les critiques, se voyant lui être reproché le fait de trop privilégier la défense aux dépens du secteur offensif. Un domaine du jeu délaissé qui a déjà beaucoup coûté aux Azulones. Désormais, Getafe à décider de se donner les moyens pour mettre fin à ces importantes carences.

Des recrues qui plaisent dans un mercato offensif ambitieux ont rallié le club madrilène cet été. C’est le cas de Enes Ünal, recruté, Cucho Hernández ou encore Darío Poveda, prêtés, qui rajeuniront cet effectif. Ces trois joueurs viennent en complément de noms bien connus en Espagne : Ángel et surtout le célèbre Jaime Mata. Un duo plutôt efficace mais qui a parfois connu ses limites et, pour qui, les renforts feront le plus grand bien. Au cours de cet exercice, c’est aussi en comptant sur ses ailiers que José Bordalás devra solutionner les problèmes offensifs de son équipe.

Une jeunesse attendue pour rafraîchir une attaque de vétérans

Le recrutement mené par le Getafe CF dans le secteur offensif est un choix bien étudié. Avant ce mercato, l’entité madrilène compose avec quatre avant-centres ayant pour moyenne d’âge un peu moins de trente-deux ans. Avec Jaime Mata (trente ans), Ángel (trente-deux ans) et Deyverson (vingt-huit ans), la moyenne grimpe surtout avec Jorge Molina et ses trente-huit ans.

https://sempreinter.com/wp-content/uploads/2020/08/jaime-mata-scaled-e1596545348959.jpg
Arrivé gratuitement de Valladolid en 2018, Jaime Mata est une pièce maîtresse du système de Bordalás (crédit : SempreInter.com)

Sur les quarante-trois réalisations des Azulones en championnat, le trio principal, qui exclut Deyverson peu utilisé, en totalise vingt-six (onze de Mata, dix de Ángel et cinq de Molina). Un chiffre colossal qui pose la question de la dépendance à ces joueurs. A titre comparatif, la saison 2018/2019 avait vu Getafe marquer à quarante-huit fois, avec cette fois… trente-six buts de ses trois buteurs principaux !

D’un point de vue général, l’efficacité et le niveau de cette attaque ne faiblit pas vraiment mais a besoin de se relancer. Après s’être séparé de Jorge Molina, suite à une rupture contractuelle « à l’amiable », qui a pris la direction de Granada, les Madrilènes ont fait le choix de conserver les deux autres éléments principaux.

Cependant, cette attaque a également été rajeunie intelligemment. Getafe a obtenu les prêts, pour une saison, de Darío Poveda et Cucho Hernández, respectivement âgés de vingt-trois et vingt-et-un ans. Le premier évoluait jusqu’alors avec la réserve de l’Atlético quand le second est déjà bien connu en terres hispaniques.

Atletico Madrid: The Atletico Madrid B goalscorer who could help cover for  Costa | MARCA in English
Darío Poveda a débuté sa carrière du côté de Villarreal et compte plusieurs matchs en Liga à son compteur (crédit : Marca)

El Cucho a déjà pu expérimenté LaLiga du côté de Huesca, en 2017/18, saison où le club aragonais est promu dans l’élite, et 2018/2019. Son duo intenable, qu’il partageait avec Chimy Ávila, avait à cette époque marqué les esprits. En deux saisons, l’attaquant prêté par Watford inscrira vingt but pour les Oscenses. Enfin, en 2019/2020, Cucho fait parler de lui à Mallorca. En vingt-deux rencontres, il inscrit cinq buts et apporte une aide précieuse dans la construction offensive de son équipe. Au delà des statistiques, c’est un véritable potentiel à exploiter, dont Bordalás devra tirer le maximum.

En marge de ces deux renforts, c’est aussi Enes Ünal qui a débarqué dans la banlieue de la capitale. Barré par la concurrence à Villarreal, le jeune attaquant turc avait évolué au Real Valladolid, lors des deux dernières saisons, en prêt. Bien qu’irrégulières, ses performances avaient dans l’ensemble été convaincantes. Arrivé pour neuf millions d’euros, Ünal sait que le club attend beaucoup de lui.

Cucho Hernández: “Mi objetivo es que el Getafe se clasifique para Europa” |  Hola News
Pour les deux premières rencontres de championnat de la saison, Cucho a fait équipe avec Jaime Mata devant (crédit : Hola News)

Avec l’arrivée de joueurs au profil différents, José Bordalás compte déjà un banc plus profond et qualitatif à ce poste. Cependant, rien n’indique que le traditionnel 4-4-2 du natif d’Alicante évoluera, pouvant très bien mettre en place une rotation concernant le second buteur qui accompagnera Jaime Mata, vraisemblablement indéboulonnable. Ángel reste une alternative de qualité pour desservir, mais son poste sera désormais exposé à une concurrence plus forte.

Les premières journées de championnat nous ont permis d’observer un Getafe différent d’un match à l’autre. D’un côté, une attaque sporadique et inexistante comme face à Alavés (0-0). De l’autre, un festival de trois buts en une mi-temps, contre le Betis (3-0) qui avait donné l’opportunité au duo Ángel-Cucho de s’exprimer pleinement. De la nouveauté et du changement s’annoncent donc aux avants-postes de l’équipe azulone.

Maintenir Jaime Mata au haut niveau

Véritable dynamiteur de cette attaque, Jaime Mata inquiète les défenses de Liga. En plus des très bons coups réalisés par une équipe qui n’a perdu aucun élément essentiel de son XI cet été, Getafe a la chance de pouvoir disposer d’un buteur de taille.

Essence même de cette attaque, Jaime Mata s’est imposé comme l’un des meilleurs buteurs de la saison précédente de Liga. Du haut de ses onze réalisations, le Madrilène est peut-être l’élément dont l’équipe de Getafe dépend le plus, probablement avec David Soria. Malgré les deux victoires sans sa présence lors du dernier exercice en championnat, (0-1 contre le Celta et 4-0 face à Levante, NDLR), les Azulones ont connu des complications comme lors de leurs revers à Granada (2-1) et Sevilla (0-3), où ils avaient dû se passer de leur attaquant fétiche.

https://imgresizer.eurosport.com/unsafe/1200x0/filters:format(jpeg)/origin-imgresizer.eurosport.com/2020/06/30/2841390-58592828-2560-1440.jpg
Jaime Mata reste une des options pour la Roja de Luis Enrique, à un poste où les incertitudes s’enchaînent… (crédit : Eurosport)

Les difficultés offensives de l’équipe madrilène se sont ressenties également lorsque les ailes peinaient à trouver leur goleador. La création de danger a alors souvent été moindre. Pour José Bordalás, et l’ensemble du staff technique, le défi est important, surtout tactiquement. Incruster de nouveaux joueurs dans le fonctionnement de l’attaque, tout en continuant de faire progresser ceux déjà présents.

En plus de cela, une connexion mutuelle se devra d’être établie pour un jeu plus collectif et moins basé sur les individualités, sur qui Getafe se montre parfois trop dépendant. Une méthode pour tenter de remédier aux lacunes d’une équipe pourtant si complète, et qui ne manque pas d’énegie.

Les ailes, un secteur capital

Les couloirs ont été un véritable point fort du Getafe CF lors des dernières saisons, d’autant plus lors de l’ultime. L’élément principal reste assurément Marc Cucurella, dont la technique et la vitesse impressionnent. Avec une attaque dotée d’un si bon jeu de tête, l’ancien du Barça n’a pas eu de mal à délivrer ses six passes décisives de la précédente saison.

L’ailier gauche dispose d’une qualité de centre remarquable, qui regroupe précision et puissance, en faisant ainsi une arme redoutable. Cucurella est un des joueurs les plus impliqués du système azulone. Son rôle est crucial au sein du XI et son profil colle à la philosophie de Bordalás. A vingt-deux ans, le Catalan assume pleinement son statut et ne cesse d’impressionner l’Espagne. Il est, en plus de ça, un joueur régulièrement sélectionné avec les U21 de la Rojita.

Cucurella: 'I am staying at Getafe, I would like to continue here for many  years' - JuniperSports
Face au Betis, Marc Cucurella a pu démontrer tout son potentiel en s’illustrant notamment sur un somptueux but (crédit : JuniperSports)

L’effectif de Getafe s’appuie aussi sur le sportif qu’est Allan Nyom. Latéral droit de formation, le natif de Neuilly-sur-Seine évolue principalement en tant que milieu et ailier droit. Son physique est d’une utilité non négligeable dans les duels, tout en profitant de sa rapidité mais également de sa force. Le Français doit composer avec un caractère réputé pour être souvent contestataire, et parfois même dans l’excès.

Le club compte aussi avec Amath Ndiaye, Francisco Portillo, deux autres ailiers mais qui ne jouent clairement pas les premiers rôles. Enfin, l’apport offensif de la paire uruguayenne des latéraux Damián Suárez et Mathías Olivera est évidemment indéniable et nécessaire, voire même irremplaçable.

Mercato OM : Ça chauffe pour Damian Suarez à Marseille ?
Associés à plusieurs clubs étrangers, les coéquipiers sud-américains semblent être partis pour rester à Getafe (crédit : OM : Coeur Marseillais)

Privé de compétition européenne, le Getafe CF est donc dans l’obligation de se reprendre au cours de cette nouvelle campagne. Les carences offensives des dernières saisons doivent disparaître et les Azulones semblent se donner les moyens de les résoudre avec un mercato intéressant, axé sur une jeunesse peut-être trop peu présente jusqu’à maintenant. Pièce maîtresse du projet, Pepe Bordalás va rester dans la capitale ibérique, symbole de la continuité que le club veut installer tout en exprimant une volonté constante de faire mieux sans oublier ses valeurs.

