Bilan de saison 2019/20 – SD Eibar

L’aventure dans l’élite continue pour la formation armera qui a de nouveau assuré son maintien. La saison a été compliquée pour l’équipe de Mendilibar. Elle a passé la totalité de la campagne dans la deuxième moitié du tableau, flirtant dangereusement avec la zone rouge. Mais le break de trois mois a permis de casser la mauvaise dynamique et de sauver une 14e place.

Saison quasi identique à 2015/2016, quand Eibar a profité de la relégation administrative d’Elche un an plus tôt pour rester dans une Liga qu’il n’a plus quittée depuis. Au niveau des statistiques, les chiffres se ressemblent mais la trajectoire est différente. À l’époque, Eibar avait bien débuté la campagne, occupant pendant quelques journées les places nobles avant d’amorcer une chute libre jusqu’à la 14e place. Cette année, il n’a jamais posé les pieds dans la première partie du classement. Chose qui était pourtant habituelle. Mais que demander de plus à cette courageuse équipe du Guipúzcoa à part le maintien ? C’est l’objectif que se fixe chaque année la direction. Toutefois, la forme affichée et les prestations ont été loin des attentes. Eibar nous a habitués à mieux dans le jeu.

Merci le confinement

Comme chaque saison depuis sa montée historique en Primera en 2014, Eibar continue de valider sa place dans l’élite. Plus petite structure du football professionnel, l’entité basque se construit une image forte au sein du football espagnol et démontre année après année, qu’elle est une équipe à ne pas sous-estimer.

Durant le confinement le doute existait sur la capacité des Armeros à conserver leur place en première division. Parce que, depuis son installation dans l’élite, le club a rarement connu un parcours aussi compliqué. Mais avec José Luís Mendilibar, les bras ne tombent jamais.

Eibar vs Real Sociedad, 12 mars 2020, Ipurúa.
Dans un Ipurúa vide, Eibar a perdu contre la Real Sociedad juste avant le confinement. Les Armeros comptaient 27 points, soit deux de plus que Mallorca, premier relégable. (Crédit image : 20 Minutos)

Treize points ont suffi à Eibar à la reprise de LaLiga pour valider une septième saison consécutive dans la plus haute catégorie du football espagnol, la moitié du total récolté avant la suspension du championnat. Une révolution défensive et mentale pour redonner à Ipurúa sa réputation de stade où quel que soit le résultat, l’adversaire y laissera toujours quelques plumes.

Ce petit stade, où un peu plus de 7000 âmes peuvent s’entasser, a déplumé quelques cadors comme le Sevilla FC (3-2), Villarreal (2-1) ou encore l’Atlético de Madrid (2-0). Des succès prestigieux, mais souvent obtenues après de longues périodes de disette. D’ailleurs, les Andalous ont permis à Eibar de célébrer sa première victoire de la saison, après un début très moyen.

Deux points seulement pris en cinq matchs, ce qui annonçait une campagne sans repos pour l’Armaginak. Toutefois, quelques victoires par-ci et par-là (sept en vingt-sept matchs, NDLR), combinées avec quelques résultats favorables sur les autres pelouses, ont maintenu l’équipe guizpucoano hors de la zone de largage jusqu’au confinement.

Sans doute le plus gros succès d’Eibar cette saison qui a dominé l’Atlético de Madrid lors de la 20e journée. (Vidéo : Bein Sports France)

Même si la reprise n’a pas été couronnée de succès d’entrée, avec une défaite à Valdebebas contre le Real Madrid, les prestations contre l’Athletic (2-2) et Getafe (1-1) ont laissé paraître une équipe métamorphosée, capable de rivaliser dans cette trame finale pour se maintenir.

Le rythme des rencontres était effréné et Mendilibar a su compter sur son groupe en intégralité pour faire face à la fatigue physique. vingt-trois joueurs ont contribué aux triomphes importants (quatre victoires : Valencia, Granada, Espanyol et Valladolid, NDLR) qui ont permis de valider le ticket pour l’édition 2020/2021 à deux journées de la fin.

Cependant, même si Eibar mérite des félicitations pour cette longévité de six ans dans l’élite, il a donné l’impression d’avoir atteint une limite. Souvent au bord de l’agonie, l’équipe de Mendilibar n’a pas dégagé cette ténacité qui faisait sa particularité ces dernières années. Une perte de vitesse et d’intensité dans le jeu qui l’a très souvent rapproché de l’enfer.

Une défaillance collective

À l’exception de Marko Dmitrovic, le gardien de but, le reste des joueurs étaient bien en dessous du niveau exigé par la compétition durant une bonne partie de la saison, à l’image de Sergi Enrich, l’attaquant vedette qui n’aura marqué qu’un seul but en trente matchs.

D’abord, en défense, où le capitaine et vétéran, Iván Ramis a rapidement terminé sa saison en raison d’une blessure, personne n’a réussi à sécuriser cette ligne où Anaitz Arbilla et Paulo Oliveira ont été les titulaires dans l’axe. La rotation avec Pedro Bigas ou encore Esteban Burgos n’a pas permis d’établir une connexion fiable.

Paulo Oliveira, défenseur central portugais d'Eibar
Paulo Oliveira a débuté la saison sur un but et un csc contre Mallorca (défaite 2-1). Ni lui, ni Arbilla n’ont pu apporter de la sérénité dans la défense basque. (Crédit image : Diario AS)

Au niveau des latéraux, le départ de Marc Cucurrella a laissé un vide dans le rythme et l’intensité. Rafa Soares, prêté par le Vitoria Guimarães durant le mercato d’hiver, a mis du temps à rentrer dans le moule et a laissé le monopole du poste à José Ángel « Cote » jusqu’à la reprise du championnat au mois de juin.

Sur le côté droit, Álvaro Tejero ne s’est pas imposé de même que Jordi Cavalera et Róber. D’ailleurs, le vétéran argentin, Pablo De Blasis, couteau suisse de l’équipe, a souvent occupé le poste devant les timides prestations des spécialistes du domaine.

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Ensuite, le départ de Joan Jordan au Sevilla FC a également entravé le fonctionnement du milieu. Gonzalo Escalante et Pape Diop ont dépensé beaucoup d’énergie pour réduire le travail des trois autres plus offensifs, qui, non plus, ne se sont pas démarqués. Takashi Inui, de retour à Ipurúa après un bref passage au Benito Villamárin et au Mendizorroza, Pedro León et Fabián Orellana n’ont pas montré leur meilleur visage cette saison.

Takashi Inui, milieu de terrain japonais, SD Eibar
Après un passage au Betis et un prêt à Alavés, le Japonais est retourné à Eibar où il a été un joueur important, mais à 32 ans, ses beaux jours sont derrière lui. (Crédit image : Monde du foot)

Enfin, en attaque, les filets ont rarement tremblé, seulement trente-neuf buts marqués, la pire statistique depuis les trente-quatre plantés lors de la première saison dans l’élite. Kike García (cinq buts) a mis du temps pour ouvrir son compteur et Enrich a complètement disparu.

Quique González était plus un défenseur supplémentaire pour l’équipe adverse qu’un attaquant d’Eibar. Pour sa part, Charles Diáz, avec ses trente-six printemps, a apporté sa maigre contribution avec ses six buts, qui l’ont classé deuxième meilleur buteur derrière Orellana (huit buts).

Par conséquent, pour surmonter tous ces problèmes évoqués ci-dessus, Mendilibar a dû changer son fusil d’épaule à la reprise. Fidèle à ses idées, l’entraîneur basque a choisi de varier son système pour s’adapter le plus souvent possible aux adversaires. Une remise en question ou un pragmatisme qui lui a permis d’aborder le sprint final du bon pied et de renverser la dynamique chaotique de son équipe.

Mendilibar a prolongé, Eibar doit-il se renouveler ?

À la tête de l’équipe depuis le départ de Gaizka Garitano en juin 2015, l’enfant de Zaldibar (Vizcáya, Pays Basque) rivalise avec Diego Simeone sur la longévité dans un club de LaLiga. Cinq saisons et cinq maintiens, un bilan suffisament honorable pour que la direction lui confie encore les rênes de l’équipe pour une année supplémentaire.

Après la saison 2014/2015 ratée de Garitano, qui a vu Eibar, 18e de LaLiga, être sauvé par la relégation administrative d’Elche, Mendilibar est donc revenu à Ipurúa, où il avait déjà officié en 2004/2005. Il a installé une identité et un style de jeu qui a fait de l’équipe, l’une des plus difficiles à aborder de la compétition.

José Luis Mendilibar, Entraîneur, SD Eibar
À 59 ans, l’empereur d’Ipurúa est toujours actif sur la ligne de touche (Crédit image : L’Équipe)

Une défense haute, un pressing intense et un style tourné vers l’attaque, qui a fait d’Eibar, la saison dernière, l’équipe la plus offensive du championnat. Même si la défense subissait souvent les failles de cette philosophie, c’était quand même agréable à voir pour un club qui a si peu de moyens financiers.

Soumis à une austérité dans le marché des transferts, l’effectif est rarement renouvelé de manière profonde et pourtant Mendilibar continue toujours d’atteindre l’objectif de la direction. Cependant, quand on a une telle politique de recrutement aussi modeste, il faut s’assurer de piocher les bons éléments qui peuvent rentrer rapidement dans le moule, et cette saison, seul Edu Exposito a été convaincant.

« Une autre saison, Mendilibar a fait encore de la magie », a affirmé Fran Garagarza, le directeur sportif de l’entité basque. Oui pour Eibar, une telle longévité en Primera ne mérite que des applaudissements, mais ce que l’équipe a montré cette saison peut faire craindre le pire.

Fabián Orellana, milieu de terrain chilien, SD Eibar
Le Chilien a porté l’équipe comme il a pu avec ses huit buts, mais l’image de ses coéquipiers sa saison a été plutôt décevant. Il est temps de tenter une nouvelle aventure. (Crédit image : El Desmarque)

Est-il temps de renouveler cette ossature qui a la moyenne d’âge la plus élevée en Liga ? Ou bien, était-ce seulement une saison compliquée comme il peut arriver de temps en temps ? La réponse, on l’aura peut-être la saison prochaine. Pour le moment, Ivan Ramis, trente-cinq ans, a raccroché les crampons et Pedro León, trente-trois ans, a renouvelé son contrat.

Fabián Orellana, trente-quatre ans, a pris la direction du Real Valladolid et Charles Días est parti prendre sa retraite à Pontevedra (troisième division), l’équipe qui lui a ouvert les portes du football espagnol en 2004.. Trois joueurs emblématiques de ses dernières années qui tournent la page armera et qui ouvrent la possibilité d’un recrutement plus jeune et plus frais, même si rien ne bouge encore dans les bureaux d’Ipurúa.

Bilan de saison 2019/20 – Getafe CF

La magie du football réside dans les rêves que vivent les passionnés lorsque leur équipe gagne. Chaque supporter a déjà vécu cette sensation devant les performances de son équipe préférée. À Getafe, cette illusion a accompagné le groupe de Bordalás et ses aficionados la saison dernière. Elle s’est prolongé cette année jusqu’à ce que le coronavirus ne vienne leur faire tomber de leur nuage. Le club madrilène est sorti des places européennes dans le sprint final de cette saison atypique, mais continue de rêver d’un autre exploit en Ligue Europa.

Le Getafe CF a réalisé un parcours quasi similaire que la Real Sociedad que nous avons analysé récemment. Tandis que les Basques sortaient le masque à oxygène pour se sauver du naufrage, les Madrilènes, eux, se sont noyés dans LaLiga post-covid. Colocataires des places nobles du classement jusqu’à la suspension du championnat, les Getafenses ont raté le train du déconfinement. Pourtant, ils nous avaient laissé l’eau à la bouche lors de la double confrontation réussie en seizième de finale de la C3 contre l’Ajax, mais la dynamique a été brisée par la longue pause que la pandémie nous a imposée. Il n’y aura pas de Coupe d’Europe pour les azulónes la saison prochaine, du moins via le championnat. Toutefois, cette fin désastreuse n’efface pas le travail que le groupe de Bordalas a réalisé tout au long de ce parcours qui n’a pas connu le même succès que la précédente.

L’ADN d’une équipe

Depuis l’arrivée du technicien d’Alicante sur le banc du Geta, les matchs au Coliseum Alfonso Pérez sont loin d’être une partie de plaisir pour n’importe quel adversaire. Ce petit stade de 13 000 places situé dans la banlieue de Madrid est devenu un champ de mines soigneusement aménagé par José Bordalás. Un piège qui invite le onze adverse au suicide collectif. Noyer le rival avec des lignes de passes directes et des mouvements forcés est la particularité de cette équipe qui a fait sensation en Liga la saison dernière.

José Bordalas, entraîneur du Getafe CF.
Architecte du retour de Getafe parmi les acteurs principaux de LaLiga, Bordalas a façonné son équipe dans une style de jeu efficace à tous les niveaux. (Crédit : Bleache Report)

Néanmoins, le Getafe CF est loin d’être une anomalie. Au contraire, il a été le fruit d’un travail entamé depuis son séjour en deuxième division et qui l’a ramené dans l’élite du football espagnol en 2017. Un travail de confiance entre Bordalás et ses joueurs, imprégné d’une philosophie de jeu qui a reçu des critiques acerbes à cause de sa rugosité et de son manque de spectacle.

Une confiance qui a fait la force de cette équipe l’année dernière et tout au long de l’exercice qui vient de se clôturer et qu’on a notamment vu en Ligue Europa. Mais dans la phase la plus délicate et la plus compliquée de la saison, Bordalás l’a quelque peu rompue.

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Toutefois, nous ne pouvons pas occulter l’atmosphère dans lequel LaLiga a rendu son verdict. Des matchs tous les trois jours, l’anxiété de la crise sanitaire et des rencontres à huis clos. Tout un environnement qui faisait de chaque match était un défi physique et mental. Les équipes les mieux armés dans ces domaines ont terminé leur campagne dans la joie et les autres ont parfois compté sur la chance. Mais la chance ne sourit pas à tout le monde en même temps et Getafe n’aura pas connu une issue heureuse.

Une confirmation qui n’aura pas abouti

Avec un projet déjà consolidé en Liga, Getafe a entamé la saison avec enthousiasme mais aussi avec la pression de la lourde tâche de confirmer les performances de la campagne précédente. De ce fait, la direction sportive a misé sur la continuité. Hormis le départ du Japonais Gaku Shibasaki au Depor, elle a réussi à retenir les deux joueurs qui, probablement, ont été les plus importants de la réussite de la saison dernière : le robuste défenseur central Djené Dakonam et le meilleur buteur de l’équipe, Jaime Mata (onze buts et quatre passes décisives cette saison, NDLR).

