Barça : comment en est-on arrivé là

A l’heure où débute la nouvelle saison, une question se pose chez les Catalans : quel visage affichera le Barca durant l’exercice 2020-21 ? A la sortie de l’été, le club est ancré dans une crise sportive, extra-sportive et identitaire et l’avenir peut sembler sombre au-dessus du Camp Nou, si rien ne change. Après avoir subi une troisième humiliation d’affilée sur la scène européenne, après avoir conclu leur première année blanche depuis 2008 et à la suite d’un mercato où les tensions joueurs/direction ont atteint leur paroxysme avec l’envie de départ de Messi, de nombreuses interrogations peuvent être émises. Pourtant, il y a quelques années encore, le club était au sommet. Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Des recrues qui posent questions, des scandales extra-sportifs qui viennent entacher l’image du club et des tensions toujours plus vives au sein même de la direction : voilà comment on pourrait résumer aujourd’hui la gestion du club, sur ces dernières années. Au centre des critiques et dorénavant dans le viseur des socios, avec une motion de censure à son égard, Bartomeu n’a jamais paru si seul. Le Barça a souvent connu des problèmes directionnels durant son histoire et a longtemps été en retard à l’échelle internationale, mais s’en est tiré grâce à des hommes forts pour devenir l’un des clubs les plus puissants du monde. Petit résumé de la gestion du club, épicentre des maux de tête blaugranas.

De 1990 à 2010, entre âge d’or et crise : la construction d’un Barca au sommet

Dans les années 90, le Barca vit son premier âge d’or. Lluís Núñez, mythique président du club depuis 1978 (président entre 1978-2000), travaille depuis des années pour faire grandir le Barca. Dans cet optique de faire passer un cap au club (comme celui de gagner enfin la Ligue des Champions), il va nommer Johan Cruyff à la tête de l’équipe première en 1988. Dès lors, le club entraîné par sa star néerlandaise (1988-1996) est au sommet de l’Espagne avec 4 titres consécutifs entre 1990 et 1994, mais également au sommet de l’Europe : les Blaugranas remportent enfin leur première C1 en 1992, sur un missile de Koeman. En plus de gagner, le club se crée une véritable philosophie, avec un jeu tourné vers l’attaque et une confiance prononcée envers les jeunes, caractérisée par le développement de la Masia et la formation de pépites. La Dream Team impressionne tout le monde et pose les bases solides d’une identité culturelle propre au Barca et reconnue de tous.

Après le départ de Cruyff et malgré un répit sous Van Gaal (1997-2000), le club va subir une très profonde crise au début du XXIe siècle. La présidence de Gaspart (2000-2003) est un véritable échec, sur tous les plans. Au niveau du sportif, le Barca va enchaîner cinq saisons sans gagner le moindre titre (1999-2004), terminant même sur une sixième place en 2003. Quatre entraîneurs différents se succèdent durant cette période, dont le retour de Van Gaal, mais rien ne change. Sur l’aspect financier, des millions d’euros seront jetés dans des transferts afin de contrer et rivaliser avec la politique des « Galacticos » de Florentino Pérez, au Real Madrid qui, part ailleurs, impressionne le monde entier à cette époque. Cependant, bon nombre de ces transferts s’avéreront être des échecs (Rochemback, Geovanni, Petit etc…) et le club s’endette… La situation sportive et politique étant très compliquées, et la direction sous le feu des critiques, Gaspart démissionne de son poste en février 2003. Le FC Barcelone sort meurtri de ses années de présidence.

Johan Cruyff et Gaspart, deux hommes qui représentent deux périodes bien différentes l’une de l’autre. (crédit image: Penya Blaugrana de Paris)

De nouvelles élections sont organisées et Joan Laporta (2003-2010) est élu. C’est un homme politique et ancien avocat. Il apparait pour la première fois dans l’histoire du FC Barcelone à la fin des années 90, en participant à une motion de censure contre le président Núñez. A ses côtés, se trouve Sandro Rosell (vice-président 2003-05, puis président de 2010 à 2014), qui va le soutenir dans sa campagne puis devenir son vice-président à son élection. La mission de Laporta est lourde : rebâtir le FC Barcelone. Pour cela, il instaure Franck Rijkaard (2003-2008) à la tête de l’équipe, sous les conseils de Cruyff, avec qui il est très proche. Il fait également venir un certain Ronaldinho (2003-2008). La première saison est laborieuse, avec une première partie très compliquée où le Barca déçoit et se retrouve très loin du Real. Rijkaard est même menacé. Mais le travail paye et il va finalement trouver la bonne formule : le Barca finit second en fin de saison. L’entraineur néerlandais est maintenu et durant l’été 2004, le club recrute ce qui deviendra des stars du club, tels que Deco (2004-2008), Eto’o (2004-2009) ou encore Giuly (2004-2007).

La saison est une totale réussite et le Barca remporte la Liga à la fin. Fort de son succès national, l’équipe enchainera avec un second championnat de suite mais surtout, le club remportera sa deuxième Ligue des Champions en 2006 ! Le premier mandat de Laporta est une réussite sportive, économique et sociale. En l’espace de 3 ans, le Barca est au sommet de l’Europe, a comblé une partie des dettes et arrêté les transferts inutiles pour instaurer une réelle réussite sportive. Le club a même dans son effectif le Ballon d’Or 2005. L’équipe voit également éclore un certain Lionel Messi. Le seul point noir est le cas Rosell. En 2005, le vice-président démissionne à la surprise générale de son poste et devient l’un des principaux opposants à Laporta durant le reste du mandat.

Histoire du FC Barcelone Saison 2005/2006 - FC Barcelona Clan
Le Barça remporte sa seconde ligue des champions face à Arsenal (crédit image : fcbarcelonaclan.com)

Laporta est réélu en 2006. Son second mandat commence de manière difficile : le Barca perd la Liga en 2007 et 2008. Pire, le club ne gagne aucun trophée durant l’année 2008 ! L’équipe est à bout de souffle et doit gérer des problèmes extra-sportifs, avec Ronaldinho notamment. Laporta est en danger et certains journaux demandent même sa démission. Une motion de censure est lancée à son égard par Rosell, mais n’aboutit pas (seuls 60% des socios votent contre son éviction, 66% étant nécessaire, NDLR).

L’été 2008 fait office de grand ménage : Rijkaard est démis de ses fonctions, Ronaldinho et Deco quittent le club. Laporta va alors nommer Pep Guardiola (2008-2012) à la tête de l’équipe première. L’arrivée du Catalan, alors entraineur de l’équipe B, va marquer un tournant dans l’histoire du club et la suite, tout le monde la connait : l’équipe réalise un sextuplé inédit en 2009. Le Barca joue son meilleur football et impressionne le monde entier. Messi remporte même quatre Ballons d’Or de suite, entre 2008 et 2012. Au niveau du contenu proposé, ce Barca devient une référence, avec un jeu de position parfaitement maitrisé inspiré de Cruyff et un « tiki-taka » reconnu de tous. Le club s’appuie également sur son centre de formation, la Masia : énormément de joueur sont formés au club et de nombreux nouveaux jeunes font régulièrement leurs apparitions avec l’équipe première. La consécration arrive en 2010 lorsque 3 Masians sont placés sur le podium du Ballon d’Or, une performance inouïe (Messi – Xavi- Iniesta).

L’été 2010 marque la fin du mandat de Laporta, ne pouvant pas se présenter trois fois consécutives. Ses années à la tête du club sont glorieuses : il a réussi à redresser le club d’une situation désastreuse, par des choix forts, un recrutement intelligent et une confiance en ses entraineurs. Il installe une politique sportive basée sur le long terme : le Barca achète des joueurs jeunes, des talents à progresser sur plusieurs années (Ronaldinho, Eto’o, etc…) et mise également sur son centre de formation, avec un effectif en grande parti formé à la maison. Laporta part en plein âge d’or avec un travail reconnu par beaucoup. Au cours de son mandat, le club remporte notamment deux Champions League et quatre fois la Liga, les revenus ont augmenté de 300% et le nombre de socios du club a explosé !

Joan Laporta, le président qui a relancé le Barca ! (crédit image :football365.fr)

Les années Rosell-Bartomeu : un changement de politique sportive qui interroge.

L’été 2010 est marqué par la victoire de l’Espagne à la Coupe du Monde. Si à Barcelone on se félicite qu’autant de joueurs formés ou jouant au club soient présents dans cette équipe, l’évènement de l’été correspond surtout au changement de président. C’est Sandro Rosell est élu en juin 2010 et devient le 39ème président de l’histoire du club. Il a donc anciennement travaillé sous Laporta, qu’il a soutenu durant les élections de 2003 et est même devenu son vice-président : il est le n°2 du club.

Rosell était notamment fortement impliqué dans le recrutement de Ronaldinho. Mais en juin 2005, celui-ci avait démissionné avec fracas de son poste. Il était en désaccord profond avec Laporta sur le recrutement de Eto’o ou le maintien de Rijkaard par exemple. A partir de cet instant, il est devenu le principal opposant à Laporta : il ne cessera de critiquer son ancien président et c’est même lui qui lance la motion de censure contre Laporta en 2008. Rosell a une image « d’anti-Cruyff » auprès de certains supporters. Son arrivée au pouvoir va marquer le début d’un changement de politique sportive au sein de la direction.

Ancien vice-président, Rosell accède dorénavant au poste de président (crédit image : Eurosport)

La première grande décision que va prendre Rosell est au niveau du sponsor. A partir de 2011, le maillot du Barca sera sponsorisé par « Qatar Fondation », à la hauteur d’un montant de 30 millions d’euros par saison, jusqu’en 2016. Une décision qui peut paraître anodine pour n’importe quel club, c’est un nouveau sponsor, mais qui est une décision historique pour le Barca. En effet, depuis sa création en 1899, le maillot blaugrana n’a jamais abordé un sponsor ! Une exception dans le football. Mieux, c’est même le Barca qui va donner de l’argent ! Si le club n’avait jamais reçu d’argent de la part d’un sponsor pour son maillot, l’UNICEF apparaît fièrement sur la tunique depuis 2006.

Le Barca fait donc don d’une somme de 1,5 million d’euros par an à l’UNICEF ainsi que 0,7 % des revenus de sa fondation, pour imiter les états européens qui se sont engagés à reverser ce pourcentage de leur PIB à la campagne Millenium des Nations Unies, contre la pauvreté et pour l’éducation. Un accord qui correspond parfaitement avec le slogan de l’entité, « Més que un club », et qui est l’une des grandes réussites de Laporta.

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Accord historique entre le Barca et Qatar Foundation (crédit image : Sport24)

Cette décision de prendre un sponsor est dûe à l’augmentation des dettes du Barca (qui atteignent des montants records, notamment à cause d’une dernière saison 2009-10 catastrophique de Laporta sur l’aspect financier, NDLR), mais également tout simplement pour se mettre au niveau de la « norme européenne » des autres clubs et ainsi être capable de rivaliser économiquement avec les autres cadors. Même si au niveau financier, cela paraissait inévitable, cette décision suscite des controverses, auprès des supporters les plus attachés au club notamment.

« Je suis totalement contre l’idée de mettre de la publicité sur le maillot. C’est une solution de facilité. C’est unique au monde. Personne n’a réussi à garder intact son maillot dans toute l’histoire, et d’un seul coup, ça devient celui qui rapporte le plus. Cela vaut-il le coup de vendre cette singularité pour 6 ou 7% de son budget ? »

La réaction de Johan Cruyff, entièrement opposé à ce projet

Cependant, Rosell se fiche de l’avis du Néerlandais, avec qui il est en désaccord. Par ailleurs, Cruyff, nommé président d’honneur par Laporta lors de son départ, quittera ce poste quelques mois après l’arrivée du nouveau président.

Sur un plan sportif, les années sous la présidence Rosell sont excellentes. Le Barca remporte 9 trophées avec l’équipe première, dont notamment une Champions League, en 2011, contre Manchester United, match qui est souvent considéré comme l’apogée du Barca de Guardiola. Après le départ de celui-ci en 2012, Tito Vilanova est nommé (adjoint de Guardiola depuis 2007, NDLR). Malgré une humiliation face au Bayern en demi-finale, l’équipe réalise une excellente saison, égalisant notamment le record de points en championnat réalisé par le Real Madrid de Mourinho, en 2012 (100 pts). Malheureusement, à la suite de gros soucis de santé, Vilanova renonce à son poste d’entraineur. Tata Martino lui succède.

L'ancien entraîneur du Barça Tito Vilanova est mort
Tito Vilanova, ancien entraîneur du Barca en 2012-13, est décédé le 25 Avril 2014 d’un cancer. Il est à jamais dans les cœurs blaugranas ! (crédit image: lejdd.fr)

La saison 2013-14 est fatale pour Rosell. En cause ? Le transfert de Neymar. En effet, à l’été 2013 le club recrute la pépite de Santos contre, officiellement, 57 millions d’euros. Mais, en janvier 2014, l’Audiencia Nacional, tribunal de Madrid, ouvre une enquête pour « délit contre le Trésor public et fraude fiscale » contre le FC Barcelone, dans le cadre du transfert de Neymar. Ce dossier est ouvert à la suite une plainte d’un des socios du club. Quelques jours plus tard, Rosell démissionne de son poste.

En effet, cette enquête révèlera que ce transfert est bel et bien entaché de corruption et autres combines. Le transfert aurait en réalité couté plus de 83 millions d’euros. Ce chiffre reste encore flou mais certaines sources, comme El Mundo, affirme même qu’il serait de 95 millions d’euros ! Ce qui est sûr, c’est que de l’argent a été versé frauduleusement à Neymar, à son père ainsi qu’à la société « Neymar § Neymar ». En 2017, Delcir Sonda, le patron de l’entreprise qui gérait auparavant les droits de la société Neymar, affirmait même que le Brésilien devait signer au Real et qu’il a signé au Barca grâce à l’argent de Rosell.

« Neymar a atterri au Barça parce que Sandro Rosell a soudoyé son père. C’est le délit de corruption entre particuliers que nous dénonçons »

Quoi qu’il en soit, c’est une affaire qui a sali l’image du club et qui lui a posé des problèmes avec la justice durant plusieurs années. Par ailleurs, quelques semaines plus tard, le Barca est interdit de recrutement pour l’été 2015 par suite d’infractions relatives aux transferts de mineurs… Un bourbier de scandales touche le club catalan au cours de cette période.

À la suite de la démission de Rosell, Bartomeu prend le relais jusqu’aux prochaines élections. Ancien responsable de la section basket entre 2003 et 2005, il démissionne lors de cette dernière année, comme Sandro Rosell qu’il va suivre.

Par la suite, il sera nommé vice-président par celui-ci et prendra naturellement sa succession après sa démission. Son mandat court jusqu’en 2016, mais Bartomeu convoquera des élections anticipées dès 2015 qu’il remportera. Pour beaucoup de supporters, il surfe sur les résultats de l’équipe pour être réélu. Quoi qu’il en soit, Bartomeu est dorénavant président jusqu’à l’été 2021.

Bartomeu prend la succession de Rosell suite à la démission de celui-ci (crédit image: Marca)

Bartomeu est aujourd’hui sous le feu des critiques de tous les supporters Blaugranas. Considéré comme l’un des pires présidents du Barca par certains, il est sous la menace d’une motion de censure, qui a atteint plus de 20 000 votes, ce qui est historique. Mais qu’à t-il fait pour en arriver là ? Ce qui est avant tout reproché, c’est sa politique de transferts.

En effet, depuis l’arrivée de Rosell, un changement de politique sportive important va marquer le club, au niveau du recrutement notamment. Depuis 2010, le Barca est le second club qui a dépensé le plus d’argent dans les transferts, là est la subtilité. La direction va investir dans des joueurs assez chers mais qui vont performer tout de suite (car ce sont des joueurs déjà complets), au lieu de développer de jeunes joueurs.

Le but est d’obtenir des résultats très rapidement car ils permettent une rentrée d’argent plus rapide et plus conséquente, donc une marge de manœuvre plus large pour la Junta en place. Ce choix de dépenses va concorder avec l’augmentation de la puissance financière du Barca, dû aux très bonnes performances réalisées ces dernières années mais aussi avec l’arrivé du sponsor depuis 2011. On ne peut nier que le Barca peut maintenant beaucoup dépenser car le club est une force économique qui ne cessera de croitre durant la décennie.