Bilan de saison 2019/20 – RCD Espanyol

Débâcle historique ! L’Espanyol de Barcelona va retrouver la Segunda pour la cinquième fois de son histoire après une saison 2019/2020 cauchemardesque du début jusqu’à la fin. Malgré sa participation en Ligue Europa, douze ans après sa dernière campagne européenne, l’entité perica n’a jamais su où elle allait durant cet exercice qui a vu quatre entraîneurs s’asseoir sur le banc du RCDE Stadium.

Quatre-vingt-cinq saisons dans un championnat qui en comptera quatre-vingt-dix en 2021. Un chiffre qui montre ce que représente l’Espanyol dans le football hispanique. Une image écornée cette année avec une équipe qui n’a pris que vingt-cinq points pour terminer dernier de LaLiga. Pour couronner le tout, elle est reléguée à trois journées de la fin dans le stade de son voisin et ennemi azulgrana. Les raisons de cet échec monumental sont multiples, mais tous les points convergent vers une même direction : une très mauvaise préparation d’une saison qui devait historique pour le nouveau projet blanquiazul.

Un projet ambitieux à terre

C’est dans un Camp Nou vide, souvent illuminé par quelques feux d’artifice des supporters blaugranas en dehors de l’enceinte, que l’ambitieux projet de l’Espanyol a pris du plomb dans l’aile le 8 juillet dernier.

« J’espère que l’Espanyol sera en Ligue des Champions et en bonne santé dans moins de trois ans », avait déclaré l’homme d’affaires chinois, Chen Yansheng, en janvier 2016, le jour de ses débuts en tant que président du club blanquiazul.

Du rêve de la Ligue des Champions aux excuses publiques pour une descente en deuxième division, le président de l’Espanyol ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé. (Crédit image : The Bulletin Time)

Quatre ans plus tard, il a assisté à une régression inattendue de son équipe. Pourtant, tout semblait rouler parfaitement pour l’entité barcelonaise, qui, financièrement, avait retrouvé une certaine stabilité. Une dette de 40 millions d’euros, un budget qui touche les 130 millions d’euros et surtout neuvième masse salariale de LaLiga.

Une gestion plutôt encourageante qui a été récompensée par une qualification en Ligue Europa, une première depuis douze ans. La petite coupe d’Europe, une étape préliminaire avant de rêver à la grande, un passage pour apprendre et pour grandir. Malheureusement, les vieux démons se sont réveillés à Cornellà.

L’Espanyol et l’Europe font très rarement bon ménage. À chaque fois que les bleus et blancs associent les obligations européennes aux tâches domestiques, ils passent tout près de la catastrophe. Mais cette fois-ci, la chute a été tellement brutale que personne ne la voyait venir au coup d’envoi de la saison.

Un triste derby, sans public, face à un triste Barça pour retourner en Segunda après vingt-sept saisons consécutives dans l’élite. (Crédit vidéo : Bein Sports France)

La direction perica était sur la bonne voie, mais a complètement perdu le nord cette saison. Le retour sur le vieux continent l’a-t-elle aveuglé ? Difficile d’y apporter une réponse claire. Toutefois, tout ce que l’on peut analyser est qu’elle a mal préparé une saison qui devait être historique.

Un mercato estival frileux, très frileux même. Un choix d’entraîneur très douteux dès le départ, qui a entraîné trois changements sur le banc. Une instabilité qui a perdu un effectif limité, dans lequel les héros de la saison dernière n’ont rien montré de bons à part se plaindre des tactiques des coachs.

De Gallego à Machin, du pareil au même

L’exultation, quand l’équipe de Rubi avait terminé septième en 2018/2019, a laissé place à un chantier quelques mois plus tard. Le technicien catalan a préféré rejoindre le Benito Villamarín où il n’a pas connu le même succès. Pendant ce temps, à Cornellà, la tâche de mener la saison a été confiée à David Gallego, entraîneur de l’équipe B, dont la seule expérience au haut niveau était un intérim en avril 2018 après le limogeage Quique Sánchez Flores.

Le costume était trop grand. (Crédit image : Mundo Deportivo)

Avec Gallego, les phases éliminatoires de la Ligue Europa se passent plutôt bien, puisque l’équipe a atteint la phase de groupes, mais le début du championnat est une autre histoire. Manque de préparation, un groupe diminué avec les départs de Borja Iglesias (Real Betis), meilleur buteur de la saison dernière, et de Mario Hermoso (Atlético de Madrid), révélation en défense.

Le club a récolté plus de cinquante millions d’euros pour ces deux ventes, mais n’a même pas dépensé la moitié pour se renforcer. Fernando Calero est venu pour huit millions d’euros en provenance du Real Valladolid. Matías Vargas (Vélez Sarsfield, dix millions d’euros) n’a rien apporté.

Les autres transactions s’étaient limitées à des prêts, comme Jonathan Calleri, Bernardo Espinosa, et aussi des transferts libres comme Ander Iturraspe. Sans compter, les joueurs promus de l’équipe B, Victor Campuzano ou encore Adrià Pedrosa. Un mercato estival très peu ambitieux pour une équipe qui doit jouer trois compétitions très exigeantes.

Des erreurs que l’Espanyol a payées cash dès l’entame de LaLiga. L’idée de Gallego ne prenait pas, son plan de jeu, sous l’apparence d’un 4-4-2, était «compliqué». Les joueurs ne l’ont pas compris. Ils ne savaient pas ce que l’entraîneur leur demandait. Ainsi, l’équipe a enchaîné les contre-performances en Liga. Néanmoins, sur la scène européenne, les résultats étaient un peu mieux, dans une poule où seul le CSKA Moscou était à craindre.

Cette fois-ci, la «Machín» n’a pas marché. (Crédit image : Reuters)

Avec une seule victoire (Eibar 1-2) après huit journées, l’Espanyol était logiquement relégable (dix-neuvième) et Gallego a été remercié pour laisser la place à Pablo Máchin, qui lui non plus n’aura pas eu de vieux os sur le banc du RCDE Stadium.

Malgré l’expérience ratée au Sevilla FC, le club a parié sur le technicien de Soria, qui a assuré la qualification en seizième de finale de la Ligue Europa. Cependant en Liga, le scénario ne changea point, car il n’aura ajouté cinq pauvres points sur le bilan de Gallego.

Son 3-5-2 fétiche n’a rien apporté, à part rouiller encore plus la machine blanquiazule qui n’arrivait pas à se retrouver dans son système très exigeant. Son manque de flexibilité a rapidement mis l’équipe mal à l’aise. Machín a subi la même impression que son prédécesseur, le vestiaire n’était pas prêt à assimiler ses idées de jeu très arrêtées.

Pablo est à son tour remercié après seulement soixante-dix-sept jours lors de la défaite 2-0 à Leganés, concurrent direct pour le maintien. Bilan : quinze matchs (dix en Liga), quatre victoires (deux en C3 et un en Copa), trois nuls (deux en Liga) et huit défaites (un en C3) ainsi qu’une place de colista (lanterne rouge).

Deux expériences sur le banc complètement ratées qui ont finalement eu raison du moral du vestiaire. Dès le départ, ni les joueurs, ni la direction ne savaient quel chemin prendre pour négocier cette saison. Avant même la fin de la phase aller de LaLiga, l’entité perico avait déjà consommé deux entraîneurs.

Un cadeau empoisonné pour Abelardo

Évidemment, le gros problème de l’Espanyol cette saison est la planification complètement hasardeuse. Des joueurs qui ne comprennent pas leurs entraîneurs. Et des entraîneurs, qui apparemment n’avaient pas le profil pour diriger ce vestiaire. L’un n’avait pas l’expérience et l’autre, un borné dans sa tactique.

Son licenciement a été incompréhensible, comme si la direction cherchait un énième bouc émissaire. (Crédit image : Diario Sport)

La troisième sera la bonne, pensa alors l’Espanylismo. Et Abelardo est arrivé. Un jeu simple et pratique. Le 4-4-2 d’une vie. Des lignes bien ajustées et des transitions rapides pour surprendre les adversaires. En plus, la direction a voulu corriger le tir du précédent mercato. Mais n’était-il pas trop tard ? Certes Raúl de Tomas, Leandro Cabrera ou encore Adrián Embarba ont apporté un plus dans le jeu, mais l’équipe n’a jamais pu sortir de la spirale négative.

Malgré son premier match qui a apporté beaucoup d’espoir (2-2 dans le derby barcelonais, NDLR) suivi d’une victoire à Villarreal (1-2), l’Espanyol n’a jamais quitté la dernière place de LaLiga jusqu’à la fin de la saison.

La dynamique positive initiée avec l’Asturien a été cassée par la Real Sociedad en Copa. En Europe, l’aventure s’est arrêté en seizième de finale après une démonstration de force de Wolverhampton, 4-0 au Molineux, même si le match retour a été gagné pour l’honneur.

La victoire 2-0 contre Alavés au retour du confinement laisser penser que la dynamique allait s’inverser pour le sprint final, mais c’était du pétard mouillé. (Crédit image : Rtve)

Avec Abelardo, l’équipe avait semblé gagner en qualité dans le jeu, mais les succès se sont fait rares. Hormis les trois points pris à la Cerámica, seuls Mallorca (première victoire à domicile, journée 23) et le Deportivo Alavés sont tombés devant les perruches.