Jaime Mata, l'une des pièces maîtresses de l'équipe azulona
Ses 14 buts de la saison dernière et ses belles performances lui ont ouvert les portes de la Roja, Jaime Mata a tardivement connu le haut niveau, mais a été un joueur essentiel dans l’écosystème azulón (Crédit : ESPN)

Maintenir ce qui a fonctionné et l’améliorer avec des pièces très intéressantes qui, à priori, se marient parfaitement, d’où le recrutement de Marc Cucurella. Le Catalan avait réalisé une année spectaculaire à Ipurua et est arrivé dans un système qui lui demandait les mêmes exigences dans un positionnement plus avancé. Une performance qu’il a répétée sans failles. 

Le Barcelonais, en compagnie de Xabi Etxeita, Allan Nyom, David Timor, Enric Gallego ou encore Fayçal Fajr, est venu renforcer l’ossature déjà bien consolidée par des joueurs expérimentés comme Leandro Cabrera, Vitorino Antunes, Jorge Molina, Nemanja Maksimovic ou encore le gardien de but David Soria. Un cocktail intéressant entre vétérans et une jeunesse qui a déjà de la bouteille.

Le recrutement de Marc Cucurella a été une réussite pour Getafe
L’arrivée de Junior Firpo au Barça ont éteint les chances de ce produit de la Masia d’évoluer sous les couleurs azulgrana cette saison, mais l’expérience à Getafe est pour le moment une réussite pour cette tignasse qui rappelle un certain Carles Puyol. (Crédit : Tribuna)

Un mélange qui a de nouveau bercé d’illusions la population de la banlieue sud de Madrid qui, à la suspension du championnat au mois de mars, avait déjà célébré treize victoires, trois de moins que le Real Madrid par exemple. Bordalás connaissait mieux que quiconque ses forces et ses faiblesses. Le Geta ne laissait quasiment jamais passer sa chance contre des équipes du même niveau que lui ou un tout petit plus fort sur le papier. 

Sans doute le match le plus abouti de Getafe cette saison. Cette victoire sensationnelle contre le Valencia CF lors de la 23e journée de LaLiga (Crédit : Bein Sports)

La preuve en est que les sept défaites subies durant cette première partie ont été infligées par seulement cinq équipes, qui au final se sont révélé être les cinq premiers de LaLiga. Le FC Barcelona et le Sevilla FC à deux reprises, l’Atlético de Madrid, Villarreal et le Real Madrid.

Ces revers ont été effacés par des victoires notables, notamment celle contre Valencia qui a chaviré au Coliseum (3-0), mais aussi à San Mamés (0-2) ou encore à Anoeta (1-2), des candidats pour l’Europe que la formation azulona a dominés sur les confrontations directes. Donc, tout était bien parti refaire sensation, mais la longue coupure de trois mois et le rythme effréné de la reprise aura brisé un collectif qui, au fils des matchs, a perdu confiance.

Un cauchemar sans fin

Malgré un début de saison à la trottinette, Getafe a rapidement intégré la zone la plus convoitée du classement. Au coup de sifflet de sa victoire à Vigo (0-1, 12e journée, NDLR), il était déjà européen, un statut qui l’échappera à l’ultime journée après son cinquième revers en onze matchs. À l’aube du confinement, les Azulons s’étaient bien installés à la 5e place du tableau avec 46 points à égalité avec la Real Sociedad qui avait une meilleure différence de buts générale.

Talonné par l’Atléti (45 points) et le Valencia (42 points), Getafe avait bel et bien le droit de rêver d’une participation inédite en Ligue des Champions, une compétition qui l’a échappé l’année dernière dans les ultimes secondes de la saison. Malheureusement, le destin a été très cruel. Même si la faute de la dégringolade n’est pas imputable à l’équipe et à son entraîneur.

Villarreal a définitivement fermé les portes de la C1 pour Getafe qui aura perdu ses automatismes en quelques semaines. (Bein Sports)

Une seule victoire obtenue dans la trame finale de onze matchs et seulement six buts marqués dont un dans les six dernières rencontres, Getafe a tiré la langue sous le rythme intense de la fin de saison. Et pourtant le calendrier qui se dressait semblait être surmontable. Hormis le déplacement sur le terrain du futur champion et la réception des colchoneros, les autres matchs compliqués sur le papier étaient la Real Sociedad et le club castellón.

Les multiples erreurs de concentration ont la clé de voûte de cette mini Liga comme la défaite subie aussitôt face aux Nazaris de Diego Mártinez qui auront carburé pour s’emparer de la 7e place synonyme d’une qualification au troisième tour de la Ligue Europa. Bordalás a négocié cette dernière partie du championnat avec un manque de confiance criant illustré après la défaite contre Villarreal qui a vu la mise à l’écart de certains joueurs clés comme Damián Suárez ou Allan Nyom, qui n’est apparu qu’une fois après.

Levante 1-0 Getafe, LaLiga 2019/20, journée 38
Getafe a terminé la saison sur une défaite à Levante qui l’éjecta définitivement de la zone européenne au profit de Granada (Crédit : LaLiga).

Le technicien azulón a peu fait tourner son onze qui enchaînait des matchs compliqués en plus tous les trois jours tout en sachant que ses principes de jeu demandent un don de soi maximal dans chaque action.. Une gestion qui a fini par provoquer des indisponibilités chez certains joueurs (Antunes, Kenedy et Deyverson). 

Au final, Getafe n’aura ajouté que huit points sur trente-trois possibles dans LaLiga post-covid. Largement insuffisant face à des adversaires comme l’Atléti, Granada et Villarreal, qui se sont transformé en machine de guerre durant cette période. Avec une huitième place derrière les Andalous, le club madrilène est passé du rêve à la désillusion, même si l’espoir d’accrocher l’Europe ne s’est pas encore envolé.

En dépit de cette fin de championnat catastrophique, Getafe maintient toujours une infime chance de qualification en Ligue des Champions. Après avoir brillamment surmonté la phase de groupes de la Ligue Europa, les Getafenses ont créé la sensation en éliminant l’Ajax en seizième de finale. Deux matchs exceptionnels qui ont montré l’art du jeu de Bordalás à l’Europe entière. L’aventure sur le vieux continent continue ce mercredi face à l’Inter Milan, un autre ténor du football italien et européen. Peut-être que la chance lui sourira cette fois.

Bilan de saison 2019/20 – Real Sociedad

Une équipe qui a tenu en haleine toute l’Espagne ainsi que les amoureux de LaLiga du monde entier. La Real Sociedad a ravi ses aficionados et ses joueurs durant une bonne partie de cette saison. Luttant pour la Ligue des Champions, qualifiée en finale de la Copa après une démonstration contre le Real Madrid, l’équipe d’Imanol a finalement bu la tasse du confinement. La belle Real a fini la saison lacérée et a sauvé in extremis une place en Ligue Europa en terminant à la sixième place.

Le football est souvent cruel et c’est essentiellement ce qui fait son charme. On peut passer d’une journée à l’autre de l’éclat de joie à la tristesse. Même si ce n’est jamais la fin du monde avec ce sport si merveilleux, puisque la tristesse d’aujourd’hui peut se transformer en allégresse demain, mais rien n’est plus malheureux que de boucler une saison dans le désenchantement. L’angoisse du Covid, le mutisme du huis clos et un collectif qui s’écroule comme un château de cartes. La Real Sociedad avait bien débuté mais a mal terminé. Toutefois, cette fin de saison laborieuse ne va pas balayer les sensations que cette équipe nous a offertes sous la houlette d’Imanol Alguacil et de ses jeunes pépites qui ont ébloui l’Espagne.

La richesse du jeu donne la beauté des résultats

Dans la Monarchie ibérique, il est de coutume de rappeler les grands gardiens de but que le Pays Basque a fourni à la sélection, mais n’oublions pas les clubs et le beau jeu que cette terre offre à LaLiga. Dans la province du Gipzukoa où se trouve la Real Sociedad de San Sebastián, le football a encore une fois bouleversé les maximes. Comme l’a souligné l’ancien technicien txuri urdin, Juanma Lillo (2008/2009), « c’est le jeu qui vous enrichit, pas le résultat. Le résultat est donné ». Son successeur des années plus tard l’a bien compris. 

Imanol Alguacil, ancien joueur, puis devenu entraîneur de la Real Sociedad
Après avoir entraîné les jeunes de la Real, Imanol Alguacil est revenu sur le banc de l’équipe première en décembre 2018 et réalisé sa meilleure saison en tant qu’entraîneur. (Crédit : Real Sociedad)

Imanol Alguacil a redonné vie à Anoeta, aujourd’hui Reale Arena, qui a enregistré l’une des affluences moyennes les plus élevées de LaLiga cette saison avant la pandémie (près de 34 000 fans en moyenne par match, NDLR). Une chose est sûre, ce ne sont pas uniquement les résultats qui ont drainé la masse dans l’enceinte rénovée, mais le jeu que les joyaux de Donostia ont pratiqué. Des talents rassemblés dans une équipe que le natif d’Orio (Gipuzkoa) et enfant de la maison txuri-urdine a façonnée à sa manière pour nous en mettre plein les yeux.

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Tout d’abord, une saison réussie passe souvent par le mercato et celui de la Real a été irréprochable. L’équipe donostierra a amené cet été trois joueurs transcendantaux qui sont venus épauler Mikel Oyarzabal, la pépite nationale qui a le plus grandi ces dernières années, et Mikel Merino, un joueur d’une classe infinie. Ces trois recrues ne sont autres que Nacho Monreal, Martin Ødegaard et Cristian Portugués « Portu ». 

De retour en Liga sous les couleurs de la Real Sociedad, Martin Ødegaard a réalisé une saison magnifique.
Ødegaard a montré toutes les qualités qu’on attendait de lui cette saison à Anoeta, même si le sprint final a été compliqué. (Crédit : Diario AS)

Le premier a apporté l’expérience de la Premier League, un championnat dans lequel les défenseurs sont les plus sollicités que dans n’importe quel autre. Ødegaard, lui est un cas à part, un joueur mis à l’honneur depuis l’âge de 16 ans avec toutes les difficultés que ça implique. Toutes les décisions qu’il a prises sur le terrain ont été aussi brillantes que celles prises dans sa carrière.

Le pas en arrière aux Pays-Bas, dans les modestes clubs d’Heerenven et de Vitesse, et ces trois saisons passées chez les Bataves, où les jeunes sont soignés comme des tulipes, ont ramené en Liga un joueur magnifique. Quant à Portu, ses prestations, il faut les vivre. Si le prix de l’intensité existait, il en serait sûrement le lauréat. Un cocktail magnifique qui aura illuminé LaLiga 2019/20, mais qui, à l’épilogue d’une saison prolongée par la pandémie du coronavirus, a manqué de fraîcheur et d’inspiration.

Du rêve …

La sensation du huis clos, la Real l’a vécu avant tout le monde, avec Eibar. Elle a joué et gagné (1-2) dans un Ipurua vide, le 10 mars dernier, quatre jours avant le début de l’état d’urgence en Espagne. C’était le dernier match disputé en Liga jusqu’au 11 juin. Dans ce derby guipuzcoano, elle venait d’enregistrer une dixième victoire en douze matchs. Une période dans laquelle, elle a validé son ticket pour la finale de la Copa del Rey face à Mirandés (2-1 / 0-1), après avoir éliminé le Real Madrid au Bernabeù (3-4) dans un quart de finale spectaculaire.

Le 14 septembre 2019, lors de la 4e journée de LaLiga, la Real montrait sa force à l’Atléti, le premier gros coup de la saison. (Video : Bein Sports)

Un indicateur de la force du groupe qu’Imanol a dirigé cette saison. Le spectacle ne manquait jamais avec cette équipe que ce soit dans la défaite ou dans la victoire. Son revers à Séville (3-2) en début de saison fut l’un des matchs les plus agréables à suivre, mais aussi la victoire à Osasuna tout juste avant la trêve de Noël.

« Avant on générait des occasions avec deux ou trois passes, on s’implantait bien  devant le gardien adverse car tout fonctionnait bien dans les passes, les centres et les occasions de buts. Maintenant, on y arrive plus »

Le constat d’impuissance du gardien Álex Remiro après la défaite contre le Celta le 25 juin dernier. (Source : El País)

Remiro a bien raison de se lamenter puisque tout ce qu’il a constaté n’est que pure vérité. La Real, avant le confinement, ne courait pas, elle volait comme l’a bien souligné le Diario Vasco après la nette victoire 3-1 sur le Real Betis lors de la 9e journée. Une explosivité soutenue par Igor Zubeldia au milieu, qui a donné le champ libre aux autres pour apporter un soutien à l’attaque. De ce fait, grâce au jeu bidirectionnel et sans défaut apparent de Mikel Merino, de loin le joueur le plus complet de l’équipe, Mikel Oyarzabal et Martin Ødegaard ont pu exprimer leur potentiel intarissable.

Mikel Merino, playmaker de l'équipe basque de la Real Sociedad.
Les attaquants ont volé la vedette, mais Mikel Merino reste de loin le meilleur joueur de la Real Sociedad cette saison. (Crédit : Left Back Football)

Les passes téléguidées du Norvégien, qui d’un autre côté ne rechignait pas à faire les efforts défensifs, ont permis à Merino de jouer un rôle plus important et de donner plus d’espaces aux attaquants. Un front offensif qui tournait autour du Brésilien Willian José (11 buts) et du géant Suédois, Alexander Isak (9 buts).

Toutefois, l’une des faiblesses de cette équipe a été la défense qui a concédé 48 buts alors que de l’autre côté du terrain les filets ont tremblé à 56 reprises. Robin Le Normand a revendiqué une place de titulaire après la blessure d’Aritz Elustondo qui, à son retour, a partagé son temps de jeu avec le Français et Diego Llorente. Mais cela n’a pas empêché à cette équipe létale en contre-attaque d’être colocataire des places nobles pour la Ligue des Champions jusqu’à la suspension du championnat mi-mars.

À la désillusion

Imanol a dû maudire le confinement. Au soir de la 27e journée, la dernière disputée avant l’arrêt de LaLiga, la Real Sociedad était quatrième avec 46 points, talonnée par Getafe et l’Atlético de Madrid. Loin derrière, Villarreal, huitième, se tenait à huit points de retard. À la clôture du championnat, le sous-marin jaune a terminé devant elle avec quatre points d’avance.