Les Barcelonais vont ainsi se concentrer sur des recrutements de joueurs qui ont une très forte valeur sportive mais surtout, une très forte valeur marketing. C’est donc ainsi que huit des dix plus gros transferts de l’histoire du club vont avoir lieu sous la présidence Bartomeu. Mais si c’est une stratégie qui pourrait à première vue paraitre payante, elle va se transformer en véritable catastrophe. D’une part, car ces arrivées ne seront pas faites de manières intelligentes et en fonction des besoins de l’équipe mais surtout car une grande partie seront des « flops », et donc considérés comme des pertes d’argent.

Tout en haut de la liste de ces transferts colossaux, on retrouve Griezmann, Coutinho et Dembélé. Si ce dernier nous fait lever de notre canapé par son talent à chaque fois qu’il joue, ses problèmes physiques récurrents et son faible nombre de matchs ne permettent pas encore de le considérer comme un transfert réussi au vu de la somme investit (105M€ + 40M€ de bonus). Griezmann (120M€), apparait aujourd’hui encore comme une erreur de casting et Coutinho (120M€ + 40M€) fût un échec sur le plan sportif (mauvais positionnement sur le terrain notamment) avant d’être prêté au Bayern, puis revenir cet été. Malgré cela, il y a l’espoir que la situation change et que ces 3 transferts aient vocation à réussir dans les prochaines années, avec un nouveau système tactique qui permet de faire jouer les trois ensemble dans des conditions optimales, comme essaie de mettre en place Koeman par exemple. En revanche, cela ne changera rien aux sommes colossales perdues dans les autres transferts soit incompréhensible soit « flops » ou soit erreur de casting du Barca sous Bartomeu : Arda Turan (34M€), Aleix Vidal (17M€), André Gomes (35M€), Paco Alcacer (30M€), Deulofeu (12M€), Marlon (5M€), Malcom (40M€), Semedo (36M€), Yerry Mina (11M€), Firpo (18M€), Douglas (4M€), Denis Suarez (12M€) , etc… Pour une majorité de supporters, le Barca renie ses principes en dépensant autant dans des transactions de joueurs.

Figure 3: investissements en indemnités de transfert par club, millions € (2010-2019)
Le classement des clubs ayant investi le plus en indemnités de transfert,en millions d’euros, depuis 2010. (source: Rapport mensuel de l’Observatoire du football CIES n°47 – Septembre 2019)

Si certains transferts ont été sauvés grâce à une plus-value lors de la vente, il n’en demeure pas moins que ce sont des déceptions qui ont empêché d’investir plus intelligemment sur le moment. Ce recrutement excessif a également handicapé le Barca au niveau financier. L’argent étant dépensé tellement vite et la masse salariale du club étant tellement importante, que le club se retrouve dans une situation où il n’a plus d’argent pour recruter, comme on l’a encore vu cet été, ou pour réaliser des projets comme rénovation du Camp Nou par exemple). Le tout malgré une puissance financière importante et des chiffres de revenus historiques pour le club (900M€ de revenu en 2019, NDLR) . Un paradoxe qui plonge le club dans une crise économique…

L’explosion de la masse salariale du Barca en chiffre. (crédit image: Goal.com)

Ce tournant assez abrupte dans la politique de transferts va contraster avec ce qu’il s’est passé lors des années précédentes et notamment participer à ce que beaucoup de supporters considèrent également comme l’un des principaux problèmes aujourd’hui : la mauvaise gestion et utilisation de la Masia. Cette stratégie va aboutir à la chute de ce qui a fait la renommée du club ces dernières années : l’intégration puis la titularisation de joueurs formés à la Masia. En exemple et en image du contraste du changement de l’utilisation de la Masia, Vilanova aligne en 2012 contre Levante un onze exclusivement composé de joueurs issus de la Masia, alors que Valverde aligne en 2018 un onze composé sans un seul joueur formé au club. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Déjà, l’arrivée de ces joueurs réduit l’intégration de nouveaux jeunes au sein de l’effectif première, car ces derniers ne performent pas aussi vite que des joueurs déjà confirmés.

« Barcelone a atteint un tel niveau de jeu qu’il n’y a pas de place pour essayer de voir si cela fonctionne. Les joueurs doivent être extrêmement talentueux avant de pouvoir intégrer l’équipe. Si l’équipe A était moins forte, cela serait plus facile »

Les propos de Rakitic, en 2018, sur la place accordée aux jeunes joueurs au sein du club

Ce niveau d’exigence plus élevé plairait à beaucoup, mais énormément de Blaugranas considèrent l’intégration de jeunes comme quelque chose d’essentiel et surtout qui fait partie de l’identité du club. Cela pose donc question, depuis Roberto, plus aucun jeune formé à la Masia ne s’est installé durablement dans l’équipe première, même s’il y a des motifs d’espoir avec Fati et Riqui Puig pour les prochaines années. Mais cette diminution d’intégration de jeunes masians pousse donc de plus en plus de joueurs à quitter le Barca une fois leur formation terminée pour être sûr d’aller chercher du temps de jeu dans d’autres clubs, qui leur promettent une intégration plus rapide au monde professionnel.

Par ailleurs, ce choix d’achat massif se ressent également dans les sections jeunes et la réserve du Barca. Beaucoup de joueurs ont été achetés pour le Barca B, dans le but d’améliorer l’effectif et les faire monter. Or, non seulement beaucoup ont été des échecs et n’ont jamais intégré la A (ou sont simplement partis), mais surtout cela a renforcé ce sentiment d’abandon des jeunes et le Barca B, qui pendant longtemps était un tremplin pour les jeunes masians afin d’intégrer la A. La réserve a en effet toujours eu un rôle primordial car elle permettait aux jeunes d’entreprendre une formation à un niveau élevé avant d’espérer évoluer en équipe première. Même pour des rôles de doublures en A, le club s’appuyait sur sa réserve. Aujourd’hui la direction s’oriente plutôt vers des achats extérieurs et délaisse sa cantera.

En 2012, Vilanova aligne un onze 100% Masia ! Une époque qui parait bien lointaine… (crédit image : BeSoccer.com)

Pour conclure, le Barca a donc vécu une décennie bien différente que la précédente. En plein âge d’or il y a encore 10 ans, le club est aujourd’hui dans la tourmente avec une direction qui pose question. Entre achats massifs, Masia délaissée et scandales extra-sportifs, le duo Rosell-Bartomeu est aujourd’hui dans le viseur d’une majorité des supporters pour sa gestion du club. 

Une crise identitaire qui empêche le club d’avancer ?

Les choix douteux de la direction font donc énormément débat et instaure un climat hostile sur le Camp Nou. Mais au-delà de ces problèmes directionnels, l’un des gros ennuis du Barca ces dernières années est le jeu proposé par l’équipe pendant les matchs. En effet, celui-ci est qualifié d’ennuyant et ne collerai pas avec l’identité du club. Mais qu’est-ce que cela veut vraiment dire ? On ne peut nier que le Barca a cette étiquette de club qui joue un beau football et qui est agréable à regarder, et ce n’est pas une image totalement infondée tant le Barca nous a ébloui ces dernières décennies.

Tout commence à la fin des années 80, en 88 pour être plus précis. Le Barca sort d’une saison catastrophique et vit une crise intense, le club est dans ce que beaucoup considèrent comme la pire période de son histoire. Dans ce chaos ambiant, la direction va être prise à parti et pointée du doigt dans un évènement qui marquera les esprits : « la mutinerie l’Hesperia ». Lors de la fin de saison, les joueurs du Barca organisent une réunion où ils demandent la démission de Núñez, le président en place. Une prise de parole très forte où ils accusent la direction de ne pas respecter le club et réclament une augmentation salariale. Núñez, majoritairement soutenu par les socios, ne quittera pas son poste mais une révolution complète aura lieu. Près de 14 joueurs quittent l’effectif sous fond de désaccord avec la direction, Luis Aragonés n’est plus l’entraîneur et surtout, Johan Cruyff arrive sur le banc blaugrana. Pour rappel, le Néerlandais a porté la tunique azulgrana en tant que joueur entre 1973 et 1978, il est arrivé pour une somme record à l’époque et est reparti avec le titre de légende. L’arrivée de Cruyff changera le club à jamais.

Hendrik Johannes Cruijff, dit Johan Cruyff. (crédit image : Eurosport)

Au niveau du palmarès déjà, avec 11 trophées remportées dont la prestigieuse C1. Mais surtout, il a bâti une conception du football qui restera reine au Barca pendant longtemps et qui est aujourd’hui ancrée dans l’ADN du club. Cette conception s’appuie sur un football où le résultat pur et dur n’est pas l’essentiel, mais où la manière dont on obtient ce triomphe prime.

Pour obtenir cette formule-là, il va avant tout s’appuyer sur des joueurs sans qualités physiques particulières mais qui maniaient le ballon avec brio. Il ne se souciait non plus de la petite taille de ses milieux, critère qui était mal vu à l’époque. Ces joueurs de qualités que Cruyff a, soit recruté à son arrivée, soit cherché à la Masia lui ont permis d’avoir une équipe forte et dominatrice avec le ballon. Il a ensuite placé ces joueurs dans un système tactique innovant : le 3-4-3. Le but est de densifier le milieu de terrain afin d’accentuer cette maîtrise de la balle mais également d’obliger l’équipe à jouer plus haut et occuper toute la largeur du terrain.

Cette composition est un dérivé du 4-3-3 qu’il a connu à l’Ajax et est révolutionnaire dans une époque où le 4-4-2 prime. De nombreux supporters ne comprenait pas l’utilité d’avoir autant d’attaquants et si peu de défenseurs.

« Il y avait un tableau noir et il a dessiné trois défenseurs, quatre milieux de terrain, deux ailiers et un avant-centre. Nous nous sommes tous regardés et on s’est demandé ce que c’était que ce truc. Et surtout comment on pouvait jouer avec seulement trois défenseurs. Il a mis en place une nouvelle façon de jouer au football en Espagne. C’était une révolution »

Eusebio Sacristán, ancien milieu du Barca (1988-1995), sur la tactique de Cruyff, dans une interview pour FourFourTwo

Il a utilisé ce schéma lors de la majorité de son passage en Catalogne, qui déviait aussi en 4-3-3. Dans ce schéma, les joueurs sont toujours en mouvement, le but étant de toujours proposer une solution au porteur du ballon. Les transmissions sont rapides, dans le bon tempo et si possible vers l’avant. La défense à trois est également compensée par un pressing intense à la perte du ballon.

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Le 3-4-3 de Cruyff en 1992 (crédit image: tompaynefootball.wordpress.com)

C’est cette originalité qui va donner au Barca de l’époque cette impression de proposer un jeu spectaculaire. Dans un temps où la défense était la base du jeu de l’équipe, Cruyff bouleversera cela avec un système et des principes innovants tournés vers l’attaque ! C’est la révolution Cruyff. Cette idée d’un football offensif et spectaculaire fera naître le mouvement Cruyffiste, c’est-à-dire un mouvement qui idéalise les principes du Néerlandais comme étant la manière la plus juste de jouer au football. A partir de ce moment, le Barca voudra appliquer cette philosophie aux génération futures et incorporera les principes de ce dernier comme étant la base du jeu blaugrana. De nombreux entraîneurs s’identifieront aux principes d’El Flaco et ce sera notamment ce sur quoi s’appuieront Rijkaard et Guardiola pour construire leur jeu. Toutefois, si la base de leur tactique repose sur les grandes idées de Cruyff, elle n’est pas exactement identique à celle du mythique entraîneur. En effet, avec le temps la signification du mouvement a évolué et aujourd’hui il est trop souvent utilisé à tort. Ce qui est, à l’heure actuelle, réclamé par les supporters n’est plus du tout la même chose qu’à l’époque.

Mais revenons en à cette situation actuelle, où ce qui est vu sur le terrain fait l’objet de nombreux débats. En effet, le jeu que propose le Barca depuis 3 ans notamment est bien loin de ce que l’on voyait encore il y a quelques temps et cela dérange. C’est une équipe qui pratique un jeu plus défensif, moins possessif et qui subit beaucoup. Le 4-4-2 de Valverde ou le 4-3-3 bien trop stérile de Sétien en sont les exemples. Et cela agace une grande majorité des supporters. Ce jeu très loin des standards habituels du club et cette incapacité à renverser la tendance montrent un problème plus profond : le club a du mal à se réinventer. Le Barca semble plonger dans ce que l’on peut qualifier comme une crise identitaire : comment doit jouer cette équipe ?

Pour y répondre, il y a différentes écoles. On peut déjà exclure ceux qui ne jurent que par les résultats : un Barca qui gagne sans satisfaire, ça ne marche pas pour l’opinion publique. Le club a comme une obligation de proposer du « beau jeu » en raison de son passé et toute la tension que l’on a ressenti sous Valverde prouve que cette pression existe. Si on exclut les deux humiliations, ce qui a été principalement reproché a Valverde est la manière de jouer de son équipe. Un jeu aux aspects trop défensifs avec un entraineur qui pose comme base de départ un 4-4-2 (ou 4-3-1-2), incapable de changer durant le match. Si certains sont relatifs et essaient d’expliquer ce choix (effectif de mauvaise qualité, tentative de combler les errances défensives, NDLR), il n’est clairement pas possible de tenter de mettre en place ce type d’approche et la fracture entre les supporters et Valverde que l’on a ressenti l’a démontrée. Plus généralement, le monde du football et du journalisme qualifiait le jeu de Valverde comme étant à l’antithèse de ce que doit proposer le club. Un devoir de bien jouer qui est ancré dans la tête de beaucoup de personne. Et qui est nocif pour le club ?

Le Barca de Valverde, un Barca jugé trop défensif avec des choix qui posent questions chez les supporters (crédit image : barcelonaanalysis.com)

On a ensuite les puristes, ceux qui ne jurent que par Cruyff et Guardiola. Ces deux entraineurs représentent les deux âges d’or du club, il est donc naturel de s’y rattacher et les prendre comme point de référence. Mais plusieurs questions se posent alors. Tout d’abord, n’est-il pas utopique de penser que le Barca retrouvera un jour le niveau de 2008-2012 ? Cela parait en effet compliqué. Et puis surtout, même si cela représente des belles années, cela ne représente pas toute l’histoire du club. En effet, il n’y a pas une seule façon de gagner mais plusieurs. Evidemment, il peut y avoir une base commune qui sert de socle aux différentes tactiques mais ce n’est pas forcément un jeu strictement identique qui doit à chaque fois être mis en place.

C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé au Barca. Le club a gagné cinq Ligue des Champions avec quatre entraineurs différents. Et si les quatre coachs utilisaient comme base commune quelques principes et idées de jeu de Cruyff, le fond était différent. Le Barca de Cruyff ne jouait pas de la même façon que celui de Rijkaard, qui ne pratiquait pas le même football que celui de Guardiola et qui ne jouait lui-même pas de la même façon que celui d’Enrique ! C’est dans cette direction que le club devra aller : reprendre le fond mais changer la forme ? Il ne faut pas appliquer toujours les mêmes principes à des époques différentes. Le football évolue, mais il faut également ne pas oublier ce qui a fait la réussite du club. Il faut simplement évoluer de manière intelligente et ainsi, l’entité blaugrana pourra se réinventer, avec Koeman par exemple.

En conclusion, le Barca reste aujourd’hui, indéniablement, un des clubs les plus puissants au monde. La base de supporters reste énorme et le club continue d’attirer autant d’amoureux du football. Mais les temps sont troubles et la mauvaise gestion du club depuis une dizaine d’années vient installer un climat anxiogène autour de l’édifice catalan. La saison qui arrive s’annonce dors et déjà comme un tournant pour les Barcelonais. Déjà, parce qu’il devient impératif de relever le niveau de jeu sur le terrain, mission accordée à Koeman, mais surtout car le président va changer. Les élections approchent et Bartomeu ne pourra pas se représenter. La mission du prochain président sera donc lourde : changer de cap et rebâtir sur des bases nouvelles ou alors suivre la continuité de ce que l’on voit. Laporta ou Font qu’importe, l’un des deux aura l’avenir crucial du Barca entre ses mains.

Bilan de saison 2019/20 – RCD Espanyol

Débâcle historique ! L’Espanyol de Barcelona va retrouver la Segunda pour la cinquième fois de son histoire après une saison 2019/2020 cauchemardesque du début jusqu’à la fin. Malgré sa participation en Ligue Europa, douze ans après sa dernière campagne européenne, l’entité perica n’a jamais su où elle allait durant cet exercice qui a vu quatre entraîneurs s’asseoir sur le banc du RCDE Stadium.