Il a obtenu quatorze points en treize matchs, un meilleur bilan que ses prédécesseurs, mais insuffisant pour éviter de subir le même sort qu’eux. Son renvoi à la 31e journée n’a fait que confirmer une chose : la direction est le coupable numéro un de ce désastre sportif.

Ce qu’elle a bien assumé quand le directeur sportif, Francisco Rufete a terminé la saison sur le banc au milieu de l’effectif qu’il a bâti pour réaliser la pire saison du club. Un effectif dans lequel, certains joueurs n’avaient certainement pas le niveau pour concourir dans l’élite espagnole.

Bilan de saison 2019/20 – Athletic Club

Tout avait si bien commencé lorsque le mythique Aritz Aduriz avait signé son dernier but d’une chilena inoubliable, contre Barcelone. Alors que cette saison semblait prometteuse pour l’Athletic, le club basque a de nouveau manqué la qualification en Europe, son grand objectif. Avec la qualité de son effectif, l’équipe de Garitano a beaucoup déçu en échouant en seconde partie de tableau au vu des attentes placées en elle. Véritable arme au quotidien, le silence de San Mamés n’aura fait que déstabiliser davantage une équipe qui s’est écroulée sur la fin de saison...

La saison de l’Athletic Club semble paradoxale, avant d’avoir été irrégulière. Avec un groupe de joueurs qui n’a pas évolué par rapport à l’exercice précédent, l’impression reflétée est une amélioration nette du niveau de l’équipe qui ne s’est pourtant pas traduit dans les résultats. Une onzième place, restée en travers de la gorge des supporters, expliquée par un jeu parfois simple et trop peu axé sur l’attaque. Après une première partie de saison réussie, l’Athletic a ralenti en seconde partie d’exercice, remettant ainsi en cause le statut de son entraîneur et de ses ambitions. L’espoir du public rojiblanco n’aura pas pu envoyer une équipe, capable du meilleur comme du pire, en compétition continentale, encore une fois. Et ce malgré la qualité d’une équipe soudée.

Une imperméabilité défensive pour tenter de combler un irréalisme offensif

La défense a été la vraie force de cette campagne pour l’Athletic, avec d’impressionnantes performances. Cinquième meilleure défense du championnat à l’issue de la dernière journée, l’équipe ZuriGorriak a été emmenée par son indéboulonnable charnière centrale composée de Iñigo Martínez et Yeray. L’ancien de la Real Sociedad a été un véritable taulier au mental remarquable qui a su gérer ses coéquipiers de par son assurance.

A ses côtés, Yeray sort d’un exercice maîtrisé. Le canterano basque ne cesse de progresser et son évolution a été nette au cours des matchs, toujours très habile dans son secteur. Moins utilisé, Unai Núñez a aussi su être remarquable dans ses interventions.

Sur les couloirs, Ander Capa et Yuri Berchiche ont également répondu présent tant défensivement qu’offensivement, surtout pour l’ancien Parisien dont le niveau a été exceptionnel. Une ligne de quatre défenseurs déjà bien gardée et des meilleures de Liga qui, avec 38 buts concédés en autant de rencontres, réalise une saison historique.

Enfin, le dernier rempart a assurément été la grande révélation de cette saison pour les Leones. Gardées par Unai Simón et ses 23 ans, les cages basques sont restées inviolées à treize reprises en Liga. Le portier de Vitoria-Gasteiz a fait à merveille son travail, sauvant ainsi son équipe à plusieurs reprises cette saison. Le vivier défensif de l’Athletic pourrait d’ailleurs être une des pioches importantes de La Roja pour les prochains rassemblements.

https://www.mundodeportivo.com/r/GODO/MD/p7/Futbol/Imagenes/2020/06/25/Recortada/img_jecheverria_20200620-192557_imagenes_md_colaboradores__ech7117-kMFH-U481950484521XdH-980x554@MundoDeportivo-Web.JPG
Choisi par Gaizka Garitano pour garder les cages de l’Athletic, Unai Simón a surpassé les attentes placées en lui en sortant d’incroyables parades (crédit : Mundo Deportivo)

Cependant, l’Athletic a pêché offensivement. Une faille majeure et impardonnable traduisant un manque cruel de réalisme. Seulement 41 buts inscrits par les Bilbaínos, un total bien trop faible pour une équipe qui désire jouer le haut de tableau.

Pourtant, les occasions n’ont pas manqué pour le club basque qui possède de biens meilleurs chiffres que l’an passé et qui, surtout, a souvent dominé ses rencontres sans pour autant s’imposer. Portée par Raúl García et ses quinze réalisations, qui sort de sa meilleure saison depuis le début de sa carrière en Liga, l’attaque rojiblanca a été trop peu efficace. L’enfant du club, Iñaki Williams n’a marqué qu’à six reprises cette saison tandis que Muniain, certes plus impliqué dans la construction que dans la finition, a inscrit cinq goles.

À LIRE : Le bilan de la saison du CA Osasuna

Dans ce qui est du 4-2-3-1 de Garitano, l’attaque a parfois été réajustée. Positionné en tant qu’avant-centre lors de la première partie de l’exercice, la Pantera s’est finalement déportée sur l’aile droite pour laisser place à l’ancien Colchonero, qui a convaincu à ce poste. Avec l’émergence du jeune Oihan Sancet en tant que milieu offensif, Iker Muniain s’est parfois retrouvé sur le flanc gauche de l’attaque, prenant ainsi la place d’un Iñigo Córdoba dont la saison a été ratée.

Les apparitions, attendues plus régulières par le public basque, d’Asier Villalibre ont proposé une alternative notable pour le poste de buteur de l’Athletic. Le natif de Gernika profite aussi du départ d’Aritz Aduriz, retraité, pour gagner du temps de jeu. De plus, il faut souligner l’apport des deux latéraux Yuri et Capa qui totalisent cinq buts et six passes décisives à eux deux en Liga.

Athletic de Bilbao: Encouraging scorers for Raúl García and ...
Malgré leur saison à la dynamique opposée, Iñaki Williams et Raúl García s’entendent à merveille sur le terrain et en dehors (crédit : JuniperSports)

Le problème de cette équipe se situe également au milieu de terrain. La charnière, souvent composée de l’infatigable Dani García et du jeune Unai López, a manqué d’implication offensive. Si le second a tout de même délivré quatre passes décisives, le premier réalise à merveille ses tâches défensives mais se montre trop peu présent devant.

Les rôles des deux milieux sont logiquement différents mais, globalement, il y a peu de créativité vers l’avant et une difficulté à conserver la balle et la faire circuler, qui se retrouve dans l’ensemble de l’équipe. Avec un entre-jeu pas assez décisif, l’Athletic s’appuie sur une défense très solide mais doit également se réinventer avec l’arrivées de jeunes et des retours de prêt pour être plus tranchant en attaque.

L’irrégularité, résultat d’une saison à deux visages

Si l’Athletic n’a pas pu atteindre les places européennes, c’est en grande partie à cause de son irrégularité. Bien que le club soit resté durant la seconde partie de saison seulement à quelques unités des places continentales, après les avoir bien occupé durant la phase aller du championnat, il n’y a jamais eu de dynamique concrète sur le long-terme.

En difficulté à l’extérieur, avec seulement quatre succès, l’Athletic a donc du mal à installer une spirale de résultats positifs. Même si les Basques se sont montrés meilleurs en dehors de leur camp lors de cette campagne qu’auparavant, en partie grâce au huis clos, ils n’ont parfois pas su prendre des points vitaux dans des matchs où ils étaient supérieurs. Ce même huis clos s’est également révélé être un obstacle pour San Mamés, enceinte où les Leones sont habituellement réputés pour être solides.

Valencia 0-2 Athletic: Raúl García y el Athletic dejan al Valencia ...
En fin de saison, les zuri-gorriak avaient empoché trois points cruciaux en signant un important succès à Mestalla (crédit : El Español)

Pour beaucoup de joueurs, la saison a été irrégulière, à l’image des performances. Si on a senti un Athletic serein et en forme lors de la première partie de la campagne, il l’a été beaucoup moins ensuite. Avec seulement quatre défaites et sept victoires après dix-neuf matchs, le club occupait la huitième place, à un seul point de l’Europe.

Mais la phase retour va se compliquer. L’Athletic va notamment connaître une série de dix matchs sans victoire dont quatre défaites consécutives mais, étonnement, continue de triompher lors des matchs en semaine en Copa. Défensivement, la solidité sera diminuée : treize buts encaissés en phase aller contre 25 en retour. Les clean-sheets d’Unai Simón en témoignent, neuf sur la phase aller contre quatre dans la seconde partie. Des chiffres notables mais qui prouvent la chute d’une équipe au fur et à mesure du temps.

L’Athletic a donc eu une difficulté à maintenir le même niveau durant toute la saison. Malgré la diminution du rendement défensif, l’attaque s’est montrée plus dangereuse et prolifique sur la deuxième phase du championnat. En bref, mis à part la charnière centrale, le poste de gardien et sûrement Yuri Berchiche, le reste des joueurs a globalement fait une saison irrégulière, du « haut vers le bas », de más a menos.

Effectivement, la saison de cet Athletic est particulière. En plus d’être terriblement irrégulière, cette campagne installe un fait paradoxal. Lors du bilan de cette saison, le constat est frappant. Cette équipe a clairement progressé par rapport à la saison 2018/19 sur le plan individuel individuel mais aussi collectif. On sent une défense plus sereine, un milieu plus impliqué et libre et une attaque peut-être plus créatrice mais moins réaliste.