Autrement dit, le club basque a récolté dix petits points sur trente-trois possibles dans la trame finale de la saison. Malgré ce changement de visage radical et surprenant, elle a pu sauver sa place européenne mais devra se contenter de la Ligue Europa

Anoeta n’avait plus de public et son équipe ne brillait plus. la flamme a commencé à s’éteindre dès la reprise contre les rojillos d’Osasuna (1-1) avant de s’arrêter nettement durant quatre journées consécutives (Alavés 2-0, Real Madrid 1-2, Celta 0-1 et Getafe 2-1). Quatre revers de suite qui ont fait oublier la belle dynamique avec laquelle elle avait enchaîné les matchs de la Copa et de LaLiga entre janvier et mars.

« Je pense que le problème est général et ne découle pas d’une situation particulière. Quand tout va bien, il semble que tout le monde joue bien, tout est fluide. Maintenant c’est le contraire et le prix à payer est conséquent »

L’analyse de la situation d’Imanol Alguacil après la défaite contre le Celta pour défendre Martin Ødegaard qui ne mettait plus un pied devant l’autre. (Source : El País)

Certes, le joueur prêté par le Real Madrid a perdu toute son inspiration durant ce long break de presque trois mois, mais ses coéquipiers non plus n’ont pas été à la hauteur pour piloter le navire. Merino était devenu méconnaissable, Monreal avait perdu une partie de son étincelle, Isak qui, avait commencé à briller, s’était éteint; Willian José avait perdu son instinct et Portu ne trouvait plus sa place. Mikel Oyarzabal a tenté de maintenir son niveau dans les trois premiers matchs, mais semblait épuisé mentalement lors du quatrième. Seul le Belge Adnan Januzaj semblait branché, mais son impact à lui seul ne suffisait guère.

La porte de la C1 s’est fermé après cette défaite contre le Celta de Iago Aspas qui cherchait le chemin du salut. (Vidéo : Bein Sport)

Au final, deux succès importants, d’abord contre l’Espanyol (2-1), puis à la Cerámica (1-2) ont permis à la Real de conserver sa place parmi les Européens de LaLiga. Elle a aussi bénéficié de circonstances favorables, comme la chute de Getafe et l’inconstance de l’Athletic Club. L’autre grande formation basque qu’elle retrouvera en finale de la Copa à une date encore indéterminée.

Imanol et son équipe nous ont régalé pendant une bonne partie de cette saison mais le sprint final a été décevant. Le coronavirus est arrivé au pire moment. Cette année était sans doute celle d’une Real Sociedad qui allait enfin retrouver la Ligue des Champion après sa dernière participation en 2013/2014. Cependant, le football nous encore montré que la vérité d’aujourd’hui ne sera pas forcément celle de demain.

Bilan de saison 2019/20 – Villarreal CF

Oublier les fantômes de l’année dernière et retourner en Europe. C’était la mission du sous-marin jaune. Objectif atteint après une saison passée dans le doute et l’optimisme et qui s’est terminé sur une cinquième place.. L’équipe de Calleja, portée par un Gerard Moreno titanesque et un Santi Cazorla de la grande époque a saisi l’opportunité que lui ont offerte ses adversaires directs pour s’installer dans la zone noble du classement au moment décisif.

Malgré la rupture de son contrat au lendemain de la dernière journée, Javier Calleja peut se féliciter de son bilan. Rappelé à la rescousse le 29 janvier 2019, un mois après son limogeage, pour sauver une équipe de Villarreal qui filait tout droit en deuxième division, le Madrilène a remonté la pente avec un maintien obtenu à la pénultième journée après une élimination douloureuse en quarts de finale de la Ligue Europa contre Valencia. Cette saison, l’aventure n’a pas été facile, mais il a pu compter sur un groupe déterminé à redonner le sourire à la Cerámica et sur un Gerard Moreno qui devait confirmer son transfert au club de La Plana après une première saison complètement décevante. 

La recette de Calleja

Le vent de l’Europe souffle de nouveau à La Plana. L’aventure n’aura pas duré encore longtemps, mais Javi Calleja a une nouvelle fois rempli l’objectif sportif du Villarreal CF. Il était resté sur une cinquième place en 2017/2018 avant d’être remercié en décembre 2018 et rappelé cinquante jours plus tard. Il a de nouveau sorti la recette pour remettre les Amarillos sur la carte de l’Europe. Un Villarreal plus efficace et plus sûr de lui a terminé sa campagne en éliminant tous les maux qui lui ont été attribués avant la pandémie du Covid-19. Une équipe sensationnelle en attaque, mais parfois fébrile en défense a profité de la chute libre du Valencia CF, de la Real Sociedad et de Getafe pour se hisser dans le top 5 de LaLiga. 

Avec quasiment la même équipe que la saison dernière (le départ majeur fut Pablo Fornals, vendu à West Ham, NDLR), le technicien madrilène n’a pas renoncé à son 4-4-2 qui parfois se transformait en 4-1-4-1. Il a trouvé la clé au milieu qu’il a musclé avec Frank Zambo Anguissa, une belle révélation cette saison. À côté de l’ancien Marseillais, la puissance de Vicente Iborra, bien complétée par Manu Trigueros et tardivement par Bruno Soriano ainsi que l’apport de Manu Morlanes ont libéré la créativité et la classe de Santi Cazorla.  

Santi Cazorla ovationné par ses coéquipiers après deux saisons passées à Villarreal.
Santi Cazorla est revenu dans le club de ses débuts après plusieurs opérations subies pendant deux ans, l’aventure se termine dans la joie. (Crédit : Sud Info Belgique)

De retour chez les groguets l’année dernière, l’Asturien a retrouvé une seconde jeunesse avec onze but marqués et neuf assists cette saison. L’explosivité de Samu Chukwueze a ébloui, le travail de Moi Gómez et les coups d’éclat de Javi Ontiveros faisaient chaud au cœur. De quoi régaler Gerard Moreno qui a été le protagoniste principal de la saison du sous-marin jaune.

En effet, la force de Villarreal cette saison a été sa faculté à se projeter vers l’avant. Rien d’étonnant chez Calleja, qui nous avait déjà montré cette facette de sa philosophie de jeu lors de son passage sur le banc castellón. Avec des flèches comme Chukwueze, l’apport des latéraux, Rubén Peña, Xavier Quintilla, Alberto Moreno ou encore Mario Gaspar, la vision de jeu de Cazorla et l’efficacité de Moreno, l’équipe a terminé troisième attaque de LaLiga derrière le Barça et le Real Madrid avec 63 buts marqués.

Javi Calleja a encore mené Villarreal vers l'Europe.
En parlant de retour réussi, en voilà un autre. Celui de Javi Calleja, qui a sauvé le club jaune de la descente la saison et qui l’a ramené en Europe un an plus tard. (Crédit : En 24 News)

Toujours dans ce style offensif lié à la prudence démontrée par la présence d’un double pivot dans l’entrejeu, Villarreal, toujours derrière les deux intouchables, a été  la troisième équipe qui a réalisé le plus de tirs par match en moyenne (13 à égalité avec le club blaugrana, NDLR), malgré une possession moyenne (52,6%) inférieure à celle du Real Betis ou du Sevilla FC par exemple. De quoi justifier cette sixième qualification européenne depuis son retour dans l’élite en 2013.

Une saison marathon

On ne le répète jamais assez, mais le confinement a métamorphosé des équipes. S’il y en a certains qui ont suivi une mauvaise voie, d’autres en ont profité pour se clarifier les idées. Villarreal fait partie de la seconde catégorie. Une cure de jouvence radicale, qui a fait de l’équipe castellón l’une des révélations de la période post-covid.

Un travail physique suivi d’une gestion optimale de l’effectif lui a permis de s’installer dans les places européennes après avoir pris 16 points sur 18 possibles lors des six premiers matchs de ce mini championnat express. Une série stoppée par le Barça (1-4), mais qui n’aura pas eu de conséquences négatives sur l’objectif principal. Villarreal s’était déjà installé à la 5e place trois jours plus tôt après son triomphe au Benito Villamarin (0-2, journée 33) et ne le quitta plus jusqu’à l’épilogue de LaLiga.

Le match aller entre les deux formations a été le plus abouti de la saison des Amarillos avec une victoire 5-1. le retour n’aura été qu’une formalité dans l’enceinte verdiblanca. (Crédit : Bein Sport)

Toutefois, avant de réaliser un tel exploit, les Amarillos ont connu une instabilité au niveau du classement. Englués dans le ventre mou jusqu’au confinement et soutenu par son attaque de feu, Villarreal a rapidement surmonté son début de saison sur la pointe des pieds. Un premier succès obtenu lors de la 4e journée à Butarque (0-3) après deux nuls spectaculaires contre Granada (4-4) et le Real Madrid (2-2) et une défaite amère à Levante (2-1).

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La suite a été marquée par des hauts et des bas comme cette série noire de six matchs sans succès entre fin octobre et début décembre. Si l’attaque faisait le travail, parce que rares ont été les matchs dans lesquelles l’équipe n’a pas trouvé les buts (trois seulement Liga et Copa confondues, NDLR), la défense elle semblait moins sûre et moins efficace. Un fait que l’entraîneur a bien reconnu après le revers à domicile contre le Celta, le 24 novembre dernier.

« Je suis préoccupé par le nombre de buts que nous concédons, mais l’équipe ne baisse pas la tête. Nous pouvons y remédier et nous sommes tous conscients qu’il nous reste encore du travail pour réaliser notre objectif […] Cela fait déjà quatre matchs sans victoire et ça commence à peser, mais le rêve de cette équipe ne s’arrête pas ».

Entre optimisme et inquiétude, Calleja n’a pas baissé les bras même si les errances défensives ont été le point faible de son équipe (Source : El Intra Sports)
Espoir du football espagnol, Pau Torres a réalisé une saison encourageante à côté de l'expérimenté Raúl Albiol
À 23 ans, Pau Torres s’est installé comme titulaire dans la défense de Villarreal cette saison. Le jeune joueur attise les convoitises, notamment le Barça. (Crédit : Tribuna)

Évidemment, l’espoir ne s’est jamais envolé et la reprise après la crise sanitaire nous a dévoilé un Villarreal plus hermétique avec l’amélioration des performances du duo central. L’expérimenté Raúl Albiol, de retour en Liga à 34 ans et à ses côtés, le jeune Pau Torres, 23 ans qui s’est révélé avoir le coffre pour être l’un des futurs meilleurs défenseurs d’Espagne. Rapide dans ses interventions et élégant dans les sorties de balle, il a fait la paire avec le vétéran Albiol au détriment de Ramiro Funes Mori, pris en grippe par la Ceramica et qu’on aura peu vu cette saison.

« Pichichi » Moreno

Bien sûr, le meilleur buteur de LaLiga est Lionel Messi suivi de Karim Benzema, mais il ne faut pas oublier la saison remarquable du pichichi espagnol qui n’est autre que Gerard Moreno. Avec ses 18 buts, il a été l’un des artisans majeurs de la réussite des jaunes.

En plus d’avoir remporté le trophée Zarra, Moreno a réalisé cinq passes décisives et quarante-quatre passes clé (Twitter : @LigActu)

Gerard Moreno, une recrue qui semblait vouée à l’échec après sa saison fantomatique l’année dernière dans une équipe agonisante. Recruté en 2018 pour 20 millions d’euros (le transfert le plus cher du club avant l’arrivée de Paco Alcácer cet hiver, NDLR), l’ancien perico avait du mal à répéter les performances réalisées sous les couleurs de l’Espanyol. 

Sa mauvaise première année l’avait relégué sur le banc, mais cette saison il s’est imposé titulaire indiscutable dans le onze de Calleja devant Carlos Bacca et Karl Toko Ekambi. Le Colombien a réalisé une saison compliquée, deux buts seulement en dix-neuf matchs et le Camerounais, lui a fini la saison en Ligue 1 à l’Olympique Lyonnais après avoir marqué six buts en dix-huit apparitions sous le maillot jaune.

La saison de Villarreal ne serait pas couronnée de succès sans son goleador Gerard Moreno
Buteur et passeur décisif pour Alcácer, Gerard Moreno et son coéquipier ont douché Valence lors de la 32e journée (Crédit : LaLiga)

Le Catalan a été décisif tout au long de la saison, notamment lors de son doublé contre Leganés qui allait donner à Villarreal sa première victoire de la saison et terminer une série de quatre matchs avec au moins un but marqué. Sa complicité avec Paco Alcácer, de retour en Espagne en janvier après avoir traversé la Bundesliga a été aussi l’élément-clé dans la qualification en Ligue Europa après le confinement. Sept réalisations pour le Catalan et deux pour le Valencien sur les vingt des groguets

S’ajoutent à cela ses deux buts en Copa del Rey qui ont permis d’éviter le piège d’Orihuela (1-2 après prolongation) lors du deuxième tour. Une compétition dans laquelle, Villarreal ne passera pas les quarts de finale après avoir été surpris par Mirandés à Anduva (4-2). 

Villarreal a prouvé que la saison 2018/2019 était un faux pas. Le président Fernando Roig, lors de la dernière assemblée générale des actionnaires avait maintenu « qu’avec un budget de 120 millions d’euros, il est important d’être Europe ». Une nécessité que Javi Calleja et son groupe ont comprise et qui récompense cet entraîneur qui ne poursuivra pas l’aventure de même que Santi Cazorla, qui devrait rejoindre le Qatar, et Bruno Soriano, qui raccroche les crampons après une longue blessure qui a l’a tenu loin des terrains pendant trois ans. L’avenir de la saison prochaine est maintenant entre les mains d’Unai Emery, qui a la tâche de perpétuer cet héritage européen que lui ont laissé ses prédécesseurs, Calleja, Marcelino ou encore Manuel Pellegrini.

Bilan de saison 2019/20 – Sevilla FC

Quatrième et surtout qualifié pour la Champions League, le Sevilla FC pouvait difficilement rêver mieux. Au terme d’une fantastique saison, réussie du début à la fin, les Andalous se sont transformés en véritable rouleau compresseur afin de retrouver la C1. Mené par Lopetegui, le club andalou a tourné à plein régime pendant de longs mois, tout en composant avec un XI au top de sa forme.

Ocampos, Navas, Munir, Diego Carlos, Koundé, Reguilón… tant de noms qui ont emmené le Sevilla FC dans le haut du classement. C’est donc trois saisons après sa dernière qualification en Champions League, et l’élimination en quarts contre le Bayern, que les Sevillistas vont pouvoir de nouveau côtoyer les plus grands d’Europe. Agile offensivement, bien en place au milieu et solide en défense, l’équipe andalouse a largement complété ses objectifs et va donc connaître sa quatorzième saison en Europe sur les quinze dernières. La formation de Lopetegui a impressionné l’Espagne, tant dans son jeu comme dans ses résultats, sans montrer de failles particulières, et laisse présager qu’elle pourrait bien continuer de faire des dégâts sur le territoire hispanique.