Quatre-vingt-cinq saisons dans un championnat qui en comptera quatre-vingt-dix en 2021. Un chiffre qui montre ce que représente l’Espanyol dans le football hispanique. Une image écornée cette année avec une équipe qui n’a pris que vingt-cinq points pour terminer dernier de LaLiga. Pour couronner le tout, elle est reléguée à trois journées de la fin dans le stade de son voisin et ennemi azulgrana. Les raisons de cet échec monumental sont multiples, mais tous les points convergent vers une même direction : une très mauvaise préparation d’une saison qui devait historique pour le nouveau projet blanquiazul.

Un projet ambitieux à terre

C’est dans un Camp Nou vide, souvent illuminé par quelques feux d’artifice des supporters blaugranas en dehors de l’enceinte, que l’ambitieux projet de l’Espanyol a pris du plomb dans l’aile le 8 juillet dernier.

« J’espère que l’Espanyol sera en Ligue des Champions et en bonne santé dans moins de trois ans », avait déclaré l’homme d’affaires chinois, Chen Yansheng, en janvier 2016, le jour de ses débuts en tant que président du club blanquiazul.

Du rêve de la Ligue des Champions aux excuses publiques pour une descente en deuxième division, le président de l’Espanyol ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé. (Crédit image : The Bulletin Time)

Quatre ans plus tard, il a assisté à une régression inattendue de son équipe. Pourtant, tout semblait rouler parfaitement pour l’entité barcelonaise, qui, financièrement, avait retrouvé une certaine stabilité. Une dette de 40 millions d’euros, un budget qui touche les 130 millions d’euros et surtout neuvième masse salariale de LaLiga.

Une gestion plutôt encourageante qui a été récompensée par une qualification en Ligue Europa, une première depuis douze ans. La petite coupe d’Europe, une étape préliminaire avant de rêver à la grande, un passage pour apprendre et pour grandir. Malheureusement, les vieux démons se sont réveillés à Cornellà.

L’Espanyol et l’Europe font très rarement bon ménage. À chaque fois que les bleus et blancs associent les obligations européennes aux tâches domestiques, ils passent tout près de la catastrophe. Mais cette fois-ci, la chute a été tellement brutale que personne ne la voyait venir au coup d’envoi de la saison.

Un triste derby, sans public, face à un triste Barça pour retourner en Segunda après vingt-sept saisons consécutives dans l’élite. (Crédit vidéo : Bein Sports France)

La direction perica était sur la bonne voie, mais a complètement perdu le nord cette saison. Le retour sur le vieux continent l’a-t-elle aveuglé ? Difficile d’y apporter une réponse claire. Toutefois, tout ce que l’on peut analyser est qu’elle a mal préparé une saison qui devait être historique.

Un mercato estival frileux, très frileux même. Un choix d’entraîneur très douteux dès le départ, qui a entraîné trois changements sur le banc. Une instabilité qui a perdu un effectif limité, dans lequel les héros de la saison dernière n’ont rien montré de bons à part se plaindre des tactiques des coachs.

De Gallego à Machin, du pareil au même

L’exultation, quand l’équipe de Rubi avait terminé septième en 2018/2019, a laissé place à un chantier quelques mois plus tard. Le technicien catalan a préféré rejoindre le Benito Villamarín où il n’a pas connu le même succès. Pendant ce temps, à Cornellà, la tâche de mener la saison a été confiée à David Gallego, entraîneur de l’équipe B, dont la seule expérience au haut niveau était un intérim en avril 2018 après le limogeage Quique Sánchez Flores.

Le costume était trop grand. (Crédit image : Mundo Deportivo)

Avec Gallego, les phases éliminatoires de la Ligue Europa se passent plutôt bien, puisque l’équipe a atteint la phase de groupes, mais le début du championnat est une autre histoire. Manque de préparation, un groupe diminué avec les départs de Borja Iglesias (Real Betis), meilleur buteur de la saison dernière, et de Mario Hermoso (Atlético de Madrid), révélation en défense.

Le club a récolté plus de cinquante millions d’euros pour ces deux ventes, mais n’a même pas dépensé la moitié pour se renforcer. Fernando Calero est venu pour huit millions d’euros en provenance du Real Valladolid. Matías Vargas (Vélez Sarsfield, dix millions d’euros) n’a rien apporté.

Les autres transactions s’étaient limitées à des prêts, comme Jonathan Calleri, Bernardo Espinosa, et aussi des transferts libres comme Ander Iturraspe. Sans compter, les joueurs promus de l’équipe B, Victor Campuzano ou encore Adrià Pedrosa. Un mercato estival très peu ambitieux pour une équipe qui doit jouer trois compétitions très exigeantes.

Des erreurs que l’Espanyol a payées cash dès l’entame de LaLiga. L’idée de Gallego ne prenait pas, son plan de jeu, sous l’apparence d’un 4-4-2, était «compliqué». Les joueurs ne l’ont pas compris. Ils ne savaient pas ce que l’entraîneur leur demandait. Ainsi, l’équipe a enchaîné les contre-performances en Liga. Néanmoins, sur la scène européenne, les résultats étaient un peu mieux, dans une poule où seul le CSKA Moscou était à craindre.

Cette fois-ci, la «Machín» n’a pas marché. (Crédit image : Reuters)

Avec une seule victoire (Eibar 1-2) après huit journées, l’Espanyol était logiquement relégable (dix-neuvième) et Gallego a été remercié pour laisser la place à Pablo Máchin, qui lui non plus n’aura pas eu de vieux os sur le banc du RCDE Stadium.

Malgré l’expérience ratée au Sevilla FC, le club a parié sur le technicien de Soria, qui a assuré la qualification en seizième de finale de la Ligue Europa. Cependant en Liga, le scénario ne changea point, car il n’aura ajouté cinq pauvres points sur le bilan de Gallego.

Son 3-5-2 fétiche n’a rien apporté, à part rouiller encore plus la machine blanquiazule qui n’arrivait pas à se retrouver dans son système très exigeant. Son manque de flexibilité a rapidement mis l’équipe mal à l’aise. Machín a subi la même impression que son prédécesseur, le vestiaire n’était pas prêt à assimiler ses idées de jeu très arrêtées.

Pablo est à son tour remercié après seulement soixante-dix-sept jours lors de la défaite 2-0 à Leganés, concurrent direct pour le maintien. Bilan : quinze matchs (dix en Liga), quatre victoires (deux en C3 et un en Copa), trois nuls (deux en Liga) et huit défaites (un en C3) ainsi qu’une place de colista (lanterne rouge).

Deux expériences sur le banc complètement ratées qui ont finalement eu raison du moral du vestiaire. Dès le départ, ni les joueurs, ni la direction ne savaient quel chemin prendre pour négocier cette saison. Avant même la fin de la phase aller de LaLiga, l’entité perico avait déjà consommé deux entraîneurs.

Un cadeau empoisonné pour Abelardo

Évidemment, le gros problème de l’Espanyol cette saison est la planification complètement hasardeuse. Des joueurs qui ne comprennent pas leurs entraîneurs. Et des entraîneurs, qui apparemment n’avaient pas le profil pour diriger ce vestiaire. L’un n’avait pas l’expérience et l’autre, un borné dans sa tactique.

Son licenciement a été incompréhensible, comme si la direction cherchait un énième bouc émissaire. (Crédit image : Diario Sport)

La troisième sera la bonne, pensa alors l’Espanylismo. Et Abelardo est arrivé. Un jeu simple et pratique. Le 4-4-2 d’une vie. Des lignes bien ajustées et des transitions rapides pour surprendre les adversaires. En plus, la direction a voulu corriger le tir du précédent mercato. Mais n’était-il pas trop tard ? Certes Raúl de Tomas, Leandro Cabrera ou encore Adrián Embarba ont apporté un plus dans le jeu, mais l’équipe n’a jamais pu sortir de la spirale négative.

Malgré son premier match qui a apporté beaucoup d’espoir (2-2 dans le derby barcelonais, NDLR) suivi d’une victoire à Villarreal (1-2), l’Espanyol n’a jamais quitté la dernière place de LaLiga jusqu’à la fin de la saison.

La dynamique positive initiée avec l’Asturien a été cassée par la Real Sociedad en Copa. En Europe, l’aventure s’est arrêté en seizième de finale après une démonstration de force de Wolverhampton, 4-0 au Molineux, même si le match retour a été gagné pour l’honneur.

La victoire 2-0 contre Alavés au retour du confinement laisser penser que la dynamique allait s’inverser pour le sprint final, mais c’était du pétard mouillé. (Crédit image : Rtve)

Avec Abelardo, l’équipe avait semblé gagner en qualité dans le jeu, mais les succès se sont fait rares. Hormis les trois points pris à la Cerámica, seuls Mallorca (première victoire à domicile, journée 23) et le Deportivo Alavés sont tombés devant les perruches.

Il a obtenu quatorze points en treize matchs, un meilleur bilan que ses prédécesseurs, mais insuffisant pour éviter de subir le même sort qu’eux. Son renvoi à la 31e journée n’a fait que confirmer une chose : la direction est le coupable numéro un de ce désastre sportif.

Ce qu’elle a bien assumé quand le directeur sportif, Francisco Rufete a terminé la saison sur le banc au milieu de l’effectif qu’il a bâti pour réaliser la pire saison du club. Un effectif dans lequel, certains joueurs n’avaient certainement pas le niveau pour concourir dans l’élite espagnole.

Bilan de saison 2019/20 – CD Leganés

Malgré une fin de saison époustouflante, le club pepinero a finalement accusé le coup de sa très mauvaise première partie de championnat. Jusqu’à l’ultime journée, Leganés a lutté pour sa survie en Liga, malheureusement, le miracle n’a pas eu lieu. Sa première aventure dans l’élite a duré quatre ans et elle s’est terminée sur une dix-huitième place en 2019/2020, synonyme d’un retour dans la catégorie argent.

Leganés voulait encore grandir, côtoyer les meilleurs, les accueillir et se mesurer à eux dans son petit stade. Avec le peu de foi qu’il avait, il s’est accroché jusqu’au bout au rêve de rempiler une cinquième saison dans la cour des grands. Hélas, la sentence était déjà prononcée. Les prières à Nuestra Señora de Butarque n’ont pas suffi, les Legionarios ont beaucoup pardonné. Pourtant son parcours dans le sprint final était digne d’une équipe qui avait envie du salut, mais une saison c’est trente-huit matchs, avec ses aléas. Un arbitrage pas toujours favorable, un hiver qui l’a déplumé, mais surtout, un très mauvais départ.

La malchance de Mauricio Pellegrino

Si ses résultats étaient aussi beaux que sa carte d’adieu, l’histoire serait racontée autrement. Malheureusement, El Flaco n’a pas pu confirmer sa belle campagne 2018/2019 qui avait mené Leganés à la treizième place de LaLiga, la meilleure performance de son histoire.

Neuf matchs, aucune victoire, et seulement deux points pris. Trop insuffisant pour que l’Argentin puisse sauver sa tête. Malgré le soutien de sa direction durant cette période peu glorieuse, la réalité impitoyable du football a fini par trancher.

Mauricio Pellegrino, entraîneur de Leganés en début de saison.
Mauricio Pellegrino a été démis de ses fonctions le 21 octobre après un début de saison catastrophique. Bilan à Butarque : 51 matchs, 13 victoires, 15 nuls et 23 défaites. (Crédit image : Diario AS)

Dans un club comme Leganés, où le couple Pavón-Moreno fait régner l’austérité économique, le mercato se jongle entre prêts et bonnes affaires à bas coût. Des joueurs désireux de se relancer ou ceux qui sont encore trop mous pour lorgner une place chez les gros calibres.

Dans ce marché hyper compliqué où les modestes clubs doivent se contenter des deuxièmes mains, Pellegrino avait choisi la continuité. Leganés a fait l’effort de conserver ses meilleurs joueurs de la saison précédente en renouvelant les prêts et en achetant certains quand c’était possible.

À LIRE : Le bilan de la saison du Real Valladolid

Le pari le moins risqué, mais qui n’a pas été payant. Ce groupe qui avait touché l’excellence un an plus tôt est revenu avec un niveau inquiétant. Chez certains, le problème était physique, comme Kenneth Omeruo et Guido Carrillo, qui ont été incorporés à la fin du mercato sans préparation adéquate. Chez d’autres, le temps pour sortir les pieds de la boue a été long, comme Youssef En-Nesyri ou encore Martin Braithwaite, les deux artificiers de l’équipe.

Dans le 5-3-2 fétiche du technicien argentin, l’équipe a manqué de fraîcheur et de cohésion dès le coup d’envoi de la saison. Aucune différence n’était faite dans les deux zones de vérité. Après neuf journées, Leganés était lanterne rouge depuis un bon moment avec la pire attaque (quatre buts) et la dix-huitième défense (quatorze buts), mais surtout avec seulement deux points pris (Athletic 1-1 et Valencia 1-1).

Premier point pris lors de la cinquième journée au Mestalla, un match qui a soulevé quelques polémiques. (Crédit vidéo : Bein Sports France)

Pellegrino n’a pas pu reproduire son solide système avec le même groupe dilué par quelques nouvelles recrues. Par conséquent, il aura fallu son limogeage après sa septième défaite (Getafe 2-0, journée 9) pour que Leganés puisse enfin savourer sa première victoire.

Pourtant, ce n’était ni le jeu, ni l’envie qui manquaient, mais surtout l’efficacité. À chaque match, on sentait une équipe qui luttait avec beaucoup de volonté, mais tiraillée entre le doute et la pression. Elle finissait souvent par craquer dans les moments clés ou en seconde période, comme lors de la défaite contre Levante (journée 8). Deux buts pris dans des moments cruciaux : temps additionnel de la première période et début de la seconde.

En dehors des problèmes physiques qui ont privé le gardien et leader du vestiaire Iván Cuéllar du début de saison ou encore Rodrigo Tarin et plus tard Rubén Pérez, un autre facteur est venu plomber l’ambiance au Butarque : l’arbitrage.

Victoría Pavón, présidente de Leganés.
La présidente de Leganés s’est plainte de l’arbitrage en début de saison. (Crédit image : Marca)

La défaite contre Levante avait soulevé une grosse polémique sur l’utilisation du VAR allant même jusqu’à ce que la présidente Victoria Pavón demande que le match soit rejoué. Un pénalty sifflé pour l’attaquant granota Roger Martí alors que la faute semblait être commise en dehors de la surface.

Répétition d’un même scénario qui avait déjà eu lieu lors de la cinquième journée au Mestalla. Le club ché avait bénéficié d’un pénalty sur une faute que le club estime en dehors de la surface. En plus de cela, un but a été refusé à Braithwaite lors de la première journée (défaite contre Osasuna 1-0, NDLR). Tout cela ajouté aux résultats insuffisants, a condamné d’entrée une équipe, qui jusqu’au bout, n’a pas baissé les bras.

Javier Aguirre a nourri l’espoir

L’intérim de trois matchs de Luis Cembranos a ramené le premier succès de la saison contre Mallorca (1-0, journée 10). Toutefois, la renaissance a été initiée par Javier Aguirre. Le Mexicain avec ses soixante et un printemps était de retour sur les bancs de LaLiga après son dernier passage à l’Espanyol entre 2012 et 2014.

Contrairement à Cembranos qui, lors de ses trois matchs a tenté de changer le dispositif tactique, Aguirre a reconduit le système à cinq défenseurs de Pellegrino. Conforter les joueurs dans un système qu’ils affectionnent et leur insuffler plus de confiance a été l’un des succès du vétéran aztèque.

Javier Aguirre a repris Leganés en Novembre, mais n'a pas pu le sauver.
Javier Aguirre a tout tenté pour sauver Leganés, mais la mission était trop dure pour le technicien mexicain. (Crédit image : El Pais)

Défendez d’abord, puis inventez, était l’armure d’Aguirre pour essayer de protéger les Pepineros de la descente. Dans un groupe où les individualités capables de faire la différence se comptent sur le bout des doigts, il fallait créer un collectif capable de surmonter ensemble les obstacles. C’est ce que Leganés a fait pendant la phase retour de la saison.

Cependant il a fallu du temps pour que l’équipe atteigne sa plénitude. Malgré quelques belles performances durant la seconde partie du championnat (Atlético 0-0, journée 21 ; Real Sociedad 2-1, journée 22 et Villarreal 1-2, journée 27), Leganés a lâché beaucoup de points dans des matchs, à priori, plus abordables. Des rencontres durant lesquelles les départs d’En-Nesyri et de Braithwaite se sont fait ressentir, malgré les remarquables prestations d’Óscar Rodríguez.