Leganes Beat Athletic Club
Avec l’expulsion d’Unai Simón a dû s’incliner contre Leganés pour l’avant-dernière journée mais surtout dit au revoir à retrouver l’Europe (crédit : Bleacher Report)

Pourtant, la formation emmenée par son capitaine Muniain n’a pas tellement fait mieux. Avec cette onzième place, les Lions terminent à cinq points de l’Europe quand ils étaient à égalité avec le septième l’an passé. Il est clair que le niveau de la Liga s’est resserré durant ces mois de compétition et que la lutte pour l’Europe a été plus rude. Cependant, les problèmes offensifs évoqués auparavant ont également été un frein bien que l’équipe ait nettement progressé collectivement.

Malgré le très bon parcours en Copa avec l’arrivée en finale, dont le verdict final est toujours attendu, la Liga 19/20 du club basé à Bilbao symbolisera un nouvel échec pour obtenir une qualification européenne.

Gaizka Garitano et l’ombre d’un doute qui plane

Le football évolue vite. Il y a un peu plus d’an et demi, Gaizka Garitano arrivait à la tête de l’Athletic. Nommé en décembre 2018, le technicien basque a la tâche de remonter une équipe qui occupe la zone rouge. Chose promise, chose due. Le club achève la saison en tant que huitième du classement, ayant perdu sa place européenne à la dernière journée au profit de l’Espanyol. Après ses six mois à la tête du club, la satisfaction envers lui est grande et il est donc logiquement prolongé jusqu’en 2020.

Pour cette saison 2019/20, Garitano veut poursuivre sur la même lancée qu’il a finit la précédente campagne. Reprendre ce 4-2-3-1 mais avec quelques évolutions concernant les joueurs. Malgré les quelques échecs tactiques, la première partie de l’exercice est bonne, avant de se dégrader en partie à cause de son coaching.

Bilbao : Gaizka Garitano prolonge d'une saison
En 72 matchs sur le banc des Lions, Garitano comptabilise 33 succès (crédit : Foot Mercato)

Le natif de Bilbao va essuyer les critiques à plusieurs reprises. Son manque de rotation est décrié, tout comme la tactique qu’il aura tenté de mettre en place au début de l’année. Principalement utilisé de janvier à février, le 5-3-2 instauré se révèle être un échec : l’Athletic ne gagne plus, subit et manque énormément de rigueur. Il faudra mystérieusement attendre que le 4-2-3-1 revienne de façon permanente pour revoir des succès.

Garitano compose ses XI avec un bloc fixe, ne faisant que très peu tourner et accordant peu de confiance à son banc, certes de qualité moindre à certains postes. Dans des moments de difficulté, les supporters rojiblancos n’ont pas toujours compris pourquoi des profils tels que celui d’Ibai Gómez n’avaient pas été sollicités pour débloquer la situation.

Enfin, son coaching en général est jugé trop frileux. A plusieurs reprises, le coach basque a cherché à défendre et assurer le score au lieu d’essayer de tuer le match, cela même lorsque le score affichait un match nul. Pourtant, avec lui, l’Athletic a déjà pu réaliser de bonnes performances lorsque ses choix étaient justes.

Garitano: “We must keep a cool head” | Athletic Club
Dans sa zone technique, l’entraîneur rojiblanco est très tonique et expressif (crédit : Athletic Club)

Du côté du public, on espère évidemment que Garitano offrira plus de temps de jeu à la jeunesse et n’hésitera pas à remanier son bloc dans les moments compliqués. Récemment, sa prolongation jusqu’en 2021 a fait débat, du fait qu’il n’atteigne pas l’objectif européen. Toutefois, la direction continue de lui afficher sa plus grande confiance et les supporters ont salué la performance histoire du club en Copa avec lui.

C’est donc une nouvelle saison sans Europe qui s’annonce pour les basques de l’Athletic Club. Après avoir connu la joie et soutenu leur équipe en confiance durant les premiers mois de compétition, les aficionados rojiblancos ont vu leur équipe s’écrouler en seconde partie de saison et manquer ses objectifs. La solide défense du club est un véritable atout, reconnu nationalement, et même au delà des frontières espagnoles, avec des renforts de taille venant du centre de formation, mais l’attaque doit à tout prix trouver un nouveau souffle. Malgré les critiques, Garitano sera donc en charge de mener à bien cette équipe talentueuse tout en résolvant la faille de l’irrégularité et en améliorant son coaching qui a coûté des points, aujourd’hui regrettables de ne pas avoir été pris.

Bilan de saison 2019/20 – Valencia CF

Le football prend parfois des allures cauchemardesques. Une saison à oublier où les malheurs et mauvaises nouvelles se sont succédés, accompagnés de résultats décevants, c’est ce qu’a vécu le Valencia CF. Pas qualifié en Europe, le club Ché traverse une longue crise depuis plusieurs mois qui ne cesse de faire du dégât dans les rangs du VCF.

La bronca de Mestalla n’était pas là pour assister à ces derniers matchs compliqués du Valencia CF afin de conclure un exercice qui sonnait comme un véritable désastre. Sans Marcelino, ce sont Celades, puis Voro, qui ont tenté de sauver un club qui est à la dérive. Dirigé par une direction largement et logiquement critiquée, l’extra-sportif du Valencia CF est en train d’empiéter sur les résultats sportifs du club, et cela devient pesant pour les supporters et les joueurs. La preuve en est cette non-qualification en Europa, qui aura été l’objectif de fin de saison après avoie abandonné la possibilité d’aller en C1. A l’aube d’un grand ménage qui semble s’annoncer sur le mercato, c’est avant tout la colère et la frustration de toute équipe, qui n’aura pas su être au niveau pour jouer dans les hautes places du classement, qui s’exprime…

L’extra-sportif a pris le dessus sur tout tout le reste

C’est une direction qui n’est pas là pour le football, et cela se voit un peu plus chaque jour. L’incompétence de Lim, propriétaire du club, et de ses acolytes est en train d’envoyer le Valencia CF à la dérive sur le plan sportif. Sans Europe, la déception est déjà grande, et l’est d’autant plus quand on comprend les raisons d’un tel échec.

La chute visible du VCF commence dès ce début de saison, après que le club ait remporté une Copa historique l’année de son centenaire en mai 2019. En interne, les choses s’étaient pourtant envenimées depuis un moment. En effet, Marcelino va être limogé après quelques journées de Liga seulement. Malgré le début de saison compliqué en championnat, il n’est pas encore question de s’affoler du côté des supporters. La direction ne sera pas du même avis.

Cependant, le licenciement de Marcelino est toujours aussi incompréhensible. Lors d’une réunion en fin de saison passée, Lim aurait alors exposé au coach sa volonté de délaisser la coupe nationale pour se concentrer sur le championnat. Une requête que le staff et les joueurs ont refusé tout en assurant une qualification en Champions League, en plus de ramener un trophée. Rajoutons à cela un très honorable parcours en Europa League avec une demi-finale atteinte. Malgré tout cela, Marcelino ne comprendra jamais pourquoi il s’est vraiment fait virer, expliquant son départ par le seul fait qu’il ait joué la Copa jusqu’au bout, avec l’intention de la gagner. Chose qui aurait déplu aux dirigeants…

Valencia CF: Marcelino: "Nos van a decir 'empatas más que el ...
Entraîneur lors de la saison du centenaire et ayant remporté la Copa, Marcelino ne sera pas oublié des fans du Valencia CF (crédit : Marca)

Par la suite, le club va également enregistrer le départ du directeur sportif de Mateu Alemany, qui partageait le point de vue de Marcelino et dont l’entente avec le président et propriétaire n’était pas des meilleures. La direction nommera Celades au poste d’entraîneur mais ne prendra pas de directeur sportif. Entre les fans et les dirigeants, la tension monte face aux actes de Lim et Anil Murthy, le président, dans lesquels aucune cohérence sportive n’est retrouvée.

La gestion exécrable du cas de Ferran Torres ou des problèmes en interne illustre parfaitement la situation d’un club qui explose de partout et dont les conséquences finissent par se faire ressentir sur le terrain. Et personne ne se mobilise vraiment pour stopper ce désastre. De plus, le mercato est un gros point de désaccord à Valencia, où la direction s’implique peu, faisant parfois des choix surprenants.

Un exemple de ce à quoi la situation ressemblerait au VCF selon les médias valenciens

Les dernières rumeurs soutenaient d’ailleurs que le club prévoyait de se séparer de beaucoup de ses cadres lors de cet été. En bref, il est évident que les décisions prises par cette direction ont influencé les résultats de l’équipe. L’arrivée de Voro pour remplacer Celades en toute fin de saison a été débattue et n’aura pas fait effet. Avec un tel manque d’activité et de présence de la part des hommes occupant les fonctions importantes, le club Ché ne semble pas prêt de sortir de sa crise si rien ne change…

Un effectif largement en dessous de ses capacités

Même si la pagaille extra-sportive n’a évidemment pas aidé à tirer le VCF vers le haut du classement, il faut également reconnaître une défaillance sportive des joueurs. Dans tous les secteurs du jeu, l’équipe, qui aura conclu la saison avec Voro comme entraîneur, a connu des difficultés, majoritairement défensives.

Comme certaines équipes cette saison, à l’image de l’Espanyol, de l’Athletic, du Celta ou du Betis, Valencia n’a pas atteint ses objectifs sportifs alors que le club pouvait compter sur un effectif riche et solide. Il faut dire que les Chés n’ont pas été épargnés par les blessures qui ont particulièrement ravagé la défense.

Les multiples absences de Garay, blessé puis atteint du virus, ont laissé place à une charnière bien plus fragile composée de Mangala et Diakhaby lorsque Paulista n’était pas là. D’autres joueurs importants, comme Gayà ou Rodrigo, n’ont également pas échappé à des pépins physiques.