Sérénité et maîtrise : la clé de la réussite sévillane

Parmi les dix-neuf succès qu’a connu le Sevilla FC cette saison, en ressortent deux points importants, présents quasiment tout le long de la saison. D’une part, la confiance et la sérénité du bloc de Lopetegui qui n’a pas ressenti la peur, et ne s’est jamais effondré. Et d’autre part, nous avons pu observer une équipe qui, la grande majorité du temps, imposait son rythme, contrôlait et maîtrisait ses rencontres.

Les excellentes performances sevillistas s’expliquent en partie par cet équilibre parfait qui a été trouvé entre l’attaque et la défense, ainsi qu’avec un milieu qu’il a été difficile de bouger. Mené par plusieurs joueurs que nous évoquerons un peu plus tard dans l’article, mais plus généralement par un bloc soudé et uni, les Andalous ont terminé cinquième meilleure attaque de Liga, avec 54 réalisations inscrites. Un chiffre pas excessivement impressionnant mais correct, pourtant moins élevé que celui de la précédente saison.

Athletic de Bilbao vs Sevilla: Goles y resumen de partido de La Liga
La qualification en C1 du Sevilla s’explique aussi par la réussite à l’extérieur : seconde équipe à avoir pris le plus de points (33), hors de son domicile (crédit : Milenio)

Malgré le plus faible rendement offensif, en comparaison de l’exercice précédent, Sevilla a quand même réussi à se hisser en C1, chose que le club n’a pas réalisé la saison passée. Cela s’explique en partie par le fait que défensivement l’équipe soit une des meilleures des dernières années. Avec le renforcement en défense centrale, les arrivées de Diego Carlos et Koundé, Sevilla n’a encaissé que 34 buts. Il s’agit là de la troisième meilleure défense du championnat.

L’assurance dégagée par les Blanquirrojos se justifie également par le contrôle au milieu de terrain. Le jeu qu’affiche la formation andalouse se base beaucoup sur la possession : Sevilla affiche un pourcentage moyen de 58.7% par match, complétant encore une fois le podium. Un milieu qui fait parfaitement circuler la balle, se classant comme la troisième équipe de Liga a avoir complété le plus de passes. La confiscation du ballon permet ainsi de concéder peu d’occasions venant du camp adverse.

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L’autre fait intéressant est d’observer que cette formation andalouse subit peu de danger dans sa surface de réparation. La solidité et l’unité du bloc défensif contraint les autres équipes à souvent tenter de loin, rendant difficile la tâche d’atteindre les cages de Vaclik. Confiante mentalement et battante sur le terrain, l’équipe du Sevilla FC ne se sent que très peu inquiété, et le démontre sur le terrain.

Une équipe régulière emmenée par des joueurs cruciaux

Lucas Ocampos : l’intenable

Comme évoqué récemment, le Sevilla FC a donc répondu présent dans les différents secteurs du jeu, étant ainsi très régulier dans ses résultats. L’équipe de Lopetegui est composée de plusieurs leaders, à tous les postes, qui ont propulsé leur club vers les plus hautes places. Le véritable gros coup reste évidemment le transfert de Lucas Ocampos. L’Argentin, arrivé de Marseille, a réalisé une saison tout simplement exceptionnelle, tout comme ses coéquipiers offensifs comme Munir.

Vidéo - Quand Ocampos finit gardien de but… et sauve Séville ...
Réputé pour ses talents d’attaquant, Lucas Ocampos a aussi enfilé les gants en cette fin de saison pour sortir un magnifique arrêt contre Eibar ! (crédit : Goal.com)

En plus d’avoir excellé sur le plan sportif avec ses quatorze buts et trois passes décisives en Liga, Ocampos pourrait apporter une vraie plus-value financière au club. Acheté pour une quinzaine de millions d’euros, ce prix fait sourire aujourd’hui. Sa valeur marchande serait actuellement estimée à cinquante millions d’euros. Un transfert qui traduirait une certaine fierté, tant chez le joueur que chez le club.

Jesús Navas : l’inépuisable capitaine

A 34 ans, le capitaine du Sevilla FC continue de bercer tout un club. Inépuisable sur le terrain, le latéral droit a joué à chaque journée de cette saison de Liga ! Malgré l’âge, Navas n’a pas cessé d’accélérer sur son couloir droit, à grandes enjambées, avant de délivrer de magnifiques centres. Décisif et indipensable à cette équipe, le capitaine revenu dans son club formateur, en 2017, en provenance de Manchester City, reste un véritable poison d’autant plus dans le secteur offensif.

Éver Banega : la légende s’en va

La légende Banega va donc quitter le Sevilla FC pour rejoindre l’Arabie Saoudite. Après une dernière saison magnifique, le milieu argentin quitte donc la Liga sur un golazo, inscrit contre l’Athletic sur coup franc-direct. Une oeuvre d’art à l’image de la carrière d’un joueur qui a tout de même délivré sept passes décisives lors de cette campagne. Âgé de 32 ans, Banega sait qu’il a probablement vécu les meilleurs moments de sa carrière en Andalousie.

La curiosidad en el golazo de Banega para Sevilla - Olé
D’un magique coup de patte, Éver Banega avait transformé un coup-franc en fin de saison (crédit : Olé)

Koundé – Diego Carlos : la Ligue 1 s’exporte

Respectivement arrivés de Bordeaux et de Nantes au mercato estival dernier, Jules Koundé et Diego Carlos se sont largement imposés dans la charnière centrale sévillane. Deux anciens joueurs de Ligue 1, réputés pour leurs excellentes qualités défensives qu’ils ont démontré en Espagne. Diego Carlos n’a pas flanché. Titulaire à pratiquement toutes les rencontres de Liga, le Brésilien a été un véritable roc infranchissable.

Son coéquipier français, lui, a prouvé que, malgré son jeune âge, il avait les épaules pour évoluer dans un grand club. Laissé sur le banc en début de saison, Koundé a très vite montré qu’il était le joueur idéal pour former une paire, avec Diego Carlos, qui pourrait bien atteindre des records. Avec un gardien de la qualité de Vaclik dans les cages, la sérénité défensive du Sevilla est assurée.

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Diego Carlos s’est révélé très rapidement comme le chef de la défense (crédit : RMC Sport)

Les retours de prêt : l’arme du futur ?

Après un mercato estival dernier très agité, Sevilla a dû se séparer de certains joueurs, qui ne correspondaient pas aux attentes du clubs. Cependant, le Sevilla FC compte aussi, dans le futur, sur des joueurs qui ont été prêtés cette saison, et qui ont convaincu.

Carlos Fernandez, prêté à Granada, a largement participé à la qualification européenne du club promu en Primera cette saison. Taillé pour occuper le poste d’avant-centre, il y a aussi Marc Gual, cédé au Real Madrid Castilla et Girona. Enfin, le club andalou possède aussi des joueurs de qualité comme Alejandro Pozo ou encore la pépite Bryan Gil. Beaucoup de jeunes qui pourraient bien faire parler d’eux dans les prochaines années.

Lopetegui, ¡bueníssimo!

Choisi lors de l’été dernier pour ramener le Sevilla FC vers la Champions League, Julen Lopetegui a, en plus de compléter les objectifs, réalisé un travail exceptionnel à la tête d’une équipe dont il a eu carte blanche. Accompagné de Monchi pour la direction sportive, le coach basque est grandement impliqué dans la gestion sportive et le mercato du club. Même si tous les transferts n’ont pas été fructueux, une bonne partie a convaincu.

Son formidable travail passe notamment par les décisions prises. Les choix visant à faire confiance à Jules Koundé en défense centrale, à signer Óliver Torres, qu’il avait connu à Porto, ou à aller chercher Luuk de Jong au PSV ont été payants. Lopetegui a également su faire le tri entre les joueurs qu’il ne désirait pas et ceux qui n’avaient plus la qualité pour rester titulaire.

Fortement critiqué après sa sortie compliquée de la Roja et son mauvais passage à Madrid, Julen Lopetegui a surpris plus d’un supporter cette saison. Alors que certains se montraient réticents lors de son arrivée en Andalousie, le Basque a fait taire les critiques lancées par certains médias et supporters.

Lopetegui: "If I would go back to Madrid? I don't think about the ...
Très agité dans sa zone technique (et même parfois en dehors), Julen Lopetegui n’exprime pas ses émotions à moitié (crédit : Real Madrid Sport)

Avec lui, le Sevilla FC a donc su retrouver un jeu plus direct, plus défensif mais également plus tranchant offensivement. Des qualités qui avaient quelque peu manqué à l’équipe andalouse lors des précédents exercices. La possession prônée est également une de ses volontés tactiques qui, jusqu’à présent, semble porter ses fruits.

A l’heure de tirer un bilan de cet exercice, il est extrêmement positif pour Sevilla. En plus d’avoir rempli les objectifs et d’avoir retrouvé la Champions League, que les fans attendaient avec impatience, l’équipe a également dégagé beaucoup de maîtrise et de confiance tout au long de sa saison. Lopetegui a réussi à imposer ce qu’il voulait à cette équipe mais veut encore apporter beaucoup de nouveautés au Sevilla FC, en continuant de travailler autour d’un effectif soudé et de qualité pour le présent, et le futur. Encore en lice en Europa League, un trophée serait une excellente manière de récompenser la très belle saison du club sévillan.

Bilan de saison 2019/20 – Atlético de Madrid

Le club colchonero a conclu la saison 2019/2020 à la troisième place derrière ses deux gros rivaux que sont le Real Madrid et le FC Barcelona. Alors que la pré-saison augurait une équipe redoutable, l’année de transition s’est finalement imposé à la formation de Diego Simeone, qui a perdu plusieurs de ses cadres au mercato d’été.

Les adeptes du tiki-taka de Guardiola ou même du Barça sont quasi unanimes sur la difficulté d’adhérer à ce système de jeu. On peut dire aussi qu’il en va de même pour le cholismo, qui dans un sens, est son parfait opposé. Simeone l’avait annoncé au moment où tout le monde était bluffé d’abord par le recrutement homogène, ensuite par les premières prestations de l’Atléti durant l’été. Loin de s’enflammer, il avait déjà considéré cette campagne comme une saison transitoire et il ne s’était pas trompé. L’Atlético de Madrid a probablement vécu sa saison la plus compliquée depuis que l’Argentin a pris les rênes de l’équipe. Avec des hauts et des bas, les rojiblancos ont réussi à atteindre l’objectif de la Ligue des Champions dans une reprise post-covid d’un autre niveau.

Le renouveau

Une nouvelle ère a débuté cette saison au Wanda Metropolitano. L’Atlético de Madrid a presque tourné la page de la génération qui l’a mené sur le trône espagnol en 2014 et qui l’a fait rêver à deux reprises d’une victoire en Ligue des Champions. Après le départ de l’emblématique capitaine Gabi Hernández un an plus tôt, c’était maintenant au tour de Diego Godin, Filipe Luis ou encore Juanfran de quitter le navire. Et comme-ci cela ne suffisait pas, certains jeunes qui devaient incarner le futur comme Rodri ou encore Lucas Hernández ont rejoint d’autres contrées ainsi que la star Antoine Griezmann.

Recruté pour 126 millions d'euros, João Félix incarne le futur de l'Atléti, mais sa première saison a été décevante.
Espoir du foot portugais et européen, João Félix est arrivé à Madrid pour plus de 120 millions d’euros afin de faire oublier le départ de Griezmann. (Crédit : Euronews)

Le départ de ce dernier au Barça a engendré quelques représailles entre les deux entités, mais a surtout laissé un vide dans l’attaque rojiblanca. L’arrivée de la jeune pépite portugaise, João Félix, devait combler ce trou, hélas le costume était trop grand pour lui lors de sa première saison en Espagne. Malgré les espoirs suscités, Félix a été à l’image de son équipe, inconstant devant l’exigence que demande le meilleur championnat du monde.

Dans cet Atlético new look, Simeone savait déjà que son système n’allait pas prendre forme très rapidement. Le mercato a été loué avec quelques signatures de qualité. Kieran Trippier, qui a réalisé une campagne encourageante. Renan Lodi et Marcos Llorente, deux joueurs qui ont donné satisfaction au fil des matchs. Felipe, qui s’est rapidement installé en patron de la défense durant les indisponibilités de José Maria Giménez ou encore Mario Hermoso, qui n’a pas répondu aux attentes après ses belles performances l’année dernière à l’Espanyol.

De bons joueurs venus prendre les places laissées vacantes par les gloires de la première époque. Les matchs de préparation ont laissé planer le rêve de l’année du titre chez certains surtout après la déroute infligée au Real Madrid dans l’International Champions Cup. Cependant, les blessures, la sécheresse en attaque et les problèmes à gérer les matchs à l’extérieur ont failli plomber la saison d’une équipe qui s’est enfin trouvé à la fin du confinement.

Des espoirs rapidement douchés

Si le Covid 19 n’avait pas tant bouleversé le monde, on aurait pu se demander si l’Atlético allait assurer une place en Ligue des Champions la saison prochaine. La reprise de LaLiga après l’état d’urgence sanitaire a dévoilé une équipe métamorphosée. Longtemps menacée par la Real Sociedad, le Sevilla FC ou encore Getafe, la formation de Diego Simeone a profité de cette longue coupure de deux mois pour d’abord récupérer quelques blessés, se renforcer physiquement, enchaîner les onze derniers matchs sans défaite et profiter ainsi de la dégringolade des azulóns et des Basques. 

Un nouvel Atléti post-covid a mené Simeone vers son huitième podium consécutif en Liga (Twitter : @Atletico_Fra)

Plus frais et mieux armé, mais surtout avec un banc efficace (Vitolo en super-sub, NDLR), elle a simplement repris la saison là où elle l’avait laissé. Autrement dit, après la défaite dans le derby au Bernabéu (1-0) début février, un vent nouveau semblait souffler. Le succès contre Granada (1-0) qui a mis fin à un mois de disette de buts en Liga, suivi du nul à Valence (2-2) et de la victoire contre Liverpool au Wanda (1-0) a relancé une équipe qui durant la première partie de la saison nageait entre deux eaux.

Pourtant, au coup d’envoi de cette édition 2019/2020, comme d’habitude, elle faisait partie des sérieux candidats pour le titre de champion qui est finalement allé dans la maison voisine. Seule équipe à avoir ajouté neuf points lors des trois premiers matchs, l’Atléti n’aura passé qu’une journée à la tête de LaLiga. Tandis que ces principaux rivaux marquaient le pas (défaite du Barça d’entrée à Bilbao et le Real enchaînait deux nuls, NDLR), les colchoneros se contentaient du minimum face à Getafe et à Leganés. 