Óscar Rodriguez Arnaiz, joueur du Real Madrid prêté à Leganés
Un ovni au sein de l’équipe blanquiazule, «Osquitar», comme le surnomme Aguirre, a réalisé une saison fantastique malgré la descente. Des coups francs sublimes, une vélocité remarquable qui n’a pas échappé à Luis Enrique, sélectionneur de la Roja. (Crédit image : Tribuna)

Hormis ses deux victoires contre les Pericos et une victoire contre le Celta, les Madrilènes n’ont remporté aucun match face aux autres concurrents directs pour le maintien comme Levante, le Real Valladolid, Osasuna, Eibar ou encore le Deportivo Alavés. Des points précieux perdus qui, au final, ont pesé négativement sur la balance, malgré le rush incroyable lors des cinq dernières journées.

À LIRE : Le bilan de la saison du Real Betis

Après une reprise au mois de juin plutôt compliquée (quatre défaites et deux matchs nuls, NDLR), les Blanquiazuls ont toujours maintenu leur chance de maintien grâce à un Celta qui ne faisait pas mieux et un Deportivo Alavés qui était en chute libre.

Des circonstances favorables qui ont ravivé la flamme du groupe d’Aguirre et cela s’est vu sur la pelouse avec des victoires de prestige contre Valence (1-0) et contre l’Athletic (0-2). Deux belles performances contre deux aspirants à l’Europe, qui ont laissé Leganés à deux points du maintien avant de recevoir son voisin champion, le Real Madrid, pour la dernière journée.

Après le match nul 2-2 contre le Real Madrid, la descente de Leganés en Segunda est désormais officilelle.
La marche était trop haute contre le Real Madrid. Leganés n’a pas pu gagner contre le champion et la descente est actée à seulement un point du Celta. (Crédit image : Diario AS).

Une victoire contre les Merengues suffisait si le Celta ne gagnait pas contre l’Espanyol. Malheureusement, la dernière mission était trop dure. Les Galiciens ont été tenu en échec à Cornellà. Pour sa part, Leganés est passé tout proche de l’exploit en prenant un point contre le Real Madrid (2-2), dans un match qui a encore fait parler à cause d’un arbitrage défavorable sur une main du Blanco Luka Jovic, qui aurait pu donner un pénalty aux coéquipiers d’Unai Bustinza.

Les départs d’En-Nesyri et de Braithwaite à déplorer

Parfois dans le football, mieux vaut avoir les planètes alignées pour atteindre ses objectifs ou faire des miracles. En ce qui concerne Leganés, malgré la fin de saison exceptionnelle qui aura donné un peu d’espoir pour le salut, le regroupement des planètes était désordonné.

Un début de saison catastrophique, un groupe limité qui a perdu ses deux meilleurs éléments durant le mercato hivernal. Même si offensivement, l’entité leganense n’était pas un foudre de guerre, l’inspiration de Martin Braithwaite et de Youssef En-Nesyri ont grandement contribué au rêve du maintien.

Youssef En-Nesyri, international marocain a rejoint Séville en janvier 2020.
Difficile de dire non au Sevilla FC avec ses ambitions européennes, En-Nesyri (quatre buts avec Leganés cette saison) a rejoint l’Andalousie en janvier où il a soulevé la Ligue Europa. (Crédit image : L’Équipe)

Entre décembre et février, Leganés a pris douze points sur vingt-et-un possibles en comptant sur ses deux buteurs, mais cela a été vain. Le Marocain est parti au Sevilla FC mi-janvier après que le club hispalense ait levé sa clause libératoire de vingt millions d’euros. Une somme que la direction n’a pas réinvestie pour renforcer le groupe.

Au contraire, elle s’est contentée de quelques prêts dont celui de Bryan Gil que Séville leur a laissé en guise de « compensation ». Disons qu’en ce moment là, avec Braithwaite, Gil, Carrillo et Óscar, Javier Aguirre avait de quoi faire bouger quelques défenses, mais le gros coup dur est arrivé mi-février quand le FC Barcelona a arraché le Danois pour résoudre ses problèmes d’infirmerie.

Martin Braithwaite transféré au Barça pour palier aux absences de Dembélé et de Suárez.
Un autre départ plus dur que celui du Marocain, un transfert inattendu de Martin Braithwaite au Barça. Le Danois a servi de joker médical alors que le mercato d’hiver était déjà terminé. Six buts avec Leganés, Braithwaite a beaucoup manqué dans le sprint final. (Crédit image : Sky Sports)

Une clause libératoire de dix-huit millions d’euros que le club azulgrana a levée et qui a laissé Leganés face à un désert offensif. En-Nesyri et Braithwaite ont marqué dix buts au total avec le maillot bleu et blanc cette saison, soit le tiers du total du club .

Au moment du départ du Danois à Barcelone (journée 24), Leganés ne comptait que dix-huit buts, ce qui montre l’importance qu’avaient ces deux joueurs dans l’équipe. Par la suite, c’est le jeune Óscar Rodríguez qui a pris le relais pour finir meilleur buteur du club avec neuf réalisations.

Cependant, le joueur formé au Real Madrid ainsi que Carrillo, saison très décevante de l’Argentin (un seul but), ont manqué la reprise du championnat après le covid-19, ce qui a été une grosse perte puisque Leganés a raté des rendez-vous importants contre des adversaires directs pour le maintien.

Au final, malgré les performances insuffisantes pendant une bonne partie de la saison, la direction du club n’a pas fait ce qu’il fallait durant le mercato d’hiver pour renforcer une équipe qui avait peu de chances de sauver sa place dans l’élite. Des erreurs reconnues par la présidente dans sa lettre de remerciements à l’équipe et aux fans. Javier Aguirre a longtemps retardé l’échéance, mais le mal était déjà fait. Il ne reste qu’à espérer pour Leganés que le séjour en Segunda ne durera pas une éternité.

Bilan de saison 2019/20 – Real Betis

La saison de la débâcle, c’est ainsi que l’on pourrait nommer l’exercice du Real Betis. Après une campagne 2018/19 décevante, l’équipe andalouse était attendue au tournant mais a de nouveau déçu en accrochant une quinzième place inquiétante. Le bas de tableau aura été la zone occupée par cette équipe qui revendique pourtant vouloir jouer l’Europe. Dans ces conditions, et avec un tel manque de rigueur, l’objectif est logiquement manqué.

Un calvaire interminable et de la souffrance tout au long de la saison. Rares ont été les moments de répit et de réconfort qu’ont pu connaître les joueurs du Betis, d’abord guidés par Rubi, et qui ont fini la saison avec Alexis Trujillo, assurant l’intérim. Pénalisé par ses énormes lacunes défensives, le Betis semble aussi avoir échoué lors de son mercato estival, et les erreurs se voient aujourd’hui. Une équipe de qualité mais dans l’incapacité de se réveiller, pour viser le haut du classement, qui a même finalement lutté pour son maintien, malgré les divins exploits de sa légende, Joaquín.

Avec un tel effectif, comment et pourquoi avoir si peu gagné ?

Comme c’est le cas pour certains clubs de Primera, l’interrogation réside autour de la qualité d’un tel effectif à ne pas avoir pu atteindre les plus hautes places du classement. Les problèmes du Betis ont été nombreux cette saison, mais principalement en défense. Mais de façon plus générale, avec un groupe des mieux valorisés économiquement et qualitativement en Liga, le Real Betis a connu une défaillance majeure dans tous ses secteurs pour cette campagne.

Les lacunes de cette équipe demeurent en grande partie dans l’arrière garde du terrain. La défense a été un véritable souci comme le démontrent les soixante buts encaissés en championnat. Autrement dit, il s’agit de la 19e défense de Liga, devant Mallorca et ses 65 buts. En étant quinzième, le Betis possède donc des chiffres défensifs digne d’un relégable, ce qui est inquiétant.

Joel Robles, gardien titulaire depuis le départ de Pau López à la Roma, est probablement le moins bon joueur de cette équipe. Auteur de nombreuses bourdes et peu rassurant, la fébrilité défensive du Betis s’explique en grande partie par ses mauvaises performances. La question autour du recrutement à ce poste se pose naturellement, mais la direction songe aussi à donner une chance à sa jeune doublure Dani Martín, qui avait été convaincant sur la fin de saison qu’il avait pu disputer.

Celta-Betis: Fallo de Joel Robles en la Barrera y Gol de Nolito
Sur ce coup-franc de Nolito, le placement du portier espagnol avait été vivement critiqué (crédit : ElDesmarque)

Autrement, le reste de l’effectif du Betis est évidemment riche en terme de qualité, mais les joueurs ont tout simplement déçu, à l’image de la charnière Bartra-Mandi. Les deux joueurs ont une expérience importante mais n’ont pas toujours été au niveau. Offensivement, les latéraux Emerson et Álex Moreno sont quasiment irréprochables mais en revanche plus critiqués sur le plan défensif.

Des joueurs tels que Andrés Guardado et William Carvalho au milieu ont été en dessous de leur niveau, même si le second a connu de grosses blessures. L’arrivée hivernale de Carles Aleñá ou de Guido Rodríguez ont servi à renforcer ce secteur du terrain mais ils n’ont pas été assez impactants pour instaurer une nouveauté dans le jeu bético.

Parmi les recrues, le buteur Borja Iglesias est probablement le grand manqué de ce mercato estival 2019. En 35 rencontres de Liga jouées, l’ancien attaquant de l’Espanyol n’a marqué que trois buts et a reçu de nombreuses critiques sur ses performances. Néanmoins, il faut aussi souligner les signatures intelligentes de joueurs comme Dani Martín (5M€, venu du Real Sporting, et champion d’Europe espoir avec la Roja, NDLR) en tant que doublure, Emerson et même Álex Moreno, dont nous avons brièvement parlé précédemment.

Borja Iglesias reveals why he picked Real Betis over West Ham ...
Arrivé à l’été dernier pour un peu moins de 30 millions d’euros, Borja Iglesias est encore loin d’avoir convaincu le club et les supporters (crédit : Hammers News)

En bref, le gros problème de ce collectif est sans doute la régularité. Très peu de joueurs ont su rester à un niveau stable toute la saison. Et cela se démontre par les succès importants que les Andalous ont pu décrocher quand, ensemble, ils ont performé, comme face à la Real Sociedad (3-0), le Real Madrid (2-1) ou Osasuna (3-0).

Mais, en face, l’irrégularité leur a coûté des revers cruciaux : Villarreal (2-4), Alavés (0-2), Levante (4-2) contre des adversaires pas toujours supérieurs. Comme pour beaucoup d’équipes possédant un bon effectif, la régularité a manqué et fait que la saison a été décevante. Un véritable frein pour jouer le haut de tableau.

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Rares sont les joueurs qu’on pourrait qualifier d’irréprochables au cours de cette saison, au Real Betis Balompié. Joaquín et Sergio Canales sont les seuls qui ont vraiment affiché un niveau correct et constant. D’autres joueurs ont été très bons, comme Emerson ou Loren, mais leur irrégularité n’aura pas aidé l’équipe à rebondir. De même pour Nabil Fekir, arrivé de Lyon, qui a su être étincelant, voire même exceptionnel, en portant son équipe. Cependant, il a parfois été invisible dans certaines rencontres.

Rubi et le Betis, un duo qui n’a pas marché

Nommé au cours de l’intersaison 2019, Rubi arrive au Betis en provenance de l’Espanyol, club qu’il vient de qualifier pour l’Europa League. Si tout le peuple bético, ou presque, approuve sa nomination, les choses ne vont pourtant pas se passer comme prévu. Dès le début de saison, le Betis va avoir du mal à décoller et va en fait occuper la seconde partie de tableau durant 36 des 38 journées de cet exercice.

Le technicien catalan fait aussi des choix qui ne sont pas toujours compris et appréciés. Il donne peu de minutes à des joueurs prometteurs comme Diego Lainez et Edgar González, qui montrent pourtant de bonnes choses. En revanche, d’autres joueurs en difficulté, comme Cristian Tello ou Andrés Guardado disposent d’un temps de jeu convenable.

Real Betis: Claúsulas de Despido Incluidas en el Contrato de ...
Le manque de remise en question tactique de Rubi est aussi un des facteurs de la mauvaise saison du Betis (crédit : El Desmarque)

Pendant une très grosse partie de la saison, le Betis occupe la seconde partie de tableau, constamment menacé par la zone rouge qui n’est que quelques points derrière. En 34 matchs occupés sur le banc verdiblanco, toutes compétitions confondues, Rubi ne va ramener que dix succès et dix matchs nuls, contre quatorze revers. Soit une très faible moyenne de 1.14 points par match en moyenne. L’élimination prématurée contre le Rayo Vallecano, dès le 3e tour de Copa, est le symbole de l’impuissance renvoyée par cette équipe.

Pour couronner le tout, Rubi s’avère même être l’entraîneur du Betis avec le moins bon pourcentage de victoires en Primera División (26.66%)

A de nombreuses reprises, le Catalan a reçu des avertissements de sa direction. Mais pratiquement à chaque fois, il a su obtenir un succès lorsque la situation devenait critique. Finalement, le 21 juin, après la défaite (1-0) contre l’Athletic, le technicien sera démis de ses fonctions, pour laisser place à Alexis Trujillo. Tactiquement, l’entraîneur catalan n’aura jamais su innover pour se relancer.

Dans cette campagne digne d’un échec, la direction a aussi une grosse part de responsabilité. Certains supporters et journalistes estiment que cette dernière a mis trop de temps à réagir, a pris une décision tardivement et que le changement de coach aurait déjà dû être fait avant l’arrêt provisoire des compétitions. L’arrivée par intérim de Alexis n’aura, en plus de ça, pas permis à l’équipe de se relever en accrochant une quinzième place, révélatrice des maux du Betis au cours de cet exercice.

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Le pénalty manqué de Canales, lors des dernières minutes de jeu à San Mamés, scellera la défaite du Betis et surtout le renvoi de Rubi (crédit : Deia)

Joaquín, l’éternelle légende

Il est entré un peu plus dans la légende du Betis au cours de cette saison, pour tenter d’apporter une touche de bonheur à cet exercice. Joaquín aura été un élément précieux de l’équipe verdiblanca en championnat, où il a beaucoup servi de par son expérience. Ses huis réalisations et trois passes décisives en Liga démontrent qu’à 39 ans, l’Espagnol n’a rien perdu de son génie et continue de tirer son équipe vers le haut. Son expérience reste grandement utile, d’autant plus pour un joueur qui a déjà disputé la Champions League.

Revenu en 2015 de la Fiorentina dans son club formateur, le natif de la commune d’El Puerto de Santa María, en Andalousie, impressionne par son physique, loin d’être rongé par les blessures. Joueur le plus âgé du championnat, depuis le départ d’Aritz Aduriz à la retraite, Joaquín fait partie de ces attaquants vétérans mais qui continuent de carburer, et ils sont nombreux en Espagne.

En effet, l’Andalou n’a manqué que quatre rencontres cette saison, une où il était sur le banc et trois autres pour une blessure vers la reprise du championnat, en juillet. Pour les 34 autres, il n’a pas toujours débuté en tant que titulaire mais il est clair que sa présence a été plus que vitale pour une équipe dont la saison a été difficile.

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En fin d’année 2019, Joaquín a prolongé son contrat jusqu’en 2021, au plus grand bonheur de ses supporters (crédit : RMC Sport)

Si Joaquín est peut-être le meilleur bético de cette saison, et également le plus régulier, c’est parce qu’il a de nouveau écrit l’histoire. Le 8 décembre 2019, devant 45 322 spectateurs, face à l’Athletic, l’Estadio Benito Villamarín va assister à un moment unique. En vingt minutes, Joaquín Sánchez va inscrire un triplé et ainsi entrer dans l’histoire en devant le joueur le plus âgé à éditer cette performance en Liga ! Trois buts qui scelleront un succès important (3-2) du Betis, face aux Basques.

Par ailleurs, c’est aussi le premier triplé de sa longue carrière. Enfin, l’oeuvre laissée par cet immense joueur se résume aussi à son historique de matchs. Il est aujourd’hui un des joueurs les plus capés du championnat, ayant 552 rencontres disputées à son actif, au Betis, à Valencia et Málaga. Déjà joueur ayant joué le plus de fois au Betis, Joaquín achèvera sans doute sa carrière parmi les joueurs les plus utilisés dans l’histoire de ce championnat. Une belle preuve de la carrière respectable d’un joueur tout simplement légendaire.