Gabriel Paulista se lesiona el tobillo en el partido ante el ...
Sorti sur blessure contre l’Atlético, Gabriel Paulista n’avait manqué que quelques matchs mais son absence s’était faite ressentir (crédit : InfoBiwenger)

Cependant, les résultats compliqués ne peuvent pas être expliqués que par ces blessures. L’absence de cadres a permis à des remplaçants de gagner en temps de jeu sans qu’ils ne se soient convaincants pour autant, remettant ainsi en question la fragilité du banc à certains postes.

Un des problèmes majeurs de cette équipe se situe sur la ligne de buts. Cillessen et Jaume ont déçu cette saison. Le portier néerlandais arrivé du Barça n’a pas su rehausser son niveau, qui avait chuté ces dernières années, et a logiquement été mis remplaçant à plusieurs reprises. Globalement plus rassurant, Jaume Doménech n’aura pourtant pas pu sauver le navire. Cette incertitude dans les cages aggrave les failles défensives d’un club qui a encaissé cinquante-trois réalisations en championnat.

Offensivement, la création de danger a cruellement manqué. Rodrigo sort d’une saison où son inefficacité est un énorme souci, Maxi Gómez se doit d’améliorer sa régularité et Gameiro n’a pas été assez tranchant sur le peu qu’il a joué. De leur côté, Cheryshev, Guedes, Soler, Ferran ou encore Manu Vallejo n’ont pas su relancer l’attaque du Valencia CF.

Le cœur du jeu a été, comme les autres postes, un véritable casse-tête. Le capitaine Dani Parejo a libéré son équipe à plusieurs reprises dans la saison sans pour autant réaliser un exercice fabuleux. Ses coéquipiers français, Coquelin et Kondogbia, n’ont pas été les joueurs que nous avons pu connaitre lors de la campagne précédente. Malgré la révélation intéressante de Hugo Guillamón, en défense centrale, c’est donc la quasi-totalité d’une équipe qui a montré un visage décevant, voire même laborieux par moments.

Leganés, 36e journée : le Valencia CF jouait une de ses dernières chances de qualification en Europe mais s’incline dans un match où Parejo aura manqué un pénalty (crédit : JuniperSports)

Dans cette défaillance sportive de tout un effectif, il faut également souligner que le changement d’entraîneur au cours de la saison n’a pas aidé à trouver une stabilité. En poste de septembre à juin, Albert Celades a dirigé l’équipe pendant une grande partie de la saison sans innover, contrairement à son prédécesseur, licencié, et reconnu pour ses qualités tactiques. Mené par Voro pour les derniers matchs, le club n’a pas vraiment vu les choses évoluer positivement au classement. Le tout avec une direction critiquée.

Une incapacité à rebondir et à se relever

La mauvaise passe que traverse le Valencia CF depuis plusieurs mois est également le fruit d’un manque de capacité à se relever des échecs. Mentalement, on peut penser que cette équipe manque d’un véritable leader. Parejo porte le brassard et a déjà pu remobiliser les troupes lorsqu’il le fallait mais il semble être plutôt seul dans cette tâche.

Les difficultés mentales de ce groupe se notent à l’extérieur. Loin de Mestalla, le VCF affiche un inquiétant niveau de jeu. Sans son public, la formation valencienne n’a collecté que treize points. Avec un taux de points aussi faible, Valencia est la dix-septième équipe à l’extérieur en Liga. Seulement trois succès contre une douzaine de défaites. Dont de nombreux points perdus dans des confrontations importantes pour l’Europe.

Ces chiffres démontrent que les joueurs n’y arrivent pas quand ils jouent ailleurs qu’à Mestalla. Ravagés par les échecs dans les autres stades de Liga, les coéquipiers de Parejo n’arrivent plus à s’imposer et souffrent de cette série noire sur le terrain. Cela dit, ce problème dont est victime le VCF est récurrent chez plusieurs formations de Liga.

A la différence de ces déplacements périlleux, il reste toute fois important de souligner que le Valencia CF a été une excellente équipe à domicile, ne s’inclinant qu’une seule fois et glanant pas moins de onze succès et quarante points. Toutefois, Valencia va avoir besoin de rapidement retrouver une certaine solidité et oublier ses échecs pour enchaîner, un défaut qui a coûté trop de points lors de cet exercice. Renverser les matchs doit aussi redevenir une qualité de cette formation si talentueuse

https://plazadeportiva.valenciaplaza.com/public/Image/2020/6/2495058c3296fc0589e83fe74d17fd0f82c15498_NoticiaAmpliada.jpg
La défaite à Eibar dans la fin de saison illustrait parfaitement cette description d’un VCF méconnaissable à l’extérieur et incapable de se relever (crédit : Plaza Deportiva)

Les points positifs de la saison du Valencia CF sont donc en infériorité numérique en comparaison des événements plus douloureux. Les performances de cette équipe ont été très décevantes, comme le montre le classement, mais le sportif n’est pas l’unique explication de cette déroute. La qualité des joueurs n’a pas su relancer un club qui vit une crise difficile depuis plusieurs mois, face à une direction sourde devant les critiques, continuant, tête baissée, à avancer et à mener une politique qui nuit au VCF. Un tableau qui montre donc beaucoup de négatif et une situation qui pourrait bien continuer de s’aggraver si rien n’évolue. Pourtant, cette équipe a la capacité de redevenir ce qu’elle était lors de sa saison centenaire, où elle a fait rêver l’Espagne et son peuple valencien. Il faudra pour cela de l’envie, du courage et du changement en attendant de retrouver les « Amunt » du public de Mestalla.

Bilan de saison 2019/20 – Granada CF

« Eterna Lucha ». Une devise si bien portée et surtout deux mots qui illustrent à la perfection l’esprit et la volonté des joueurs du Granada CF lors de cette saison. Car oui, quelques mois après avoir fait chavirer le Nuevo Los Cármenes pour la remontée du club en Primera, le stade, cette fois vide, aura été le théâtre d’une qualification européenne historique.

Historique, oui. Le mot juste pour désigner l’exercice mené par les Andalous qui vont vivre leur première saison Coupe d’Europe. En plus d’avoir impressionné l’Espagne et donné une leçon de ce que l’envie dans le football pouvait amener, Granada a également réalisé un fabuleux parcours en Copa del Rey. En atteignant les demi-finales du tournoi, le promu a été la véritable révélation espagnole, faisant également émerger les talents méconnus de certains de ses joueurs. En combinant avec l’expérience et la jeunesse de son groupe ainsi qu’avec un coach plutôt jeune, le Granada CF a assurément écrit une des plus belles pages de son histoire.

Un promu déjà taillé pour jouer le haut de tableau ?

Dauphin du CA Osasuna lors du précédent exercice, Granada a donc pu retrouver l’élite que le club n’avait plus connu depuis 2017 avec cette place de lanterne rouge. A l’issue de cette saison, émergeait déjà la fierté et l’ambition d’une équipe qui se battrait coûte que coûte pour rester en Primera. Mais très vite, la direction s’est activée notamment sur le marché des transferts.

Le Granada CF a ainsi réalisé de très bon coups. L’arrivée gratuite de Roberto Soldado est une véritable réussite, les signatures en prêt de Carlos Fernández, Maxime Gonalons ou Yangel Herrera ne peuvent qu’être saluées. De plus, les recrutements à très bas prix de Darwin Machís ou encore de Domingos Duarte, pour seulement trois millions d’euros, révèlent d’un mercato judicieux et qui a porté ses fruits.

Enfin, El Grana a également su s’appuyer sur ses jeunes, en témoigne la promotion de Carlos Neva en équipe première. Le jeune espagnol aura impressionné beaucoup de monde sur son couloir gauche. Les footballeurs déjà présents au club depuis un bon moment, comme Antonio Puertas, n’auront fait que confirmer.

Domingos Duarte: «O Santiago Bernabéu tremeu» - Espanha - Jornal ...
Indéboulonnable dans le XI nazarí, le Portugais Domingos Duarte sort d’une saison réussie en défense centrale (crédit : Record)

Parti pour jouer son maintien, comme tout promu, ou presque, dans le football, les objectifs du Granada CF vont rapidement changer. Pour preuve, le club andalou occupait la première place du championnat lors de la dixième journée de championnat, avec vingt points ! Il était encore trop tôt pour tirer des conséquences, mais ce premier quart de saison était une réussite totale.

Malgré un passage à vide en fin d’année 2019, le Granada CF occupe le milieu de tableau à la mi-saison. Quelques semaines plus tôt, le club présidé par Jiang Lizhang enregistre la prolongation de contrat de son entraîneur, Diego Martínez, jusqu’en 2021, étant alors sous contrat jusqu’à la fin de l’exercice 2019/20. Une décision logique et grandement saluée par les supporters, tous très admiratifs de l’Espagnol. Arrivé en 2018, le jeune entraîneur de seulement trente-neuf ans avait promu le club en Primera dès sa première saison, avant de confirmer dans l’élite comme on le constate aujourd’hui.

Tout semble donc être sous contrôle et bien se passer en Andalousie après les dix-neuf journées disputées. A l’hiver, le club de Granada va pouvoir compter sur les prêts de Jesús Vallejo et Gil Dias. Cédé avec une option d’achat (levée par le club en fin de saison, NDLR), Dimitri Foulquier effectue son retour chez la formation nazarí tandis que Antoñín arrive de Málaga.