L’Atléti a renversé Eibar alors qu’il perdait 0-2 après vingt minutes de jeu, un match qui montrait déjà que la nouvelle équipe de Cholo aura du pain sur la planche. (Vidéo : Bein Sports)

Mais l’illusion n’aura que peu duré. Déjà la victoire étriquée contre Eibar (3-2) montrait des premiers signes d’inquiétude sur la capacité des rouges et blancs à confirmer ce qu’ils ont montré durant la pré-saison. Des doutes confirmés une semaine plus tard à San Sebastián à la suite d’une défaite sans appel face à la Real Sociedad (2-0). Ce match a été un révélateur de ce qui aller miner la saison de l’Atléti jusqu’en février :  le réalisme.

Avec seulement sept buts marqués après huit matchs de Liga, des questions se posent déjà sur l’efficacité offensive. Leader lors de la troisième journée, l’Atléti n’aura occupé cette position qu’à cette occasion. La suite a été un ascenseur entre la 6e et la 3e place. Sixième comme lors de la réception du Barça à la 15e journée qui a mis fin au rêve du titre. Une défaite 0-1  qui a vu les blaugranas et les merengues prendre le large avec sept points d’avance.

Toujours avec une défense irréprochable, l’Atléti aura tenu en échec le Barça durant 85 minutes avant que Messi n’invente une autre merveille. LaLiga est terminée pour les Madrilènes (Vidéo : Bein Sports)

Entre les matchs nuls qui se sont succédé à l’extérieur (dix au total sur les seize obtenus cette saison), les séries de blessures (Giménez, Koke, Costa, Félix etc.), l’équipe nous avait confirmé son regain de forme lors d’une folle soirée à Anfield marquée par l’explosion de Marcos Llorente, auteur d’un doublé pour éliminer Liverpool en huitième de finale de Ligue des Champions. Avant cela, la finale perdue en Supercoupe d’Espagne face au Real Madrid avait entamé la période d’un mois sans le moindre but marqué en Liga, en plus d’une élimination en huitième de finale de la Copa face à la modeste équipe du Cultural Leonesa, pensionnaire de Segunda B (troisième division).

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La pire saison de Cholo

Pour la huitième année de suite, Diego Pablo Simeone a rempli l’objectif minimum, c’est-à-dire qualifier son équipe en Ligue des Champions et assurer une nouvelle fois sa place sur le podium. En dépit des problèmes qui ont longtemps remis en cause cet accès à la compétition reine de l’UEFA, l’Atlético a fait le travail dans le sprint final, là où ses rivaux directs ont failli. L’équipe a montré moins de dépendance au niveau de l’attaque avec huit buteurs différents durant ces onze derniers matchs. Le retour de Carrasco, cet hiver, a apporté plus de vitesse dans les transitions et des résultats essentiels ont été notés comme le nul au Camp Nou face à un Barça englué dans une crise sportive et institutionnelle (2-2) mais aussi les succès face à Osasuna (0-5), Mallorca (3-0) ou encore Getafe (0-2).

La qualification en Ligue des Champions assurée à la 36e journée après la victoire contre le Real Betis. (Vidéo : Bein Sports)

Mais comme l’avait prédit le technicien argentin, cette saison n’a pas été de tout repos et a été la moins productive depuis son arrivée sur le banc matelassier. Déjà durant ces deux dernières années, la nécessité de renouveler se sentait dans la première génération qui arrivait en fin de parcours. Offensivement, l’Atlético devenait de moins en moins tranchant malgré la présence de Griezmann.

Les statistiques de l'Atlético depuis que Diego Simeone dirige l'équipe.
Depuis qu’il a pris les rênes de l’Atléti, Simeone a réalisé la saison la plus pauvre en termes de points et de buts marqués.

Tout d’abord, les 70 points obtenus. L’Atléti n’a jamais enregistré un si faible nombre sous l’ère Simeone. Ensuite, pour la première fois, l’équipe n’a pas dépassé les vingt victoires en Liga. Cependant, la statistique la plus frappante reste le nombre de buts marqués, cinquante et un au total. On notera aussi que depuis trois ans, l’équipe peine à franchir la barre des soixante buts en une saison et celle-ci a été la pire.

L’attente suscitée par le recrutement de João Félix est vite redescendue. Auteur de six buts en Liga, le Lusitanien a plus brillé par son inconstance que par ses performances. Cette saison a été un apprentissage pour le joueur le plus cher de l’histoire du club. De son côté, Alvaro Morata a connu de bien meilleures performances même s’il a terminé meilleur buteur de l’équipe avec douze réalisations.  

Quant aux autres attaquants, Diego Costa, absent pendant une longue période à cause d’une hernie discale, a signé une très mauvaise campagne malgré l’amélioration de son rendement dans la trame finale. Angel Correa a surfé dans la vague de son équipe avec quelques étincelles par moments, mais rien de plus.

Jan Oblak a une nouvelle fois réalisé une saison exceptionnelle dans les cages de l'Atléti.
Encore une saison magnifique du Slovène qui a tenu l’Atléti en vie avec 0,7 but encaissé par match et 77% d’arrêts. (Crédit : Javier Soriano / AFP)

En revanche, si les offensifs n’ont pas brillé de mille feux, le cholismo n’a pas dérogé à sa règle de base qu’est la défense. Il ne s’agit pas de la meilleure saison dans ce domaine, ni la plus mauvaise. L’Atléti a terminé deuxième meilleure défense de LaLiga derrière le Real Madrid avec seulement 27 buts concédés. A défaut de gagner, l’équipe ne perdait pas non plus grâce à son gardien Oblak, qui par ses miracles, a encore fois a sauvé beaucoup de points.

En somme, le club de la capitale a encore démontré qu’il fallait toujours compter sur lui, malgré les difficultés traversées durant cette saison. Il l’a prouvé en championnat mais surtout en Ligue des Champions après avoir éliminé le tenant du titre et champion d’Angleterre, Liverpool, dans une double confrontation épique. Avec les résultats qui ont accompagné les bonnes sensations affichées au retour du confinement, l’équipe pourra maintenant se concentrer sur la suite du tournoi européen après avoir réalisé un dur travail pendant la pause et maintenir sa série d’invincibilité à dix-huit matchs.

Bilan de saison 2019/20 – FC Barcelona

Ce sont seulement cinq points qui ont séparé le FC Barcelona du Real Madrid à l’issue de cette saison de Liga. Malgré les résultats bons en apparence, cet exercice s’est révélé compliqué pour le Barça. Les crises sportives, comme internes, ont frappé le club à plusieurs reprises rendant la situation instable, surtout pour les supporters. La saison blanche sur le plan national est un véritable échec même si ces performances ont en grande partie été masquées par le génie de Messi…

Battu en Liga, éliminé en Copa et SuperCopa, le Barça n’ajoutera donc rien à son armoire à trophées sur le territoire espagnol. Pour sauver une saison très compliquée, il restera encore la Champions League. Alors que les murs tremblent entre la direction, le staff et les joueurs, les performances ont été en dessous des attentes pour cette campagne. Maître du football hispanique sur les dernières années, le FC Barcelona souffre aujourd’hui. La succession de Valverde ne semble pas aussi glorieuse qu’on aurait pu l’imaginer. Les prouesses de Messi et Ter Stegen sont, en quelque sorte, l’arbre qui cache la forêt.

Avec Valverde, les syndromes d’une équipe qui n’avançait plus

Un des faits marquants de la saison blaugrana reste évidemment le changement d’entraîneur, intervenu en janvier dernier. Quique Setién, libre depuis son départ du Betis, a remplacé Ernesto Valverde, vivement critiqué pour ses résultats et le jeu proposé avec un tel effectif. Dans cette saison si particulière, on peut donc y voir deux parties importantes, avec des similitudes statistiques néanmoins.

L’exercice 2019/20 débute donc sous les ordres de l’ancien technicien de l’Athletic. Présent depuis l’été 2018, Valverde est déjà sous le feu des critiques, notamment après les deux remontadas subies en Champions League. Après le match nul contre l’Espanyol (2-2), l’élimination en SuperCopa est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pourtant protégé par le vestiaire, Ernesto Valverde va être démis de ses fonctions le 13 janvier 2020. A son départ, le Barça occupe la première place du championnat occupe la première place, partagée avec Madrid.

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Bartomeu, longtemps convaincu par Valverde, finira par changer d’avis en licenciant le coach tandis que la grande majorité des supporters approuvera cette décision (crédit : FC Barcelona)

Pourtant globalement présents depuis son arrivée, les résultats obtenus dans cette première partie de saison sont nettement moins bons. À ce stade, le Barça a déjà été défait à trois reprises, soit autant de fois que lors de l’exercice précédent. Un constat déjà pesant, à peine atteint la mi-saison. À l’extérieur, l’équipe barcelonaise est friable et perd de nombreux points.

Défensivement, les coéquipiers de Messi connaissent des difficultés également. La défense n’est pas irréprochable sur beaucoup d’actions et après 19 journées, Barcelone a déjà concédé 23 buts. Là encore, ce sont des chiffres inquiétants par rapport aux saisons précédentes. Malgré la qualification pour la phase finale de C1, Ernesto Valverde va être débarqué du club, pour des raisons compréhensibles.

Setién, bon choix ou erreur de casting ?

Après plusieurs jours de réflexion et de préparation, la Junta du Barça tient son nouveau coach. Il s’agit de Quique Setién, ayant auparavant entraîné le Betis et Las Palmas, entre autres. Peu d’expérience au haut niveau, mais la direction est confiante après avoir contacté des anciens joueurs ayant joué sous les ordres du Cantabre, tel que Marc Bartra.

A peine arrivé, Setién affiche des principes de jeu forts et se veut rassurant auprès de supporters qui veulent retrouver une équipe qui se bat et agréable à observer. L’Espagnol est régulièrement comparé à Johan Cruyff, pour sa vision et son ADN du football.

«Ce n’est que lorsque j’ai vu les matchs de Johan Cruyff à Barcelone que j’ai commencé à comprendre comment les choses fonctionnaient vraiment. J’ai beaucoup appris de lui»

Quique Setién, lors de sa conférence de presse de présentation (Tribuna.com)
La présentation de Quique Setién au FC Barcelone - Espagne ...
Dans la foulée du licenciement de Valverde, Quique Setién est nommé au Barça (crédit : Le Figaro)

L’un des moments les plus marquants de ce discours de présentation restera le point souligné par Setién, soutenant que la seule chose sûre, à l’heure de cette conférence de presse, est que son équipe jouera bien. Un message fort et qui veut déjà instaurer du nouveau dans le jeu catalan.

Au cours de la seconde partie de saison, les résultats vont être légèrement mieux. Le Barça va collecter 42 points sur la phase retour de LaLiga, contre 40 avec Ernesto Valverde. La défense va être plus solide et l’attaque tout aussi tranchante. Les chiffres sont quasiment les mêmes qu’avec Valverde, avec là encore, trois revers, moins de nuls, légèrement plus de revers et un peu moins de buts marqués. En bref, la comparaison statistique entre Ernesto Valverde et Quique Setién a un faible intérêt à ce stade en raison de la similarité qu’on y retrouve.

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Cependant, cette équipe blaugrana va continuer de perdre d’importants points qui lui coûteront le titre. La défaite dans le Clásico (2-0), le difficile match à Mestalla (2-0) sont déjà des rencontres cruciales de perdues. Mais les points lâchés après la reprise, contre Sevilla, le Celta et l’Atlético, mettront hors course une équipe battue par un Real Madrid imperturbable.

C’est d’ailleurs sur ce sprint final particulier que les choses vont s’envenimer. Alors en tête, en possédant deux points d’avance sur Madrid, Barcelone va rapidement perdre le leadership du championnat au profit de son rival éternel. En plus de craquer sur le plan sportif, le Barça va aussi exploser en interne. Les choix de plus en plus incompréhensibles de la direction s’ajoutent à une histoire où le staff et les joueurs seraient, selon les différents médias, en rupture.

La question se pose alors autour de la capacité de Setién à gérer un tel groupe. Lui qui voulait prôner un jeu plus agréable, se retrouverait finalement à perdre le contact avec son effectif. Un nouveau souci à gérer donc. Un peu plus de six mois après son arrivée, Setién semble déjà avoir perdu la confiance de beaucoup de supporters, n’arrivant pas à mettre ses principes en place.

Éliminé dès les quarts de finale de la Copa, par l’Athletic (1-0), Quique Setién est donc remis en question. Le Cantabre reprend néanmoins une équipe qui n’a jamais réellement pu se sentir libérée des critiques qu’elle essuie depuis un certains temps. De plus, le niveau de certains joueurs est pointé du doigt par les fans. Menacé à son poste, Setién ne veut pas jeter les armes et souhaite continuer de se battre et de tenter de stabiliser le jeu tout en continuant de triompher.

La manière de gagner, la grande quête de ce Barça

Dans le football, gagner c’est bien. Avec la manière, c’est mieux. La manière, c’est ce que recherche le Barça. Son identité historique avec des coachs tels que Guardiola ou Cruyff, réputés pour prôner un des plus beaux jeux que le football ait connu. Aujourd’hui, beaucoup des succès barcelonais sont poussifs et difficiles face à des équipes qui défendent bien.

Avec Setién, le Barça joue beaucoup plus sur la possession de la balle. Une méthode pour confisquer le ballon, laissant ainsi peu d’occasions pour les adversaires. Mais la formation blaugrana a parfois des difficultés à inquiéter les autres équipes avec cette possession, faisant beaucoup tourner sans parvenir à s’infiltrer dans le bloc défensif opposé.

Pour Setién, les succès comptent mais l’entraîneur insiste également sur le fait que bien jouer soit une nécessité (crédit : Bein Sports)

Avec le technicien espagnol, Barcelone a parfois connu des matchs difficiles mais a également réalisé d’impressionnantes performances. Les succès à Villarreal (1-4) ou contre Alavés (0-5) nous avaient montré un Barça dominateur, serein et qui avait contrôlé le match.

Dans cette envie de gagner avec la manière, sont aussi inclus les jeunes. Riqui Puig et Ansu Fati ou encore Ronald Araujo commencent à gratter de plus en plus de temps de jeu en équipe première. Une bonne nouvelle pour une grande partie du public qui réclamait une présence plus régulière de leur part avec les pros. Ils apportent de la nouveauté dans le jeu barcelonais pour remplacer des joueurs qui ont beaucoup moins d’impact. Les cas difficiles de plusieurs joueurs ont favorisé l’intégration de cette jeunesse, arrivés de La Masia.