Joaquín Overtakes Real Madrid Legend to Become Oldest Player to Score La  Liga Hat-Trick | ht_media
Joaquín, lors de son triplé historique (crédit : 90min)

Un exercice sans Europe s’achève donc pour le Betis. Un exercice raté, tout simplement, avec peu d’enseignements positifs à tirer. L’effectif n’aura pas répondu présent, malgré sa qualité, en raison de son irrégularité mais aussi des choix parfois incohérents de Rubi, dont le passage au club aura peut-être été mal géré par la direction. Beaucoup de fautifs, donc. Un enchaînement d’erreurs au sein du club qui a fait que cette saison se classe comme l’une des pires du club, lors de ces dernières années. Avec l’arrivée de Manuel Pellegrini et le projet ambitieux qui se profile, il faudra faire mieux pour la prochaine campagne, rien que pour faire finir en beauté la carrière de la légende de ce club, Joaquín.

Bilan de saison 2019/20 – CA Osasuna

En Espagne, on connaît bien la Furia Roja, mais à Pampelune la Furia est rojilla. Dans cette mignonne capitale de la Navarre, santé, force et vigueur sont ressorties des entrailles de l’Euskal Herria (Pays Basque, NDLR). Trois mots qui définissent Osasuna en langue basque. Trois caractéristiques que cette équipe a montrées cette saison en Liga pour obtenir un maintien amplement mérité. Elle n’a pas égalé la superbe performance de Granada, mais a fait largement mieux que Mallorca. Un parcours difficile par moments, mais marqué par une intensité et une solidité déconcertante dans un stade unique dans le royaume.

Promu cette année et dix-neuvième budget de LaLiga, Osasuna a signé avec mérite l’une de ses saisons les plus complètes dans l’élite, caractérisée par sa communion éternelle avec les socios d’El Sadar, un niveau de jeu agréable et une campagne tout simplement exceptionnelle récompensée par une dixième place. Une place dans la première moitié du classement gagnée avec 52 points qui mérite le respect qu’il a certes gagné par son jeu, mais aussi par la beauté de ses résultats. Un travail mené par un entraîneur atypique qui, depuis qu’il est locataire du banc navarrais, a parié sur la continuité d’un groupe qui se nourrit de la fureur rouge.

La création de Jagoba Arrasate

Derrière chaque entraîneur se cache une histoire. Celle de Jagoba Arrasate est particulièrement intéressante. Une profession qu’il a débuté à 29 ans après une courte expérience sur le terrain. À un âge aussi jeune pour ce métier, il était déjà sur le banc de Berriatuko, le club de sa ville située à la frontière entre la Vizcaya et le Guipúzcoa, un territoire au milieu du Pays Basque qui sent le parfum de l’Athletic Club et de la Real Sociedad.

À LIRE : Le bilan de la saison du Valencia CF

Son expérience à Elgoibar, quatrième division, n’est pas passée inaperçue puisqu’il a atteint deux fois les play-offs de promotion. Ce qui a attiré l’œil des éclaireurs de Zubieta qui l’ont ajouté à la masse salariale txuri urdin. Un retour dans son ancienne maison où il a passé une partie de sa carrière junior sans avoir eu la chance d’accéder à l’équipe première. À la Real Sociedad, il a dirigé l’équipe B avant d’être promu entraîneur principal après le départ de Philippe Montanier au Stade Rennais et le refus de Tata Martino de prendre les rênes du club de San Sebastián. 

Renouvellement du contrat de Jagoba Arrasate avec le CA Osasuna jusqu'en 2022
Après un début de saison convaincant, le président d’Osasuna Luis Sabalza (à gauche) et le directeur sportif Braulio Vázquez (à droite) ont renouvelé leur confiance à Arrasate. (Crédit-image : CA Osasuna)

Un début de carrière dans le football professionnel marqué par une qualification en Ligue des Champions après avoir brillamment éliminé l’Olympique Lyonnais en phase éliminatoire. L’aventure avec l’entité donostierra dura une saison et demie, et trois ans plus tard, après avoir séjourné à Numancia, il a posé ses valises à Pampelune en juin 2018.

« Je me sens très identifié avec les valeurs d’Osasuna et avec ce qui se vit à El Sadar »

La déclaration d’amour inconditionnel d’Arrasate au club et au peuple rojillos. (Source : El Pais)

Si El Sadar fusionne de la première jusqu’à la quatre-vingt-dixième minute avec ses joueurs c’est en grande partie grâce à Arrasate. Une saison lui a suffi pour célébrer la promotion en Primera après avoir remporté le championnat de deuxième division. Mais aussi, une campagne durant laquelle, les rojillos n’ont perdu aucun match à domicile (19 victoires et 2 nuls). Une série d’invincibilité qu’ils ont tentée de maintenir dans l’élite cette année en enchaînant les sept premières rencontres dans leur forteresse sans perdre. Il a fallu la visite de l’Athletic (14e journée, 1-2) pour qu’Osasuna tombe les armes à la main dans son château fort, après avoir infligé des déroutes à quelques envahisseurs imprudents ( Valencia 3-1, Villarreal 2-1 ou Alavés 4-2) et neutralisé l’impérialisme blaugrana (2-2).

Première sensation de l’équipe d’Arrasate lors de la 3e journée de LaLiga contre le Barça. (Crédit-vidéo : Bein Sports France)

D’ailleurs les deux confrontations contre le FC Barcelone peuvent être considérées parmi les matchs références qui ont dévoilé les valeurs qui unissent et animent le vestiaire d’Osasuna. L’entraîneur basque et son homme de l’ombre Bittor Alkiza, tête pensante du travail réalisé, ont parié sur le collectif qui a ramené le club en Liga Santander, mais surtout, ils n’ont pas délaissé le style de jeu de la saison dernière parce que le groupe avait la confiance et les vertus nécessaires pour assurer sa continuité dans l’élite.

On ne change pas une équipe qui gagne

Une équipe promue en Primera a toujours besoin de renforts. Même si Osasuna a préféré garder la majorité de son groupe de l’année dernière, il a tout de même apporté une retouche réussie dans son vestiaire. Certains, comme Toni Lato, Rubén García ou Facundo Roncaglia ont apporté leur expérience de LaLiga, d’autres ont rapidement pris un rôle de premier plan : Chimy Avila et Pervis Estupiñan, sans oublier Darko Brasanac, dont l’expérience qu’il a accumulée au Real Betis, à Leganés et au Deportivo Alavés a beaucoup contribué à la sérénité de l’équipe.

Chimy Ávila célébrant un but avec Osasuna
La rage, la force, le sens du but, Chimy Ávila a rapidement conquis le coeur d’El Sadar. (Crédit image : Spanish Football News)

Pour sa part, Ezequiel «Chimy» Avila ne pouvait pas aussitôt quitter la Liga après ses performances de la saison dernière sous les couleurs de Huesca. Malgré la vilaine blessure qui a terminé prématurément sa saison au mois de janvier, il reste tout de même le meilleur buteur des rojillos durant cette campagne avec neuf réalisations. Ce qui prouve son importance durant la première partie du championnat et la contribution décisive qu’il a apportée pour maintenir l’équipe qui aura ressenti son absence. 

Le prêt du latéral Équatorien a été aussi une sacrée réussite. Estupiñan a été l’image du style de jeu d’Arrasate, il a progressé au fil de la saison sur le plan défensif, malgré quelques petites erreurs de temps en temps. Il a été l’un des joueurs les plus utilisés en confisquant rapidement la place de titulaire dans le couloir gauche. Ses cinq passes décisives reflètent son apport dans l’animation offensive.

Roberto Torres
Si vous êtes fan de joueurs qui n’ont connu qu’un seul club, vous pouvez l’ajouter dans votre liste Roberto Torres, pur produit de Tajonar, continue d’honorer le maillot rouge depuis 2012. (Crédit-image : El Español Navarra)

À côté de ces recrues, on retrouve la colonne vertébrale de l’année dernière. Aridane Hernández, et David García ont rapidement assimilé l’exigence que demande LaLiga. Kike Barja, Unai García ou encore Nacho Vidal ont suivi leur progression. Oier Sanjurjo et Roberto Torres ont sans contestation été les tauliers, ce qui a facilité la bonne intégration des nouveaux comme Jon Moncayola, promu de l’équipe B, et l’aisance de Fran Merida ou d’Iñigo Pérez.

En somme, un groupe compact, complémentaire au niveau des individualités et reconnaissable sur le terrain à bien des égards. En premier lieu, Arrasate a su compter sur tout son effectif avec des changements fréquents dans le onze de départ. En fin de compte, peu importe qu’un joueur ou un autre joue, le concept qui a prévalu est celui d’un bloc. Tout le monde attaque, tout le monde défend et tout le groupe est concerné. Même dans un poste aussi spécifique que celui du gardien de but, où il y a généralement un titulaire et une doublure, le temps de jeu a été réparti entre Sergio Herrera et Rubén Martínez.

Un management et un recrutement intelligents, malgré quelques déceptions comme Marc Cardona (un seul but en dix-neuf matchs, NDLR), qui avait fait une bien meilleure saison l’année dernière à Eibar. Néanmoins, Arrasate avait bien préparé le retour d’Osasuna dans l’élite et s’est armé comme il faut pour assurer son maintien. Un objectif brillamment atteint dans un style de jeu qui inspire le respect.

Une régularité dans le ventre mou

Pour une équipe qui a joué sa survie dans l’élite, Osasuna n’a jamais mis les pieds dans la zone de largage. Cette expérience démoralisante, il l’a laissé à d’autres équipes comme l’Espanyol, Leganés ou le Celta qui ont tout de même un budget bien supérieur au sien. Un petit séjour dans les places européennes en tout début de saison puis l’équipe navarraise s’est installé dans le milieu de tableau. Malgré les douze défaites subies, elle a montré la régularité d’une équipe qui n’aspire ni à l’Europe, ni à la descente.

Un équilibre qu’elle a trouvé entre les résultats à domicile (28 points) et à l’extérieur (24 points). La raison est qu’Arrasate a toujours misé sur le collectif en plus de son style de jeu qu’il a maintenu tout long de la saison dans un El Sadar où il est très facile de descendre du paradis à l’enfer sans passer par le purgatoire. Une intensité comme LaLiga a rarement vu, mais aussi une envie démesurée de ne jamais laisser passer sa chance.

Alors qu’il n’était pas forcément menacé par la relégation, Osasuna a assuré mathématiquement son maintien lors de la 33e journée après une victoire 0-2 contre Eibar. Un exploit qui symbolise ce collectif exceptionnel. (Crédit image : LaLiga)

Cette attitude n’est pas uniquement réservée aux visiteurs du stade iruñés car Osasuna a tout le temps voyagé avec elle. Un feu intérieur qui brûle dans le cœur de cette formation et qui lui a offert six succès hors de ses bases dont un de prestige un Camp Nou devant un Barça qui se dégonflait après le confinement, alors que l’objectif du maintien était déjà atteint depuis quelques journées.

La suspension du championnat de trois mois n’a rien enlevé à l’âme des coéquipiers de Chimy Ávila, qui a regardé depuis son canapé les dix-huit points récoltés dans la trame finale pour rentrer dans le cercle des dix meilleures équipes de LaLiga cette saison. Au contraire elle a permis à Arrasate de remobiliser son vestiaire après le passage compliqué vécu à partir de la blessure de son buteur Argentin.

Ávila, blessé fin janvier, a laissé un vide sur le front que José Arnaiz et Enric Gallego, recrutés en prêt durant le marché d’hiver ont eu du mal à combler jusqu’à l’arrêt du championnat en raison du Covid-19. Toutefois, le pepinero et le getafense ont bien contribué aux points précieux obtenus dans le sprint final et qui ont placé l’entité rojilla dans le top de 10 de LaLiga 2019/2020.

Succès de luxe pour clôturer la saison contre le Barça au Camp Nou lors de la 37e journée (Crédit vidéo : Bein Sports France)

Malgré une reprise plutôt compliquée illustrée par la lourde défaite à domicile face à un Atlético de Madrid métamorphosé (0-5), les Pamplonés ont rapidement retrouvé les ressources nécessaires pour terminer le championnat en beauté. Un classement qui récompense le travail effectué depuis plusieurs années par Luis Sabalza dans l’objectif de faire rayonner de nouveau l’osasunismo dans le football espagnol.

Élu président du club en 2014 puis réélu en 2017, il a entrepris une vaste opération pour assainir les comptes d’ici 2026. Malgré la relégation de la saison 2016/2017, juste après la montée en juin 2016, Osasuna n’a pas dévié de sa trajectoire. La promotion de l’année dernière était suivie d’un objectif essentiel : le maintien. Il le fallait pour tenter de pérenniser l’équipe dans l’élite, mais aussi pour fêter l’anniversaire du centenaire dans la plus haute catégorie du football professionnel. Objectif atteint avec brio. Que la fête soit belle au mois d’octobre.

Bilan de saison 2019/20 – Valencia CF

Le football prend parfois des allures cauchemardesques. Une saison à oublier où les malheurs et mauvaises nouvelles se sont succédés, accompagnés de résultats décevants, c’est ce qu’a vécu le Valencia CF. Pas qualifié en Europe, le club Ché traverse une longue crise depuis plusieurs mois qui ne cesse de faire du dégât dans les rangs du VCF.

La bronca de Mestalla n’était pas là pour assister à ces derniers matchs compliqués du Valencia CF afin de conclure un exercice qui sonnait comme un véritable désastre. Sans Marcelino, ce sont Celades, puis Voro, qui ont tenté de sauver un club qui est à la dérive. Dirigé par une direction largement et logiquement critiquée, l’extra-sportif du Valencia CF est en train d’empiéter sur les résultats sportifs du club, et cela devient pesant pour les supporters et les joueurs. La preuve en est cette non-qualification en Europa, qui aura été l’objectif de fin de saison après avoie abandonné la possibilité d’aller en C1. A l’aube d’un grand ménage qui semble s’annoncer sur le mercato, c’est avant tout la colère et la frustration de toute équipe, qui n’aura pas su être au niveau pour jouer dans les hautes places du classement, qui s’exprime…

L’extra-sportif a pris le dessus sur tout tout le reste

C’est une direction qui n’est pas là pour le football, et cela se voit un peu plus chaque jour. L’incompétence de Lim, propriétaire du club, et de ses acolytes est en train d’envoyer le Valencia CF à la dérive sur le plan sportif. Sans Europe, la déception est déjà grande, et l’est d’autant plus quand on comprend les raisons d’un tel échec.

La chute visible du VCF commence dès ce début de saison, après que le club ait remporté une Copa historique l’année de son centenaire en mai 2019. En interne, les choses s’étaient pourtant envenimées depuis un moment. En effet, Marcelino va être limogé après quelques journées de Liga seulement. Malgré le début de saison compliqué en championnat, il n’est pas encore question de s’affoler du côté des supporters. La direction ne sera pas du même avis.

Cependant, le licenciement de Marcelino est toujours aussi incompréhensible. Lors d’une réunion en fin de saison passée, Lim aurait alors exposé au coach sa volonté de délaisser la coupe nationale pour se concentrer sur le championnat. Une requête que le staff et les joueurs ont refusé tout en assurant une qualification en Champions League, en plus de ramener un trophée. Rajoutons à cela un très honorable parcours en Europa League avec une demi-finale atteinte. Malgré tout cela, Marcelino ne comprendra jamais pourquoi il s’est vraiment fait virer, expliquant son départ par le seul fait qu’il ait joué la Copa jusqu’au bout, avec l’intention de la gagner. Chose qui aurait déplu aux dirigeants…

Valencia CF: Marcelino: "Nos van a decir 'empatas más que el ...
Entraîneur lors de la saison du centenaire et ayant remporté la Copa, Marcelino ne sera pas oublié des fans du Valencia CF (crédit : Marca)

Par la suite, le club va également enregistrer le départ du directeur sportif de Mateu Alemany, qui partageait le point de vue de Marcelino et dont l’entente avec le président et propriétaire n’était pas des meilleures. La direction nommera Celades au poste d’entraîneur mais ne prendra pas de directeur sportif. Entre les fans et les dirigeants, la tension monte face aux actes de Lim et Anil Murthy, le président, dans lesquels aucune cohérence sportive n’est retrouvée.