Granada CF: Granada shields itself against the coronavirus ...
Un mercato judicieux et à faible coût, Granada a réalisé de très bons coups (crédit : Spain’s News)

Au cours de la seconde partie de l’exercice, Granada va maintenir un court écart avec les places européennes. Dans le sprint final, plus serré que jamais, l’équipe andalouse va battre des adversaires directs tels que la Real Sociedad (2-3) ou Getafe (2-1) et accrocher des équipes comme le Valencia CF (2-2). Enfin, lors de la dernière journée, l’Europe est toujours indécise pour la sixième et septième place. Largement victorieux (4-0) d’un Athletic terrassé, la tension de l’avant-match fait place à l’allégresse et la joie de retrouver l’Europe.

Avant de pouvoir enchanter les jeudis soir du Nuevo Los Cármenes, les Granadinos devront disputer le second et troisième tour de qualification pour espérer atteindre un barrage qui les enverrait en Europa League. La route est longue, mais quand l’envie et le rêve sont associés, plus rien ne semble impossible…

L’envie et le rêve ont fait bon ménage

Européen. Demi-finaliste de Copa. Comment ne pas dire que la saison du Granada CF est un rêve ? Les attentes fixées en début de saison ont évidemment largement été dépassées. Et pourtant, cela était loin d’être prévisible lorsque l’exercice 2019/20 a débuté.

Granada, dix-huitième budget de Primera División, possédait au début de cette saison un des effectifs les plus faibles de cette Liga. Chose plutôt logique pour un promu. Les bonnes performances sont arrivées d’une équipe, avant tout, redoutable mentalement. Un groupe soudé et uni qui n’a fait que croire à ce qu’il voulait avec des joueurs qui se sont surpassés. L’équipe a su hausser son niveau bien plus haut de que ce qu’on pouvait imaginer.

Dans cette équipe, on pourrait presque y voir du fantastique. Au cours de cette campagne, le Granada CF a démontré que l’argent était loin de faire toute la différence dans le football. En voyant le maintien s’assurer plus facilement que prévu, alors c’est évidemment une vague de joie et de gaieté qui s’est emparée du club et de ses supporters.

Pourtant, au lieu de se relâcher, ayant assuré sa place dans l’élite pour la prochaine saison, Granada a continué de se battre, pour terminer le plus haut possible. Et à force d’y croire, ce qui paraissait être un rêve va en fait devenir une réalité. Mis à rude épreuve au cours de ces mois de compétition, le mental collectif de cette équipe s’est révélé être impressionnant.

À LIRE AUSSI : Le bilan de la saison de la Real Sociedad

Le parcours notable en Copa est le reflet de cette combinaison entre envie et rêve. Avant d’atteindre la demi-finale, l’équipe de Diego Martínez s’est heurtée à plusieurs adversaires, en apparence plus faibles, qui lui ont posé de sérieux soucis. Intégré au tournoi lors du premier tour, Granada va souffrir et connaître les prolongations à plusieurs reprises. Face à des équipes telles que L’Hospitalet, Badalona et Badajoz, l’équipe andalouse connaîtra des prolongations desquelles elle sortira triomphante.

Dans une édition des plus surprenantes, Granada va se défaire du Valencia CF (2-1) en quarts de finale avant de trébucher sur l’Athletic lors de la demi-finale aller-retour. Battus (1-0) et dominés à l’aller, les Andalous s’imposent (2-1) au retour mais sont éliminés par la règle des buts à l’extérieur malgré leur performance remarquable. Mais le positif à retenir est évidemment dans le contenu. Le Granada CF n’aura jamais baissé les bras, ni cessé de croire à ses rêves et aura surtout eu le mérite d’obtenir ce qu’il méritait, pour le plus grand bonheur de ses formidables supporters.

Copa del Rey | Granada - Valencia: Soldado desata la locura en ...
Face à son ancien club, Roberto Soldado inscrira un doublé libérateur pour envoyer son équipe dans le dernier carré de la compétition (crédit : Marca)

L’énergie de la jeunesse guidée par l’expérience des vétérans

Des vingt-deux ans de Yangel Herrera aux trente-cinq de Roberto Soldado, il y a un monde. L’un réalise une des premières saisons au haut niveau dans le football professionnel quand l’autre arrive sur la fin d’une carrière où il aura tout connu. C’est ce qu’a réussi à bâtir Diego Martínez : un équilibre parfait entre la jeunesse et les joueurs qui ont déjà un passé d’expérience dans le monde du football.

Le succès du Granada CF passe aussi par là. La révélation de nombreux jeunes joueurs cette saison, tels que Rui Silva ou Carlos Fernández, s’explique en partie par ce qu’ils ont pu apprendre auprès des joueurs plus âgés. En attaque, Roberto Soldado a connu un début de saison compliqué avant de finir en beauté. A trente-quatre ans, ses très belles statistiques (sept buts et cinq passes décisives) ont un lien avec son association réussie à Carlos Fernández.

En défense, Germán Sánchez a su épauler à la perfection Domingos Duarte. Les trente-deux ans de Víctor Díaz ont également été un moteur pour animer l’aile droite du Granada CF. La jeunesse a, de son côté, aussi beaucoup contribué à la qualification en Europe du club andalou. Les contributions de talents tels que Yangel Herrera, Gil Dias et Vallejo prouvent que chaque joueur de ce onze s’est senti impliqué et important pour permettre au club de connaître sa première qualification en coupe continentale.

Granada / Yangel Herrera, de baja y pendiente de pruebas médicas
Prêté par Manchester City, Yangel Herrera a été une des révélations de cette saison du côté du Granada CF (crédit : Mundo Deportivo)

Ainsi s’achève donc une saison historique pour le Granada CF. Européen pour la première fois de son histoire, demi-finaliste de Copa, l’équipe andalouse venait pourtant tout juste d’être promue dans l’élite du football espagnol. En déjouant les pronostics grâce à son mental, son esprit d’équipe et ses belles performances, plusieurs révélations ont émergé dans cette formation. Il sera difficile de retenir tout le monde. Alors que certains vont repartir de leur prêt, d’autres hésitent entre partir pour des clubs de très haut niveau ou bien prendre part à la saison européenne, sans oublier ceux qui savent déjà que quitter ce club n’est pas envisageable. En conservant cet esprit compétitif et cette volonté de toujours aller de l’avant, cette équipe sait assurément qu’elle pourra continuer d’écrire l’histoire du Granada CF. Qui a dit que les rêves n’existaient pas dans le foot ?

Bilan de saison 2019/20 – Sevilla FC

Quatrième et surtout qualifié pour la Champions League, le Sevilla FC pouvait difficilement rêver mieux. Au terme d’une fantastique saison, réussie du début à la fin, les Andalous se sont transformés en véritable rouleau compresseur afin de retrouver la C1. Mené par Lopetegui, le club andalou a tourné à plein régime pendant de longs mois, tout en composant avec un XI au top de sa forme.

Ocampos, Navas, Munir, Diego Carlos, Koundé, Reguilón… tant de noms qui ont emmené le Sevilla FC dans le haut du classement. C’est donc trois saisons après sa dernière qualification en Champions League, et l’élimination en quarts contre le Bayern, que les Sevillistas vont pouvoir de nouveau côtoyer les plus grands d’Europe. Agile offensivement, bien en place au milieu et solide en défense, l’équipe andalouse a largement complété ses objectifs et va donc connaître sa quatorzième saison en Europe sur les quinze dernières. La formation de Lopetegui a impressionné l’Espagne, tant dans son jeu comme dans ses résultats, sans montrer de failles particulières, et laisse présager qu’elle pourrait bien continuer de faire des dégâts sur le territoire hispanique.

Sérénité et maîtrise : la clé de la réussite sévillane

Parmi les dix-neuf succès qu’a connu le Sevilla FC cette saison, en ressortent deux points importants, présents quasiment tout le long de la saison. D’une part, la confiance et la sérénité du bloc de Lopetegui qui n’a pas ressenti la peur, et ne s’est jamais effondré. Et d’autre part, nous avons pu observer une équipe qui, la grande majorité du temps, imposait son rythme, contrôlait et maîtrisait ses rencontres.

Les excellentes performances sevillistas s’expliquent en partie par cet équilibre parfait qui a été trouvé entre l’attaque et la défense, ainsi qu’avec un milieu qu’il a été difficile de bouger. Mené par plusieurs joueurs que nous évoquerons un peu plus tard dans l’article, mais plus généralement par un bloc soudé et uni, les Andalous ont terminé cinquième meilleure attaque de Liga, avec 54 réalisations inscrites. Un chiffre pas excessivement impressionnant mais correct, pourtant moins élevé que celui de la précédente saison.

Athletic de Bilbao vs Sevilla: Goles y resumen de partido de La Liga
La qualification en C1 du Sevilla s’explique aussi par la réussite à l’extérieur : seconde équipe à avoir pris le plus de points (33), hors de son domicile (crédit : Milenio)

Malgré le plus faible rendement offensif, en comparaison de l’exercice précédent, Sevilla a quand même réussi à se hisser en C1, chose que le club n’a pas réalisé la saison passée. Cela s’explique en partie par le fait que défensivement l’équipe soit une des meilleures des dernières années. Avec le renforcement en défense centrale, les arrivées de Diego Carlos et Koundé, Sevilla n’a encaissé que 34 buts. Il s’agit là de la troisième meilleure défense du championnat.

L’assurance dégagée par les Blanquirrojos se justifie également par le contrôle au milieu de terrain. Le jeu qu’affiche la formation andalouse se base beaucoup sur la possession : Sevilla affiche un pourcentage moyen de 58.7% par match, complétant encore une fois le podium. Un milieu qui fait parfaitement circuler la balle, se classant comme la troisième équipe de Liga a avoir complété le plus de passes. La confiscation du ballon permet ainsi de concéder peu d’occasions venant du camp adverse.