En tout cas, le Barça devra désormais répéter ce genre de performances plus régulièrement, en plus de continuer à gagner. La manière se doit d’être un objectif primordial à retrouver pour une équipe qui l’avait quelque peu délaissée sous Ernesto Valverde.

Messi, sauveur mais aussi préventif

Leo Messi, que dire ? Encore une saison exceptionnelle, comme toujours, et pourtant le génie argentin continue de nous étonner. Avec 25 buts au compteur et 21 passes décisives délivrées, la Pulga a encore frappé. Encore un record battu par l’Argentin : celui du nombre d’assists en une saison de championnat. Avec un peu plus de vingt unités, Messi a battu le record de Xavi, fixé à vingt passes décisives.

Así fue el GOL 700 de LEO MESSI a lo PANENKA! | FC Barcelona ...
Au cours de cet exercice, Messi a inscrit le 700e but de sa carrière. Une réalisation inscrite sur une panenka contre Jan Oblak (crédit : Lionel Messi.eu)

En plus de ça, Leo Messi a de nouveau reçu le trophée Pichichi. Une récompense décernée au meilleur buteur de Liga. Le sextuple Ballon d’Or a terminé máximo goleador du championnat pour la septième fois de sa carrière, battant, là encore, un record jusqu’alors détenu par Telmo Zarra, six fois sacré meilleur buteur (ancien meilleur buteur du championnat, évoluant à l’Athletic dans les années 1940 et 1950). Exceptionnel, donc.

Le problème de cette importance à Messi est d’y créer une dépendance, déjà bien présente pour certains. L’Argentin a sauvé le Barça à de nombreuses reprises cette saison, cachant un peu la difficulté de son équipe à triompher. Certains supporters craignent, plutôt à juste titre, « l’après Messi ». Une crainte compréhensible quand on voit tant l’équipe blaugrana dépend du joueur et trouve relativement peu d’autres alternatives à son génie.

Après cette saison difficile, Messi a quand même voulu tirer la sonnette d’alarme. Au delà de la rumeur indiquant qu’il ne souhaitait pas prolonger plus loin qu’en 2021, l’Argentin sait que son équipe n’a pas bien joué cette saison. D’après les médias, le joueur serait aussi agacé de la gestion du club par la direction.

«On ne voulait pas terminer la saison comme ça. On est une équipe irrégulière, lente, avec peu d’intensité. On a perdu beaucoup de points et le match d’aujourd’hui est un résumé de la saison»

La déclaration de Leo Messi, après la défaite contre Osasuna (1-2)

Malgré les quelques performances très mauvaises de son équipe, le natif de Rosario a beaucoup sauvé son équipe, tout comme Ter Stegen aux cages. Un même constat qu’avait soulevé Malcom, lors de son départ vers la Russie. Pour lui, comme beaucoup de monde, Messi cache beaucoup de problèmes au Barça. Même s’il a déjà poussé quelques coups de gueule, il est difficile d’imaginer Messi ailleurs qu’à sa maison qu’est Barcelone. Néanmoins, le football est tellement imprévisible qu’on ne peut rien affirmer à 100%…

C’est donc avec des incertitudes sur le futur et d’importants soucis, sportifs comme extra-sportifs, que le Barça achève cette campagne 2019/20. Une saison blanche difficile sur le plan national de façon collective mais dans laquelle certaines individualités ont continué de briller ou dans laquelle de jeunes talents se sont révélés. Setién, menacé pour son avenir, a pour but de continuer de faire évoluer ce Barça, notamment dans son jeu, alors que certains cadres se doivent de retrouver un niveau à la hauteur du club dans lequel ils évoluent. Maintenant, cap sur la Ligue des Champions et le match retour contre Naples, début août, afin d’oublier une édition de Liga qui ne se sera pas déroulée comme voulue.

RCD Espanyol : un cataclysme historique difficilement explicable

De la tristesse, de la déception, de la colère, de la frustration sur les visages. Hier soir, une partie de la ville de Barcelone vivait assurément un des moments les plus sombres de son histoire. Battu 1-0 par le Barça dans le derby, l’Espanyol a pris conscience qu’il évoluerait en Segunda lors de la prochaine saison. Une catastrophe historique et qui suscite des interrogations tant sur le plan économique que sportif pour une des équipes les plus importantes du football espagnol.

Après une saison 2018/2019 aboutie, l’Espanyol de Barcelona avait toutes les raisons de croire à un exercice tout aussi réussi. Qualifiés en Europa League, qui pouvait s’attendre à ce que les Pericos réalisent une saison aussi désastreuse ? Longtemps logé dans la zone rouge et même à la dernière place, une relégation semblait de plus en plus inévitable pour le club. Et c’est toujours cette inlassable question qui revient occuper nos pensées : comment ce naufrage a-t-il pu arriver ? Avec une telle qualité d’effectif, il est difficile de l’expliquer et de le comprendre. Ce drame était peut-être inévitable depuis bien longtemps.

Un derby mou et sans envie a condamné l’Espanyol

Cet affrontement catalan était très certainement un des plus attendus, avec également d’énormes enjeux à la clé. D’un côté, un Barça sortant d’un bon match à Villarreal et jouant pour le titre, et de l’autre, l’Espanyol qui occupe la dernière place, espérant son maintien.

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Véritable désillusion, cette descente devrait amener du changement au sein du club (crédit : Daily Mail)

L’équipe de Rufete s’est montrée peu ambitieuse dans la première période. Cherchant peu à construire en voulant alerter Raúl de Tomás devant, l’Espanyol a néanmoins eu les deux plus grosses occasions de la première période, touchant même le poteau de Ter Stegen.

En seconde période, le verrou a rapidement sauté avec un but de Suárez bien que les deux équipes aient été réduites à dix. Ensuite, l’Espanyol s’est montré frileux et a refusé de se découvrir pour tenter d’égaliser, restant avec une défense à cinq joueurs. Seul RDT (le surnom de Raúl de Tomás, NDLR) semblait se montrer combatif dans une équipe qui semblait endormie et démotivée. Aux cages, Diego López a fait le travail. C’était sans compter sur certains choix étranges de Rufete.

Après le triple coup de sifflet, les visages des joueurs témoignaient bien d’une saison ratée du début à la fin. Même si l’espoir de se maintenir était présent jusqu’à la fin, l’Espanyol semblait être une équipe paralysée par la peur de descendre.

L’incompréhension autour d’un effectif de qualité

Comment expliquer une telle déroute ? L’histoire d’un club important en Espagne, un budget qui se portait bien et des joueurs taillés pour jouer l’Europe, comme c’était le cas cette saison, qui ont finalement dû bagarrer dans le bas de tableau. Incompréhensible, oui. Mais le fait que l’Espanyol joue le maintien, ce qui était imprévisible, n’a t-il pas paralysé psychologiquement le club ?

Il n’y qu’à observer. Adri Embarba, Raúl de Tomás, transfert hivernal crucial sur qui les espoirs du club reposaient, Wu Lei, ou encore Jonathan Calleri en attaque. Un gardien expérimenté à la riche carrière tel que Diego López, un jeune milieu prometteur comme Marc Roca, ou de qualité à l’image de Sergi Darder. Une défense composée d’Espinosa, Calero, Cabrera, et même Javi López. Tout ce beau monde n’a pas pu empêcher la descente du club.

Avec un faible bilan de cinq succès et neuf matchs nuls en 34 matchs pour 21 défaites, l’Espanyol n’a que très rarement touché autant le fond dans son histoire. L’entité catalane vit sa cinquième relégation en seconde division depuis sa création, en 1900.

A la mi-saison, le club était déjà bien mal embarqué en occupant la dernière place, avec seulement quatre unités de retard sur Vigo, 17e. Pourtant sorti leader de son groupe, l’Espanyol a rapidement été contraint d’aligner une équipe remaniée en 16e de finale, pour pouvoir se concentrer sur LaLiga, et s’est logiquement fait éliminer par Wolverhampton.

Crónica del Wolverhampton - RCD Espanyol, 4-0 - Bolsamanía.com
Europa League : Étrillé 4-0 en Angleterre, le club catalan a sauvé l’honneur en s’imposant 3-2 au retour (crédit : Bolsamania)

Avec le remaniement du staff sportif et l’arrivée d’Abelardo, fin décembre, l’Espanyol a entamé une série de résultats corrects et chargés d’espoir. Du début de l’année civile 2020 à l’arrêt des compétitions, début mars, le club n’aura connu que trois revers, se permettant même d’accrocher Sevilla, l’Athletic, l’Atlético et même le Barça. Beaucoup de matchs nuls donc, avec deux succès à la clé. Dans cette période, les cadres du club s’affirment un peu plus et se démarquent. L’Espanyol semble aller mieux.

La longue pause de trois mois a malheureusement cassé cette dynamique plutôt bonne. Au retour du championnat, l’Espanyol bat Alavés deux buts à zéro. Alors que l’on pensait les Blanquiazules partis pour redémarrer fort, ils s’inclineront sur leur six prochaines rencontres, après avoir accroché Getafe (0-0). La victoire contre Alavés était peut-être en trompe l’œil du fait que les Basques aient été réduits à dix dès la vingtaine de minutes, en raison de l’expulsion du gardien Pacheco.

Malgré une dernière tentative de changement d’entraîneur, l’Espanyol échouera à se maintenir en perdant contre des adversaires directs tel que Leganés. La dernière mission des Catalans sera désormais de terminer le plus haut possible dans la zone rouge, et d’éviter la place de lanterne rouge.

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Attendu au tournant, RDT n’aura pas pu sauver le club de la relégation (crédit : Récord)

Des changements impuissants sur le banc

Relégable 33 journées sur 34 possibles, il est clair que la situation de l’Espanyol n’a guère évolué au cours de la saison. Même si l’espoir a été présent, jusqu’à il y a encore quelques matchs, les Pericos ont occupé la zone rouge très longtemps. Avec quatre entraîneurs différents dans ce même exercice, ces changements se sont révélés impuissants et n’ont que très peu changé les choses.

Au cours de la saison, le club n’a jamais occupé mieux que la position de premier-non relégable. Un contraste fort après un exercice précédent où les Catalans avaient réalisé leur meilleur classement en Liga depuis quatorze ans, sous les ordres de Rubi.

C’était justement son départ vers le Betis, au début du moins de juin 2019, où il a récemment été limogé, qui a amené David Gallego, occupant alors le poste d’entraîneur de l’équipe B, à prendre les commandes de l’équipe première. Destitué dès la huitième journée de Liga, avec seulement cinq point pris, c’est Pablo Machín qui prendra la relève.

Paciencia agotada en la afición: "Gallego vete ya" – La Contra ...
Le mauvais début de saison de l’Espanyol avec Gallego aura été lourd de conséquence (crédit : La Contra Deportiva)

Sans poste depuis mars 2019 et son limogeage du Sevilla FC, le technicien espagnol signe d’abord un contrat de deux saisons avec l’Espanyol. Les résultats ne changent absolument pas depuis son arrivée en octobre. L’équipe est balayée par l’Athletic (3-0), l’Atlético (3-1), Osasuna (2-4) et ne parvient pas à décrocher la moindre victoire devant son public. De début octobre à fin décembre, l’Espanyol s’amuse en Ligue Europa mais décroche en Liga si bien que Machín sera également renvoyé.

Remplacé par Abelardo avant la fin de l’année 2019, l’Espanyol veut repartir sur de bonnes bases. L’objectif est plus ou moins réussi avec les résultats évoqués un peu plus haut dans l’article. Cependant, voyant que le club s’écroule de nouveau au retour de la pause du coronavirus et stagne en bas de tableau, la direction, critiquée pour sa mauvaise gestion par les supporters, s’impatiente et veut tenter un ultime changement en nommant Rufete, alors directeur sportif, à la tête de l’équipe.

Nommé le 27 juin dernier et confirmé jusqu’à la fin de saison, il compte actuellement un bilan de quatre revers en autant de matchs, dans l’incapacité d’éviter ce qui semblait inévitable depuis un moment. Quatre techniciens en une saison donc mais, au final, pas vraiment de changement majeur. Des nouveautés sur le banc qui auront, en plus de ça, demandé beaucoup d’adaptation aux joueurs alors que le temps pressait.

Abelardo aura réussi à installer une cohésion d’équipe et a stabilisé ce groupe mais l’impatience de la direction et sa gestion moyenne de la crise ont aussi contribué à ce désastre tristement historique.

LaLiga | El quinto descenso del Espanyol, el único antes de acabar ...
Rufete, au centre, en compagnie du président Chen Yansheng, à gauche (crédit : AS)

Le désastre sur le mercato

Durant le mercato estival 2019, l’Espanyol avait enregistré la perte de joueurs importants tels que Borja Iglesias, vers le Betis, ou encore Mario Hermoso vers l’Atlético de Madrid. Avec l’arrivée de Jonathan Calleri, en prêt, et la promotion en équipe première de Víctor Campuzano pour l’attaque ainsi que le prêt de Bernardo Espinosa ou encore le transfert de Fernando Calero en défense centrale, ces deux départs ont-ils été correctement gérés ? Le club réalise aussi quelques bons coups en prenant des joueurs libres, mais qui joueront peu.

Peu dépensier durant la pré-saison donc, l’Espanyol va s’alarmer lors de l’hiver 2020. Recrue la plus chère de l’histoire du club pour 20.5M€, Raúl de Tomás débarque en Catalogne, accompagné d’Embarba sur les ailes. L’objectif est de redynamiser une attaque trop faible et de solidifier une faible défense en signant Leandro Cabrera.

Avec une quarantaine de millions d’euros déboursés sur ce mercato de mi-saison, en comptant l’arrivée d’Oier en gardien numéro deux, l’Espanyol va devoir se réorganiser. Malheureusement, ces transferts effectués pour sauver l’équipe n’auront rien apporté, qualifiés comme des panic-buy. Peut-être que ce mercato n’avait pas été suffisamment travaillé et que la direction avait acheté pour se donner bonne conscience et espérer se sauver.

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Arrivé en provenance de Getafe, Leandro Cabrera était voué à renforcer une défense à la dérive (crédit : Sport)

Sur le terrain, ces joueurs auront fait partie des meilleurs certes, profitant aussi de la nomination d’Abelardo sur le banc qui a apporté du neuf, mais leurs performances n’auront pas servi à éviter cette descente en Segunda.