La gestion exécrable du cas de Ferran Torres ou des problèmes en interne illustre parfaitement la situation d’un club qui explose de partout et dont les conséquences finissent par se faire ressentir sur le terrain. Et personne ne se mobilise vraiment pour stopper ce désastre. De plus, le mercato est un gros point de désaccord à Valencia, où la direction s’implique peu, faisant parfois des choix surprenants.

Un exemple de ce à quoi la situation ressemblerait au VCF selon les médias valenciens

Les dernières rumeurs soutenaient d’ailleurs que le club prévoyait de se séparer de beaucoup de ses cadres lors de cet été. En bref, il est évident que les décisions prises par cette direction ont influencé les résultats de l’équipe. L’arrivée de Voro pour remplacer Celades en toute fin de saison a été débattue et n’aura pas fait effet. Avec un tel manque d’activité et de présence de la part des hommes occupant les fonctions importantes, le club Ché ne semble pas prêt de sortir de sa crise si rien ne change…

Un effectif largement en dessous de ses capacités

Même si la pagaille extra-sportive n’a évidemment pas aidé à tirer le VCF vers le haut du classement, il faut également reconnaître une défaillance sportive des joueurs. Dans tous les secteurs du jeu, l’équipe, qui aura conclu la saison avec Voro comme entraîneur, a connu des difficultés, majoritairement défensives.

Comme certaines équipes cette saison, à l’image de l’Espanyol, de l’Athletic, du Celta ou du Betis, Valencia n’a pas atteint ses objectifs sportifs alors que le club pouvait compter sur un effectif riche et solide. Il faut dire que les Chés n’ont pas été épargnés par les blessures qui ont particulièrement ravagé la défense.

Les multiples absences de Garay, blessé puis atteint du virus, ont laissé place à une charnière bien plus fragile composée de Mangala et Diakhaby lorsque Paulista n’était pas là. D’autres joueurs importants, comme Gayà ou Rodrigo, n’ont également pas échappé à des pépins physiques.

Gabriel Paulista se lesiona el tobillo en el partido ante el ...
Sorti sur blessure contre l’Atlético, Gabriel Paulista n’avait manqué que quelques matchs mais son absence s’était faite ressentir (crédit : InfoBiwenger)

Cependant, les résultats compliqués ne peuvent pas être expliqués que par ces blessures. L’absence de cadres a permis à des remplaçants de gagner en temps de jeu sans qu’ils ne se soient convaincants pour autant, remettant ainsi en question la fragilité du banc à certains postes.

Un des problèmes majeurs de cette équipe se situe sur la ligne de buts. Cillessen et Jaume ont déçu cette saison. Le portier néerlandais arrivé du Barça n’a pas su rehausser son niveau, qui avait chuté ces dernières années, et a logiquement été mis remplaçant à plusieurs reprises. Globalement plus rassurant, Jaume Doménech n’aura pourtant pas pu sauver le navire. Cette incertitude dans les cages aggrave les failles défensives d’un club qui a encaissé cinquante-trois réalisations en championnat.

Offensivement, la création de danger a cruellement manqué. Rodrigo sort d’une saison où son inefficacité est un énorme souci, Maxi Gómez se doit d’améliorer sa régularité et Gameiro n’a pas été assez tranchant sur le peu qu’il a joué. De leur côté, Cheryshev, Guedes, Soler, Ferran ou encore Manu Vallejo n’ont pas su relancer l’attaque du Valencia CF.

Le cœur du jeu a été, comme les autres postes, un véritable casse-tête. Le capitaine Dani Parejo a libéré son équipe à plusieurs reprises dans la saison sans pour autant réaliser un exercice fabuleux. Ses coéquipiers français, Coquelin et Kondogbia, n’ont pas été les joueurs que nous avons pu connaitre lors de la campagne précédente. Malgré la révélation intéressante de Hugo Guillamón, en défense centrale, c’est donc la quasi-totalité d’une équipe qui a montré un visage décevant, voire même laborieux par moments.

Leganés, 36e journée : le Valencia CF jouait une de ses dernières chances de qualification en Europe mais s’incline dans un match où Parejo aura manqué un pénalty (crédit : JuniperSports)

Dans cette défaillance sportive de tout un effectif, il faut également souligner que le changement d’entraîneur au cours de la saison n’a pas aidé à trouver une stabilité. En poste de septembre à juin, Albert Celades a dirigé l’équipe pendant une grande partie de la saison sans innover, contrairement à son prédécesseur, licencié, et reconnu pour ses qualités tactiques. Mené par Voro pour les derniers matchs, le club n’a pas vraiment vu les choses évoluer positivement au classement. Le tout avec une direction critiquée.

Une incapacité à rebondir et à se relever

La mauvaise passe que traverse le Valencia CF depuis plusieurs mois est également le fruit d’un manque de capacité à se relever des échecs. Mentalement, on peut penser que cette équipe manque d’un véritable leader. Parejo porte le brassard et a déjà pu remobiliser les troupes lorsqu’il le fallait mais il semble être plutôt seul dans cette tâche.

Les difficultés mentales de ce groupe se notent à l’extérieur. Loin de Mestalla, le VCF affiche un inquiétant niveau de jeu. Sans son public, la formation valencienne n’a collecté que treize points. Avec un taux de points aussi faible, Valencia est la dix-septième équipe à l’extérieur en Liga. Seulement trois succès contre une douzaine de défaites. Dont de nombreux points perdus dans des confrontations importantes pour l’Europe.

Ces chiffres démontrent que les joueurs n’y arrivent pas quand ils jouent ailleurs qu’à Mestalla. Ravagés par les échecs dans les autres stades de Liga, les coéquipiers de Parejo n’arrivent plus à s’imposer et souffrent de cette série noire sur le terrain. Cela dit, ce problème dont est victime le VCF est récurrent chez plusieurs formations de Liga.

A la différence de ces déplacements périlleux, il reste toute fois important de souligner que le Valencia CF a été une excellente équipe à domicile, ne s’inclinant qu’une seule fois et glanant pas moins de onze succès et quarante points. Toutefois, Valencia va avoir besoin de rapidement retrouver une certaine solidité et oublier ses échecs pour enchaîner, un défaut qui a coûté trop de points lors de cet exercice. Renverser les matchs doit aussi redevenir une qualité de cette formation si talentueuse

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La défaite à Eibar dans la fin de saison illustrait parfaitement cette description d’un VCF méconnaissable à l’extérieur et incapable de se relever (crédit : Plaza Deportiva)

Les points positifs de la saison du Valencia CF sont donc en infériorité numérique en comparaison des événements plus douloureux. Les performances de cette équipe ont été très décevantes, comme le montre le classement, mais le sportif n’est pas l’unique explication de cette déroute. La qualité des joueurs n’a pas su relancer un club qui vit une crise difficile depuis plusieurs mois, face à une direction sourde devant les critiques, continuant, tête baissée, à avancer et à mener une politique qui nuit au VCF. Un tableau qui montre donc beaucoup de négatif et une situation qui pourrait bien continuer de s’aggraver si rien n’évolue. Pourtant, cette équipe a la capacité de redevenir ce qu’elle était lors de sa saison centenaire, où elle a fait rêver l’Espagne et son peuple valencien. Il faudra pour cela de l’envie, du courage et du changement en attendant de retrouver les « Amunt » du public de Mestalla.

Bilan de saison 2019/20 – Getafe CF

La magie du football réside dans les rêves que vivent les passionnés lorsque leur équipe gagne. Chaque supporter a déjà vécu cette sensation devant les performances de son équipe préférée. À Getafe, cette illusion a accompagné le groupe de Bordalás et ses aficionados la saison dernière. Elle s’est prolongé cette année jusqu’à ce que le coronavirus ne vienne leur faire tomber de leur nuage. Le club madrilène est sorti des places européennes dans le sprint final de cette saison atypique, mais continue de rêver d’un autre exploit en Ligue Europa.

Le Getafe CF a réalisé un parcours quasi similaire que la Real Sociedad que nous avons analysé récemment. Tandis que les Basques sortaient le masque à oxygène pour se sauver du naufrage, les Madrilènes, eux, se sont noyés dans LaLiga post-covid. Colocataires des places nobles du classement jusqu’à la suspension du championnat, les Getafenses ont raté le train du déconfinement. Pourtant, ils nous avaient laissé l’eau à la bouche lors de la double confrontation réussie en seizième de finale de la C3 contre l’Ajax, mais la dynamique a été brisée par la longue pause que la pandémie nous a imposée. Il n’y aura pas de Coupe d’Europe pour les azulónes la saison prochaine, du moins via le championnat. Toutefois, cette fin désastreuse n’efface pas le travail que le groupe de Bordalas a réalisé tout au long de ce parcours qui n’a pas connu le même succès que la précédente.

L’ADN d’une équipe

Depuis l’arrivée du technicien d’Alicante sur le banc du Geta, les matchs au Coliseum Alfonso Pérez sont loin d’être une partie de plaisir pour n’importe quel adversaire. Ce petit stade de 13 000 places situé dans la banlieue de Madrid est devenu un champ de mines soigneusement aménagé par José Bordalás. Un piège qui invite le onze adverse au suicide collectif. Noyer le rival avec des lignes de passes directes et des mouvements forcés est la particularité de cette équipe qui a fait sensation en Liga la saison dernière.

José Bordalas, entraîneur du Getafe CF.
Architecte du retour de Getafe parmi les acteurs principaux de LaLiga, Bordalas a façonné son équipe dans une style de jeu efficace à tous les niveaux. (Crédit : Bleache Report)

Néanmoins, le Getafe CF est loin d’être une anomalie. Au contraire, il a été le fruit d’un travail entamé depuis son séjour en deuxième division et qui l’a ramené dans l’élite du football espagnol en 2017. Un travail de confiance entre Bordalás et ses joueurs, imprégné d’une philosophie de jeu qui a reçu des critiques acerbes à cause de sa rugosité et de son manque de spectacle.

Une confiance qui a fait la force de cette équipe l’année dernière et tout au long de l’exercice qui vient de se clôturer et qu’on a notamment vu en Ligue Europa. Mais dans la phase la plus délicate et la plus compliquée de la saison, Bordalás l’a quelque peu rompue.

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Toutefois, nous ne pouvons pas occulter l’atmosphère dans lequel LaLiga a rendu son verdict. Des matchs tous les trois jours, l’anxiété de la crise sanitaire et des rencontres à huis clos. Tout un environnement qui faisait de chaque match était un défi physique et mental. Les équipes les mieux armés dans ces domaines ont terminé leur campagne dans la joie et les autres ont parfois compté sur la chance. Mais la chance ne sourit pas à tout le monde en même temps et Getafe n’aura pas connu une issue heureuse.

Une confirmation qui n’aura pas abouti

Avec un projet déjà consolidé en Liga, Getafe a entamé la saison avec enthousiasme mais aussi avec la pression de la lourde tâche de confirmer les performances de la campagne précédente. De ce fait, la direction sportive a misé sur la continuité. Hormis le départ du Japonais Gaku Shibasaki au Depor, elle a réussi à retenir les deux joueurs qui, probablement, ont été les plus importants de la réussite de la saison dernière : le robuste défenseur central Djené Dakonam et le meilleur buteur de l’équipe, Jaime Mata (onze buts et quatre passes décisives cette saison, NDLR).

Jaime Mata, l'une des pièces maîtresses de l'équipe azulona
Ses 14 buts de la saison dernière et ses belles performances lui ont ouvert les portes de la Roja, Jaime Mata a tardivement connu le haut niveau, mais a été un joueur essentiel dans l’écosystème azulón (Crédit : ESPN)

Maintenir ce qui a fonctionné et l’améliorer avec des pièces très intéressantes qui, à priori, se marient parfaitement, d’où le recrutement de Marc Cucurella. Le Catalan avait réalisé une année spectaculaire à Ipurua et est arrivé dans un système qui lui demandait les mêmes exigences dans un positionnement plus avancé. Une performance qu’il a répétée sans failles. 

Le Barcelonais, en compagnie de Xabi Etxeita, Allan Nyom, David Timor, Enric Gallego ou encore Fayçal Fajr, est venu renforcer l’ossature déjà bien consolidée par des joueurs expérimentés comme Leandro Cabrera, Vitorino Antunes, Jorge Molina, Nemanja Maksimovic ou encore le gardien de but David Soria. Un cocktail intéressant entre vétérans et une jeunesse qui a déjà de la bouteille.

Le recrutement de Marc Cucurella a été une réussite pour Getafe
L’arrivée de Junior Firpo au Barça ont éteint les chances de ce produit de la Masia d’évoluer sous les couleurs azulgrana cette saison, mais l’expérience à Getafe est pour le moment une réussite pour cette tignasse qui rappelle un certain Carles Puyol. (Crédit : Tribuna)

Un mélange qui a de nouveau bercé d’illusions la population de la banlieue sud de Madrid qui, à la suspension du championnat au mois de mars, avait déjà célébré treize victoires, trois de moins que le Real Madrid par exemple. Bordalás connaissait mieux que quiconque ses forces et ses faiblesses. Le Geta ne laissait quasiment jamais passer sa chance contre des équipes du même niveau que lui ou un tout petit plus fort sur le papier. 

Sans doute le match le plus abouti de Getafe cette saison. Cette victoire sensationnelle contre le Valencia CF lors de la 23e journée de LaLiga (Crédit : Bein Sports)

La preuve en est que les sept défaites subies durant cette première partie ont été infligées par seulement cinq équipes, qui au final se sont révélé être les cinq premiers de LaLiga. Le FC Barcelona et le Sevilla FC à deux reprises, l’Atlético de Madrid, Villarreal et le Real Madrid.

Ces revers ont été effacés par des victoires notables, notamment celle contre Valencia qui a chaviré au Coliseum (3-0), mais aussi à San Mamés (0-2) ou encore à Anoeta (1-2), des candidats pour l’Europe que la formation azulona a dominés sur les confrontations directes. Donc, tout était bien parti refaire sensation, mais la longue coupure de trois mois et le rythme effréné de la reprise aura brisé un collectif qui, au fils des matchs, a perdu confiance.

Un cauchemar sans fin

Malgré un début de saison à la trottinette, Getafe a rapidement intégré la zone la plus convoitée du classement. Au coup de sifflet de sa victoire à Vigo (0-1, 12e journée, NDLR), il était déjà européen, un statut qui l’échappera à l’ultime journée après son cinquième revers en onze matchs. À l’aube du confinement, les Azulons s’étaient bien installés à la 5e place du tableau avec 46 points à égalité avec la Real Sociedad qui avait une meilleure différence de buts générale.

Talonné par l’Atléti (45 points) et le Valencia (42 points), Getafe avait bel et bien le droit de rêver d’une participation inédite en Ligue des Champions, une compétition qui l’a échappé l’année dernière dans les ultimes secondes de la saison. Malheureusement, le destin a été très cruel. Même si la faute de la dégringolade n’est pas imputable à l’équipe et à son entraîneur.

Villarreal a définitivement fermé les portes de la C1 pour Getafe qui aura perdu ses automatismes en quelques semaines. (Bein Sports)

Une seule victoire obtenue dans la trame finale de onze matchs et seulement six buts marqués dont un dans les six dernières rencontres, Getafe a tiré la langue sous le rythme intense de la fin de saison. Et pourtant le calendrier qui se dressait semblait être surmontable. Hormis le déplacement sur le terrain du futur champion et la réception des colchoneros, les autres matchs compliqués sur le papier étaient la Real Sociedad et le club castellón.

Les multiples erreurs de concentration ont la clé de voûte de cette mini Liga comme la défaite subie aussitôt face aux Nazaris de Diego Mártinez qui auront carburé pour s’emparer de la 7e place synonyme d’une qualification au troisième tour de la Ligue Europa. Bordalás a négocié cette dernière partie du championnat avec un manque de confiance criant illustré après la défaite contre Villarreal qui a vu la mise à l’écart de certains joueurs clés comme Damián Suárez ou Allan Nyom, qui n’est apparu qu’une fois après.

Levante 1-0 Getafe, LaLiga 2019/20, journée 38
Getafe a terminé la saison sur une défaite à Levante qui l’éjecta définitivement de la zone européenne au profit de Granada (Crédit : LaLiga).

Le technicien azulón a peu fait tourner son onze qui enchaînait des matchs compliqués en plus tous les trois jours tout en sachant que ses principes de jeu demandent un don de soi maximal dans chaque action.. Une gestion qui a fini par provoquer des indisponibilités chez certains joueurs (Antunes, Kenedy et Deyverson). 