A LIRE AUSSI : Bilan de saison 2019/20 – Atlético de Madrid

L’autre fait intéressant est d’observer que cette formation andalouse subit peu de danger dans sa surface de réparation. La solidité et l’unité du bloc défensif contraint les autres équipes à souvent tenter de loin, rendant difficile la tâche d’atteindre les cages de Vaclik. Confiante mentalement et battante sur le terrain, l’équipe du Sevilla FC ne se sent que très peu inquiété, et le démontre sur le terrain.

Une équipe régulière emmenée par des joueurs cruciaux

Lucas Ocampos : l’intenable

Comme évoqué récemment, le Sevilla FC a donc répondu présent dans les différents secteurs du jeu, étant ainsi très régulier dans ses résultats. L’équipe de Lopetegui est composée de plusieurs leaders, à tous les postes, qui ont propulsé leur club vers les plus hautes places. Le véritable gros coup reste évidemment le transfert de Lucas Ocampos. L’Argentin, arrivé de Marseille, a réalisé une saison tout simplement exceptionnelle, tout comme ses coéquipiers offensifs comme Munir.

Vidéo - Quand Ocampos finit gardien de but… et sauve Séville ...
Réputé pour ses talents d’attaquant, Lucas Ocampos a aussi enfilé les gants en cette fin de saison pour sortir un magnifique arrêt contre Eibar ! (crédit : Goal.com)

En plus d’avoir excellé sur le plan sportif avec ses quatorze buts et trois passes décisives en Liga, Ocampos pourrait apporter une vraie plus-value financière au club. Acheté pour une quinzaine de millions d’euros, ce prix fait sourire aujourd’hui. Sa valeur marchande serait actuellement estimée à cinquante millions d’euros. Un transfert qui traduirait une certaine fierté, tant chez le joueur que chez le club.

Jesús Navas : l’inépuisable capitaine

A 34 ans, le capitaine du Sevilla FC continue de bercer tout un club. Inépuisable sur le terrain, le latéral droit a joué à chaque journée de cette saison de Liga ! Malgré l’âge, Navas n’a pas cessé d’accélérer sur son couloir droit, à grandes enjambées, avant de délivrer de magnifiques centres. Décisif et indipensable à cette équipe, le capitaine revenu dans son club formateur, en 2017, en provenance de Manchester City, reste un véritable poison d’autant plus dans le secteur offensif.

Éver Banega : la légende s’en va

La légende Banega va donc quitter le Sevilla FC pour rejoindre l’Arabie Saoudite. Après une dernière saison magnifique, le milieu argentin quitte donc la Liga sur un golazo, inscrit contre l’Athletic sur coup franc-direct. Une oeuvre d’art à l’image de la carrière d’un joueur qui a tout de même délivré sept passes décisives lors de cette campagne. Âgé de 32 ans, Banega sait qu’il a probablement vécu les meilleurs moments de sa carrière en Andalousie.

La curiosidad en el golazo de Banega para Sevilla - Olé
D’un magique coup de patte, Éver Banega avait transformé un coup-franc en fin de saison (crédit : Olé)

Koundé – Diego Carlos : la Ligue 1 s’exporte

Respectivement arrivés de Bordeaux et de Nantes au mercato estival dernier, Jules Koundé et Diego Carlos se sont largement imposés dans la charnière centrale sévillane. Deux anciens joueurs de Ligue 1, réputés pour leurs excellentes qualités défensives qu’ils ont démontré en Espagne. Diego Carlos n’a pas flanché. Titulaire à pratiquement toutes les rencontres de Liga, le Brésilien a été un véritable roc infranchissable.

Son coéquipier français, lui, a prouvé que, malgré son jeune âge, il avait les épaules pour évoluer dans un grand club. Laissé sur le banc en début de saison, Koundé a très vite montré qu’il était le joueur idéal pour former une paire, avec Diego Carlos, qui pourrait bien atteindre des records. Avec un gardien de la qualité de Vaclik dans les cages, la sérénité défensive du Sevilla est assurée.

https://img.bfmtv.com/c/1256/708/83c/4b90203158c39932748a763977246.jpeg
Diego Carlos s’est révélé très rapidement comme le chef de la défense (crédit : RMC Sport)

Les retours de prêt : l’arme du futur ?

Après un mercato estival dernier très agité, Sevilla a dû se séparer de certains joueurs, qui ne correspondaient pas aux attentes du clubs. Cependant, le Sevilla FC compte aussi, dans le futur, sur des joueurs qui ont été prêtés cette saison, et qui ont convaincu.

Carlos Fernandez, prêté à Granada, a largement participé à la qualification européenne du club promu en Primera cette saison. Taillé pour occuper le poste d’avant-centre, il y a aussi Marc Gual, cédé au Real Madrid Castilla et Girona. Enfin, le club andalou possède aussi des joueurs de qualité comme Alejandro Pozo ou encore la pépite Bryan Gil. Beaucoup de jeunes qui pourraient bien faire parler d’eux dans les prochaines années.

Lopetegui, ¡bueníssimo!

Choisi lors de l’été dernier pour ramener le Sevilla FC vers la Champions League, Julen Lopetegui a, en plus de compléter les objectifs, réalisé un travail exceptionnel à la tête d’une équipe dont il a eu carte blanche. Accompagné de Monchi pour la direction sportive, le coach basque est grandement impliqué dans la gestion sportive et le mercato du club. Même si tous les transferts n’ont pas été fructueux, une bonne partie a convaincu.

Son formidable travail passe notamment par les décisions prises. Les choix visant à faire confiance à Jules Koundé en défense centrale, à signer Óliver Torres, qu’il avait connu à Porto, ou à aller chercher Luuk de Jong au PSV ont été payants. Lopetegui a également su faire le tri entre les joueurs qu’il ne désirait pas et ceux qui n’avaient plus la qualité pour rester titulaire.

Fortement critiqué après sa sortie compliquée de la Roja et son mauvais passage à Madrid, Julen Lopetegui a surpris plus d’un supporter cette saison. Alors que certains se montraient réticents lors de son arrivée en Andalousie, le Basque a fait taire les critiques lancées par certains médias et supporters.

Lopetegui: "If I would go back to Madrid? I don't think about the ...
Très agité dans sa zone technique (et même parfois en dehors), Julen Lopetegui n’exprime pas ses émotions à moitié (crédit : Real Madrid Sport)

Avec lui, le Sevilla FC a donc su retrouver un jeu plus direct, plus défensif mais également plus tranchant offensivement. Des qualités qui avaient quelque peu manqué à l’équipe andalouse lors des précédents exercices. La possession prônée est également une de ses volontés tactiques qui, jusqu’à présent, semble porter ses fruits.

A l’heure de tirer un bilan de cet exercice, il est extrêmement positif pour Sevilla. En plus d’avoir rempli les objectifs et d’avoir retrouvé la Champions League, que les fans attendaient avec impatience, l’équipe a également dégagé beaucoup de maîtrise et de confiance tout au long de sa saison. Lopetegui a réussi à imposer ce qu’il voulait à cette équipe mais veut encore apporter beaucoup de nouveautés au Sevilla FC, en continuant de travailler autour d’un effectif soudé et de qualité pour le présent, et le futur. Encore en lice en Europa League, un trophée serait une excellente manière de récompenser la très belle saison du club sévillan.

RCD Espanyol : un cataclysme historique difficilement explicable

De la tristesse, de la déception, de la colère, de la frustration sur les visages. Hier soir, une partie de la ville de Barcelone vivait assurément un des moments les plus sombres de son histoire. Battu 1-0 par le Barça dans le derby, l’Espanyol a pris conscience qu’il évoluerait en Segunda lors de la prochaine saison. Une catastrophe historique et qui suscite des interrogations tant sur le plan économique que sportif pour une des équipes les plus importantes du football espagnol.

Après une saison 2018/2019 aboutie, l’Espanyol de Barcelona avait toutes les raisons de croire à un exercice tout aussi réussi. Qualifiés en Europa League, qui pouvait s’attendre à ce que les Pericos réalisent une saison aussi désastreuse ? Longtemps logé dans la zone rouge et même à la dernière place, une relégation semblait de plus en plus inévitable pour le club. Et c’est toujours cette inlassable question qui revient occuper nos pensées : comment ce naufrage a-t-il pu arriver ? Avec une telle qualité d’effectif, il est difficile de l’expliquer et de le comprendre. Ce drame était peut-être inévitable depuis bien longtemps.

Un derby mou et sans envie a condamné l’Espanyol

Cet affrontement catalan était très certainement un des plus attendus, avec également d’énormes enjeux à la clé. D’un côté, un Barça sortant d’un bon match à Villarreal et jouant pour le titre, et de l’autre, l’Espanyol qui occupe la dernière place, espérant son maintien.

https://i.dailymail.co.uk/1s/2020/07/08/23/30549734-8503299-image-a-27_1594245752563.jpg
Véritable désillusion, cette descente devrait amener du changement au sein du club (crédit : Daily Mail)

L’équipe de Rufete s’est montrée peu ambitieuse dans la première période. Cherchant peu à construire en voulant alerter Raúl de Tomás devant, l’Espanyol a néanmoins eu les deux plus grosses occasions de la première période, touchant même le poteau de Ter Stegen.