C’est donc une relégation qui sera dure à digérer pour une équipe qui a disputé ses 26 dernières saisons en Primera División. Dans un exercice raté du début à la fin, l’Espanyol aura tenté par tous les moyens de se maintenir dans l’élite mais sans vraiment chercher une certaine stabilité ou cohésion sportive. Les recrues ont été utiles mais trop peu marquantes alors que le changement de coach à plusieurs reprises n’aura fait qu’obliger l’équipe, déjà en dessous psychologiquement, à se réadapter. L’Espanyol devra désormais tenter de revenir rapidement en Primera pour espérer vivre à nouveau des moments plus rayonnants dans son histoire.

La Real Sociedad peut-elle tout perdre ?

Méconnaissable depuis la reprise de LaLiga, la Real Sociedad s’écroule en championnat. Défaits à plusieurs reprises et incapables de retrouver leur rendement offensif qui éblouissait il y a encore quelques temps, les Basques perdent de précieux points. Et à l’approche de la fin de saison, ce n’est plus le moment de faire de faux pas.

Avant l’arrêt provisoire de LaLiga, la Ligue des Champions était encore un objectif réel et espéré par les joueurs de la Real. Aujourd’hui, les choses ont changé, plutôt dans un sens négatif. Avant de se déplacer à Getafe, ce lundi soir, la Real Sociedad occupe la septième place du classement et voit son avance, sur les autres concurrents, fondre petit à petit dans la course à l’Europe. Ce climat particulier de fin de saison déstabilise assurément les hommes d’Imanol Alguacil, qu’il semble plus probable de voir lutter pour une place en Europa League. Avec la finale de Copa del Rey en ligne de mire, et vu les difficultés actuelles, les Txuri-Urdin peuvent-ils tout perdre sur ces derniers matchs ?

Une dynamique inquiétante

Passée tout proche d’une défaite lors de la journée de reprise face à Osasuna (1-1), après avoir été dominée et menée, la Real Sociedad n’a pas su engranger le moindre point sur ses trois dernières rencontres. Des statistiques incroyablement inquiétantes, notamment avec les deux déroutes à Anoeta, qui témoignent d’une faiblesse importante.

Le test final - Real Sociedad de Fútbol S.A.D.
Les joueurs de la Real à l’entraînement, dans leur stade (crédit : Real Sociedad)

Ceux qui ont porté cette équipe durant les deux premiers tiers de la saison sont largement en dessous depuis la reprise, et cela a une conséquence sur les résultats. En attaque, Mikel Oyarzabal est peu visible alors que Alexander Isak et Willian José sont en concurrence pour le poste d’avant-centre, mais aucun des deux ne parvient réellement à convaincre Imanol Alguacil.

Portu se crée, quant à lui, de très bonnes occasions et dynamise le jeu offensif. De même pour Adnan Januzaj, titulaire face au Celta et auteur d’une très bonne performance. Malheureusement leur influence reste trop limitée et pas assez forte pour permettre d’inverser la tendance. En quatre rencontres, la Real n’a marqué que deux buts. Un total bien trop faible pour une équipe classée dans les meilleures attaques du championnat.

Pourtant, les Txuri-Urdin savent mettre du rythme dans leurs matchs par moments et montrent qu’ils savent encore inquiéter les défenses adverses. Mais dans le dernier geste, la finition n’y est pas et elle a pénalisé les joueurs de San Sebastián a plusieurs reprises sur les derniers affrontements.

Alavés 2-0 Real Sociedad: La Real Sociedad no vuelve del parón y ...
Vaincue 2-0 par Alavés, la Real Sociedad a perdu le dernier derby basque de la saison en Liga (crédit : El Español)

Au milieu, Martin Odegaard est en galère, beaucoup trop imprécis, tout comme Mikel Merino. Le Basque commet, anormalement, un nombre de fautes excessif depuis la reprise. Un constat qui s’applique à l’ensemble de l’équipe plus généralement. Les autres joueurs utilisés à ce poste, tels que Zurutuza, Zubimendi ou encore Igor Zubeldia, n’ont pas réussi à apporter un renouveau dans l’entre-jeu.

Enfin, défensivement, c’est là qu’on retrouve le plus gros souci de cette équipe. Une dernière ligne coupable sur beaucoup de buts concédés par la formation basque. En effet, la Real Sociedad a concédé pas moins de six pénaltys sur ses six derniers matchs de Liga. La charnière centrale, composée de Llorente et Le Normand, y est pour beaucoup dans cette affaire.

De plus, pour cette fin de saison, les Basques devront composer sans leur capitaine Illarramendi, qui a rechuté en processus de récupération (et déjà blessé depuis fin août, NDLR), et Ander Guevara. Les jeunes Luca Sangalli et Ander Barrenetxea sont eux aussi blessés, en attaque. Deux absences qui vont probablement poser problème pour la rotation et pour relancer une équipe en difficulté pour marquer.

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Jusqu’alors impressionnante, l’armada offensive de la Real connaît ses limites (crédit : Mundo Deportivo)

L’Europe, un objectif toujours possible ?

Dans le nord de l’Espagne, la grande crainte est évidemment de manquer l’Europe après avoir fait une telle saison. Quasiment irréprochable sur ces 27 premières journées, la Real Sociedad occupait une place qualificative pour la Champions League au moment de l’arrêt du championnat. Aujourd’hui, avec un match de moins, qui sera joué ce soir contre Getafe, le club est logé à la septième place. Autrement dit, une place envoyant en l’Europa League mais à l’issue de tours de qualifications.

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Avançant à un rythme bien trop lent, la Real a vu une qualification en C1 se compliquer, comptant déjà sept points de retard sur Sevilla, quatrième, et commence désormais à s’interroger sur la C3. Villarreal est cinquième, avec quatre unités de plus, suivi de Getafe à 49 points. La Real et ses 47 points sont talonnés de près par Valencia (46 points) et l’Athletic (45 points) alors que Granada (43 points) est légèrement plus en retrait. Avec seulement un point pris sur douze possibles en quatre rencontres, il faut vite repartir.

Il faut d’ailleurs préciser que leur calendrier de fin de saison va être difficile à négocier. Après le déplacement à Getafe de ce lundi 29 juin, les Basques recevront l’Espanyol. Ils affronteront ensuite, dans les dernières journées, Levante, Granada, Villarreal, Sevilla et l’Atlético, avec chaque fois une alternance domicile/extérieur.

Real Sociedad: Prieto: "Ojalá Odegaard siga un año más, le escucho ...
En parallèle, les Txuri-Urdin espèrent prolonger le prêt de Martin Odegaard la saison prochaine (crédit : Marca)

Parmi tous ces adversaires, on peut distinguer au moins cinq matchs cruellement décisifs pour l’Europe. Ce sont donc dans ces moments que la Real Sociedad devra répondre présente comme elle a su le faire auparavant. Même si la réalité sportive est plus difficile en ce moment, mathématiquement rien n’est déjà figé pour une place en Europe.

Une finale de Copa en jeu

A défaut de savoir quand se jouera cette finale, reportée pour pouvoir être jouée avec du public, on connait déjà l’adversaire des coéquipiers de Mikel Oyarzabal, qui sera l’Athletic. Le voisin, et rival basque, lutte également pour une place en compétition continentale. Mais le plus intéressant là est évidemment cette confrontation historique en finale.

Contrairement à la dynamique affichée par les deux équipes avant la trêve, l’Athletic semble aujourd’hui en meilleure forme que son adversaire direct. Les Leones se sont rapprochés des places européennes et affichent un bon état d’esprit depuis la reprise. La Real paraît plus faible à côté mais c’était bien l’inverse en mars dernier.

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Victorieuse à Mirandés, la Real Sociedad validait son billet pour la finale le 4 mars dernier (crédit : Le Soir)

Cela dit, il est encore trop tôt pour tenter de donner un favori, étant donné que les sensations des joueurs évolueront. D’autant plus qu’on ne sait pas si cette finale se jouera cette saison, apparemment non, en début de saison prochaine ou même l’année prochaine. Tout cela dépendra du retour du public dans les stades. En bref, nous sommes encore trop loin pour annoncer une équipe en meilleure posture que l’autre pour cette finale, à Sevilla.

Même si la faiblesse se fait ressentir dans les résultats de la Real, il n’est donc pas question de s’affoler. Les joueurs sont conscients de la situation, et des objectifs, et sont toujours en position européenne pour l’instant mais vont vite devoir se reprendre pour y rester. Dans une lutte qui est historiquement acharnée, les faux pas dans le sprint final ne sont pas permis. Et avec la finale de Copa Del Rey dans un coin de la tête, la Real sait qu’elle se doit de retrouver un niveau correct dans cette atmosphère du « nouveau football ».

Le bilan de la 28e journée de Liga

Très attendue, puisqu’elle marquait le retour du championnat espagnol pour la première fois depuis mars, cette 28e journée de Liga, entamée par El Gran Derbi, signifiait que la vie reprenait peu à peu son cours. Et ce fut le cas, les dix matchs de cette journée se sont déroulés sans incident majeur avec toujours autant d‘enjeux à tous les étages. Retour sur les rencontres de cette 28e journée de Primera.

Sevilla FC 2-0 Real Betis : le retour du football made in Ocampos

Un derby, deux buts, une victoire sevillista mais surtout une performance sensationnelle pour Lucas Ocampos. Qualifié d’événement mondial par Javier Tebas, ce match que tout le monde attendait depuis plusieurs jours a illustré la situation de deux équipes à la dynamique contraire.

Première rencontre pour illustrer le « nouveau football » et son protocole sanitaire si particulier, ce derby n’aura pas été le meilleur de ces dernières années mais probablement celui qui aura provoqué le plus d’excitation et d’engouement. Dans un triste Ramón Sánchez Pizjuán vide, ce sont d’abord les locaux qui se montrent les plus dangereux avec une frappe d’Ocampos s’écrasant sur la barre de Joel Robles (10′).

Les assauts Blanquirrojos vont se poursuivre avec les coups de tête de Jules Koundé (21′) puis Luuk de Jong (26′) qui frôlent à chaque fois le montant gauche du but du Betis. A l’issue de ce premier acte, les Verdiblancos sont tout simplement inexistants et débordés.

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Lucas Ocampos, sensation de la fin de saison ? (crédit : beInSports)

Au retour des vestiaires, la formation de Lopetegui accélère et vient ouvrir le score (55′) par le biais de son Argentin, sur un pénalty provoqué par Marc Bartra qui avait accroché De Jong sur corner, qui prend Robles à contre-pied. Premier but de ce retour du football en Primera.

Dépassée, la défense du Betis va concéder un deuxième but (61′) dans les minutes suivantes. C’est Fernando qui vient placer sa tête sur un nouveau corner, après que la balle ait subtilement été déviée du pied par Lucas Ocampos. Un second but encaissé sur coup de pied arrêté pour les hommes de Rubi. Dans la dernière demi-heure, le Betis va se montrer plus entreprenant, notamment avec les entrées de Lainez et Joaquín, mais sans véritablement inquiéter Vaclík. Affichant un visage terriblement inquiétant, les Verdiblancos s’inclinent donc dans le derby et permettent au Sevilla FC de consolider sa troisième place.

Résumé du match (11 juin 2020, 22h)

Granada CF 2-1 Getafe CF : l’Europe et le rêve andalou

Dans une des affiches les plus alléchantes de ce week-end, c’est finalement l’équipe madrilène qui s’est inclinée après avoir pourtant mené durant une bonne partie de la rencontre. Une défaite dérangeante pour Getafe mais un succès de prestige pour Granada.

En effet, en début de soirée, sous la chaleur andalouse, ce sont les hommes de José Bordalás (devenu au passage l’entraîneur ayant dirigé le plus de matchs dans l’histoire du Getafe CF, NDLR) qui ouvrent le score avec un golazo magnifique de Timor (19′) après une passe intelligente de Cucurella ! Une enroulée puissante qui achève sa course dans la lucarne de Rui Silva.

Durant la première période, David Soria a à peine à s’employer pour saisir quelques ballons mais rien de bien dangereux. Néanmoins, face aux offensives du Granada, les Azulones reculent et finissent par concéder l’égalisation sur un contre-son-camp de Djené. Le central togolais est surpris de voir le ballon rebondir devant lui pensant que Soria s’en était saisi.

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Toute la joie de David Timor, auteur d’un but somptueux (crédit : Mundo Deportivo)

Paniqués et probablement inquiétés des attaques grandissantes du Granada CF, David Soria et ses coéquipiers vont se faire renverser. C’est Carlos Fernández, à l’issue d’une bonne percée, qui profite d’une boulette inhabituelle du gardien espagnol, qui avait relâché un ballon, pour venir l’allumer et mettre son équipe devant au tableau d’affichage (78′). Au final, la persévérance des Andalous aura payé alors qu’ils ne sont plus qu’à deux points de l’Europe !

Résumé du match (12 juin 2020, 19h30)

Valencia CF 1-1 Levante UD : quand la folie s’empare du money-time

Pour le second derby de cette 28e journée, l’importance de gagner pour le Valencia CF était fondamentale. Au terme d’une rencontre équilibrée et qui s’est enflammée sur la fin, c’est un partage des points à Mestalla.

Relativement calme, le premier acte de ce match n’a permis à aucune des deux équipes de se détacher de l’autre avec beaucoup de déchet technique dans le jeu. Seule la frappe de Carlos Soler (28′) venant fracasser le montant de Aitor Fernández est à signaler parmi les rares offensives de cette première période.

Le match va s’animer après la pause, comme dans la plupart des rencontres de cette journée de reprise. C’est d’abord la frappe de Rodrigo (66′), qui oblige le portier du Levante à s’incliner pour sortir un bel arrêt, qui intervient avant l’expulsion de Roger Martí (73′). L’attaquant Granota avait alors été averti une seconde fois après sèchement tamponné le jeune Hugo Guillamón.

Levante: Toca suplir el gol de Roger en el Levante | Marca.com
L’expulsion de Roger a marqué un tournant du match (crédit : Marca)

Finalement, ce sont les joueurs Chés qui vont marquer en premier (89′) grâce à leur numéro 19, Rodrigo Moreno, venant couper au premier poteau un centre à ras de terre de José Luis Gayà. Mais le match n’est pas terminé, au contraire. Sur l’ultime coup franc du match, Rúben Vezo est accroché par Mouctar Diakhaby à l’entrée de la surface de réparation. Un pénalty donc, aisément transformé par Gonzalo Melero (98′), entré en jeu. Un nul logique sur le fond mais au goût de défaite pour le VCF, dont les supporters ont exprimé leur colère auprès de leur central responsable du pénalty.