Au final, Getafe n’aura ajouté que huit points sur trente-trois possibles dans LaLiga post-covid. Largement insuffisant face à des adversaires comme l’Atléti, Granada et Villarreal, qui se sont transformé en machine de guerre durant cette période. Avec une huitième place derrière les Andalous, le club madrilène est passé du rêve à la désillusion, même si l’espoir d’accrocher l’Europe ne s’est pas encore envolé.

En dépit de cette fin de championnat catastrophique, Getafe maintient toujours une infime chance de qualification en Ligue des Champions. Après avoir brillamment surmonté la phase de groupes de la Ligue Europa, les Getafenses ont créé la sensation en éliminant l’Ajax en seizième de finale. Deux matchs exceptionnels qui ont montré l’art du jeu de Bordalás à l’Europe entière. L’aventure sur le vieux continent continue ce mercredi face à l’Inter Milan, un autre ténor du football italien et européen. Peut-être que la chance lui sourira cette fois.

Bilan de saison 2019/20 – Granada CF

« Eterna Lucha ». Une devise si bien portée et surtout deux mots qui illustrent à la perfection l’esprit et la volonté des joueurs du Granada CF lors de cette saison. Car oui, quelques mois après avoir fait chavirer le Nuevo Los Cármenes pour la remontée du club en Primera, le stade, cette fois vide, aura été le théâtre d’une qualification européenne historique.

Historique, oui. Le mot juste pour désigner l’exercice mené par les Andalous qui vont vivre leur première saison Coupe d’Europe. En plus d’avoir impressionné l’Espagne et donné une leçon de ce que l’envie dans le football pouvait amener, Granada a également réalisé un fabuleux parcours en Copa del Rey. En atteignant les demi-finales du tournoi, le promu a été la véritable révélation espagnole, faisant également émerger les talents méconnus de certains de ses joueurs. En combinant avec l’expérience et la jeunesse de son groupe ainsi qu’avec un coach plutôt jeune, le Granada CF a assurément écrit une des plus belles pages de son histoire.

Un promu déjà taillé pour jouer le haut de tableau ?

Dauphin du CA Osasuna lors du précédent exercice, Granada a donc pu retrouver l’élite que le club n’avait plus connu depuis 2017 avec cette place de lanterne rouge. A l’issue de cette saison, émergeait déjà la fierté et l’ambition d’une équipe qui se battrait coûte que coûte pour rester en Primera. Mais très vite, la direction s’est activée notamment sur le marché des transferts.

Le Granada CF a ainsi réalisé de très bon coups. L’arrivée gratuite de Roberto Soldado est une véritable réussite, les signatures en prêt de Carlos Fernández, Maxime Gonalons ou Yangel Herrera ne peuvent qu’être saluées. De plus, les recrutements à très bas prix de Darwin Machís ou encore de Domingos Duarte, pour seulement trois millions d’euros, révèlent d’un mercato judicieux et qui a porté ses fruits.

Enfin, El Grana a également su s’appuyer sur ses jeunes, en témoigne la promotion de Carlos Neva en équipe première. Le jeune espagnol aura impressionné beaucoup de monde sur son couloir gauche. Les footballeurs déjà présents au club depuis un bon moment, comme Antonio Puertas, n’auront fait que confirmer.

Domingos Duarte: «O Santiago Bernabéu tremeu» - Espanha - Jornal ...
Indéboulonnable dans le XI nazarí, le Portugais Domingos Duarte sort d’une saison réussie en défense centrale (crédit : Record)

Parti pour jouer son maintien, comme tout promu, ou presque, dans le football, les objectifs du Granada CF vont rapidement changer. Pour preuve, le club andalou occupait la première place du championnat lors de la dixième journée de championnat, avec vingt points ! Il était encore trop tôt pour tirer des conséquences, mais ce premier quart de saison était une réussite totale.

Malgré un passage à vide en fin d’année 2019, le Granada CF occupe le milieu de tableau à la mi-saison. Quelques semaines plus tôt, le club présidé par Jiang Lizhang enregistre la prolongation de contrat de son entraîneur, Diego Martínez, jusqu’en 2021, étant alors sous contrat jusqu’à la fin de l’exercice 2019/20. Une décision logique et grandement saluée par les supporters, tous très admiratifs de l’Espagnol. Arrivé en 2018, le jeune entraîneur de seulement trente-neuf ans avait promu le club en Primera dès sa première saison, avant de confirmer dans l’élite comme on le constate aujourd’hui.

Tout semble donc être sous contrôle et bien se passer en Andalousie après les dix-neuf journées disputées. A l’hiver, le club de Granada va pouvoir compter sur les prêts de Jesús Vallejo et Gil Dias. Cédé avec une option d’achat (levée par le club en fin de saison, NDLR), Dimitri Foulquier effectue son retour chez la formation nazarí tandis que Antoñín arrive de Málaga.

Granada CF: Granada shields itself against the coronavirus ...
Un mercato judicieux et à faible coût, Granada a réalisé de très bons coups (crédit : Spain’s News)

Au cours de la seconde partie de l’exercice, Granada va maintenir un court écart avec les places européennes. Dans le sprint final, plus serré que jamais, l’équipe andalouse va battre des adversaires directs tels que la Real Sociedad (2-3) ou Getafe (2-1) et accrocher des équipes comme le Valencia CF (2-2). Enfin, lors de la dernière journée, l’Europe est toujours indécise pour la sixième et septième place. Largement victorieux (4-0) d’un Athletic terrassé, la tension de l’avant-match fait place à l’allégresse et la joie de retrouver l’Europe.

Avant de pouvoir enchanter les jeudis soir du Nuevo Los Cármenes, les Granadinos devront disputer le second et troisième tour de qualification pour espérer atteindre un barrage qui les enverrait en Europa League. La route est longue, mais quand l’envie et le rêve sont associés, plus rien ne semble impossible…

L’envie et le rêve ont fait bon ménage

Européen. Demi-finaliste de Copa. Comment ne pas dire que la saison du Granada CF est un rêve ? Les attentes fixées en début de saison ont évidemment largement été dépassées. Et pourtant, cela était loin d’être prévisible lorsque l’exercice 2019/20 a débuté.

Granada, dix-huitième budget de Primera División, possédait au début de cette saison un des effectifs les plus faibles de cette Liga. Chose plutôt logique pour un promu. Les bonnes performances sont arrivées d’une équipe, avant tout, redoutable mentalement. Un groupe soudé et uni qui n’a fait que croire à ce qu’il voulait avec des joueurs qui se sont surpassés. L’équipe a su hausser son niveau bien plus haut de que ce qu’on pouvait imaginer.

Dans cette équipe, on pourrait presque y voir du fantastique. Au cours de cette campagne, le Granada CF a démontré que l’argent était loin de faire toute la différence dans le football. En voyant le maintien s’assurer plus facilement que prévu, alors c’est évidemment une vague de joie et de gaieté qui s’est emparée du club et de ses supporters.

Pourtant, au lieu de se relâcher, ayant assuré sa place dans l’élite pour la prochaine saison, Granada a continué de se battre, pour terminer le plus haut possible. Et à force d’y croire, ce qui paraissait être un rêve va en fait devenir une réalité. Mis à rude épreuve au cours de ces mois de compétition, le mental collectif de cette équipe s’est révélé être impressionnant.

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Le parcours notable en Copa est le reflet de cette combinaison entre envie et rêve. Avant d’atteindre la demi-finale, l’équipe de Diego Martínez s’est heurtée à plusieurs adversaires, en apparence plus faibles, qui lui ont posé de sérieux soucis. Intégré au tournoi lors du premier tour, Granada va souffrir et connaître les prolongations à plusieurs reprises. Face à des équipes telles que L’Hospitalet, Badalona et Badajoz, l’équipe andalouse connaîtra des prolongations desquelles elle sortira triomphante.

Dans une édition des plus surprenantes, Granada va se défaire du Valencia CF (2-1) en quarts de finale avant de trébucher sur l’Athletic lors de la demi-finale aller-retour. Battus (1-0) et dominés à l’aller, les Andalous s’imposent (2-1) au retour mais sont éliminés par la règle des buts à l’extérieur malgré leur performance remarquable. Mais le positif à retenir est évidemment dans le contenu. Le Granada CF n’aura jamais baissé les bras, ni cessé de croire à ses rêves et aura surtout eu le mérite d’obtenir ce qu’il méritait, pour le plus grand bonheur de ses formidables supporters.

Copa del Rey | Granada - Valencia: Soldado desata la locura en ...
Face à son ancien club, Roberto Soldado inscrira un doublé libérateur pour envoyer son équipe dans le dernier carré de la compétition (crédit : Marca)

L’énergie de la jeunesse guidée par l’expérience des vétérans

Des vingt-deux ans de Yangel Herrera aux trente-cinq de Roberto Soldado, il y a un monde. L’un réalise une des premières saisons au haut niveau dans le football professionnel quand l’autre arrive sur la fin d’une carrière où il aura tout connu. C’est ce qu’a réussi à bâtir Diego Martínez : un équilibre parfait entre la jeunesse et les joueurs qui ont déjà un passé d’expérience dans le monde du football.

Le succès du Granada CF passe aussi par là. La révélation de nombreux jeunes joueurs cette saison, tels que Rui Silva ou Carlos Fernández, s’explique en partie par ce qu’ils ont pu apprendre auprès des joueurs plus âgés. En attaque, Roberto Soldado a connu un début de saison compliqué avant de finir en beauté. A trente-quatre ans, ses très belles statistiques (sept buts et cinq passes décisives) ont un lien avec son association réussie à Carlos Fernández.

En défense, Germán Sánchez a su épauler à la perfection Domingos Duarte. Les trente-deux ans de Víctor Díaz ont également été un moteur pour animer l’aile droite du Granada CF. La jeunesse a, de son côté, aussi beaucoup contribué à la qualification en Europe du club andalou. Les contributions de talents tels que Yangel Herrera, Gil Dias et Vallejo prouvent que chaque joueur de ce onze s’est senti impliqué et important pour permettre au club de connaître sa première qualification en coupe continentale.

Granada / Yangel Herrera, de baja y pendiente de pruebas médicas
Prêté par Manchester City, Yangel Herrera a été une des révélations de cette saison du côté du Granada CF (crédit : Mundo Deportivo)

Ainsi s’achève donc une saison historique pour le Granada CF. Européen pour la première fois de son histoire, demi-finaliste de Copa, l’équipe andalouse venait pourtant tout juste d’être promue dans l’élite du football espagnol. En déjouant les pronostics grâce à son mental, son esprit d’équipe et ses belles performances, plusieurs révélations ont émergé dans cette formation. Il sera difficile de retenir tout le monde. Alors que certains vont repartir de leur prêt, d’autres hésitent entre partir pour des clubs de très haut niveau ou bien prendre part à la saison européenne, sans oublier ceux qui savent déjà que quitter ce club n’est pas envisageable. En conservant cet esprit compétitif et cette volonté de toujours aller de l’avant, cette équipe sait assurément qu’elle pourra continuer d’écrire l’histoire du Granada CF. Qui a dit que les rêves n’existaient pas dans le foot ?

Bilan de saison 2019/20 – Real Sociedad

Une équipe qui a tenu en haleine toute l’Espagne ainsi que les amoureux de LaLiga du monde entier. La Real Sociedad a ravi ses aficionados et ses joueurs durant une bonne partie de cette saison. Luttant pour la Ligue des Champions, qualifiée en finale de la Copa après une démonstration contre le Real Madrid, l’équipe d’Imanol a finalement bu la tasse du confinement. La belle Real a fini la saison lacérée et a sauvé in extremis une place en Ligue Europa en terminant à la sixième place.

Le football est souvent cruel et c’est essentiellement ce qui fait son charme. On peut passer d’une journée à l’autre de l’éclat de joie à la tristesse. Même si ce n’est jamais la fin du monde avec ce sport si merveilleux, puisque la tristesse d’aujourd’hui peut se transformer en allégresse demain, mais rien n’est plus malheureux que de boucler une saison dans le désenchantement. L’angoisse du Covid, le mutisme du huis clos et un collectif qui s’écroule comme un château de cartes. La Real Sociedad avait bien débuté mais a mal terminé. Toutefois, cette fin de saison laborieuse ne va pas balayer les sensations que cette équipe nous a offertes sous la houlette d’Imanol Alguacil et de ses jeunes pépites qui ont ébloui l’Espagne.

La richesse du jeu donne la beauté des résultats

Dans la Monarchie ibérique, il est de coutume de rappeler les grands gardiens de but que le Pays Basque a fourni à la sélection, mais n’oublions pas les clubs et le beau jeu que cette terre offre à LaLiga. Dans la province du Gipzukoa où se trouve la Real Sociedad de San Sebastián, le football a encore une fois bouleversé les maximes. Comme l’a souligné l’ancien technicien txuri urdin, Juanma Lillo (2008/2009), « c’est le jeu qui vous enrichit, pas le résultat. Le résultat est donné ». Son successeur des années plus tard l’a bien compris. 

Imanol Alguacil, ancien joueur, puis devenu entraîneur de la Real Sociedad
Après avoir entraîné les jeunes de la Real, Imanol Alguacil est revenu sur le banc de l’équipe première en décembre 2018 et réalisé sa meilleure saison en tant qu’entraîneur. (Crédit : Real Sociedad)

Imanol Alguacil a redonné vie à Anoeta, aujourd’hui Reale Arena, qui a enregistré l’une des affluences moyennes les plus élevées de LaLiga cette saison avant la pandémie (près de 34 000 fans en moyenne par match, NDLR). Une chose est sûre, ce ne sont pas uniquement les résultats qui ont drainé la masse dans l’enceinte rénovée, mais le jeu que les joyaux de Donostia ont pratiqué. Des talents rassemblés dans une équipe que le natif d’Orio (Gipuzkoa) et enfant de la maison txuri-urdine a façonnée à sa manière pour nous en mettre plein les yeux.

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Tout d’abord, une saison réussie passe souvent par le mercato et celui de la Real a été irréprochable. L’équipe donostierra a amené cet été trois joueurs transcendantaux qui sont venus épauler Mikel Oyarzabal, la pépite nationale qui a le plus grandi ces dernières années, et Mikel Merino, un joueur d’une classe infinie. Ces trois recrues ne sont autres que Nacho Monreal, Martin Ødegaard et Cristian Portugués « Portu ». 

De retour en Liga sous les couleurs de la Real Sociedad, Martin Ødegaard a réalisé une saison magnifique.
Ødegaard a montré toutes les qualités qu’on attendait de lui cette saison à Anoeta, même si le sprint final a été compliqué. (Crédit : Diario AS)

Le premier a apporté l’expérience de la Premier League, un championnat dans lequel les défenseurs sont les plus sollicités que dans n’importe quel autre. Ødegaard, lui est un cas à part, un joueur mis à l’honneur depuis l’âge de 16 ans avec toutes les difficultés que ça implique. Toutes les décisions qu’il a prises sur le terrain ont été aussi brillantes que celles prises dans sa carrière.

Le pas en arrière aux Pays-Bas, dans les modestes clubs d’Heerenven et de Vitesse, et ces trois saisons passées chez les Bataves, où les jeunes sont soignés comme des tulipes, ont ramené en Liga un joueur magnifique. Quant à Portu, ses prestations, il faut les vivre. Si le prix de l’intensité existait, il en serait sûrement le lauréat. Un cocktail magnifique qui aura illuminé LaLiga 2019/20, mais qui, à l’épilogue d’une saison prolongée par la pandémie du coronavirus, a manqué de fraîcheur et d’inspiration.

Du rêve …

La sensation du huis clos, la Real l’a vécu avant tout le monde, avec Eibar. Elle a joué et gagné (1-2) dans un Ipurua vide, le 10 mars dernier, quatre jours avant le début de l’état d’urgence en Espagne. C’était le dernier match disputé en Liga jusqu’au 11 juin. Dans ce derby guipuzcoano, elle venait d’enregistrer une dixième victoire en douze matchs. Une période dans laquelle, elle a validé son ticket pour la finale de la Copa del Rey face à Mirandés (2-1 / 0-1), après avoir éliminé le Real Madrid au Bernabeù (3-4) dans un quart de finale spectaculaire.