En seconde période, le verrou a rapidement sauté avec un but de Suárez bien que les deux équipes aient été réduites à dix. Ensuite, l’Espanyol s’est montré frileux et a refusé de se découvrir pour tenter d’égaliser, restant avec une défense à cinq joueurs. Seul RDT (le surnom de Raúl de Tomás, NDLR) semblait se montrer combatif dans une équipe qui semblait endormie et démotivée. Aux cages, Diego López a fait le travail. C’était sans compter sur certains choix étranges de Rufete.

Après le triple coup de sifflet, les visages des joueurs témoignaient bien d’une saison ratée du début à la fin. Même si l’espoir de se maintenir était présent jusqu’à la fin, l’Espanyol semblait être une équipe paralysée par la peur de descendre.

L’incompréhension autour d’un effectif de qualité

Comment expliquer une telle déroute ? L’histoire d’un club important en Espagne, un budget qui se portait bien et des joueurs taillés pour jouer l’Europe, comme c’était le cas cette saison, qui ont finalement dû bagarrer dans le bas de tableau. Incompréhensible, oui. Mais le fait que l’Espanyol joue le maintien, ce qui était imprévisible, n’a t-il pas paralysé psychologiquement le club ?

Il n’y qu’à observer. Adri Embarba, Raúl de Tomás, transfert hivernal crucial sur qui les espoirs du club reposaient, Wu Lei, ou encore Jonathan Calleri en attaque. Un gardien expérimenté à la riche carrière tel que Diego López, un jeune milieu prometteur comme Marc Roca, ou de qualité à l’image de Sergi Darder. Une défense composée d’Espinosa, Calero, Cabrera, et même Javi López. Tout ce beau monde n’a pas pu empêcher la descente du club.

Avec un faible bilan de cinq succès et neuf matchs nuls en 34 matchs pour 21 défaites, l’Espanyol n’a que très rarement touché autant le fond dans son histoire. L’entité catalane vit sa cinquième relégation en seconde division depuis sa création, en 1900.

A la mi-saison, le club était déjà bien mal embarqué en occupant la dernière place, avec seulement quatre unités de retard sur Vigo, 17e. Pourtant sorti leader de son groupe, l’Espanyol a rapidement été contraint d’aligner une équipe remaniée en 16e de finale, pour pouvoir se concentrer sur LaLiga, et s’est logiquement fait éliminer par Wolverhampton.

Crónica del Wolverhampton - RCD Espanyol, 4-0 - Bolsamanía.com
Europa League : Étrillé 4-0 en Angleterre, le club catalan a sauvé l’honneur en s’imposant 3-2 au retour (crédit : Bolsamania)

Avec le remaniement du staff sportif et l’arrivée d’Abelardo, fin décembre, l’Espanyol a entamé une série de résultats corrects et chargés d’espoir. Du début de l’année civile 2020 à l’arrêt des compétitions, début mars, le club n’aura connu que trois revers, se permettant même d’accrocher Sevilla, l’Athletic, l’Atlético et même le Barça. Beaucoup de matchs nuls donc, avec deux succès à la clé. Dans cette période, les cadres du club s’affirment un peu plus et se démarquent. L’Espanyol semble aller mieux.

La longue pause de trois mois a malheureusement cassé cette dynamique plutôt bonne. Au retour du championnat, l’Espanyol bat Alavés deux buts à zéro. Alors que l’on pensait les Blanquiazules partis pour redémarrer fort, ils s’inclineront sur leur six prochaines rencontres, après avoir accroché Getafe (0-0). La victoire contre Alavés était peut-être en trompe l’œil du fait que les Basques aient été réduits à dix dès la vingtaine de minutes, en raison de l’expulsion du gardien Pacheco.

Malgré une dernière tentative de changement d’entraîneur, l’Espanyol échouera à se maintenir en perdant contre des adversaires directs tel que Leganés. La dernière mission des Catalans sera désormais de terminer le plus haut possible dans la zone rouge, et d’éviter la place de lanterne rouge.

LaLiga: Espanyol confirmó su descenso tras caer en el Derbi de ...
Attendu au tournant, RDT n’aura pas pu sauver le club de la relégation (crédit : Récord)

Des changements impuissants sur le banc

Relégable 33 journées sur 34 possibles, il est clair que la situation de l’Espanyol n’a guère évolué au cours de la saison. Même si l’espoir a été présent, jusqu’à il y a encore quelques matchs, les Pericos ont occupé la zone rouge très longtemps. Avec quatre entraîneurs différents dans ce même exercice, ces changements se sont révélés impuissants et n’ont que très peu changé les choses.

Au cours de la saison, le club n’a jamais occupé mieux que la position de premier-non relégable. Un contraste fort après un exercice précédent où les Catalans avaient réalisé leur meilleur classement en Liga depuis quatorze ans, sous les ordres de Rubi.

C’était justement son départ vers le Betis, au début du moins de juin 2019, où il a récemment été limogé, qui a amené David Gallego, occupant alors le poste d’entraîneur de l’équipe B, à prendre les commandes de l’équipe première. Destitué dès la huitième journée de Liga, avec seulement cinq point pris, c’est Pablo Machín qui prendra la relève.

Paciencia agotada en la afición: "Gallego vete ya" – La Contra ...
Le mauvais début de saison de l’Espanyol avec Gallego aura été lourd de conséquence (crédit : La Contra Deportiva)

Sans poste depuis mars 2019 et son limogeage du Sevilla FC, le technicien espagnol signe d’abord un contrat de deux saisons avec l’Espanyol. Les résultats ne changent absolument pas depuis son arrivée en octobre. L’équipe est balayée par l’Athletic (3-0), l’Atlético (3-1), Osasuna (2-4) et ne parvient pas à décrocher la moindre victoire devant son public. De début octobre à fin décembre, l’Espanyol s’amuse en Ligue Europa mais décroche en Liga si bien que Machín sera également renvoyé.

Remplacé par Abelardo avant la fin de l’année 2019, l’Espanyol veut repartir sur de bonnes bases. L’objectif est plus ou moins réussi avec les résultats évoqués un peu plus haut dans l’article. Cependant, voyant que le club s’écroule de nouveau au retour de la pause du coronavirus et stagne en bas de tableau, la direction, critiquée pour sa mauvaise gestion par les supporters, s’impatiente et veut tenter un ultime changement en nommant Rufete, alors directeur sportif, à la tête de l’équipe.

Nommé le 27 juin dernier et confirmé jusqu’à la fin de saison, il compte actuellement un bilan de quatre revers en autant de matchs, dans l’incapacité d’éviter ce qui semblait inévitable depuis un moment. Quatre techniciens en une saison donc mais, au final, pas vraiment de changement majeur. Des nouveautés sur le banc qui auront, en plus de ça, demandé beaucoup d’adaptation aux joueurs alors que le temps pressait.

Abelardo aura réussi à installer une cohésion d’équipe et a stabilisé ce groupe mais l’impatience de la direction et sa gestion moyenne de la crise ont aussi contribué à ce désastre tristement historique.

LaLiga | El quinto descenso del Espanyol, el único antes de acabar ...
Rufete, au centre, en compagnie du président Chen Yansheng, à gauche (crédit : AS)

Le désastre sur le mercato

Durant le mercato estival 2019, l’Espanyol avait enregistré la perte de joueurs importants tels que Borja Iglesias, vers le Betis, ou encore Mario Hermoso vers l’Atlético de Madrid. Avec l’arrivée de Jonathan Calleri, en prêt, et la promotion en équipe première de Víctor Campuzano pour l’attaque ainsi que le prêt de Bernardo Espinosa ou encore le transfert de Fernando Calero en défense centrale, ces deux départs ont-ils été correctement gérés ? Le club réalise aussi quelques bons coups en prenant des joueurs libres, mais qui joueront peu.

Peu dépensier durant la pré-saison donc, l’Espanyol va s’alarmer lors de l’hiver 2020. Recrue la plus chère de l’histoire du club pour 20.5M€, Raúl de Tomás débarque en Catalogne, accompagné d’Embarba sur les ailes. L’objectif est de redynamiser une attaque trop faible et de solidifier une faible défense en signant Leandro Cabrera.

Avec une quarantaine de millions d’euros déboursés sur ce mercato de mi-saison, en comptant l’arrivée d’Oier en gardien numéro deux, l’Espanyol va devoir se réorganiser. Malheureusement, ces transferts effectués pour sauver l’équipe n’auront rien apporté, qualifiés comme des panic-buy. Peut-être que ce mercato n’avait pas été suffisamment travaillé et que la direction avait acheté pour se donner bonne conscience et espérer se sauver.

https://estaticos.sport.es/resources/jpg/9/1/1579543242119.jpg
Arrivé en provenance de Getafe, Leandro Cabrera était voué à renforcer une défense à la dérive (crédit : Sport)

Sur le terrain, ces joueurs auront fait partie des meilleurs certes, profitant aussi de la nomination d’Abelardo sur le banc qui a apporté du neuf, mais leurs performances n’auront pas servi à éviter cette descente en Segunda.

C’est donc une relégation qui sera dure à digérer pour une équipe qui a disputé ses 26 dernières saisons en Primera División. Dans un exercice raté du début à la fin, l’Espanyol aura tenté par tous les moyens de se maintenir dans l’élite mais sans vraiment chercher une certaine stabilité ou cohésion sportive. Les recrues ont été utiles mais trop peu marquantes alors que le changement de coach à plusieurs reprises n’aura fait qu’obliger l’équipe, déjà en dessous psychologiquement, à se réadapter. L’Espanyol devra désormais tenter de revenir rapidement en Primera pour espérer vivre à nouveau des moments plus rayonnants dans son histoire.