Résumé du match (12 juin 2020, 22h)

RCD Espanyol 2-0 Deportivo Alavés : le match du déclic ?

Très vite en infériorité numérique, le Deportivo Alavés a souffert durant toute la rencontre sans même pouvoir tirer une seule fois. Un succès qui fait la joie de l’Espanyol, de nouveau dans l’espoir de pouvoir se maintenir.

C’est une vingtaine de minutes que le match va prendre un tournant différent, jusqu’alors assez calme et équilibré. Sur un ballon en profondeur lancé par la défense barcelonaise, Fernando Pacheco manque complètement sa sortie et se saisit du ballon dans l’arc de cercle de sa surface, se voyant logiquement expulsé (18′). Cette exclusion donne donc l’occasion à Roberto, gardien remplaçant du Deportivo Alavés, de pouvoir s’illustrer à de nombreuses reprises.

Le gardien viendra d’abord réaliser un beau double arrêt face à Wu Lei (29′), puis un nouveau, cette fois-ci en s’illustrant avec un sauvetage réflexe sur le retourné de Adrián Embarba (42′). Impressionnant jusque là, avant de finir par céder sur un coup de tête rageur de Bernardo Espinosa (45+2′), juste avant la pause.

Bernardo Espinosa anotó gol en el triunfo del Espanyol ante el Alavés
Dominant largement la rencontre, l’Espanyol a enfin été récompensé de ses efforts (crédit : Revista Semana)

Et puis, quelques secondes après avoir débuté la seconde période, l’Espanyol va inscrire un second but par Wu Lei qui se présente en face à face devant Roberto (47′). L’attaquant chinois avait été complètement oublié de la défense basque. La fin de match sera plutôt calme malgré les deux tentatives des Pericos (52′ et 80′), respectivement captées et détournées par Roberto, important dans ce match. Le tout avant que Sergi Dader vienne manquer le cadre sur une offrande de RDT (88′). Avec cette victoire, l’Espanyol reprend confiance et peut espérer un déclic dans le but de se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 14h)

RC Celta 0-1 Villarreal CF : entre exultation et colère

Proche d’obtenir un point cruellement important pour son maintien, le Celta s’est finalement effondré dans le temps additionnel après avoir longtemps tenu face à une équipe de Villarreal énergique.

La première action du match est à mettre au profit de la formation valencienne avec un premier tir de Gerard Moreno, renvoyé par la défense, et surtout suivi d’un second de Santi Cazorla, bloqué net par Rubén Blanco (15′). Dans la minute suivante, le sous-marin jaune accélère et Vicente Iborra voit sa puissante frappe, venant d’un centre de Mario Gaspar, être détournée par les mains fermes de Rubén (16′).

Les assauts s’enchaînent de la part du Villarreal CF et les Galiciens ne cessent de reculer, se reposant sur leur gardien, comme l’a prouvé la belle incursion dans la surface de Gerard Moreno (35′) mais qui n’a pas pu cadrer. En seconde période, la défense du Celta est mise à mal par le rush de Chukwueze (66′) avant de subir la percée de Carlos Bacca (86′), qui avait pourtant mis à terre Rubén Blanco, voyant son tir raser le poteau.

Samu parachuta al Villarreal en Vigo - Valencia City
Héroïque pendant 90 minutes, Rubén Blanco a finalement dû s’incliner en toute fin de rencontre (crédit : ValenciaCity)

Submergés et sans cesse en train de reculer, le Celta va craquer. Et c’est de Manu Trigueros que va venir la solution. Après une nouvelle intervention du portier galicien dans les pieds de Bacca, Manu Trigueros va finalement récupérer ce ballon et le propulser dans les cages (93′) après qu’il ait été dévié par la jambe de Jeison Murillo. Un résultat qui fait les faveurs du Villarreal CF, exultant, pour la course à l’Europe mais qui enfonce le Celta, abasourdi, dans la lutte pour le maintien.

Résumé du match (Samedi 13 juin, 17h)

CD Leganés 1-2 Real Valladolid : un maintien aux trajectoires différentes

C’était LE match du maintien de cette journée de reprise, dans ce sprint final encore tant indécis, dans lequel deux formations luttent pour rester dans l’élite du football espagnol. Ambitieux mais peu réaliste, le CD Leganés a finalement fini par être puni.

En même temps, il faut dire qu’il y a difficilement pire comme scénario que celui d’encaisser un but dès les premières minutes pour une erreur… Pourtant, c’est une mésentente totale entre le portier Pichu Cuéllar et son défenseur, Chidozie Awaziem, qui a permis à Enes Ünal (2′) d’ouvrir le score. Un ballon qu’aucun des deux protagonistes n’a pris mais poursuivi avant finalement qu’il finisse dans le but.

Voulant repartir de l’avant, Leganés a tenté quelques incursions à l’image de Kévin Rodrigues (11′) ou Guido Carillo (43′) mais avec un cruel manque de précision et de rigueur. Peu présent offensivement, l’équipe de Sergio va doubler la mise grâce à Rubén Alcaraz, tout heureux de marquer (54′) en voyant le ballon boxé par Pichu Cuéllar, atterrir devant lui après qu’un de ses coéquipiers ait manqué sa reprise.

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La gaffe défensive des Madrilènes aura permis à Ünal d’inscrire son cinquième but de la saison (crédit : Pucela Fichajes)

Insistant pour marquer, les Pepineros vont finalement obtenir un pénalty en raison d’une faute de Mohammed Salisu sur Roger Assalé. L’homme des coups de pieds arrêtés et prêté par le Real, Óscar Rodríguez, ne se fera pas prier pour venir tromper Masip (83′). Motivé mais peu transcendant, Leganés s’incline finalement et peut avoir des regrets en sachant que le maintien sera de plus en plus difficile à acquérir.

Résumé du match (13 juin à 19h30)

RCD Mallorca 0-4 FC Barcelona : déjà du lourd pour la reprise

Un match avec un semblant d’incertitude qui s’est en réalité très vite décidé entre deux formations dont l’objectif est le maintien pour les locaux et évidemment, le titre pour les visiteurs a conclu ce samedi soir. Au final, le suspens n’aura pas duré.

C’est seulement après quelques secondes que Arturo Vidal a pu venir crucifier (1′) Manolo Reina d’un cabezazo très bien placé sur un centre millimétré de Jordi Alba. Le travail de Frenkie de Jong sur l’action du but est également à souligner. Mallorca ne baisse pas les bras, comme tout au long du match, et rétorque avec une frappe enroulée de Kubo à l’entrée de la surface mais sortie par les gants de Ter-Stegen (21′).

Avec idées mais sans organisation, les Bermellones perdent rapidement le ballon et encaissent un second but (37′), après plusieurs erreurs, inscrit par Martin Braithwaite d’une puissante reprise, son premier avec le Barça. Le Danois va obtenir une nouvelle occasion de but mais sortie du bout du pied par Manolo Reina (58′) alors que Ante Budimir avait tenté sa chance vers les cages blaugranas quelques minutes plus tôt (48′).

Mallorca 0 - Barcelona 4: resumen, resultado y goles - AS.com
De retour avec un nouveau look, Messi continue d’être demandé par les supporters… même à huis clos ! (crédit : AS)

A son tour, le jeune Ronald Araújo va venir inquiéter les cages majorquines en frappant sur le poteau sur un centre de Sergi Roberto (59′). Enfin, c’est Jordi Alba qui va venir crucifier Manolo Reina après un caviar de Messi en profondeur (78′) suivi d’un nouveau but de ce dernier (90+3′). Une victoire logique mais un score dur pour une équipe de Mallorca qui sera restée motivée et qui devra continuer son combat pour se maintenir.

Résumé du match (13 juin 2020, 22h)

Athletic Club 1-1 Atlético de Madrid : le nul qui n’arrange absolument personne

Attendu comme un véritable duel pour l’Europe, ce partidazo a finalement vu l’Athletic et l’Atlético se neutraliser logiquement en se répondant coup pour coup dans un San Mamés vide et, inhabituellement mais logiquement, muet.

Dominés pendant le premier quart d’heure du match dans ce premier match du dimanche, les Basques subissent dans un premier temps les offensives des Colchoneros. Après avoir alarmé les buts gardés par Unai Simón avec une frappe de Carrasco (12′), l’Atleti recule et concède deux occasions importantes dans le domaine aérien… toutes détournées par l’incroyable Jan Oblak. La première est signée Iñaki Williams (25′) sur un centre de Capa, et la seconde de Yeray après un bon ballon de Muniain (32′).

Avec ce gros temps fort, les Leones en profitent pour ouvrir la marque grâce à leur capitaine Iker Muniain, plaçant un extérieur subtil, aidé par Thomas Partey, sur une passe de Yuri Berchiche (36′). Mais la réplique des Colchoneros ne se fait pas attendre. Après une mauvaise relance de Yeray, Koke et Diego Costa se jouent de la défense basque pour venir remettre les compteurs à égalité (39′) et battre Unai Simón.

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Iker Muniain a célébré son but en hommage des personnes décédées du coronavirus (crédit : Deia)

La deuxième période sera, pour une fois, plus apaisée mais tout de même agitée sur la fin. Renan Lodi et Santiago Arias obligent en effet le dernier rempart de l’Athletic à venir réaliser un double arrêt (79′), premièrement sur le centre-tir enroulé du Brésilien, avant de sauver ses cages en se relevant rapidement pour faire barrage au Colombien de l’Atlético. A l’issue de la rencontre, c’est donc un match nul qui n’avantage ni les Lions pour la course à l’Europa League, ni les Colchoneros pour se qualifier en Champions League.

Résumé du match (14 juin 2020, 14h)

Real Madrid 3-1 SD Eibar : la qualité madrilène a surpassé l’envie basque

Attendu pour répondre à son rival barcelonais, qui avait déroulé la veille, le Real Madrid n’a pas déçu. Une victoire sans trembler au profit de la formation d’Eibar, dans une situation bien différente.

Comme à l’image du Barça, le club madrilène a voulu suivre le même début de match. A savoir une ouverture du score très tôt dans le match, ici grâce à Toni Kroos reprenant sans contrôle un ballon expédié directement dans la lucarne de Dmitrovic (3′). Un but cependant contesté pour une minime position de hors jeu de Karim Benzema, non signalée par l’arbitrage vidéo. Pourtant peu dangereux, le Real va surtout se montrer réaliste et inscrire le second but (30′) du match grâce à Sergio Ramos. Monté aux avants-postes, le capitaine Merengue n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets après le service d’Eden Hazard.

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Malgré leur envie forte de lutter, les Armeros ont craqué face à la force collective du Real (crédit : Libertad Digital)

L’addition va s’alourdir avec un troisième but, signé Marcelo, envoyant un ballon flottant, mal dégagé par la défense, dans le petit filet de Marko Dmitrović. Avant la mi-temps, le portier serbe va néanmoins réaliser un bel arrêt (45+2′) sur une reprise de Rodrygo. Le Real va ensuite lever le pied et Eibar va en profiter avec Edu Expósito obligeant Thibaut Courtois à s’employer magnifiquement bien à deux reprises (48′ et 56′). Dans la foulée, Sergi Enrich va même venir déposer un ballon sur la barre du portier belge (58′).

Juste après cela, Eibar va enfin trouver la faille et marquer (59′). C’est Pablo de Blasis qui s’exécute avec une reprise, déviée par le dos de Pedro Bigas, qui viendra tromper Thibaut Courtois sur qui la balle aura doucement rebondi. Après ça, plus grand chose n’empêchera Madrid de sceller le score de ce match et de poursuivre le Barça. Eibar se devra de rebondir vite pour son maintien.

Résumé du match (14 juin 2020, 19h30)

Real Sociedad 1-1 CA Osasuna : le coup d’arrêt txuri-urdin

Avec comme objectif de terminer quatrième pour voir la Champions League lors de la prochaine saison, la Real Sociedad a vu hier ses plans être compliqués par la très bonne équipe d’Osasuna. Tenaces et entreprenants, les Rojillos ont fait caler la Real dès la reprise.

Dans ce que l’on pourrait une surprise de la rentrée, ce sont les Txuri-Urdin qui vont se distinguer les premiers dans une rencontre presque ennuyeuse par moments. Aritz Elustondo récupère un ballon en profondeur de Portu à la suite d’un coup-franc mais bute sur le pied salvateur de Rubén Martínez (25′). Un instant plus tard, Robin Le Normand, fraîchement prolongé avec la Real, touche un centre de Adrián de la main et, par conséquent, concède un pénalty que l’auteur du centre transformera dans la lucarne de Remiro (29′).

Les joueurs de Jagoba Arrasate se montrent entreprenants et s’offrent une nouvelle occasion grâce à Marc Cardona (51′) qui récupère en vitesse un ballon mais qui vient mourir à quelques centimètres. Solide, la défense navarraise va commettre une erreur qui coûte chère, laissant Oyarzabal seul de tout marquage qui ne tremblera pas pour égaliser (60′) qui avait déjà vu une de ses tentatives stoppée par Rubén auparavant (54′).

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Osasuna ne sera pas passé loin d’une belle victoire (crédit : Navarra.com)

En fin de match, Osasuna va avoir trois grosses opportunités de passer devant au tableau d’affichage mais Remiro en sauvera une première (88′) alors que les deux autres ne passeront à rien des cages du gardien basque (90′ et 92′). Un nul qui fige les positions des deux équipes au classement.

Résumé du match (14 juin 2020, 22h)

La buena operación de la journée

Très certainement à mettre au profit de l’Espanyol de Barcelona, cette journée aura permis aux Pericos de revenir à seulement trois points du Celta, premier non-relégable. Avec les défaites de tous les concurrents directs (Leganés, Mallorca, Celta, Eibar), les Catalans font un coup parfait dans l’optique du maintien même s’ils occupent toujours la dernière place du classement.

Le golazo de la journée

Difficile de faire un choix mais c’est la frappe sensationnelle de Toni Kroos qui est très certainement le plus beau but de ce week-end. Limpide et sans contrôle, elle a vu le ballon venir se loger magnifiquement bien dans les cages des Armeros. La frappe de Timor reste, quant à elle, un chef d’oeuvre également.

Cette journée de reprise nous aura permis donc de reprendre contact avec le football espagnol et ses dernières journées qui s’annoncent toujours pleines d’incertitudes. Avec les résultats, on peut, peut-être, déjà penser que cette pause aura très certainement fait du bien physiquement et moralement, ou au contraire casser la dynamique, de certaines équipes du championnat. Ces dix rencontres sont aussi l’occasion d’avoir une vision plus tranchée du huis clos dans les stades, comblé en partie par le public et l’ambiance virtuels mis en place.