Le 14 septembre 2019, lors de la 4e journée de LaLiga, la Real montrait sa force à l’Atléti, le premier gros coup de la saison. (Video : Bein Sports)

Un indicateur de la force du groupe qu’Imanol a dirigé cette saison. Le spectacle ne manquait jamais avec cette équipe que ce soit dans la défaite ou dans la victoire. Son revers à Séville (3-2) en début de saison fut l’un des matchs les plus agréables à suivre, mais aussi la victoire à Osasuna tout juste avant la trêve de Noël.

« Avant on générait des occasions avec deux ou trois passes, on s’implantait bien  devant le gardien adverse car tout fonctionnait bien dans les passes, les centres et les occasions de buts. Maintenant, on y arrive plus »

Le constat d’impuissance du gardien Álex Remiro après la défaite contre le Celta le 25 juin dernier. (Source : El País)

Remiro a bien raison de se lamenter puisque tout ce qu’il a constaté n’est que pure vérité. La Real, avant le confinement, ne courait pas, elle volait comme l’a bien souligné le Diario Vasco après la nette victoire 3-1 sur le Real Betis lors de la 9e journée. Une explosivité soutenue par Igor Zubeldia au milieu, qui a donné le champ libre aux autres pour apporter un soutien à l’attaque. De ce fait, grâce au jeu bidirectionnel et sans défaut apparent de Mikel Merino, de loin le joueur le plus complet de l’équipe, Mikel Oyarzabal et Martin Ødegaard ont pu exprimer leur potentiel intarissable.

Mikel Merino, playmaker de l'équipe basque de la Real Sociedad.
Les attaquants ont volé la vedette, mais Mikel Merino reste de loin le meilleur joueur de la Real Sociedad cette saison. (Crédit : Left Back Football)

Les passes téléguidées du Norvégien, qui d’un autre côté ne rechignait pas à faire les efforts défensifs, ont permis à Merino de jouer un rôle plus important et de donner plus d’espaces aux attaquants. Un front offensif qui tournait autour du Brésilien Willian José (11 buts) et du géant Suédois, Alexander Isak (9 buts).

Toutefois, l’une des faiblesses de cette équipe a été la défense qui a concédé 48 buts alors que de l’autre côté du terrain les filets ont tremblé à 56 reprises. Robin Le Normand a revendiqué une place de titulaire après la blessure d’Aritz Elustondo qui, à son retour, a partagé son temps de jeu avec le Français et Diego Llorente. Mais cela n’a pas empêché à cette équipe létale en contre-attaque d’être colocataire des places nobles pour la Ligue des Champions jusqu’à la suspension du championnat mi-mars.

À la désillusion

Imanol a dû maudire le confinement. Au soir de la 27e journée, la dernière disputée avant l’arrêt de LaLiga, la Real Sociedad était quatrième avec 46 points, talonnée par Getafe et l’Atlético de Madrid. Loin derrière, Villarreal, huitième, se tenait à huit points de retard. À la clôture du championnat, le sous-marin jaune a terminé devant elle avec quatre points d’avance.

Autrement dit, le club basque a récolté dix petits points sur trente-trois possibles dans la trame finale de la saison. Malgré ce changement de visage radical et surprenant, elle a pu sauver sa place européenne mais devra se contenter de la Ligue Europa

Anoeta n’avait plus de public et son équipe ne brillait plus. la flamme a commencé à s’éteindre dès la reprise contre les rojillos d’Osasuna (1-1) avant de s’arrêter nettement durant quatre journées consécutives (Alavés 2-0, Real Madrid 1-2, Celta 0-1 et Getafe 2-1). Quatre revers de suite qui ont fait oublier la belle dynamique avec laquelle elle avait enchaîné les matchs de la Copa et de LaLiga entre janvier et mars.

« Je pense que le problème est général et ne découle pas d’une situation particulière. Quand tout va bien, il semble que tout le monde joue bien, tout est fluide. Maintenant c’est le contraire et le prix à payer est conséquent »

L’analyse de la situation d’Imanol Alguacil après la défaite contre le Celta pour défendre Martin Ødegaard qui ne mettait plus un pied devant l’autre. (Source : El País)

Certes, le joueur prêté par le Real Madrid a perdu toute son inspiration durant ce long break de presque trois mois, mais ses coéquipiers non plus n’ont pas été à la hauteur pour piloter le navire. Merino était devenu méconnaissable, Monreal avait perdu une partie de son étincelle, Isak qui, avait commencé à briller, s’était éteint; Willian José avait perdu son instinct et Portu ne trouvait plus sa place. Mikel Oyarzabal a tenté de maintenir son niveau dans les trois premiers matchs, mais semblait épuisé mentalement lors du quatrième. Seul le Belge Adnan Januzaj semblait branché, mais son impact à lui seul ne suffisait guère.

La porte de la C1 s’est fermé après cette défaite contre le Celta de Iago Aspas qui cherchait le chemin du salut. (Vidéo : Bein Sport)

Au final, deux succès importants, d’abord contre l’Espanyol (2-1), puis à la Cerámica (1-2) ont permis à la Real de conserver sa place parmi les Européens de LaLiga. Elle a aussi bénéficié de circonstances favorables, comme la chute de Getafe et l’inconstance de l’Athletic Club. L’autre grande formation basque qu’elle retrouvera en finale de la Copa à une date encore indéterminée.

Imanol et son équipe nous ont régalé pendant une bonne partie de cette saison mais le sprint final a été décevant. Le coronavirus est arrivé au pire moment. Cette année était sans doute celle d’une Real Sociedad qui allait enfin retrouver la Ligue des Champion après sa dernière participation en 2013/2014. Cependant, le football nous encore montré que la vérité d’aujourd’hui ne sera pas forcément celle de demain.

Bilan de saison 2019/20 – Villarreal CF

Oublier les fantômes de l’année dernière et retourner en Europe. C’était la mission du sous-marin jaune. Objectif atteint après une saison passée dans le doute et l’optimisme et qui s’est terminé sur une cinquième place.. L’équipe de Calleja, portée par un Gerard Moreno titanesque et un Santi Cazorla de la grande époque a saisi l’opportunité que lui ont offerte ses adversaires directs pour s’installer dans la zone noble du classement au moment décisif.

Malgré la rupture de son contrat au lendemain de la dernière journée, Javier Calleja peut se féliciter de son bilan. Rappelé à la rescousse le 29 janvier 2019, un mois après son limogeage, pour sauver une équipe de Villarreal qui filait tout droit en deuxième division, le Madrilène a remonté la pente avec un maintien obtenu à la pénultième journée après une élimination douloureuse en quarts de finale de la Ligue Europa contre Valencia. Cette saison, l’aventure n’a pas été facile, mais il a pu compter sur un groupe déterminé à redonner le sourire à la Cerámica et sur un Gerard Moreno qui devait confirmer son transfert au club de La Plana après une première saison complètement décevante. 

La recette de Calleja

Le vent de l’Europe souffle de nouveau à La Plana. L’aventure n’aura pas duré encore longtemps, mais Javi Calleja a une nouvelle fois rempli l’objectif sportif du Villarreal CF. Il était resté sur une cinquième place en 2017/2018 avant d’être remercié en décembre 2018 et rappelé cinquante jours plus tard. Il a de nouveau sorti la recette pour remettre les Amarillos sur la carte de l’Europe. Un Villarreal plus efficace et plus sûr de lui a terminé sa campagne en éliminant tous les maux qui lui ont été attribués avant la pandémie du Covid-19. Une équipe sensationnelle en attaque, mais parfois fébrile en défense a profité de la chute libre du Valencia CF, de la Real Sociedad et de Getafe pour se hisser dans le top 5 de LaLiga. 

Avec quasiment la même équipe que la saison dernière (le départ majeur fut Pablo Fornals, vendu à West Ham, NDLR), le technicien madrilène n’a pas renoncé à son 4-4-2 qui parfois se transformait en 4-1-4-1. Il a trouvé la clé au milieu qu’il a musclé avec Frank Zambo Anguissa, une belle révélation cette saison. À côté de l’ancien Marseillais, la puissance de Vicente Iborra, bien complétée par Manu Trigueros et tardivement par Bruno Soriano ainsi que l’apport de Manu Morlanes ont libéré la créativité et la classe de Santi Cazorla.  

Santi Cazorla ovationné par ses coéquipiers après deux saisons passées à Villarreal.
Santi Cazorla est revenu dans le club de ses débuts après plusieurs opérations subies pendant deux ans, l’aventure se termine dans la joie. (Crédit : Sud Info Belgique)

De retour chez les groguets l’année dernière, l’Asturien a retrouvé une seconde jeunesse avec onze but marqués et neuf assists cette saison. L’explosivité de Samu Chukwueze a ébloui, le travail de Moi Gómez et les coups d’éclat de Javi Ontiveros faisaient chaud au cœur. De quoi régaler Gerard Moreno qui a été le protagoniste principal de la saison du sous-marin jaune.

En effet, la force de Villarreal cette saison a été sa faculté à se projeter vers l’avant. Rien d’étonnant chez Calleja, qui nous avait déjà montré cette facette de sa philosophie de jeu lors de son passage sur le banc castellón. Avec des flèches comme Chukwueze, l’apport des latéraux, Rubén Peña, Xavier Quintilla, Alberto Moreno ou encore Mario Gaspar, la vision de jeu de Cazorla et l’efficacité de Moreno, l’équipe a terminé troisième attaque de LaLiga derrière le Barça et le Real Madrid avec 63 buts marqués.

Javi Calleja a encore mené Villarreal vers l'Europe.
En parlant de retour réussi, en voilà un autre. Celui de Javi Calleja, qui a sauvé le club jaune de la descente la saison et qui l’a ramené en Europe un an plus tard. (Crédit : En 24 News)

Toujours dans ce style offensif lié à la prudence démontrée par la présence d’un double pivot dans l’entrejeu, Villarreal, toujours derrière les deux intouchables, a été  la troisième équipe qui a réalisé le plus de tirs par match en moyenne (13 à égalité avec le club blaugrana, NDLR), malgré une possession moyenne (52,6%) inférieure à celle du Real Betis ou du Sevilla FC par exemple. De quoi justifier cette sixième qualification européenne depuis son retour dans l’élite en 2013.

Une saison marathon

On ne le répète jamais assez, mais le confinement a métamorphosé des équipes. S’il y en a certains qui ont suivi une mauvaise voie, d’autres en ont profité pour se clarifier les idées. Villarreal fait partie de la seconde catégorie. Une cure de jouvence radicale, qui a fait de l’équipe castellón l’une des révélations de la période post-covid.

Un travail physique suivi d’une gestion optimale de l’effectif lui a permis de s’installer dans les places européennes après avoir pris 16 points sur 18 possibles lors des six premiers matchs de ce mini championnat express. Une série stoppée par le Barça (1-4), mais qui n’aura pas eu de conséquences négatives sur l’objectif principal. Villarreal s’était déjà installé à la 5e place trois jours plus tôt après son triomphe au Benito Villamarin (0-2, journée 33) et ne le quitta plus jusqu’à l’épilogue de LaLiga.

Le match aller entre les deux formations a été le plus abouti de la saison des Amarillos avec une victoire 5-1. le retour n’aura été qu’une formalité dans l’enceinte verdiblanca. (Crédit : Bein Sport)

Toutefois, avant de réaliser un tel exploit, les Amarillos ont connu une instabilité au niveau du classement. Englués dans le ventre mou jusqu’au confinement et soutenu par son attaque de feu, Villarreal a rapidement surmonté son début de saison sur la pointe des pieds. Un premier succès obtenu lors de la 4e journée à Butarque (0-3) après deux nuls spectaculaires contre Granada (4-4) et le Real Madrid (2-2) et une défaite amère à Levante (2-1).

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La suite a été marquée par des hauts et des bas comme cette série noire de six matchs sans succès entre fin octobre et début décembre. Si l’attaque faisait le travail, parce que rares ont été les matchs dans lesquelles l’équipe n’a pas trouvé les buts (trois seulement Liga et Copa confondues, NDLR), la défense elle semblait moins sûre et moins efficace. Un fait que l’entraîneur a bien reconnu après le revers à domicile contre le Celta, le 24 novembre dernier.

« Je suis préoccupé par le nombre de buts que nous concédons, mais l’équipe ne baisse pas la tête. Nous pouvons y remédier et nous sommes tous conscients qu’il nous reste encore du travail pour réaliser notre objectif […] Cela fait déjà quatre matchs sans victoire et ça commence à peser, mais le rêve de cette équipe ne s’arrête pas ».

Entre optimisme et inquiétude, Calleja n’a pas baissé les bras même si les errances défensives ont été le point faible de son équipe (Source : El Intra Sports)
Espoir du football espagnol, Pau Torres a réalisé une saison encourageante à côté de l'expérimenté Raúl Albiol
À 23 ans, Pau Torres s’est installé comme titulaire dans la défense de Villarreal cette saison. Le jeune joueur attise les convoitises, notamment le Barça. (Crédit : Tribuna)

Évidemment, l’espoir ne s’est jamais envolé et la reprise après la crise sanitaire nous a dévoilé un Villarreal plus hermétique avec l’amélioration des performances du duo central. L’expérimenté Raúl Albiol, de retour en Liga à 34 ans et à ses côtés, le jeune Pau Torres, 23 ans qui s’est révélé avoir le coffre pour être l’un des futurs meilleurs défenseurs d’Espagne. Rapide dans ses interventions et élégant dans les sorties de balle, il a fait la paire avec le vétéran Albiol au détriment de Ramiro Funes Mori, pris en grippe par la Ceramica et qu’on aura peu vu cette saison.

« Pichichi » Moreno

Bien sûr, le meilleur buteur de LaLiga est Lionel Messi suivi de Karim Benzema, mais il ne faut pas oublier la saison remarquable du pichichi espagnol qui n’est autre que Gerard Moreno. Avec ses 18 buts, il a été l’un des artisans majeurs de la réussite des jaunes.

En plus d’avoir remporté le trophée Zarra, Moreno a réalisé cinq passes décisives et quarante-quatre passes clé (Twitter : @LigActu)

Gerard Moreno, une recrue qui semblait vouée à l’échec après sa saison fantomatique l’année dernière dans une équipe agonisante. Recruté en 2018 pour 20 millions d’euros (le transfert le plus cher du club avant l’arrivée de Paco Alcácer cet hiver, NDLR), l’ancien perico avait du mal à répéter les performances réalisées sous les couleurs de l’Espanyol. 

Sa mauvaise première année l’avait relégué sur le banc, mais cette saison il s’est imposé titulaire indiscutable dans le onze de Calleja devant Carlos Bacca et Karl Toko Ekambi. Le Colombien a réalisé une saison compliquée, deux buts seulement en dix-neuf matchs et le Camerounais, lui a fini la saison en Ligue 1 à l’Olympique Lyonnais après avoir marqué six buts en dix-huit apparitions sous le maillot jaune.

La saison de Villarreal ne serait pas couronnée de succès sans son goleador Gerard Moreno
Buteur et passeur décisif pour Alcácer, Gerard Moreno et son coéquipier ont douché Valence lors de la 32e journée (Crédit : LaLiga)

Le Catalan a été décisif tout au long de la saison, notamment lors de son doublé contre Leganés qui allait donner à Villarreal sa première victoire de la saison et terminer une série de quatre matchs avec au moins un but marqué. Sa complicité avec Paco Alcácer, de retour en Espagne en janvier après avoir traversé la Bundesliga a été aussi l’élément-clé dans la qualification en Ligue Europa après le confinement. Sept réalisations pour le Catalan et deux pour le Valencien sur les vingt des groguets

S’ajoutent à cela ses deux buts en Copa del Rey qui ont permis d’éviter le piège d’Orihuela (1-2 après prolongation) lors du deuxième tour. Une compétition dans laquelle, Villarreal ne passera pas les quarts de finale après avoir été surpris par Mirandés à Anduva (4-2). 

Villarreal a prouvé que la saison 2018/2019 était un faux pas. Le président Fernando Roig, lors de la dernière assemblée générale des actionnaires avait maintenu « qu’avec un budget de 120 millions d’euros, il est important d’être Europe ». Une nécessité que Javi Calleja et son groupe ont comprise et qui récompense cet entraîneur qui ne poursuivra pas l’aventure de même que Santi Cazorla, qui devrait rejoindre le Qatar, et Bruno Soriano, qui raccroche les crampons après une longue blessure qui a l’a tenu loin des terrains pendant trois ans. L’avenir de la saison prochaine est maintenant entre les mains d’Unai Emery, qui a la tâche de perpétuer cet héritage européen que lui ont laissé ses prédécesseurs, Calleja, Marcelino ou encore Manuel Pellegrini.